‹ Fouilles de Delphes (volume 4)Chapitre 183 sur 257 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

tions. Ainsi, au milieu du vie siècle, le profil en cavet est remplacé par le profil corinthien, à gros tore au-dessus d'un bandeau vertical, que rien ne semblait annoncer. Vers 550 également, le décor change brusquement : les languettes sont abandonnées au profit des palmettes et lotus. Vers 500, nouvelle mutation : on passe du décor en sombre sur clair (« figure noire ») à celui en clair sur sombre (« figure rouge »). On trouve naturellement aussi des exemples d'évolution plus progressive ; ainsi, dans le décor des antéfixes, le motif formé par une palmette au-dessus d'un lotus renversé change très lentement : au début, la palmette n'est qu'un élément secondaire, de petites dimensions, se détachant à peine des volutes latérales ; peu à peu, celles-ci et le lotus perdent de leur importance, et, au ive siècle, les proportions sont renversées : c'est la palmette qui domine, le lotus et les volutes ne jouent plus qu'un rôle d'appoint.

Par rapport aux autres productions artisanales qui utilisent le même répertoire décoratif (simas et antéfixes de marbre et de pierre, vases peints), les terres cuites architecturales corinthiennes font preuve d'une remarquable autonomie, due sans doute, avant tout, à un certain esprit routinier : les artisans n'adoptent ainsi le procédé du décor en « figure rouge » que trente ans après Athènes ; de même, les palmettes ne prennent une silhouette « flamboyante » qu'au début du ive siècle, trente ans après qu'on ait commencé à voir apparaître cette forme sur les acrotères de marbre. Enfin, le profil des simas de terre cuite ne coïncide que rarement avec celui des simas de marbre contemporaines : l'exception la plus notable est ici celle du profil de la sima du temple en tuf à Marmaria, qui est très proche de celui de la sima du temple des Alcméonides.

A toutes les étapes de l'évolution, et dans tous les centres de fabrication, on est ainsi frappé par l'indépendance, ou si l'on veut le cloisonnement, des différentes écoles et des différentes techniques dans la Grèce des cités. Sans vouloir nier la réalité ni le rôle des influences extérieures, il faut convenir qu'elles ne pénètrent que lentement et partiellement des ateliers où régnaient de solides traditions, qui cultivaient leurs procédés particuliers et évoluaient de façon autonome. Cette constatation m'amène à marquer, pour terminer, les limites de ce travail : le classement et la chronologie que j'ai tenté d'établir ne valent que pour Corinthe et les ateliers voisins. Les écoles rivales (Attique, Laconie, Cyclades, etc.) obéissent à d'autres lois et doivent être jugées selon d'autres critères. Jusqu'ici, de tous ces centres de production, seule Athènes a été étudiée de façon sérieuse : c'est dire qu'il reste beaucoup à faire.

TABLE DE CONCORDANCE

entre

les numéros d'identification,

les numéros des toits ou séries,

les numéros des planches,

les numéros des clichés conservés à l'École Française d'Athènes.

N° ident.

N° toit

N° plan

ohe

N° cliché

ou série

Page 1