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SOMBRE SUR CLAIR

A. Généralités

Les simas dont le profil est constitué, pour l'essentiel, d'un tore épais faisant saillie au-dessus d'une plate-bande verticale ont d'abord été appelées « mégariennes » parce que le premier exemple attesté a été le toit du trésor de Mégare à Olympie. Mais elles ne sont pas plus mégariennes que les bols du même nom, et leur origine corinthienne ne fait pas de doute1. Le profil est normalement complété, en haut, par une baguette ou un listel. Parfois s'y substitue un élément plus complexe (cf. S. 189). En bas, on peut avoir une baguette, mais le plus souvent le profil est droit

Dans la plupart des cas, le gros tore est traversé par un canal longitudinal. Cet évidement répond d'abord à une nécessité technique. Malgré l'emploi d'un dégraissant (cf. ci-dessous Appendice I), la partie épaisse de la sima doit sécher beaucoup plus lentement, et de façon moins profonde, que la partie mince. Il se produit donc obligatoirement une tension entre le haut et le bas de la sima, et la pièce risquerait alors de se fendre ou de se

(1) Cf. Koch, 111 ; GFB, 26 ; Cornâh, 9 et 19 ; Martin, 95.

briser. L'objet du canal, ou de tout autre évidement, est de rendre les parois du haut aussi minces que celle du bas, et de réaliser les conditions favorables à un séchage homogène1. La meilleure démonstration de l'utilité du canal, on la trouve dans la sima S. 109, série 51,2. Elle en est dépourvue. Or, elle est précisément toute fendue et crevassée, au bord de la désintégration.

En dehors de cet impératif technique, les autres raisons que l'on a pu donner, pour expliquer l'existence de ces canaux, même si elles sont valables, sont secondaires. On a pensé en particulier qu'ils avaient pu recevoir des baguettes ou des chevilles destinées à assujettir les unes aux autres les simas. Dans la fouille d'un temple archaïque à Corfou, on aurait trouvé de tels goujons, à l'intérieur même des fragments de sima2. Mais, de toute façon, on ne voit pas la nécessité, pour un tel goujonnage, que la sima soit traversée d'un bout à l'autre par un canal circulaire. On a donc, au mieux, utilisé ce qui existait déjà; on n'a pas réalisé le canal pour relier entre elles les simas, on l'a mis à profit.

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