Cf. Meurer, Formenlehre, p. 242 sqq
3. Le motif archaïque, d'origine ionique, du bouton de lotus pendant sous deux volutes adossées, surmontées d'une palmette, que j'ai signalé plus haut (p. 7) se retrouve sur le chapiteau corinthien de la Tholos.
Fig. 9. — Rencontre des volutes au joint de deux pièces du chéneau.
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Fig. 10. — Mufle de lion et fragments du chéneau.
Fig. 11. — Pièce du chéneau et palmette-antéfixe.
Fig. 12. — Fragment du petit chéneau.
Fig. 13. — Parpaing du mur, avant la pose (face extérieure)
Fig. 14. — Parpaing du mur, avant la pose (face intérieure)
LA THOLOS DU SANCTUAIRE D'ATHENA PRONAIA 9
point limité vers le haut. La restitution d'un bloc complet reste donc, dans une certaine mesure, hypothétique; il est toutefois difficile de donner à ces blocs moins de 1 m 10 ou plus de 1 m 20.
Nous sommes mal renseignés d'autre part sur les parties hautes de l'édifice, à partir du plafond du péristyle. Pour Pomtow, le mur montait tout droit, par-dessus le premier toit, jusqu'à un deuxième toit supposé, dont il couronne le bord d'un chéneau comprenant vingt-quatre de ces blocs restitués ; il a par ailleurs calculé leur longueur moyenne, avec une précision téméraire, d'après le fragment cité plus haut : elle est, selon lui, de 1 m 10 à 1 m 12. Mais outre que le chiffre 24 contredit la logique de la construction, — et d'autant plus nettement que les gargouilles permettent de dénombrer aisément les pièces d'un chéneau, — le peu que nous savons des parties hautes de l'édifice nous interdit de surélever le mur, du moins dans toute sa largeur, au delà du plafond du péristyle '. Tout au plus, et seulement en l'absence d'arguments contraires décisifs, pourrions-nous placer ce chéneau au-dessus de la colonnade intérieure engagée. Mais la courbure des fragments conservés, loin de se prêter à cette hypothèse, suppose un rayon qui, autant que l'on en peut juger sur une longueur de 0 m 50, est très voisin de celui du grand chéneau.
Il faut donc, ou bien superposer les deux chéneaux, hypothèse invraisemblable, ou considérer celui-ci, soit comme un premier essai2, soit comme le chéneau primitif, qui aurait été remplacé par l'autre, à peu d'années d'intervalle, pour des raisons que nous ignorons : la longueur probable des blocs confirmerait l'une ou l'autre hypothèse.
J'ai dit que le style du petit chéneau me paraissait plus libre, mais ce peut être le fait d'une main plus habile aussi bien que d'une date plus récente, et le soin apporté, en général, à la décoration de la Tholos inclinerait plutôt vers la première supposition. J'ajoute que la palmette à pétales retombants est encore à la mode du vie et du ve siècle et que le méandre peint sur la liste inférieure, — motif qui sera sculpté à la même place sur le chéneau de la Tholos d'Epidaure, — marque en quelque sorte la transition du décor peint ou ciselé au décor sculpté. Il y a d'ailleurs une telle ressemblance, dans l'exécution comme dans l'arrangement des ornements sur l'un et l'autre chéneau, que l'on ne saurait tirer de leur différence aucune déduction chronologique3.
Il subsiste du toit quelques fragments de tuiles, composées comme celles de Bassae 4 : le couvre-joint et la tuile plate font partie de la même pièce. La largeur des couvre-joints est de 0m 19, celle des tuiles plates va naturellement en diminuant du bord du toit au sommet de l'édifice. Deux fragments nous sont parvenus des tuiles placées près du faîte (fig. 20) : sur celle dont provient le fragment T, trois couvre-joints se réunissaient ; un angle très obtus, partant de l'arête de celui du centre, donne la jonction de deux côtés d'un polygone : il est malheureusement difficile d'en prendre une mesure exacte et de rétablir la figure dont il faisait partie : il semble qu'on doive la remplir non point de la base d'un fleuron, en