‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 155 sur 257 · F.8 PI · texte numérisé non relu

F.8 PI

GFR, 164 (25) n° 172. Palmette faîtière mutilée. Argile jaune à grains, couverte blanche, décor en clair sur sombre. L. = 0,162. H. — 0,20. La palmette a 9 feuilles, dissymétriques et raides, au-dessus d'un cœur en clou de girofle, rouge à bord crème. Les deux volutes sont munies, à leur extrémité supérieure, de deux spirales très petites, disproportionnées. De part et d'autre des volutes, un fleuron triangulaire. L'association avec la sima S.43, (toit 59,2) proposée par Van Ruren, ne me semble pas sûre : F.8 est de style nettement plus négligé.

2. F.16 Fragment de la base d'une palmette faîtière. Argile jaune à grains. L. = 0,27.

H. = 0,185. Il reste la moitié du couvre-joint et la naissance de la palmette.

3. F.21 Fragment de palmette faîtière. Argile rouge, couverte crème. L. =0,11. H. =

0,11. Toute trace de décor a disparu.

Les terres cuites décrites dans les toits et séries 84 à 88 sont les derniers représentants à Delphes du style « clair sur sombre ». Du point de vue technique, les symptômes de décadence sont nombreux et concordants : sur les antéfixes, la couverte est de qualité médiocre ; mal cuite, elle a tendance à s'écailler, et n'est pas de couleur uniforme. Sur les simas de la série 84, la couverte est même totalement supprimée : la couleur est appliquée directement sur l'argile simplement polie. Sur le plan artistique, le décor est encore moins soigné que sur les terres cuites de style « négligé ». Les fleurs sont informes ; les palmettes, larges et étales, n'ont aucun ressort, les volutes se traînent sans vigueur d'un motif à l'autre, le dessin est dans l'ensemble de très mauvaise qualité. Le profil est en talon peu saillant : le rapport de la hauteur à la saillie est de 0,309, ce qui le place nettement après la série des simas « négligées »1. Le décor des antéfixes est sec et schématique. Les volutes et le lotus sont filiformes ; l'extrémité en crosse des feuilles de la palmette se rattache très maladroitement au pédoncule.

Il est intéressant de relever l'existence d'antéfixes à fond tantôt noir, tantôt rouge, mais sortant indiscutablement du même moule (séries 85 et 86). Il est probable qu'elles alternaient sur le bord du toit : un tel effort de polychromie, à cette époque, vaut d'être noté.

Nous ne disposons d'aucun point de repère pour dater avec précision ces différentes séries. Elles sont certainement postérieures aux toits de style négligé, qui se placent, on l'a vu, dans le dernier tiers du ive siècle. Mais elles gardent encore quelques traits de la grande tradition corinthienne, ce qui invite à ne pas trop descendre dans l'époque hellénistique. Je proposerai donc, sous toutes réserves, de les situer dans la première moitié du me siècle avant J.-CA

(1) Cf. plus haut p. 167 n. 2.

(2) Des antéfixes de style apparemment très voisin ont été trouvées par S. Dakaris à Cassopé (région de Prévéza) : cf. S. I. Dakaris, Praktika 1952, 348 fig. 25 et 26, 349 fig. 27 et 28. Id., Praktika 1954, 207 fig. 8. Dakaris les place au ive siècle, et plutôt dans la première moitié. Cette date (qui n'est, à ce qu'il semble, pas fondée sur la stratigraphie du site), me semble nettement trop haute : dépourvues de couverte, ces pièces sont probablement hellénistiques.

Le seul indice de provenance nous est donné par A.187 (série 86), qui a été trouvé dans la terrasse supérieure du gymnase. Nos antéfîxes conviendraient fort bien à la toiture du xyste dont J. Jannoray a donné la publication1. Mais on se beurte ici à une difficulté chronologique : le gymnase, on l'a vu2, a été construit entre 334 et 319 au plus tard. Or, il me paraît impossible de faire remonter aussi haut nos antéfîxes : elles seraient en effet, dans ce cas, contemporaines du toit de la stoa Sud de Corinthe, dont elles diffèrent profondément. Autant, à Corinthe, la technique et la fabrication sont encore relativement soignées, autant, pour la série 86, nous sommes en pleine décadence. J'ai exposé plus haut3 les raisons qui m'amenaient à penser au gymnase pour le toit 81. Il faut admettre, je crois, soit que le toit du xyste a fait l'objet dans les dernières années du ive ou au début du ine siècle, d'une importante réparation (mais les inscriptions n'en font nulle mention), soit, plus simplement, que le fragment découvert par J. Jannoray n'appartenait pas à la couverture du gymnase.

II. TERRES CUITES ARCHITECTURALES DU IIIe ET IIe SIÈCLE AV. J.-C.

A — Simas décorées de rinceaux en relief. Toit 89.

Deux fragments se raccordant d'une sima latérale à rinceaux. M. Schede, Antikes Traufleisten-Ornament, 74, a. Argile jaune à grains. L. = 0,37. H. = 0,18. Profil droit. La surface supérieure est découpée et suit les contours des rinceaux et des volutes. Le décor n'est pas moulé, mais façonné au couteau et à la spatule. Un rinceau d'acanthe dirigé de gauche à droite, strié de sillons longitudinaux, donne naissance à deux volutes, l'une se repliant immédiatement sous le rinceau en une spirale dirigée vers la gauche, l'autre se déployant vers la droite et se divisant elle-même en deux spirales divergentes, l'une dirigée vers le haut, l'autre vers le bas. Les volutes sont creusées profondément d'un sillon central ; au-dessus du rinceau, traces de rameaux mutilés. A droite, une feuille de palmette, fragmentaire, « en chistera » et tournée vers l'intérieur. La section de la feuille est rectangulaire, et sa surface plate. A l'extrême gauche, un rameau brisé se détache vers le haut.

Fragment de sima latérale. L. = 0,315. H. = 0,17. Argile, profil et décor identiques. Sont seules conservées les deux volutes à spirales divergentes. Entre elles, dans le champ, une rosette à cinq pétales grossièrement découpés. A gauche, en bas, départ d'une feuille verticale et traces de la spirale supérieure. Le tracé est nettement plus mou que sur S.81.

(1) Cf. J. Jannoray, FD II, Le gymnase, 36.

(2) Cf. ci-dessus p. 161.

(3) Ci-dessus p. 162.

Deux fragments raccordés d'une sima latérale. L. = 0,21. H. = 0,12. Argile, profil et décor identiques. Il reste l'extrémité droite d'une volute avec deux spirales divergentes. La courbe de la volute, tracée à la main, est différente de celle de S.81 et S.82.

Fragment de palmette d'antéfixe. Argile à grains, sans couverte. L. = 0,085. H. = 0,14. Il subsiste deux feuilles latérales du type « en chistera », tournées vers le centre de la palmette, de section rectangulaire, très proches par le style de la feuille décrite ci-dessus sur S.81. L'association de cette antéfixe avec ces simas latérales est donc possible, sans plus.

Toit 90.

Fragment d'une sima latérale. M. Schede, Antikes Traufleislen-Ornamenl, 74 b. Argile rouge à grains, pas de couverte. L. = 0,245. H. or. = 0,16. Le profil se décompose en un grand bandeau droit qui porte le décor en relief, et un bandeau inférieur en saillie. Il n'y a pas de moulure en haut. Le bandeau inférieur ne porte aucun décor visible. A gauche, le profil est interrompu par la tête de lion ; il reste encore plusieurs mèches de la crinière, courtes, bien détachées les unes des autres, rayées par un profond sillon longitudinal. A droite de la tête de lion, deux feuilles d'acanthe forment un calice d'où s'élève un rinceau à cannelures longitudinales interrompues par un anneau et une bractée d'où sort une spirale tournée vers le bas ; au-delà, le rinceau, toujours cannelé, se poursuit vers la gauche. Dans le champ, entre le rinceau et la spirale, une fleur en bouton. Au moment où le rinceau, redescendant, atteint son point le plus bas, une nouvelle bractée donne naissance à une spirale, brisée, tournée vers le haut.

2. S.144 Trouvé en 1922 dans la stoa Ouest (fouille de P. de La Coste-Messelière). Frag-

ment de sima latérale. L. = 0,121. H. = 0,116. Argile et décor identiques à ceux de S.83. Il reste l'arrachement de la crinière de lion, le bouton et une spirale.

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