‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 75 sur 148 · fois 1 m · texte numérisé non relu

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2. Régularité exceptionnelle au ve siècle : on la constate seulement aux temples de Juno Lacinia et de la Concorde à Agrigente (cf. Courby, Fouilles de Delphes; La Terrasse du Temple, I, p. 99 et n. 2).

Tambours en place.

Tambours déplacés.

La mesure la plus forte est prise vers l'extérieur, la plus faible vers l'intérieur.

Les tambours 1 sont les tambour?

» inférieurs ; les

tambours

4 sont les tam

bours supérie

urs.

Fig. k. — Tambour dorique en place sur le stylobate.

Fig. 5. — Chapiteaux doriques de la péristasis.

Fig. 6. — Pièces de frise (triglyphes) de la péristasis.

LA THOLOS DU SANCTUAIRK D'ATHÉNA PRONAIA En additionnant les chiffres suivants,

0 m 1 42 Hauteur du tailloir,

0 "' 097 — de l'échiné,

0 "> 029 — des annelets,

0 m 0835 — du gorgerin aux annelets,

0 m 0015 Epaisseur du trait de scie du gorgerin.

on obtient pour le chapiteau une hauteur totale de 0 m 353. Le profil de l'échiné rappelle de très près le chapiteau du Parthénon ; et la belle courbe constructive qui, prolongeant l'arête des cannelures, passe par le sommet des annelets pour aller mourir sur l'échiné, est exactement celle qui servit à Ictinos pour modeler le chapiteau dorique de Bassae.

Dans un édifice de plan rectangulaire, sur l'un ou l'autre des côtés, chacune des colonnes présente la même face : elles sont en effet toutes axées sur des parallèles, perpendiculaires à la façade qu'elles décorent. Au contraire, dans un monument rond, les colonnes sont normalement axées sur des rayons, — ce qui assure à chacune d'elles une position régulière et identique par rapport à la ligne extérieure du stylobate. Mais, pour obtenir l'effet de symétrie réalisé naturellement sur les façades en ligne droite, il faut que les colonnes d'un monument rond soient axées par ailleurs sur des parallèles ; c'est ce qu'imagina l'architecte de la Tholos : on peut mener à l'un quelconque des rayons sur lesquels sont axées les colonnes de la péristasis, dix-neuf parallèles passant exactement par le milieu de deux cannelures opposées. Chaque colonne tourne en effet de 1/20 de tour par rapport à la précédente, en sorte que si l'on trace, par le centre de l'une d'elles, une parallèle au rayon-axe de la colonne voisine, cette parallèle forme, avec le rayon sur lequel notre colonne est elle-même axée, deux angles opposés dont chacun couvre 1/20 de la circonférence totale de la colonne et détermine un arc égal à celui dans lequel s'inscrit une cannelure. Il est surprenant que pas un des constructeurs des rotondes qui suivirent celle de Marmaria n'ait adopté une solution aussi simple et élégante *.

Architrave. — Les vingt colonnes portaient vingt pièces d'architrave, dont l'arc extérieur mesure 2 m 096. La hauteur de l'architrave est de 0 m 589 — ténie comprise (0 m 059) — et son épaisseur de 0 m 795, à quoi il faut ajouter 0 m 041 (épaisseur de la ténie) et environ 0 m 057 (largeur de la moulure qui couronne la face intérieure de l'architrave, un talon surmonté d'un cavet très relevé).

Chaque pièce d'architrave porte à chacune de ses extrémités la moitié d'une régula et, au centre, une régula entière. Longue de 0 m 421, haute de 0 m 041, épaisse de 0 m 375, chaque régula est ornée de six gouttes, légèrement tronconiques (diamètre inférieur :

1. La Tholos d'Épidaure aura vingt-six colonnes doriques à vingt cannelures, le Philippeion d'Olympie dix-huit colonnes ioniques à vingt-deux cannelures. La Tholos archaïque de Delphes, dont les éléments furent retrouvés dans les fondations du trésor de Sicyone, n'avait, semble-t-il, que treize colonnes doriques à seize cannelures.

0 m 0375 ; diamètre supérieur : 0m 035) et dont la hauteur très faible (0 m 013) n'équivaut guère qu'au tiers de la régula, proportion exceptionnelle au Ve siècle L

Frise. — Au-dessus des vingt blocs d'architrave régnaient quarante pièces de frise, dont chacune comporte un triglyphe ; chaque métope chevauche deux pièces de frise.

La longueur d'une pièce de frise, mesurée sur l'arc passant par l'abaque des triglyphes, est de 1 m 04-7. La face antérieure des triglyphes est à l'aplomb du nu de l'architrave. Les canaux sont arrêtés par une ligne droite, mais un biseau léger et des angles arrondis amortissent la rencontre des perpendiculaires et le passage des plans obliques au plan droit.

Le revers de la frise, qui n'est visible que sur une hauteur de 0 m 20, forme un étroit bandeau uni couronné d'un bec de corbin court et très recourbé 2.

Les métopes s'insèrent entre deux triglyphes, en glissant dans les rainures pratiquées derrière les demi-glyphes. Les deux étroites faces latérales sont taillées en biseau de façon à s'adapter au biseau correspondant des rainures des triglyphes. On trouve cette coulisse en usage déjà dans l'ancien temple d'Athéna sur l'Acropole, puis au Parthénon. L'arc extérieur des métopes mesure, dans la partie visible entre deux triglyphes, 0 m 625. Le revers des métopes est grossièrement piqueté 3 ; l'épaisseur des plaques ne dépasse pas, au centre, 0 m 068. Le champ du bas-relief est limité, au sommet des métopes, par un bandeau large de 0 "' 075, épais de 0 m 008. Mais les figures sculptées débordent fortement ce bandeau sur les deux métopes retrouvées : certaines parties sont traitées en ronde bosse et sortent à peu près entièrement du champ de la métope ; c'est ainsi qu'une tête de cheval, à demi brisée aujourd'hui, faisait une saillie d'au moins 0 ni 1 3 hors de l'abaque ; d'autres fois le relief est pris dans l'épaisseur de la plaque.

Corniche. — La transition de la frise au larmier se fait par un bandeau, large de 0m061, surmonté d'un talon très affaissé, tel que celui qui joue à Bassae le même rôle.

Les quatre-vingts mutules, qui surmontent triglyphes et métopes, sont, comme il est de règle, à trois rangs de six gouttes, dont la hauteur n'est que de 0 m 008.

Chéneau et couverture.

Au-dessus de la corniche, les quarante pièces du chéneau portaient, chacune en leur centre, une gargouille figurant un mufle de lion. Ce chéneau est orné de fleurs de lotus et de rinceaux d'acanthe composant, peut-être pour la première fois, un motif qui connaîtra une vogue considérable, au cours des deux siècles suivants.

Sur le joli chéneau de l'Héraion d'Argos, qui fut ciselé vers le même temps, le petit oiseau qu'une fantaisie d'artiste a perché sur une bractée d'acanthe, ajoute certes au décor habituel une gracieuse note naturaliste ; mais l'ensemble du dessin n'est pas différent de celui du chéneau de l'Erechthéion ou même des chéneaux en terre cuite peinte de l'époque

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