‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 164 sur 257 · A.119 PL · texte numérisé non relu

A.119 PL

Fragment d'antéfixe. Argile rose, sans couverte. L. = 0,13. H. = 0,173. Sept feuilles sont conservées sur les neuf que comptait la palmette. Sauf la feuille centrale, verticale, elles affectent la forme d'un S très allongé et assoupli. Leur extrémité est « en chistera ». Leurs parois latérales coupent à angles vifs la surface supérieure. Cette dernière est très légèrement bombée. En bas et à droite, extrémité d'une volute gainée d'une feuille d'acanthe dont les torsades sont très sommairement indiquées.

(1) Athènes : TdA II, 60 flg. 80-81, antéfixes XXIV à XXVI. Copenhague : N. Breitenstein, Danish National Muséum, Catalogue of Terracotlas, 64, n03 605 et 606, pi. 73. Cf. P. J. Riis, Acla Archaeologica 7 (1936), 237, n° 12 flg. 9. Pour les palmettes A.118 et A.117, cf. aussi N. Breitenstein, o. c, 64 n° 607, pi. 73. On peut aussi rapprocher une antéfixe fragmentaire trouvée à Histria (dans la Roumanie actuelle) : cf. M. Coja, « L'artisanat à Histria du vie au Ier siècle avant notre ère », Dacia 6 (1962), 120 flg. 3.

(2) K. Kouroniotis, Arch. Delt. 11 (1927-28), 37 fig. 31.

(3) P. J. Riis, o. c, 238.

(4) K. Lehmann, Samolhrace, A Guide*, 74 fig. 38. J. R. McCredie, « Samothrace Preliminary Report on the Campaigns of 1962-64 », Hesperia 34 (1965), 108 et pi. 30, d.

(5) K. Lehmann (ibid.) date la stoa d'environ 200 av. J.-C. F. Salviat (« Addenda samothraciens », BCH 86 (1962), 302-304), préfère une date dans le courant du me siècle. Les dernières fouilles américaines ont montré que la stoa avait été construite entre le milieu du me et le milieu du ne siècle, et, plus précisément à la fin du me ou au début du ne siècle (cf. J. R. McCredie, o. c, 110). Cf. aussi, à titre de comparaison, l'antéfîxe du temple de Zeus Thaulios à Phères (cf. Y. Béquignon, Recherches archéologiques à Phères, pi. XII, 4 et p. 42-43).

(6) Cf. Unediled Antiquities of Atlica (Dilettanti), chap. 5, pi. 6. Sur la date du temple et son caractère archaisant, cf. W. B. Dinsmoor, Architecture of Ancienl Greece*, 270.

(7) Cf. W. Ziichner, «Fragmente auf der Akropolis und im Asklepieion zu Athen », Jdl, 51 (1936), AA, flg. 14-17, col. 321-324. Voir aussi W. B. Dinsmoor, « The Burning of the Opisthodomus at Athens », AJA 36 (1932), 171 flg. 2.

Fragment de palmette. L. = 0,11. H. = 0,125. Argile et décor semblables à ceux de A.119. Il subsiste trois feuilles intactes à droite, la naissance de cinq autres, et le haut du cœur, très volumineux.

Série 98.

Antéfixe complète munie de son couvre-joint. Argile rose, pas de couverte. L. or. = 0,18. H. or. = 0,215. La palmette a onze feuilles «en crosse», la feuille centrale, verticale, dominant les autres. Le cœur est presque circulaire. Au-dessous, deux volutes en S très aplaties ; les spirales supérieures sont opposées, et tournées vers l'extérieur ; les spirales inférieures sont logées dans les coins de l'antéfixe ; chaque spirale est munie d'un rameau adventice. Au centre, on distingue une fleur renversée très ouverte, munie d'un pistil. Au revers, le couvre-joint est conservé sur 0,15 de profondeur, et a été retravaillé au ciseau à l'intérieur.

2. A. 132 Fragment d'antéfixe. L. = 0,168. H. = 0,175. Argile et décor identiques. Il

reste la partie droite et le centre.

3. A. 133 Antéfixe complète. L. or. — 0,18. H. or. = 0,205. Argile et décor identiques.

Le relief, très usé, est presque effacé.

La chronologie de ces différentes séries ne se laisse pas établir aisément. En tête, il faut placer A.119 (série 97) ; les feuilles des palmettes sont animées d'un mouvement très souple, qui leur donne un aspect ondulé et la forme d'un S très allongé. On trouve des palmettes dont les feuilles ont le même mouvement dès la fin du Ve siècle1. En perdant peu à peu de sa vigueur et de sa vitalité, le procédé est employé jusqu'à la fin du me siècle sur les stèles funéraires2. La palmette de A.119, encore plus relâchée, doit être postérieure, et se placer par conséquent dans la première moitié du ne siècle. La partie inférieure de A.119 et A.120 présentait probablement un décor à volutes plates. En effet, on discerne, sur A.119, l'extrémité d'une volute torsadée : sa position à peu près horizontale invite à restaurer une volute en S très aplati, comme sur deux antéfixes d'Argos3. Les exemples d'antéfixes à volutes plates trouvés à Corinthe4 ou à Méthydrion (Petrovouni) en Arcadie5 ne fournissent aucun indice chronologique. En revanche, le type est attesté à Galydon dans le courant du IIe siècle6. On le trouve également (mais avec les volutes disposées en sens inverse) à Lycosoura, sur le portique proche du temple de

(1) Par exemple sur l'antéfixe du temple de Bassae : cf. H. MObius, Ornamente der griechischen Grabstelen, pi. 4, a.

(2) Ibid., pi. 70, b (stèle de Sparte, fin du me siècle).

(3) W. Vollgraff, Le sanctuaire d'Apollon Pythéen, pi. V, en haut à gauche (partie inférieure d'une antéfixe reproduite tête-bêche) et en bas à droite.

(4) Corinth, 17 fig. 12, n° 6, A. 56 : très semblable à notre A.131 ; id. n« 14, A. 26 ; id. n° 9, A. 48.

(5) F. Hiller von Gaertringen et H. Lattermann, Arkadische Forschungen (Anhang zu den Abhandlungen der Kônigl. Preuss. Akademie der Wissenschaften, 1911), 34 et 37 fig. 12.

(6) E. Dyggve, F. Poulsen, K. Rhomaios, Das Heroon von Kalydon, fig. 46 et 47 ; cf. p. 403 (115) : rapprochement avec l'antéfixe de la stoa d'Attale (ne siècle av. J.-G.) ; p. 406 (118) : le terminus ante quem (100 av. J.-C.) est établi par l'absence dans la fouille de céramique sigillée.

Despoina, daté du second siècle1. Tous ces parallèles, qui attestent la vogue de ce motif, invitent à dater également A.131 du 11e siècle av. J.-C. Le même schéma décoratif est du reste encore en vogue à l'époque romaine : cf. plus bas série 104 p. 189-190.

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