AC.5 PI
Acrotère fragmentaire. Argile rouge, pas de couverte. L. — 0,162. H. = 0,21. L'ensemble a la forme d'une mince plaque triangulaire, brisée en bas. A l'inverse de ce qui se passe pour les antéfixes, la palmette est plus large que le support et les extrémités des feuilles latérales se détachent en ronde bosse. De plus, elles sont animées d'un mouvement double : elles se rabattent d'abord vers le bas, comme pour se terminer en crochet, puis, à l'extrémité, se redressent brusquement vers le haut, ce qui leur donne une ligne en zigzag. Le cœur est en « noyau d'olive ». Au-dessous, deux volutes naissant du pied de la palmette et terminées en spirales à deux replis, et un lotus renversé assez mutilé. En bas, enfin, on observe à droite et à gauche le départ d'une spirale ornée de gaufrures. Ce dernier élément, joint au fait que la plaque qui porte le relief est extrêmement mince, et qu'il n'y a pas de trace de couvre-joint, montre qu'on a affaire à un acrotère. L'analogie de style et de décor permet de l'attribuer au même toit que A.139.
(1) P. Paris, Êlalée, pi. VII et VIII.
Les antéfixes de ce toit sont visiblement une imitation maladroite de celles de la série 97. Peut-être faut-il les attribuer à une réparation du môme bâtiment. Cela impliquerait alors une date assez tardive : 11e siècle ap. J.-C. ?
Série 107.
Palmette et partie droite d'une petite antéfixe. Argile rouge, sans couverte. L. = 0,10. H. or. — 0,125. Dix feuilles sur onze sont conservées, très mal dessinées, presque informes. Elles imitent le type « en crosse ». Au revers, arrachement du couvre-joint.
Moitié droite d'une antéfixe. L. = 0,085. H. = 0,14. Argile et décor identiques à ceux de A.121. Sept feuilles sur les onze de la palmette sont conservées. En bas, à droite, la volute est très courte, pratiquement réduite à ses deux spirales. Au revers, évidement pour la tuile de rive. Le caractère « squelettique » des feuilles de ces palmettes invite à les placer à la même époque que les antéfixes du toit 106.
Série 108.
Antéfixes â base en épi.
Antéfixe fragmentaire. Argile rose, sans couverte. L. = 0,164. H. = 0,163. Palmette à treize feuilles. La feuille centrale, brisée en haut, dominait les autres. Elle est striée d'un profond sillon longitudinal. Les huit feuilles latérales du haut, « en crosse », brisées au bout, sont également incisées. La plus basse sort d'un court manchon strié comme un épi. Au-dessous les deux dernières feuilles sont remplacées par de courts épis à stries en flèche. Deux courtes volutes en S meublent le champ au-delà des épis. Au revers, arrachement du couvre-joint.
Coin inférieur droit d'une antéfixe. L. = 0,082. H. = 0,074. Argile et décor identiques. Il reste les 3 épis de droite et la volute latérale. Cette dernière est courte (H. or. = 0,06), en S, terminée par deux spirales à enroulement simple, sans yeux. L'antéfixe est coupée net sous les épis : il n'y avait pas de volute de base.
Série 109.
Antéfixe â base pointue.
Antéfixe de sima latérale, fragmentaire. Les lettres A Y, inscrites au revers à la peinture rouge, au moment de la fouille, doivent indiquer le lieu de trouvaille, mais leur interprétation est incertaine. Peut-être àvaTOÀixcoç OTtspOsv (en haut, à l'Est) ? Argile rouge, sans couverte. L. = 0,15. H. = 0,162. Le profil n'est pas plan, mais, fait exceptionnel, renflé en bas et au centre. La base n'est pas horizontale, mais suit le contour des feuilles inférieures de la palmette, « en chistera » tournées vers le haut. L'antéfixe venait donc s'encastrer dans une découpure du chéneau, suivant le contour des rinceaux d'acanthe : le procédé est employé dès la fin du ive ou le début du me siècle, au Léonidaion d'Olympie1 et au temple d'Artémis à Épidaure2.
(1) Cf. Olympia II, pi. 123, 3. M. Schede, Antikes Traufleislen-Ornament, pi. 6, 36.
(2) Cf. G. Roux, L'architecture de l'Argolide pi. 59, 1 ; p. 211-212. M. Schede, ibid., pi. 5, 32.
Le décor comporte trois palmettes « concentriques », issues d'un même pied, la plus petite étant la plus saillante. Celle-ci a la forme d'une coquille, et compte onze feuilles embryonnaires. La palmette médiane a neuf feuilles très écartées les unes des autres, affectant un mouvement ondulé en S très allongé. Elles sont munies d'une nervure centrale et d'un rebord en léger relief. Les feuilles (brisées en haut et à droite) de la palmette la plus grande prolongent celles de la palmette médiane ; elles possèdent également une nervure centrale et un rebord en relief, mais devaient être terminées par un crochet tourné vers le haut1.
Série 110.
Anléfixes à base décorée d'un astragale.
Partie inférieure d'une antéfixe. Argile rouge à grains. L. = 0,18. H. — 0,108. Il reste le coin inférieur droit, avec l'extrémité d'une spirale et, à la base, un astragale (entraxe = 0,023) souligné d'un listel. Au revers, l'amorce du couvre-joint, très bas, montre que l'antéfixe couronnait une sima latérale.
Partie inférieure d'une antéfixe. L. = 0,145. H. = 0,10. Argile et décor identiques à ceux de A.170. Il reste l'astragale de base (entraxe = 0,025) et l'extrémité d'un cœur ovale. La longueur totale de l'antéfixe, restituée, était d'environ 0,21.
3. A.178 Partie inférieure d'une antéfixe. L. = 0,14. H. = 0,092. Argile et décor iden-
tiques à ceux de A.170. Il reste un astragale de base et un fragment du cœur.
Plusieurs fragments d'antéfixes de même type ont été trouvés à Corinthe2, mais ils ne permettent pas une restauration complète et ne donnent d'autre part aucune indication chronologique.
Série 111.
Antéfîxes à palmette dépourvue de feuille centrale.
Antéfixe complète. Argile rouge vif, sans couverte. L. or. = 0,165. H. or. = 0,21. La plaque est en forme d'ogive, les côtés sont ondulés. Le motif se détache en faible relief. En haut, une palmette à huit feuilles en crochets retournés vers le haut, toutes traversées par un large sillon longitudinal. Il n'y a pas de feuille centrale, mais, à la place, une rosette à dix pétales formant un ovale approximatif. Un long pédoncule réunit la base de la palmette, dépourvue de cœur, à une feuille d'acanthe vue de face, en bas. Cette dernière est flanquée de deux autres feuilles, d'où sortent deux rinceaux torsadés qui ne tardent pas à se diviser en 2 rameaux, terminés chacun par des spirales. Toutes les spirales sont divergentes et tournées vers l'extérieur, deux se rapprochent sous la palmette, de part et d'autre du pédoncule, et deux s'écartent vers les côtés. Un fleuron triangulaire meuble le champ entre les spirales. Au revers, le départ du couvre-joint, arraché, est presque à la base de l'antéfixe, à environ 0,13 du sommet.
(1) Autres exemples, malheureusement non datés, de « palmettes concentriques » : à Haghios Floros en Messénie (cf. N. Valmin, The Swedish Messenia Expédition, 431) ; à Lusoi (cf. W. Reichel et A. Wilhelm, « Das Heiligtum der Artemis zu Lusoi », Oesl. Jaresh. 4 (1901), 63 fig. 137).
(2) Corinlh, p. 17 fig. 12, 5 (A.39) et p. 51.
2. A. 153 Antéfixe fragmentaire. L. = 0,16. H. or. = 0,205. Argile et décor identiques.
Le coin inférieur droit est brisé ; au revers, traces du couvre-joint très haut, à environ 0,065 du sommet.
3. A.154 Antéfixe fragmentaire. L. or. = 0,172. H. = 0,14. Argile et décor identiques.
Tout le haut a disparu jusqu'au ras des volutes. Au revers, l'intérieur du couvrejoint est travaillé au ciseau.
rieure gauche
the
centrale.
Antéfixe complète. L. or.
ment.
0,17. H. or. = 0,21. Argile et décor sans change-
Antéfixe presque complète. L. or. = 0,16. H. = 0,185. Argile et décor sans changement. Le haut de la palmette est brisé.
Fragment d'antéfixe. L. = 0,15. H. = 0,135. Argile et décor identiques. Il manque tout le bas, volutes et feuilles d'acanthe, ainsi que la partie supé-
Antéfixe fragmentaire. L. = 0,145. H. = 0,16. Argile et décor identiques. Il manque le bas des volutes et les feuilles d'acanthe.
Palmette d'antéfixe. L. = 0,13. H. = 0,105. Argile et décor identiques. Tout le bas manque à partir des volutes.
Fragment d'antéfixe. L. = 0,12. H. = 0,155. Argile et décor identiques. Tout le bas manque à partir des spirales supérieures des volutes.
Partie supérieure d'antéfixe. L. = 0,105. H. = 0,155. Argile et décor identiques. Tout le bas manque à partir des spirales supérieures des volutes.
Fragment d'antéfixe. L. = 0,14. H. et décor identiques.
Fragment d'antéfixe. L. = 0,11. H.
reste une partie de la palmette.
0,11. Il ne reste que la palmette. Argile = 0,115. Argile et décor identiques. Il
Petit fragment d'antéfixe. L. = 0,075. H. = 0,085. Argile et décor identiques. Il reste une partie de la palmette.
Petit fragment d'antéfixe. L. = 0,045. H. = 0,12. Argile et décor identiques. Il reste une partie de la palmette.
Petit fragment d'antéfixe. L. = 0,10. H. = 0,09. Argile et décor identiques. Il reste quelques feuilles de la palmette.
Petit fragment d'antéfixe. H. = 0,085. H. = 0,11. Argile et décor identiques. Il reste la volute gauche avec ses deux spirales et une partie de la feuille d'acan-
Huit morceaux se raccordant pour former une antéfixe entière. L. or. = 0,16. H. or. = 0,215. Argile et décor identiques.
Fragment d'antéfixe. L. = 0,13. H. = 0,10. Argile et décor identiques. Il reste le coin inférieur gauche et une partie du centre.
On a dès le 11e siècle av. J.-C, sur les stèles funéraires, des palmettes à feuilles latérales « centripètes » dont la feuille centrale a été supprimée et remplacée par une rosette1. Une antéfîxe du même type, datée par Dyggve d'environ 200 av. J.-C, a été trouvée à Calydon2. Une autre, découverte à Assos, est d'époque romaine3. Mais toutes deux sont certainement antérieures à l'antéfixe delphique, que son dessin schématique et sa technique très pauvre obligent à situer dans le Bas-Empire ou à l'époque paléochrétienne. Un exemplaire presque identique, non daté, a été trouvé à Sicyone [BCH 50 (1926), 181 fig. 5).
Antéfixes à volutes larges.
Antéfîxe intacte. L. or. = 0,145. H. or. = 0,19. Épaisseur = 0,03. Sur une plaque en forme d'ogive, le motif se détache en faible relief. En haut, une palmette à onze feuilles très minces, « squelettiques », recourbées « en crosse » ; la feuille centrale, droite, a l'extrémité renflée. Le cœur, ovoïde, est monté sur un mince pédoncule. La palmette ne meuble que la moitié supérieure de l'antéfixe. Tout le bas est occupé par deux volutes très larges, à surface plate, ouvertes en V, sortant d'une coquille formée par trois feuilles d'acanthe, une de face et deux de profil. Les volutes se divisent chacune en deux spirales, les unes se recourbant vers le centre, et se faisant face sous la palmette, les autres se recourbant vers le bas et vers l'extérieur. Entre les deux spirales d'une même volute, un fleuron ; entre les spirales supérieures et les feuilles inférieures de la palmette, deux languettes ; entre les deux volutes, dans l'axe de l'antéfixe, un élément en forme de clou de girofle, à longue tige pointue, orné d'une pastille en son centre. Le tout est souligné d'une plinthe sans ornement. Au revers, traces de l'arrachement du couvre-joint.
2. A. 142 Antéfîxe intacte. L. or. = 0,145. H. or. = 0,185. Identique en tous points à la
précédente. Les différences de mesures proviennent d'un découpage plus ou moins adroit de la plaque support, et non du motif lui-même.
Antéfîxe intacte. L. or. = 0,14. H. or. = 0,20. Identique aux précédentes.
Antéfîxe intacte. L. or. = 0,14. H. or. = 0,195. Identique aux précédentes.
Antéfîxe presque complète. L. or. = 0,14. H. or. = 0,195. Le coin inférieur droit est mutilé ; argile et décor sans changement.
Antéfîxe fragmentaire. H. = 0,178. L. or. = 0,145. Argile et décor sans changement. Il manque la partie supérieure gauche.
Antéfîxe fragmentaire. L. or. = 0,14. H. = 0,175. Argile et décor sans changement. Brisé en haut et à droite.
Antéfîxe fragmentaire. L. or. = 0,145. H. = 0,14. Argile et décor sans changement. Il manque tout le haut.
Antéfîxe fragmentaire. L. or. — 0,145. H. or. = 0,165. Argile et décor sans changement ; mutilé en haut et à droite.
(1) H. MObius, Die Ornamente der gricchischen Grabslelen, passim.
(2) Laphrion, p. 200, fig. 207, J et p. 201 et 289.
(3) Aker9trôm, p. 20 et pi. 8, n°" 1 et 2.
10. A. 150 Antéfixe fragmentaire. L. or. = 0,148. H. or. = 0,20. Argile et décor sans
changement ; mutilé en bas et à gauche.
11. A. 151 Fragment d'antéfixe. L. = 0,127. H. = 0,107. Argile et décor sans changement ;
il ne reste que la palmette supérieure.
Ces antéfîxes sont certainement les plus tardives de toute la collection delphique. La palmette est « squelettique », les volutes sont larges et raides, les feuilles d'acanthe à peine ébauchées. Tout ceci est déjà médiéval.