‹ Fouilles de Delphes (volume 3)Chapitre 76 sur 148 · Au Parthénon, la proportion est de · texte numérisé non relu

Au Parthénon, la proportion est de

2. La moulure figurée dans l'article de Pomtow, p. 187, fig. 9, n'a, je crois, pas d'analogue dans l'architecture grecque.

3. Deux métopes seulement ont été retrouvées : encore les figures en ont-elles beaucoup souffert. Il n'y a pas à tenir compte du fait que le revers de l'une d'elles est complètement poli : cette plaque était remployée dans une maison d'Amphissa, où elle fut découverte, au moment des fouilles.

Fig. 7. — Bloc d'architrave de la péristasis.

Fig. 8. — Reconstruction de l'ordre extérieur dans une salle du Musée de Delphes.

LA THOLOS DU SANCTUAIRE D'ATHENA PRONAIA 7

archaïque : la palmette et la fleur de lotus y jouent le principal rôle et les vrilles du rinceau ne servent qu'à les relier l'une à l'autre. Mais ici les vrilles, transformées en volutes, sont traitées tout différemment. Elles occupent maintenant toute la largeur du champ qu'elles décorent ; elles ont pris notamment la place que la palmette occupait dans le décor ancien, et celle-ci, rejetée hors du champ du relief , n'apparaît plus que comme antéfixe, surmontant la rencontre de deux volutes, au-dessus de chaque joint vertical.

Mais si l'on isole du reste du décor une tranche large de 0 m 20, sous la palmette antéfixe, l'on obtient l'arrangement même et tous les éléments de certains acrotères de stèles ioniques '. Il semble qu'en composant le décor du chéneau l'artiste ait commencé par dessiner ce morceau et qu'il ait ensuite rempli, par une large volute, l'intervalle libre jusqu'à la tête de lion. Or, l'importance que prend ici la volute est très caractéristique, à la fois, du développement dans l'architecture dorique de l'ornementation ionique, et de l'évolution, dans le sens plastique, du décor des chéneaux.

Ces deux phénomènes sont d'ailleurs intimement liés l. Est-il besoin de rappeler la richesse de l'ornementation ciselée ou sculptée dans les édifices ioniques, au vie siècle, aune époque où l'ordre dorique se contentait d'ornements peints ? Le chéneau dorique, en particulier, qu'il soit de terre cuite ou de marbre, présente, jusque vers le milieu du Ve siècle, un bandeau uni simplement décoré d'ornements peints : palmettes, fleurs de lotus, feuilles d'eau, tresses, grecques, rais de cœur. Seuls, les acrotères et les antéfixes sont modelés ou sculptés. Le temple d'Apollon à Métaponte offre sans doute le premier exemple, dans l'ordre dorique, d'un chéneau ciselé, à la mode ionique. Mais, comme à l'Héraion d'Argos, comme à Bassae, les ornements figurés, en relief plat, sur ce chéneau, diffèrent à peine de la décoration peinte du Parthénon ou des temples antérieurs : le relief est certes moins accusé que celui, par exemple, des cymaises ioniques de certains trésors archaïques de Delphes ; et le décor ainsi figuré sur le bandeau du chéneau reste tout à fait indépendant des seuls éléments plastiques qui paraissent dans cette région de l'édifice : les acrotères et les antéfixes. Mais ici, au bord du toit de la Tholos, la palmette de l'antéfixe appartient au décor du chéneau : elle le complète, elle en fait partie aussi intimement que si elle figurait sur le bandeau. C'est que le bandeau lui-même est profondément refouillé : le rinceau se détache, en vigoureux relief, du champ qu'il décore.

Et voici le plus curieux : c'est la volute végétalisée du rinceau qui donne au chéneau de la Tholos ce caractère plastique si accentué. Or, la volute appartient à l'Orient et à l'Ionie ; — sans parler du chapiteau ionique, les couronnements ou les acrotères de stèles originaires de l'Ionie nous fourniraient de nombreux exemples de volute à simple ou double enroulement — ; mais, sous la forme du rinceau, elle n'avait jamais encore figuré dans la décoration architectonique d'aucun édifice ionique, et voici que l'ordre dorique s'en empare, il la transforme et l'unit à l'acanthe jusqu'à confondre l'une et l'autre en un motif indissoluble. Aussi bien l'acanthe avait facilité déjà, par son apparition sur les cymaises doriques, la figuration en relief des anciens éléments décoratifs ; et c'est l'acanthe encore qui a permis ici une étape décisive de l'évolution du décor des chéneaux vers une forme naturaliste et plastique. L'on

1. Cf. par exemple, les stèles de Samos publiées par Boehlau (Aus Ionischen und Ilalischen Necropolen, p. 153 et pi. I).

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