A.118 PL
Palmette d'antéfixe. Argile rouge. Restes d'une couverte blanche. L. = 0,115. H. = 0,092. Palmette à onze feuilles allongées, terminées en pointe et creusées d'une rainure peu profonde. La feuille centrale, verticale, domine les feuilles latérales qui, dessinées de façon très sèche, sont disposées en éventail. Le cœur, mutilé, était entouré d'une rangée de perles. Le motif se détache en relief sur une plaque mince (épaisseur = 0,033) en forme d'ogive à bords droits.
5. A.117 Palmette d'antéfixe. L. = 0,122. H. = 0,115. Argile et décor identiques.
Six feuilles sur onze sont conservées.
Il n'y a pas de raccord matériel entre A.118-A.117 d'une part, A.129-A.172 et A.130 de l'autre. Mais l'argile, la couverte et les proportions sont identiques ; de plus, on retrouve le même type de palmette couronnant le même type de volute sur des antéflxes de l'Acropole d'Athènes, au Musée de l'Acropole et au Musée de Copenhague1, ainsi que sur une antéfixe trouvée au sanctuaire d'Apollon du cap Zoster, en Attique2. Il est donc probable que toutes les pièces réunies ici appartiennent bien à la même série.
Aucun de ces spécimens n'est daté avec certitude. P. J. Puis place avec réserve l'antéfîxe de Copenhague au début de l'époque hellénistique3. Les antéfîxes delphiques semblent un peu plus tardives : le dessin est plus sec et plus grossier, l'articulation des rinceaux et des volutes est anguleuse. On peut aussi tenir pour plus ancienne l'antéfîxe de la Stoa de Samothrace4, qui semble bien se situer à la fin du me siècle5. Inversement, les exemplaires plus récents ne manquent pas. L'un des plus tardifs est l'antéfîxe du temple d'Artémis Propylaea à Eleusis (11e siècle après J.-C.)6. De même, sur les antéfîxes romaines de l'Érechthéion d'Athènes, on observe, outre l'identité des motifs, que les volutes sont « cassées » de la même façon qu'à Delphes7. Le motif a donc été utilisé pendant une très longue période : il ne faut certainement pas descendre trop bas les antéfixes de Delphes : elles ne visent pas, en effet, à reproduire un motif ancien dans un esprit archaïsant, comme les antéfixes de l'Érechthéion. D'autre part, leur qualité technique, toute relative mais réelle, invite à les placer à l'époque hellénistique. On peut donc, sans trop d'invraisemblance, les situer au 11e siècle av. J.-C.
Série 97.