‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 101 sur 257 · LN.6 PI · texte numérisé non relu

LN.6 PI

Trouvé par J. Marcadé en juin 1947 sous la base des Thessaliens. J. Pouilloux, FD II, La région Nord du sanctuaire, 70 n. 1. Fragment de mâchoire inférieure. La pièce est constituée presque massivement d'argile épurée, disposée en couches successives autour d'un petit noyau central modelé dans une argile semblable mais contenant du sable. Cette argile est très fine, dure, tout à fait verte. L. = 0,085. H. = 0,051. Largeur = 0,065. Profondeur = 0,075. La mâchoire est absolument arrondie, presque sphérique, s'étranglant nettement à la base. La langue, qui était tirée, est brisée à l'intérieur de la bouche. La dentition est très soigneusement détaillée : six incisives plates, humaines ; puis, de chaque côté, un vide de la largeur d'une incisive, une canine, longue et pointue, un vide, une prémolaire courte et arrondie, un vide, et un groupe de deux molaires accolées. A part l'existence de vides, il s'agit d'une dentition d'aspect plus humain que félin. Toute la mâchoire est couverte très régulièrement de pois (diamètre = 0,004) de couleur brun-noir. La lèvre est rendue par une ligne de même couleur, épaisse de 0,005. Les dents sont réservées, mais la face supérieure des incisives est peinte également. L'intérieur de la bouche, y compris la langue, l'est aussi, mais avec un vernis plus dilué.

Un fragment de cette nature est difficile à dater. Il s'agit évidemment d'un morceau archaïque, et probablement assez ancien, comme le montre la stylisation du modelé et de la décoration (pour celle-ci, cf. le fragment suivant). On pourrait, à cause de la technique, le faire remonter jusqu'à l'époque du style corinthien ancien (cf. le lion de Syracuse, BCH 87 (1963), 436 fig. 1 et 438 fig. 4) ; mais une date plus récente ne peut être exclue. La nature de l'argile et la technique de fabrication de ce fragment s'accordent assez bien avec ceux de la sima S. 111 et de la tuile de rive R.6 (série 17) ; mais la date proposée pour cette série (560 environ, cf. p. 62) semble trop basse pour LN.6.

(1) Cette remarque vaut également pour la «truffe» du nez; mais la restauration de celle-ci à Calydon (œuvre de Gilliéron fils) n'est pas pleinement satisfaisante (elle paraît trop « réaliste » pour une œuvre qui l'est si peu). Cf. aussi Keramoi, 44 n. 1.

Vie SIÈCLE 115

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