LN.4 PI
Moitié gauche d'une tête de lion. Argile jaune. L. = 0,13. H. = 0,127. Le mufle est brisé. La crinière forme une collerette continue striée d'incisions parallèles assez écartées les unes des autres. L'arcade sourcilière, épaisse, est incisée de la même façon. L'œil est enfoncé et a l'air bien marqué. La gueule est ouverte en demi-cercle sur le côté, sans trace de dents.
Cette gargouille est certainement très tardive. Le rendu de la crinière et des sourcils par des bourrelets striés se retrouve sur les gargouilles du théâtre de Gythion, datant du me siècle ap. J.-C.2.
C — Antéfixes d'époque romaine.
Série 104. Antéfixes à volutes plaies isolées.
Antéfixe fragmentaire. Argile rose fine, pas de couverte. L. or. = 0,15. H. = 0,125. La palmette supérieure a disparu, excepté la naissance des feuilles en éventail. Au-dessous, les volutes sont devenues des serpents dont le corps forme un S très aplati, et est muni d'appen-
(1) Cf. G. Dickins, BSA 12 (1905-1906), 114 fig. 4. Pour la date, cf. IG V, 2, 520 et 533.
(2) F. Willemson, Die Lowenkopf-Wasserspeier vom Dach des Zeus-Tempels (Olympische Forschungen IV), 123 et pi. 115.
dices. Il n'y a donc pas de spirales, mais, en haut, la tête du serpent, avec la gueule ouverte, et le col où sont figurées les écailles. En bas, entre les deux queues des serpents, une fleur renversée à pétales très ouverts, et cœur semi-circulaire. L'ensemble est souligné de deux baguettes parallèles et d'une petite plinthe.
Antéfixe fragmentaire. Porte au dos de l'inscription « Pylàa ». Probablement à identifier avec JdF 331, 24 juillet 1895 « Tranchées de Pylaea, terre cuite architecturale à palmette aplatie »x. Argile rouge, sans couverte. L. = 0,175. H. = 0,12. La palmette supérieure, à 9 feuilles, est brisée. Au-dessous, deux volutes en S, très aplaties et munies de rameaux adventices. Les spirales du haut, opposées, sont tournées vers l'extérieur ; celles du bas, logées dans les coins de l'antéfixe, sont tournées vers l'intérieur. Sous les volutes, un lotus très ouvert, à deux étamines et un pistil en « clou de girofle ».
Le schéma décoratif comportant une palmette au-dessus de deux volutes en S aplati est, on l'a vu, hérité de l'époque hellénistique (cf. plus haut, série 98 p. 186). Sur A.124, la transformation bizarre des volutes en serpents, ainsi que la faiblesse du dessin, indiquent une date assez basse. Des antéfixes analogues ont été trouvées à l'Asclépieion de Corinthe. Elles couronnaient un bâtiment postérieur à la destruction de la ville, et datent donc au plus tôt de la 2e moitié du premier siècle av. J.-C.2. Quant au style aéré mais sec, dépouillé et sans âme, de A.134, il indique, à mon avis, une antéfixe archaïsante : je serais enclin à la situer au Ier siècle de notre ère. Mais c'est là une datation toute subjective.
Série 105.
Anléfixes à palmeiles et lotus archaïsanles.
Antéfixe presque intacte munie de son couvre-joint. L. or. = 0,18. H. or. = 0,225. Pas de couverte. Le motif en relief se détache sur une plaque dont le haut forme un toit aux versants légèrement concaves ; au-dessous, l'arête est d'abord ondulée, puis verticale. Les ondulations qui, auparavant, correspondaient aux extrémités des feuilles de la palmette, sont devenues des ornements gratuits. Le fond déborde largement le motif, dont il est devenu indépendant. Sur les onze feuilles de la palmette, la feuille centrale se détache au-dessus des autres et affecte la forme d'un pistil, avec une tige mince surmontée d'un renflement ovoïde ; les feuilles latérales sont du type « en crochet », et tournées vers le bas, à l'exception de la feuille inférieure qui, inversement, se retourne vers le haut. Le cœur est très allongé et souligné d'un filet en relief d'où les feuilles se détachent. Les deux volutes naissent du pied de la palmette et se terminent par des spirales à deux replis, sans yeux. Entre les volutes s'étale un lotus renversé, largement ouvert. Du cœur rectangulaire sortent un pistil et deux étamines, qui ont elles-mêmes la forme de petites feuilles de lotus. A la face inférieure, l'intérieur du couvre-joint est travaillé au ciseau. Il s'agit certainement d'une antéfixe de tuile de rive.
2. A. 136 Antéfixe presque complète, éraflée en bas à gauche. L. or. = 0,185. H. or. =
0,21. Argile et décor identiques à ceux de A.135.
(1) On sait que les premiers fouilleurs désignaient sous le nom de « Pylaea » le secteur de la ville de Delphes situé au Nord-Ouest du sanctuaire. Le caractère erroné de cette dénomination a été démontré par G. Daux, « Plutarque, Moralia, 409 A-B et le prétendu faubourg delphique de Pylaia », RA 1938, 1, 1-18.
(2) C. Roebuck, Corinth XIV, The Asclepieion and Lerna, p. 80 et pi. 21, 1.
3. A.137 Antéfixe fragmentaire. L. or. = 0,182. H. or. = 0,215. Argile et décor sans
changement. La partie inférieure est brisée à droite et très rongée à gauche.
4. A. 138 Petit fragment d'antéfixe. L. = 0,095. H. = 0,085. Argile et décor sans change-
ment. Il reste la spirale gauche, un morceau du lotus et de la feuille inférieure de la palmette.
5. A. 125 Antéfixe fragmentaire. H. = 0,20. L. = 0,12. Argile et décor identiques. Reste
la partie gauche de l'antéfixe, soit six feuilles de la palmette.
Aucun parallèle valable ne permet de dater cette série d'antéfixes. On retrouve des palmettes identiques, avec les feuilles latérales tournées vers le bas, à l'exception de la feuille la plus basse qui est tournée vers le haut, sur des antéfixes d'Élatée1 ; elles sont alors associées à des volutes, à des rinceaux et à des feuilles d'acanthe ; la richesse et l'exubérance de ce dernier décor permet de les dater du début de l'époque hellénistique. Les antéfixes delphiques sont beaucoup plus récentes. Les traits tardifs ne manquent pas : outre le caractère extrêmement sec du décor, on notera la feuille centrale en forme de pistil, et le monstrueux cœur ovoïde qui s'élève très haut dans la palmette. Le lotus surprend par ses dimensions et la netteté de son tracé. L'ensemble est très soigné, mais donne une impression de sécheresse désincarnée. Je me demande si nous n'avons pas affaire là à une série archaïsante, qui pourrait se situer au second siècle de notre ère. Mais, comme pour la série 104, ce n'est qu'une hypothèse.
Style à palmettes et lotus tardifs.
Antéfixe presque complète. Argile rouge, pas de couverte. L. or. = 0,16. H. or. = 0,17. Le décor est le même que sur A.135 (série 105), mais les proportions sont plus faibles et le style plus sec. Les onze feuilles de la palmette sont devenues squelettiques ; le cœur a la forme d'un noyau d'olive, les volutes sont filiformes. Le couvre-joint se détache très bas au dos de la palmette.
2. A.140 Palmette d'antéfixe. L. — 0,155. H. = 0,13. Argile et décor semblables à ceux
de A.139. Le bas est brisé.