Le haut de la lête. PI
Sans numéro. Journal des Fouilles, 31 juillet-7 août 1901, d).
Album, pi. XXX.
Deonna, n° 1.
On a retrouvé un certain nombre de fragments et d'éclats qui reconstituent le haut du visage, à partir de la racine du nez, et la moitié antérieure de la calotte crânienne.
Le nez était droit et plutôt fort. Les yeux sont bordés d'un bourrelet plastique ; les deux paupières sont nettement dissymétriques. Ce bourrelet est peint en noir ; l'iris est rendu par un cercle noir entourant un cercle réservé, la pupille étant figurée par un point noir. Le canthus est représenté par une très franche sinuosité du bourrelet. Les sourcils sont haut placés ; ils sont tracés d'un trait extrêmement net. Les cheveux, au-dessus du front, sont disposés en quatre nattes ondulées parallèles et continues ; celle qui est au contact du front a des ondulations plus marquées que les autres. Ces nattes, fines et fluides, sont peintes en noir.
Le diadème se compose de deux parties :
— en bas, un lien assez gros (diamètre 6 mm), peint en rouge, orné à intervalles réguliers (exactement tous les 3,2 cm de centre à centre) de rosettes plastiques. Ce sont des rondelles d'argile (diamètre 1,2 ; épaisseur 0,2) décorées de huit pétales dessinés en brun avec un trait médian rouge clair, et disposés autour d'un petit cercle central ; au centre se voit le petit trou fait par la pointe du compas. Il y avait au moins 9 de ces rosettes, et probablement 14 si l'on admet qu'elles faisaient tout le tour de la tête.
— Au-dessus, une haute Stéphane (hauteur 2,2), décorée d'une chaîne de boutons et de fleurs en brun et rouge (le rouge pour les pointes des boutons et des fleurs) sur fond réservé.
La calotte crânienne, réservée, est à peu près lisse (de vagues ondulations). En son centre se trouve fichée une petite tige de fer, ronde, d'un diamètre de 2 à 3 mm. Il doit s'agir d'un méniskos, comme en ont certaines korès de l'Acropole. Si l'on dispose le fragment de telle sorte que cette tige se trouve tout au sommet du crâne (comme elle était vraisemblablement dans l'antiquité), on constate que le visage est nettement incliné vers le bas, la verticale étant donnée par l'arête du nez.
(1) En admettant que les Nikès volent dans des directions divergentes, centrifuges. Car il y a là un problème, qui d'ailleurs à ma connaissance n'a jamais été posé clairement. Dans sa reconstitution du trésor de Siphnos, Homolle avait mis des Nikès centripètes, et personne n'y avait trouvé à redire. S'il avait pris ce parti, c'est sans doute parce que le seul socle conservé appartient à un angle situé à droite pour le spectateur faisant face au petit côté, et conviendrait bien à la Nikè I de la publication, qui vole vers la gauche du spectateur (FD IV 2, p. 165) ; mais rien ne prouve que le socle perdu ne lui eût pas convenu aussi bien. Quand les acrotères sont des sphinx (ou, exceptionnellement, des griffons), on ne songe pas à les placer à la tête vers les rampants du fronton. Sur le pinax X 36 de l'Acropole (Schmidt, Jdl 1920, p. 110, flg. 10), la Nikè acrotère est représentée volant vers l'extérieur ; mais à Tarente [RE G 1937, p. 115 et flg. 9 ; croquis d'après AJA 1936, p. 386, flg. 10), les « coureuses » sont centripètes. Les cavalières du Trésor des Athéniens étaient, elles, centrifuges ; ce qui semble finalement être le cas de loin le plus fréquent.
Des oreilles ne demeurent que de petits fragments. La gauche est la mieux conservée : on voit le haut du pavillon, qui passe par dessus la chevelure. Oreille et chevelure, de ce côté,s'écartaient nettement de la tête, ce qui indique que les nattes étaient, là, soulevées par l'épaule et le bras tendu. C'est pourquoi on peut affirmer que ce fragment provient d'une Nikè volant vers sa gauche.
La technique est excellente. La couverte de terre pure est très épaisse : plus d'un cm. Elle est jaune en surface (sur une épaisseur de 3 mm) et orangée en profondeur. A l'intérieur, il y a une couche d'environ 1 cm de terre jaune contenant un peu de sable assez fin. Le visage était probablement moulé ; sa surface a un très beau poli de couleur vieil ivoire.
Hauteur conservée 9 cm.
Largeur totale 12,5.
Largeur du visage sous les yeux : 7,7.