Triglyphes
rose) indique qu aucune plaque sculptée ne faisait front sur la métope ; les pierres formant métope embrassaient donc en quelque sorte les triglyphes, comme il est indiqué sur la figure 105 '. Sur la façade Sud des encas- —
trements étaient réservés dans la frise pour les poutres du pronaos. Sur le mur Nord les poutres de la cella s'engageaient dans l'architrave, réduisant la largeur de celle-ci jusqu'à 0 m. 36 ; alors pour éviter un porte à faux ou que la frise reposât en partie sur les poutres, on a adopté un dispositif assez particulier dont témoigne le lit d'attente de l'ar-
Fijr. 105. — Construction de la Irise.
chitrave conservée (place du tenon, fig. 10.3).
Du larmier un bloc seulement (fig. 106 et 107) a été conservé (et quelques fragments très insignifiants); une goutte du rang supérieur (à l'extrémité gauche) était rapportée; aucune n'est intacte ; mais les dimensions semblent identiques à celles que nous avons mesurées sur l'architrave. On remarquera surtout le profil droit du coupe-larmes. A l'aplomb du lit dépose se voient de petits trous, très rapprochés et très peu profonds, où était fixée quelque décoration de bronze. Cette pièce de la corniche appartient à l'un des murs latéraux ; à la
I. Comparer notamment Fliexastyle de Paestum. Fodili.es pe Dki.phes.
partie supérieure se trouvent un trou de tenon pour le chéneuu et un encastrement pour solive de bois.
Du tympan lui-même rien. Etait-il muet comme les métopes, ou comportait-il une décoration sculptée ? Parmi la sculpture trouvée à Marmaria il y a place — entre les fragments archaïques, dont l'appartenance au trésor ionique n'est pas douteuse, et les morceaux, de style libre qui reviennent à la tholos — pour une série de style sévère qui doit être probablement
Kiir. 106. — Pièce du larmier.
attribuée au trésor dorique. Mais loin de vouloir ici dater le monument par sa sculpture f, ni des fragments de sculpture par le monument, je me contente de formuler une hypothèse que devra, comme il a été dit au commencement du chapitre, confirmer et préciser une étude spéciale.
De la corniche qui bordait la toiture sur les rampants du fronton, deux fragments ont été retrouvés (fig. 108 et 109) ; l'un est intact dans sa largeur et constituait l'angle du faîte - ; l'autre montre un joint à décrochement. C'est sans doute qu'au sommet les joints par simple con-
1. L'un et l'autre ne sont d'ailleurs pas nécessairement tout à l'ait contemporains.
2. L'amorce droite est malheureusement trop courte pour que cet angle puisse être mesuré avec une extrême précision.
tact ont été tenus pour suffisants, tandis que, sur les versants, on a pris contre les eaux une précaution plus efficace. Le profil du chéneau devait être le même ; cependant parmi les
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Fisr. 107. — Pièce du larmier.
têtes de lion aujourd'hui au Musée je n'en ai pu identifier aucune qui convienne au trésor. Les morceaux de tuile conservés sont tout à fait insignifiants.
Fig. 108. — Deux morceaux de la corniche des rampants.
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Fig. 109. — Faite de la corniche des rampants, brisé seulement à la partie arrière, en bas).
Les deux fragments de la corniche du fronton sont travaillés différemment à l'arrière ; la surface du premier n'a pas été dressée : un acrotère la cachait peut-être. Mais nous n'avons pas d'autre indication sur les ornements qui marquaient le faîte et la base des frontons ; du moins l'absence de toute amorce, de toute trace de plate-forme sur ce même fragment de corniche interdit de placer au sommet un acrotère trop lourd.
Accès, porte, dallage.
Rien n'indique qu'un escalier permanent fût établi, à aucune époque, devant le trésor dorique.
Le dallage du prodomos reposait en son milieu sur un seul rang de lambourdes dont trois sont en place. Quoique affaissées elles donnent encore un niveau supérieur de quelques centimètres à celui des fondations qui portaient le toichobate du mur de refend et le stylobate ; on peut évaluera une quinzaine de centimètres — ou à un peu plus — l'épaisseur des dalles, dont nous n'avons identifié aucun fragment. Quelle était exactement la surface à couvrir par le dallage? La distance des murs latéraux du prodomos (au niveau des orthostates) est de 5 m. 331 ; la pierre conservée du toichobate latéral (fig. 80) donne une saillie intérieure de
0 m. 1233; la longueur du dallage se trouve alors réduite à (5 m. 331 — (0 m. 1233 x 2)) 3 m. 284 environ. D'autre part du stylobate au toichobate du mur de refend on compte d'après la restauration proposée (2 m. 871 distance du stylobate au mur transversal — 0 m. 04 saillie du toichobate transversal — 0 m. 865 largeur du stylobate)
1 m. 966. Or les trous de pince et de tenon visibles sur les lambourdes permettent
de restituer suivant la longueur deux séries de 7 dalles, dont chacune aurait par
/3m.284\ nr, /l m. 966\ conséquent ( I 0 m. 755 sur ( ) 0 m. 983. Les dalles portaient seulement
par une extrémité sur les lambourdes ; vers le toichobate, vers le stylobate elles reposaient directement sur le sol ; c'est une preuve que leur épaisseur n'était pas très forte, et les lambourdes constituent plutôt une utile précaution qu'elles ne répondent à une nécessité.
Sur le fragment de tambour médian de la colonne, un trou de grille se voit à 0 m. 233 du lit dépose, c'est-à-dire à (1 m. 283 -f- 0 m. 233) 1 m. 516 du stylobate; mais il est impossible de l'orienter. Il devait y avoir une grille entre les colonnes, une autre entre les colonnes et les antes, et peut-être une enfin des colonnes au mur de refend.
Grâce aux pierres 17 et 34 de la VIIIe assise nous connaissons la largeur exacte de la porte sous le linteau de pierre, soit 1 m. 697. Le fruit de l'ouverture mesuré sur les pierres 35 et 45, c'est-à-dire sur une hauteur de 0 m. 78, n'est que de 0 m. 006 ; cela donne pour 3 m. 83 environ 0 m. 03 de part et d'autre, à peine le fruit du mur sur la hauteur correspondante. Une fourrure en bois revêtait la porte et, vers le prodomos, formait un encadrement large, sur le marbre, de 0 m. 285 ; il faut compter en outre l'épaisseur de la fourrure. Au sommet cet encadrement s'élargissait en crossette et montait sur le linteau jusqu'à la Xe assise (si nous avons bien interprété les bourrelets des pierres 8 et 16) avec une hauteur
totale de 0 m. 60. Vers le bas également devait exister une crossette, mais moins haute (cf. le trésor des Athéniens). Quant au seuil il était de bois et s'engageait vraisemblablement de quelques centimètres dans les orthostales. Sur la face latérale de 35 et de 45 se trouve, du côté de la cella, pour la fourrure, une petite anathyrose qui prouve que le revêtement de bois ne faisait point retour dans l'intérieur de la cella. Des moulures couraient sur cet encadrement ; des feuilles de bronze le recouvraient peut-être en partie. •
Le niveau donné par les lambourdes de la cella est le niveau même du toichobate. Le dallage était donc ici surélevé ; on le supposera haut de 0 m. 15 à 0 m. 17, en sorte que le pas du seuil (haut de 0 m. 27 environ? sur le prodomos) était voisin de 0 m. 10. Ce qui frappe d'abord sur le plan, c'est une dyssymélrie dans la disposition des lambourdes; sauf à l'angle S.-O. où, à une époque tardive, on a démoli le dallage pour installer un pithos, et sauf deux pierres (vers le Sud) évidemment déplacées, l'état ancien est conservé : or les deux rangs de lambourdes Ouest sont beaucoup plus rapprochés que les autres. Mais la véritable difficulté est créée par la multiplicité des trous de pince et de tenon '; ils ne déroulent pas moins sur le pronaos, mais on ne pouvait guère hésiter là que sur le nombre des dalles — 5 ou 7 — à placer dans les deux séries déterminées par l'unique rang de lambourdes. Ici les trous de pince sur les lambourdes Est semblent indiquer contre le mur latéral une série de dalles très étroites; bref, si l'on admet, et il le faut bien, que les dalles reposaient sur les lambourdes par leurs extrémités, on obtient à partir du mur Ouest cinq séries larges de 1 m. 01 6 et, contre le mur Est, une série large de 0 m. 15 (total : 5 m. 531), Si le dallage répondait en effet à cette disposition, c'est peut-être que tout le côté Est était caché; nous devons en tout cas nous en tenir aux indications données par les pierres et restituer par conséquent les six séries de dalles que nous venons de déterminer. Pour la longueur, les trous de pince et de tenon, à les suivre en toute rigueur, donnent lieu à quelques irrégularités ; toutefois ils autorisent assez bien la disposition que nous adoptons sur le plan restauré : soit 8 dalles de longueur
, 5 m. 781 uniforme ( tj = 0 m. 722).
Remarquas sur i.a technique.
Plus mutilé que le trésor des Athéniens où M. Replat a pu, lors de la reconstruction, suivre assise par assise la méthode et la démarche du travail antique, le trésor dorique de Marmaria offre cependant l'occasion de quelques remarques intéressantes.
La hauteur des assises courantes ne varie guère, comme on a vu (de 0 m. 402 à 0 m. 39). La longueur des pierres appartenant aux murs latéraux est très uniforme : 0 m 1)825 (18)', 0 m. 979 (19) ; 0 m. 974 (57); 0 m. 973 (6) ; 0 m. 971 (31 et M) ; 0 m. 97 (13) ; 0 m. 968 (2.5 et 38) ; 0 m. 962 (7). Sur le mur transversal les différences sont plus fortes: 0 m. 957
1. Les trous de pince sont indiqués sur le plan par un pointillé, les trous de tenon par un trait plein. Il est quelquefois difficile de faire la distinction sur la pierre.
(//); 0 m. 9075 (45) ; 0 m. 87 (orthostale 33) ; et dans les assises au-dessus du linteau, dans la Xe assise par exemple, il faut bien supposer à côté de #(0 m. 957) des pierres de 0 m. 86 à 0 m. 88. D'ailleurs dans le mur Nord à côté des pierres normales il y avait certainement des pierres de 0 m. 90 à 0 m. 92 '.
Nous avons déterminé déjà l'alternance qui règle la disposition des assises depuis le stéréobate jusqu'à la frise (p. 83, fig. 85^ ; nous n'y revenons pas..
Pratiquement, avec ses assises de hauteur équivalente, avec ses pierres dont la longueur ne varie guère que de 1/10, avec l'alternance rigoureuse qui distribue les joints et les aligne de deux en deux assises, l'appareil est isodome. Isodome encore par la verticalité des joints ; mais, sans que l'oeil puisse jamais en être frappé, on a donné aux murs la solidité de l'appareil trapézoïdal : ici, comme au trésor ionique, comme au trésor des Athéniens, les joints sont biais de 0 m. 002 à 0 m. 004 ; voilà qui suffirait, l'adhérence des anathyroses aidant, pour contrarier toute évasion des blocs. Un tel avantage n'était obtenu que par une extraordinaire précision dans le travail : ainsi, à l'intérieur d'une même assise et sur le même côté, il n'est pas deux pierres qui soient interchangeables et il a fallu préparer les faces de joints couple par couple. Le principe des joints biais constitue, disons-le en passant, un excellent contrôle de reconstruction ; M. Replat n'a cessé de s'y attacher au trésor des Athéniens.
Du ou des systèmes de bardage employés nous ne savons à peu près rien; sur 46 seulement (face intérieure) subsiste la trace d'un tenon en saillie. Il est possible que la plupart des pierres aient été prises directement dans les cordages et hissées ainsi ; les bourrelets de protection ménagés sur les arêtes autorisaient ce procédé. Pour la mise en place deux systèmes ont été employés, comme au trésor ionique. Tantôt la pince s'appuie sur l'assise inférieure ; c'est le cas le plus fréquent; notons d'ailleurs que d'une part la proximité des trous de pince et de tenon 2, d'autre part les épaufrures visibles aux lits de pose vers les joints (pierres 6', 7, 35, 38, 40, 43, 49, 59, etc.) prouvent qu'aucun bois n'était interposé entre la pince et le marbre. Tantôt c'est au sommet de la face du joint [pierres 36, 39, etc.) que la pince, prenant appui sur un madrier voisin, se crée un logement : elle agit ainsi avec plus d'aisance pour déplacer latéralement le bloc.
Des anathyroses existent partout où il est nécessaire, c'est-à-dire suivant tous les joints dont les arêtes étaient visibles. Celles des lits de pose et d'attente sont très larges (de 0 m. 10 à 0 m. 15), celles des joints verticaux plus étroites (de 0 m. 05 à 0 m. 08). H y a souvent sur les faces de joints une anathyrose horizontale qui s'interrompt quelquefois pour le ouïes crampons. Aux pierres d'angle et d'ante les anathyroses suivent la face du mur. Un détail montrera quel soin était apporté à la préparation de ces bandes qui assurent pour une bonne part la solidité du monument; sur la face extérieure de la pierre 15 aucun trait gravé ne distingue précisément la partie visible de l'anathyrose encastrée dans le mur Est ; mais le polissoir a été passé d'abord sur toute la surface de la pierre suivant un mouvement horizontal ; puis l'extrémité droite destinée à l'anathyrose a été frottée (sur une largeur de 0 m. 05 environ) dans le sens vertical : de là une différence de grain parfaitement sensible au toucher.
1. L'épaisseur des murs est constante; sur les pierres du mur transversal cependant on relève des différences allant jusqu'à 0 m. 0045 (pierres 72et 37); ces différences tiennent avant tout à la difficulté d'une mesure exacte sur un marbre souvent recouvert de dépôts épais ; en tout cas elles n'ont aucun rapport avec la disposition des assises.