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L'aile et le bras gauches. PI

Sans numéro. Selon le Journal des Fouilles (p. 573) porterait le n° 4377.

Album, pi. XXXI.

Deonna, n° 15.

Grand fragment, fait de nombreux morceaux recollés. On y voit le bras gauche en entier sauf la main, qui tenait une couronne dont la retombée indique l'aplomb du morceau. Le bras est plaqué contre l'aile mais en fort relief.

Le bras est étendu et nettement levé. Il est vêtu de deux manches superposées :

— la manche de l'himation, qui forme en bas de gros plis boudinés. En haut, ces plis sont petits et serrés. La couture est rendue par une ligne imprimée avant cuisson, large et en zigzag. Elle est peinte en rouge ;

— la manche du chiton. Il n'y a pas de couture, mais, comme il est habituel dans cette partie du vêtement, des agrafes qui rapprochent les deux bords du tissu tous les 3,7 cm environ. Ces agrafes, aujourd'hui arasées, avaient la forme de boutons. Entre deux agrafes, les bords du tissu s'écartent, formant un trou ovale où apparaît la chair. Les bords, ondulés, sont soulignés d'une ligne brune. La manche est parcourue de plis sensiblement verticaux, au tracé ondulé, qui se recouvrent l'un l'autre en remontant (plis « télescopiques »). L'intérieur est fortement refouillé (jusqu'à 3,5 cm) ; jusqu'au fond sont modelés des plis semblables (et non pas inverses). Cette manche est réservée.

Le bras émerge au niveau du coude, où il est légèrement plié. Il est arrondi, sans aucune indication musculaire. Il est brisé au poignet ; de la main ne subsiste que l'arrachement, situé tout contre le bord supérieur de l'aile.

La couronne a précisément l'aspect du moderne « komboloï ». C'était une sorte de chapelet de perles un peu allongées (long. 1,3; diam. 1,15) alternativement réservée, noire, réservée, rouge1. La pesanteur fait prendre à cette couronne une forme très ovale.

L'aile, déployée, a la forme, assez exactement rendue, de celle d'un oiseau, la partie musculaire étant recouverte d'écaillés qui représentent de petites plumes.

La face antérieure de l'aile est la plus soignée. Les écailles sont disposées en rangées transversales alternativement rouges et noires2 ; mais le trait qui les cerne est toujours noir. Leur direction

(1) Pour une couronne analogue, cf. la Nikè (dans une attitude différente : les deux bras sont baissés) décorant une anse d'hydrie découverte avec tout un lot d'objets de la fin de l'époque archaïque à Staro Sélo (Bulgarie) en 1962 : I. Venedikov, Bull. Insl. Arch. Bulgare, 28, 1964, p. 85, fig. 11.

(2) C'est-à-dire que chaque écaille a, à ses côtés, des écailles de même couleur qu'elle, et devant comme derrière elle des écailles de couleur différente.

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suit à peu près celle du bord supérieur de l'aile, sauf en bas, où elles suivent la limite des pennes. Elles sont arrondies à leur bout ; à leur base, les deux bords des écailles voisines ne se rejoignent pas tout à fait.

La limite avec les plumes est marquée par un ressaut plastique souligné en noir. Ce ressaut est bordé du côté des écailles par une bande réservée, qui est parcourue par un galon décoré d'une fde de points rouges.

Il y a deux rangées de plumes. Celles de la base ont une longueur de 7 à 8 cm ; les autres, de 10 à 16 cm, les plus longues étant celles du milieu. Elles ont toutes la même forme en lame de couteau (avec la pointe vers le haut) et le même décor : centre peint (largeur moyenne 1,5 cm), bandes réservées, puis trait mitoyen noir coïncidant avec un ressaut plastique. Ce système de ressauts est tel que les plumes internes recouvrent celles du bout, et que chaque plume recouvre sa voisine du bas. Elles sont alternativement rouges et noires, verticalement comme horizontalement : chaque plume n'a de voisines, dans tous les sens, que de couleur différente.

La face postérieure est moins soignée, en ce sens qu'il n'y a pas de séparations plastiques. Le schéma décoratif est le même, mais la séparation entre les écailles et les plumes est différente : c'est une simple bande réservée bordée de deux traits noirs épais ; il n'y a pas de points rouges.

Les grandes plumes étaient sensiblement horizontales.

Longueur totale 44 cm.

Hauteur max. 25.

3. La jambe gauche, pliée et tendue en avant. PI. 87. Numéro inv. 4379.

Album, pi. XXXI.

Le fragment se compose d'un seul morceau, auquel a été recollé un éclat du genou, et où se rajuste un fragment de la draperie de la face antérieure (c'est à-dire : droite par rapport à la jambe).

La jambe, pliée à environ 120 degrés, est conservée du milieu de la cuisse au début de la chaussure. Elle est entièrement enveloppée dans le vêtement, qu'elle tend. Ce vêtement (il s'agit d'un himation) est peint en rouge foncé ; il est bordé en bas d'un galon comprenant une bande noire large entre deux étroites bandes réservées. Le tissu est traité comme un tissu épais. Il ne fait de plis que sur un côté (celui qui est à droite de la jambe) : ce sont de simples dénivellations plastiques, dessinant d'amples courbes, presque parallèles, nées sur la cuisse ; elles marquent la tension du tissu entre les deux jambes qui s'écartent1.

Il y avait certainement en dessous un autre vêtement, un chiton à coup sûr, dont la couleur (réservée) correspond à celle de la manche « télescopique » de 2 : un fragment en apparaît du côté droit, tout à fait en bas, sous l'aileron de la chaussure. Il était réservé, avec des plis parallèles dessinés en brun, et un bord noir.

Les chaussures étaient richement ornées. Il n'en reste que le haut, mais il est évident que ce sont des endromides munies d'ailerons. De l'endromis reste la haute languette antérieure, ornée comme il est normal2 d'une palmette aux pétales alternativement rouges et noirs sur fond réservé et cerné pour chaque pétale d'un trait noir. L'aileron est constitué par une sorte d'appendice au bout arrondi appliqué sous le bord inférieur du vêtement. Du côté droit, on distingue de haut en bas :

(1) Pour des plis un peu analogues, cf. Olympia III, pi. VII, 5.

(2) Cf. les vases plastiques rhodiens en forme de jambe chaussée d'une endromis, du type Higgins, Cal. Terr. British Muséum, II, n° 1650.

— une courte zone d'écaillés dirigées la pointe vers l'arrière ; elle est limitée en bas par deux traits ;

— une zone de plumes courtes et minces. Elles ont la forme d'oves allongés, dessinées au trait, avec, au centre, un trait alternativement rouge et noir. Elles ont toutes la même longueur : 1,5 cm ;

— les grandes plumes : ce sont des oves analogues, mais de taille plus forte. La plus grande, située contre le bord du vêtement, a 5 cm de long. Il y en a 4 en tout ; la plus petite n'a que 1,2 cm de long.

Sur l'autre face, il n'y a que de grandes plumes, et elles sont assez négligemment traitées.

Technique et plastique sont excellentes. La courbure du mollet est discrètement sensible sous le vêtement.

Tout l'avant du fragment (jambe) est plein. Le bas de la jambe, aujourd'hui manquant, était ajusté au moyen d'une tige de fer, d'un diamètre voisin de 4 mm, autour de laquelle on a coulé du plomb par divers canaux (un sur la face antérieure, au-dessus de la palmette ; un sur la face droite, incomplètement foré et inutilisé1, qui a coupé une écaille de l'aileron ; un sur la face gauche). La façon dont le plomb s'est répandu là où se trouve la cassure actuelle montre que celle-ci est antérieure à la coulée : autrement dit, il s'agit d'une réparation, et non d'un ajustage de pièces détachées.

Comme pour l'aile, il y a une face principale, plus soignée : c'est la face droite (pour la jambe). Il s'agit donc d'une Nikè volant vers sa gauche, et de sa jambe gauche.

Hauteur totale 28, 5.

Largeur maximum 19,5.

Épaisseur maximum 10 (tout à fait en arrière).

4. Draperie au voisinage de la jambe arrière repliée. PL 88. Sans numéro.

Album, pi. XXXI.

Ce fragment comprend une partie du bas de l'himation, dessinant l'amorce de la jambe pliée (la partie inférieure du membre tendue à l'horizontale), et de riches plis dessinés par le bord de cet himation. Ces plis forment, presque dans l'axe de la jambe (mais plutôt vers la gauche de celle-ci) une masse autonome, sorte de promontoire brisé à l'extrémité et constitué uniquement par de l'étoffe. Un tel pan de vêtement ne peut guère avoir été constitué que par l'action d'une main l'empoignant plus haut.

Le modelé des plis est extrêmement soigné et souple.

Les deux parties de l'himation sont du même rouge sombre (il s'agit donc d'un seul himation avec retombée). La bordure est ornée d'un galon noir entre deux bandes réservées (largeur totale 1,9).

Le côté droit est le plus richement décoré. En particulier, le bas de l'himation ne comporte pas de plis du côté gauche, alors que sur la face de droite se trouve l'amorce de deux plis à la vaste courbe, qui se raccordaient probablement à certains des plis du fragment précédent. Le haut de l'himation comporte des plis plastiques des deux côtés, mais ils sont beaucoup moins riches du côté gauche. La face importante étant celle de droite, il s'ensuit que ce fragment appartient à une Nikè volant vers sa gauche.

Hauteur 14,5.

Longueur 14.

Épaisseur maximum 11.

(1) Si l'on en a abandonné le forage, c'est peut-être parce que l'on s'est rendu compte qu'il était placé sur la face la plus en vue, où une coulée de plomb pouvait avoir des conséquences fâcheuses.

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On commence ainsi à entrevoir l'attitude et l'allure générale de cette hypothétique « Nikè I ». Mais d'autres fragments montrent l'existence d'au moins une figure symétrique.

NIKÈ II.

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