Fragment probablement d'une Athéna. PI
Sans numéro.
On distingue deux zones : une zone d'écaillés, et une zone couverte d'un vêtement plissé, peint en rouge sombre. La zone des écailles est en relief par rapport à celle des plis. Ces écailles sont petites. Le centre de la seule qui subsiste actuellement est rouge, avec une bordure réservée cernée d'un trait noir. Les plis du vêtement, disposés en éventail, sont pratiquement droits.
Le trait le plus frappant est la séparation entre ces deux zones. Elle est marquée par une tresse certainement composée de serpents : c'est une tige cylindrique (diamètre 1,5) qui bifurque tous les 6 cm, donnant naissance à une série de boucles fermées. On voit encore, reposant sur le corps là où la boucle se referme, la trace de l'élargissement correspondant à la tête du serpent. Le corps est rayé longitudinalement de rouge sombre (là où il adhère au fond), de jaune (réservé) et de noir.
La forme aussi est remarquable. Le fragment est très plat ; en bas, juste contre le serpent il fait un angle marqué, formant ainsi un « flanc », qui lui-même n'est pas droit, mais comporte un rentrant à 120 degrés environ.
Terre jaune rougeâtre contenant un sable assez fin. Couverte peu épaisse (1 à 2 mm) jaune, fine, dure.
Hauteur 9,5.
Largeur 12.
Style, technique, décoration évoquent immédiatement les Nikès de Marmaria. Si le fragment provenait d'une Nikè, il faudrait que ce fût du dos, là où l'aile se rattache au corps : car, devant, c'est le corps qui est en relief par rapport aux ailes, et non l'inverse. Mais :
a) le dos des Nikès n'est jamais aussi soigné et ne comporte pas de détails plastiques ;
b) on ne connaît pas de Nikès présentant des serpents à la naissance des ailes. On peut penser à une Gorgone ; mais les serpents des Gorgones ne sont pas placés
à la naissance des ailes.
Il s'agit d'un morceau de face antérieure : en ce cas, la créature qui est dotée le plus normalement d'un corselet à écailles ourlé de serpents est évidemment Athéna. Les vases archaïques (figures noires et figures rouges) montrent Athéna avec une égide aux écailles orientées la pointe vers le bas ; notre fragment s'accorderait mieux avec une égide-cape (type de la figure rouge : par exemple Euphronios, Pfuhl MZ 398) qu'avec une égide-corselet (par exemple Skythès, MZ 273, ou Andokidès, MZ 265), à cause des plis du vêtement. Nous devons avoir ici le faisceau de plis sous le bras droit1.
(1) Cf. l'Athéna d'Erétrie, Marcadé, BCH 1950, p. 184, flg. 1. On trouvera dans ce même article de Marcadé la bibliographie sur les Athéna archaïques en général.