LN.3 PL
Moitié gauche d'une tête de lion. Argile ocre clair, couverte rouge. L. == 0,12. H. = 0,105. La tête complète était sans doute faite de deux moitiés moulées séparément et assemblées ensuite. La crinière est traitée en grosses mèches indépendantes striées de quelques incisions peu profondes. L'œil est saillant, à fleur de tête, sous une épaisse arcade sourcilière. Le mufle est camard. La langue pointe hors de la gueule. Cette dernière est largement ouverte. La dentition est indiquée sous les babines (3 dents pour chaque mâchoire). Le style est mou et négligé. L'appartenance au même toit que S.131 est très probable : argile, couverte et technique sont identiques.
En se fondant sur l'évolution des moulures supérieures, la chronologie de ces simas pourrait s'établir de la façon suivante : en tête, S.136 ; les oves ne sont plus séparées par des fers de lance, mais par de simples boutons circulaires. Pareille substitution se retrouve sur la sima romaine tardive de la Stoa Sud à Corinthe. Selon O. Broneer, la réfection à laquelle correspond cette sima doit être contemporaine du Bêma, et se situer, par conséquent, vers le milieu du Ier siècle ap. J.-C.1. La sima delphique semble légèrement plus récente.
Sur S.147, il n'y a plus trace de séparation entre les oves, qui sont simplement juxtaposées : cette série pourrait donc se placer à la fin du Ier siècle ap. J.-C.
Enfin, sur S. 138 et S.131, le motif est encore plus pauvre : on a d'une part de simples ovales, en forme de petits boucliers, de l'autre une rangée de perles très espacées. Le passage de l'ove à l'ovale est sensible sur certaines plaques Campana2. On sait que la pro-
(1) O. Broneer, a Excavation in the Agora at Corinth », AJA 37 (1933), 563, flg. 7. « Excavation at Corinth, 1934 », AJA 39 (1935), 59 fig. 4 et 5. Id., Corinth I, 4, The South Stoa, 124 et 128, pi. 39, 2 et pi. 40, 1.
(2) Cf. N. Breitenstein, Danish National Muséum, Catalogue of Terracottas, n° 858, pi. 1 1 1, p. 90. Sur les dates cf. PW, s. v. Terrakotten, 819 (Heidenreich). Cf. aussi Rohden-Winnefeld, Archileklonische rômische Reliefs der Kaiserzeit, pi. 73-74, fig. 150.
duction de ces reliefs cesse peu après le début du 11e siècle ap. J.-C. : c'est donc dans la première moitié de ce siècle qu'il conviendrait alors de placer S.138. La série 102 doit être à peu près contemporaine, à en juger par la tête de lion LN.3. A travers une exécution d'une rare maladresse, on discerne en effet l'imitation de modèles encore vigoureux : la forme de la tête n'était pas carrée ou anguleuse, mais réaliste et pathétique. Les arcades sourcilières forment deux bosses expressives ; les babines sont largement retroussées en arc de cercle. La pièce s'apparente à la gargouille du Temple de Lycosoura, qui remonte sans dortte à Hadrien1.
B — Diverses simas et têtes de lion d'époque romaine.
Fragment brisé de tous côtés. Argile rouge à grains. L. = 0,145. H. = 0,06. Il subsiste un morceau de spirale et de rinceau.
2. S.142 Petit fragment de sima. Argile rouge à grains. Traces d'une couverte ocre.
L. = 0,12. H. = 0,10. Il reste des morceaux d'un rinceau et d'une spirale. Appartient probablement au même toit que S.135.
Fragment du bas d'une sima. Argile rose à grains. Traces de couverte blanche. L. = 0,12. H. = 0,125. Il reste une spirale à double enroulement sortant d'un rinceau d'acanthe torsadé. Sur la tranche gauche, arrachement d'un ergot perpendiculaire à la tuile, qui avait pour rôle d'en assurer la stabilité : celle-ci n'est en effet pas raccordée à une tuile plate.
4. S.141 Petit fragment de l'extrémité droite d'une sima. Argile jaune à grains.
L. = 0,062. H. = 0,115. Il reste le bout d'une spirale à double enroulement ; provient du même toit que S.140.