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PS

Fig. 9. — Replacement des blocs en calcaire à l'angle Snd-Est de la lesché.

l'angle, et qui formaient le soubassement de l'assise d'euthyntéria ; 1 m. 75 plus au Sud, 4 blocs de pôros sont encore en place : larges chacun de 0 m. 45, disposés côte-àcôte, ils sont reliés entre eux par des scellements en ' — i encore en place. Pour rattraper la déclivité du terrain, ces éléments reposent eux-mêmes sur deux blocs de pôros placés en long qui font office de fondations (plan 19 ; pi. 67, 2) ; le dernier bloc au Sud est actuellement en retrait de 0 m. 20 sur l'élément de fondation inférieur ; à ce niveau l'assise de pôros de fondation la plus profonde fait place à un bloc de calcaire accolé aux précédents, large de 0 m. 53, débordant vers l'intérieur. Enfin 3 autres blocs de calcaire orientés per-

(1) Ils en ont déposé les nombreux fragments au musée.

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pendiculairement au précédent, longs de 1 m. 16, larges chacun de 0 m. 60 constituent l'angle Sud-Est de la fondation.

L'organisation des assises en profondeur témoigne également d'un changement considérable. Dans sa partie Nord le mur est constitué d'éléments en pôros ; la fondation, formée d'une seule série de blocs en pôros placés en long. Cet appareil se poursuit sensiblement jusqu'au niveau d'un mur d'époque géométrique qui s'engage perpendiculairement sous les fondations de la lesché. Il se produit alors un décrochement brusque des assises en profondeur, décrochement qui se poursuit jusqu'à l'angle Sud-Est du monument. Les fondations s'enfoncent en effet de 1 m. 10 plus profondément dans le sol ; en outre elles sont successivement composées de haut en bas par deux assises de calcaire, hautes de 0 m. 44-0 m. 45, reposant elles-mêmes sur une assise de pôros, haute de 0 m. 315 (PI. 67, 2 ; plans 19, 20, 21).

Enfin on a trouvé dans cette région un ensemble de blocs de calcaire gris qui se répartissent en plusieurs assises variant de 0 m. 325 à 0 m. 595. L'un d'eux porte un décret en l'honneur de Cnidiens (inv. 3197) (fig. 9, 10, pi. 69)1 et appartient à l'angle d'un édifice, ainsi que deux autres pierres d'assises différentes. Considérant d'abord que la lesché était construite entièrement en pôros, on avait attribué ces éléments soit à une base indépendante, soit au mur d'analemma Sud. La construction du côté Est, où l'on paraît s'être préoccupé plus qu'ailleurs de la stabilité des assises (présence de scellements en ' — i au niveau des fondations, assise de socle en calcaire au niveau de l'angle Nord- Est) invite à revenir sur cette attribution. La fouille de la région Nord-Est2 a d'autre part fait retrouver d'autres blocs de l'analemma cnidien, tous identiques à ceux qui sont encore en place. On a découvert en particulier l'un des blocs d'angle des assises supérieures (haut. 0 m. 31). Il porte la feuillure caractéristique de cet angle. Il paraît ainsi difficile que le mode de construction ait brusquement changé pour porter en couronnement ces blocs de dimensions, de matériau et de travail très différents. En outre ces pierres présentent des trous de goujon et des scellements en | | qui sont inusités dans le reste de l'analemma. Leur appartenance au mur de terrasse ne saurait être retenue.

Il est au contraire possible de les rapporter à l'angle Sud-Est de la lesché, et même d'en assurer la place. Trois d'entre eux sont en effet des blocs d'angle (fig. 9). Les dimensions du premier, haut de 0 m. 395, correspondent aux trous de pince visibles sur la fondation de calcaire, à l'angle Sud-Est ; ce bloc porte à la face antérieure un tenon de bardage que l'on n'a pas ravalé et présente sur le côté un ressaut de 0 m. 06 de hauteur, large de 0 m. 12, contre lequel venait s'appuyer le côté Est du bloc qui lui était superposé. Au-dessus venait une pierre de 0 m. 36 de haut ; entièrement visible à l'avant et sur les côtés, elle porte au lit d'attente des scellements en \~], un trou de goujon carré, un trou de pince ainsi que la trace de la pierre d'angle supérieure en retrait de 4 centimètres sur le bord Est. Les dimensions imposées par le trou de pince et les marques de pose correspondent à celle du bloc inscrit (inv. 3197). Les trous de goujon des deux blocs

(1) Inv. 3197, publié BCH, XX, 1896, p. 637, repris GDI, 2758 daté en K 3 {Chronologie de G. Daux) 246/5 à 226/5.

(2) En 1947 on a retrouvé ces éléments de l'analemma en contrebas du mur ; ils sont rassemblés au pied de l'analemma.

coïncident et assurent la superposition des deux pierres (cf. fig. 10). Ainsi placée l'inscription est tournée vers la terrasse de l'analemma et se trouve à 1 m. 28 au-dessus du terre-plein. Un bloc se juxtapose à l'élément inscrit sur le côté Est vers le Nord, tandis que d'autres se répartissent, également vers le Nord, aux assises inférieures.

Les précisions qu'apportent ces éléments nouveaux sont essentielles pour déterminer la construction du mur Est. Non seulement il n'était pas tout entier construit en pôros, mais l'ordonnance des orthostates était rompue à l'angle Sud-Est pour faire place au dispositif des blocs de calcaire scellés et goujonnés que les pierres retrouvées permettent de déterminer. Ressauts des fondations et des blocs, emploi des goujons verticaux montrent en ce point une recherche de la solidité que l'on ne retrouve pas à un même degré dans le reste de l'édifice1.

Sur le côté Sud du monument il ne reste actuellement rien en place, et il n'est pas sûr que les éléments dessinés sur cette face lors de la première fouille aient été in situ. Les dimensions de l'édifice n'en sont pas moins approximativement déterminées par les éléments de l'angle Sud-Est. De même à l'intérieur quatre dés de calcaire (PI. 68, 1,2), présentant chacun à leur face supérieure un encastrement circulaire de 0 m. 165 de diamètre, 0 m. 045 de profondeur, supportaient des piliers de bois. Répartis dans la moitié Est de l'édifice ils ont permis de supposer que 4 autres éléments analogues se trouvaient dans la partie Ouest du monument. Mais faute de fondations pour en assurer la place, ces blocs sont trop aisément transportables, l'intérieur de la lesché a été trop souvent bouleversé, pour que l'on puisse songer à déterminer rigoureusement leur place à l'intérieur du monument.

Outre les éléments en place, on ne peut rapporter à l'édifice que quelques pierres aujourd'hui rassemblées à l'intérieur du monument : la majeure partie comprend des blocs de pôros constituant autrefois l'élévation des murs, aujourd'hui souvent très endommagés et de dimensions variables. Les mesures des blocs conservés intacts varient entre 0 m. 638 x 0 m. 485 x 0 m. 338 et 0 m. 975 x 0 m. 416 x 0 m. 372. Nombre d'entre eux portent aux deux extrémités et sur un long côté un cadre d'anathyrose large de 0 m. 12 sur le long côté, 0 m. 08 aux deux bouts, tandis qu'à l'intérieur la partie centrale est régulièrement démaigrie à la pointe sur 1 centimètre de profondeur environ. D'autres, au contraire, présentent seulement un cadre d'anathyrose sur deux longs côtés opposés ; ces mêmes éléments portent au lit d'attente des trous de pince orientés parallèlement à leurs longs côtés, attestant une disposition des assises en quadrillage ; ce que confirme la disposition des anathyroses : aux éléments d'une assise placés en long se superposaient à l'assise supérieure -des blocs placés en parpaing et occupant toute la largeur du mur (ca. 0 m. 75). Aucune indication ne subsiste qui attesterait la présence d'un couronnement d'orthostate, transition entre les orthostates en place et les éléments de mur conservés. Un détail au moins apporte un indice intéressant, sinon pour la construction du mur, du moins pour les revêtements qui le garnissaient. Un bloc placé en parpaing porte au lit d'attente, au milieu d'un petit côté, une entaille rectangulaire de 0 m. 04 de large, longue de 0 m. 08 et haute de 0 m. 016. Ainsi placée cette entaille peut corres-

(1) Ni surtout la même technique de goujons, scellements en f~~|, ni le même matériau : calcaire de St-Élie.

pondre à un goujon de bois ou de métal destiné à accrocher un objet ou à soutenir un revêtement intérieur. Bien qu'isolée, cette remarque vaut d'être notée1. Dernière caractéristique enfin de ces éléments en pôros : un grand nombre porte des marques d'entrepreneur ou de tâcheron (hauteur ca. 0 m. 12). Les plus nombreuses se réduisant à la lettre I (PI. 70, 4) ; d'autres affectent la forme d'un delta barré obliquement A, peutêtre simple réduction du signe précédent où la haste verticale, plus courte, amène la barre supérieure à coïncider avec les hastes obliques, l'un enfin présente le groupe IAA (peut-être indication de la marque de l'entrepreneur et du numéro d'ordre du bloc)2.

On doit aussi rapporter à la lesché, une autre série d'éléments, dont la destination et la place demeurent beaucoup plus énigmatiques ; elle groupe 7 petits dés en pôros de dimensions très voisines et de formes semblables creusés en leur centre d'une cavité aux dimensions régulières3. Un tel dispositif ne peut convenir qu'à fixer l'extrémité d'un support ou d'un petit pilier de section à peu près carrée (fig. 11, pi. 68, 3). Le lit de pose de ces petits dés ne présente aucune particularité susceptible d'indiquer où ils reposoient. Comparés aux blocs de calcaire gris qui supportaient les piliers intérieurs ils présentent le même genre de travail. Peut-être s'agit-il seulement de supports légers destinés à recevoir les étais de bancs répartis autour de la salle ?4

Les derniers éléments qui appartiennent sûrement à la lesché proviennent de la toiture : fragments de tuiles (PI. 70, 6, 7, 8) et de couvre-joints, fragments de terres cuites de revêtement, peut-être

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