LN.l PI
Gargouille en tête de lion, brisée. Argile rouge, fine couverte crème. L. = 0,142. H. = 0,101. De la tête proprement dite, il ne reste que la silhouette. On reconnaît le mufle dans la protubérance centrale. La gouttière a, à la sortie, un diamètre de 0,022. De la crinière, il reste une couronne de mèches courtes incisées d'un sillon longitudinal, assez proches de celles visibles sur S.83. L'association est donc possible, mais nullement assurée.
Série 91.
Extrémité gauche d'une sima latérale. Argile rose. Pas de couverte. L. = 0,22. H. or. = 0,155. Profil, de haut en bas : un listel, une doucine, un bandeau en retrait. Seule la doucine est décorée, d'un motif en relief. A droite, un rinceau torsadé sort d'une feuille d'acanthe en coquille. Il se termine par un anneau de serrage et une bractée, d'où sortent une volute tournée vers le bas, et une tige qui, en se retournant, supporte une demi-palmette à feuilles «en chistera» tournées vers l'intérieur. La palmette est coupée en deux par le bord de la tuile. Entre la spirale et la tige de la palmette, dans le champ, au bout d'un pédoncule, un bouton en forme de gland. La volute est creusée d'un sillon large et peu profond, presque plat. Sur la tranche gauche, la surface est grossièrement polie, sans anathyrose. A droite, on discerne nettement l'arrachement de la tête de lion et le canal de la gouttière, coupé à peu près dans l'axe. La longueur totale de la tuile serait alors voisine de 0,44.
Extrémité droite d'une sima latérale. Argile rose. L. = 0,16. H. or. = 0,17. Le profd est le même que celui de la sima précédente et le décor en gros semblable, mais avec quelques variantes : l'ensemble est plus haut de 0,015; le bouton qui termine la tigelle adventice a une forme plus large et plus aplatie ; la tige d'où sort la palmette est cannelée, et plus épaisse ; les feuilles de la palmette sont creusées d'un sillon longitudinal, il y a 5 feuilles au lieu de 4 : plutôt que de voir là deux toits distincts, je mettrais plutôt ces différences au compte d'un changement de main : ces motifs ne sont en effet pas moulés, mais modelés.
3. S.86 Fragment de sima. Argile rose. L. = 0,10. H. = 0,115. Seule la partie haute
est conservée ; le profd était très probablement en doucine. Du décor, il ne reste, à gauche, qu'un fragment de rinceau torsadé et de spirale ; à droite, on a l'arrachement de la tête de lion, dont il subsiste une oreille et quelques mèches de crinière. Celles-ci sont courtes, épaisses, et creusées d'un sillon unique.
4. S. 125 Extrémité droite d'une sima latérale. L. = 0,085. H. or. = 0,167. Argile, profd
et décor identiques. Le motif est ici retourné, la volute se dirigeant de gauche à droite ; la palmette est coupée en deux par le bord de la tuile.
Extrémité d'une sima latérale, brisée en haut. L. = 0,17. H. = 0,145. Argile et profd identiques. Le décor est semblable, mais avec quelques variantes : les feuilles de la palmette sont creusées d'un sillon longitudinal, et le bouton de fleur a une silhouette plus allongée.
6. S.129 Extrémité droite d'une sima latérale. L. = 0,18. H. or. = 0,16. Argile, profd et
décor semblables à ceux des fragments précédents. Les torsades du rinceau sont plus espacées.
7. S.130 Petit fragment de sima latérale. L. = 0,07. H. = 0,085. Argile, profd et décor
identiques. Il reste la partie inférieure d'une spirale, sur le bas de la doucine.
Si l'on applique à cette série de simas les principes de classement définis par M. Schede1, on aboutit à la chronologie relative suivante :
a) S. 81 (série 89) présente un certain nombre de traits « anciens » : le haut du chéneau est découpé «à jour», suivant le contour supérieur des rinceaux et des volutes. Les rinceaux eux-mêmes sont striés de cannelures longitudinales ; ils s'interrompent après la première bractée ; les volutes enfin sont creusées d'un sillon profond, en V. En revanche, le fait que les volutes donnent naissance à trois spirales, au lieu de deux, et que la palmette dont on a, à droite, une feuille, semble indépendante des volutes, serait anormal au IVe siècle, et implique une date plus récente.
b) S.83 (série 90) a des caractères nettement plus « évolués » : le haut de la sima est droit, sans moulure ni ornement ; au lieu de s'interrompre après la première bractée, le rinceau cannelé se poursuit jusqu'à la seconde, d'où se détache la deuxième volute.
c) Il faut enfin placer S.85 (série 91) en fin de série : le profil est surmonté d'un listel continu, et le rinceau, n'étant plus cannelé, mais torsadé, a subi une évolution sensible.
(1) Antikes Traufleisten-Ornament, 59-62.
La chronologie absolue est plus difficile à établir. Compte tenu de leur médiocre qualité technique, aucune de ces simas ne peut remonter au ive siècle1, ou même au début du ine. Le rinceau torsadé de S.85 fournit un premier point de repère : la torsade, comme le remarque Schede, n'apparaît pas avant le 11e siècle2. L'un des spécimens les plus caractéristiques n'est autre que le chéneau de la Stoa du milieu à l'Agora d'Athènes3. Cette sima (qui date du 2e-3e quart du 11e siècle)4, plus riche et plus chargée que celle de Delphes, est de qualité bien supérieure. Quant au profil en doucine, il est couramment utilisé jusqu'à la fin du 11e siècle, comme en témoigne par exemple la sima de la Maison des Comédiens récemment découverte à Délos5.
Compte tenu de ces différentes données, je serais tenté de situer S.81 (série 89) et S.83 (série 90) dans la seconde moitié du me siècle, tandis que S.85 (série 91) se placerait dans la première moitié du IIe siècle ; mais ces dates ne peuvent être que des indications, non des certitudes.
R — Antéfixes et acrotères du IIIe siècle av. J.-C.
Série 92.
Palmette fragmentaire. Argile rose, sans couverte. L. = 0,135. H. = 0,125. Dix feuilles sur onze sont conservées. Elles sont du type « en crosse », proche des séries 85 et 86 ; mais il n'y a pas identité de moule.
Palmette fragmentaire. L. = 0,135. H. = 0,12. Même argile, même moule que A.113. II reste la feuille centrale et 8 feuilles latérales.
3. A.115 Petit fragment de palmette. L. = 0,065. H. = 0,085. Même argile et même
moule que les précédents. Il reste 4 feuilles à gauche.
Série 93.
1. A. 116 Fragment de palmette d'antéfixe. Argile rose, sans couverte. L. = 0,13. H. =
0,086. Feuilles longues, minces, retombant « en crosse ». Il reste à droite le haut d'une volute. Rrisé en bas.
2. A. 181 Fragment de palmette. L. = 0,11. H. = 0,075. Même argile et même moule
que A.116. Il subsiste six feuilles sur onze.
(1) Les simas corinthiennes à rinceaux du ive siècle sont d'un niveau technique encore très haut : cf. la sima de la Stoa Sud (O. Broneer, Corinth I, 4, The South Stoa, pi. 20, 1 et 2), et aussi des simas anonymes comme celles publiées Corinth, 30 fig. 32 (S. 42). Les simas S. 63 et S. 104 (ibid. fig. 33 et 34) doivent se situer dans la première moitié du ine siècle : elles sont probablement antérieures aux simas delphiques.
(3) H. A. Thompson, « Excavation of the Athenian Agora », Hesperia 17 (1948), 151, pi. 38, 2.
(4) Cf. The Athenian Agora, A Guide', 106.
(5) Cf. BCH 86 (1962), 965 fig. 9.
Antéfixes isolées.
1. A.108 Petit fragment de palmette. Argile jaune- vert. L. = 0,047. H. = 0,09. Il reste
4 feuilles latérales droites, minces et molles, peu retombantes. Traces de peinture noire sur le fond.