II. Deuxième ligne
Inv.
4935 de pi à hypsilon
Inv.
5839 de alpha à ny
Inv.
5902 de ny à epsilon
d'epsilon à thêta
de thêta à epsilon
Inv.
4933 de sigma à alpha
Inv.
4934 de alpha à ny
de ny à iota
de iota à omicron
de omicron à iota
soit,
en valeur moyenne, — — =
24 cm. 5
La restitution nécessaire pour la lacune qui sépare inv. 5902 de inv. 4933 suppose à la première ligne entre V oméga d' 'AtoXàcovi et le thêta de IIuGigh, cinq intervalles soit : 33,6 x5 = 168 centimètres ; or, à la deuxième ligne, le second epsilon de dcvéOsv se trouve situé à 4 centimètres à droite de V oméga de 'A7c6XXwvi (1. 1) et le second sigma de Meatràviot à 11 centimètres à droite de thêta. C'est dire que, répondant à la restitution adoptée pour la première ligne1, le second epsilon de àvéôev est séparé du sigma de -ctocvioi par : 168 — 4+11 = 175 centimètres, soit en se fondant sur l'entraxe moyen de 24 cm. 5 pour cette dernière ligne : 175 : 24,5 = 7 intervalles. La restitution proposée avec àvé6ev Meccràvioi n'en compte que 5. A moins d'admettre des variations considérables dans cette partie de l'inscription, on devrait, semble-t-il, allonger la restitution de deux lettres dans cette lacune.
La lacune précédente, entre le bloc inv. 4935 et le groupe inv. 5839+5902 permet également une vérification : depuis Vomicron de Meaaàvioi jusqu'au premier lambda d"A7ioXXcovi.la restitution que l'on propose pour la première ligne détermine cinq intervalles, soit 33,6 x5 = 168 centimètres. Pour la partie correspondante de la deuxième ligne Vhypsilon de IluStot. se trouve déjà 10 cm. 5 à droite de Vomicron de Me<tctixvi.oi tandis que l'alpha de àvéGcv est 25 centimètres à gauche du premier lambda de 'AttoXàgivi. L'intervalle entre ces deux lettres serait ainsi de : 168 — (10,5 + 25) = 132 cm. 5. Or la restitution proposée2 conduit à placer dans la lacune cinq intervalles entre hypsilon et alpha, soit 24,5x5 = 122 cm. 5. Ce résultat se rapproche d'autant plus du précédent
(1) G. Daux, BCH, Le., p. 69. G. Daux notait que les lettres de la première ligne étaient séparées par un entraxe de 0 m. 32 environ, celles de la seconde, de 0 m. 23 environ. Il remarquait que les deux textes établis par lui satisfaisaient « aux données qu'impose l'écartement des lettres dans les deux lignes » et p. 69, n. 2 : « Le fait que j'ai été conduit à cette restitution avant même la découverte du fragment XXw + veôsv en confirme la vraisemblance ».
(2) G. Daux, BCH, Le., p. 70; cf. ci-dessus, p. 142, n. 2. En réalité, même si l'on admettait — ce qui n'est pas sûr, comme le prouve l'entraxe du ihéla au iola (33 centimètres) et du iola à Yoméga (31 centimètres) sur le bloc inv. 4833 — que le iola entraîne une réduction considérable des entraxes, comme sur le bloc inv. 4935, même ainsi la restitution proposée serait trop courte d'une lettre au moins, sinon de deux.
qu'il n'y a pas de place pour un intervalle complet, que, d'autre part, dans cette partie du texte les entraxes de la première ligne peuvent être sensiblement réduits (cf. inv. 4935).
Reste enfin le début du texte. A gauche de to la restitution adoptée suppose six entraxes, soit 33,6x6 = 201 cm. 6. Or à la deuxième ligne le pi est placé 10 centimètres à droite de iota de la première ligne ; en outre la restitution proposée exige huit intervalles soit 24,5 x8 = 196 centimètres. Sans doute cet intervalle est-il légèrement inférieur aux 211 cm. 6 qui sont théoriquement nécessaires. Mais, outre la contraction de l'entraxe pour les premières lettres de la ligne 1, la disposition au début de la dédicace a pu être très variable, comme le montre celle de la fin (inv. 4934). Par suite aussi bien pour la première lacune initiale que pour la deuxième, la restitution est acceptable, vraisemblable même. Seule fait difficulté vraiment la longueur respective de chaque ligne dans la troisième lacune. Restituer l'article oî devant Mzggûvioi est une solution quasi désespérée. Non seulement cette formule est inhabituelle, mais l'on attendrait la forme toi. Cette discordance que l'irrégularité des entraxes ne suffit pas à expliquer mérite d'être soulignée pour marquer le caractère hypothétique de la restitution proposée, si séduisante qu'elle soit. En adoptant le texte proposé pour la première ligne on est conduit à admettre que l'inscription s'étendait sur une longueur moyenne de 7 m. 392, tandis que la seconde ligne, compte tenu des deux intervalles supplémentaires, couvrait une longueur de 7 m. 35, résultat approximatif puisqu'on constate qu'à droite la ligne 1 se termine 0 m. 34 à gauche de la deuxième ligne1. Ainsi en supposant qu'à l'extrémité gauche on avait commencé à graver les deux textes à la même hauteur (ca 0 m. 30 du bord gauche) on serait conduit à accepter une longueur approximative de 8 mètres pour toute la base.
Un autre élément indique les dimensions de ce monument : dès sa première étude, G. Daux avait constaté qu'il fallait rapporter à cette base les pierres portant une rangée de petits encastrements ; il avait pu reconnaître 8 pierres présentant cette caractéristique ; l'enquête nouvelle a porté ce chiffre à 12, composant ainsi une longueur de 12 m. 757. Or il est à noter qu'aucun de ces blocs n'est une pierre d'angle. G. Daux a émis l'hypothèse que ces petits encastrements servaient à maintenir « une véritable palissade de métal qui faisait partie intégrante du sujet représenté et se dressait probablement en arrière des figures de la base, peut-être aussi sur les côtés »2. Si telle est la destination de ce dispositif — et l'on ne voit pas à quoi il pourrait correspondre autrement — et sa disposition, c'est ainsi une base de 8 mètres au moins de longueur, 2 m. 50 au moins de largeur qui correspondrait à cette consécration.
On peut ainsi, semble-t-il, maintenir les conclusions de la première étude : cette longue base devait se composer de 3 degrés, liaisonnés horizontalement mais non goujonnés en hauteur, laissant de l'un à l'autre un emmarchement de 0 m. 20. Elle mesurait très sensiblement au niveau de l'assise supérieure 8 mètres de longueur et ne pouvait pas être inférieure à 2 m. 20 de largeur. Sur les faces latérales et postérieure la deuxième assise portait un curieux dispositif constitué de petits montants métalliques et figurant apparemment une sorte de barrière. Enfin à l'assise supérieure une double inscription courait sur la face antérieure tandis qu'un groupe important de statues occupait le socle. G. Daux a suggéré avec beaucoup de réserve, en se fondant sur la forme ronde de
(1) En proposant une longueur approximative de 7 mètres, G. Daux [Le, p. 71), ne tenait pas compte des marges à droite et à gauche du texte inscrit.
(2) G. Daux, l.c, p. 71. Il a de même noté avec raison [ibid., p. 71, n. 1) qu'« il ne saurait être question de placer cette palissade devant l'inscription dédicatoire qu'elle eût cachée en partie ».
certains scellements, la présence d'animaux1. Cette observation, exacte, impose-t-elle cette conclusion ? Souvent les scellements de statues humaines en bronze sont aussi de forme circulaire2. Toutes les statues étaient-elles même à un niveau identique ? Certains détails peuvent en faire douter : dans les dépôts où se rencontrent, en nombre, des éléments de cette base on remarque des blocs de même calcaire, travaillés de la même façon, portant des traces d'encastrements de statues, mais de hauteur sensiblement plus réduite (0 m. 215). En outre, certains blocs appartenant à l'assise de socles (par exemple inv. 4934) présentent au lit d'attente des trous de pince qui ne s'expliquent que par la pose de blocs supérieurs3. De la sorte si les lignes générales du monument sont déterminées, les aménagements de détail continuent d'être difficiles à préciser, même après le recensement de nombreux blocs se rattachant à cette consécration.
La chronologie du monument n'est pas plus facile à déterminer que la restitution certaine de la dédicace ou le détail de l'aménagement des statues. Dès sa première publication G. Daux a fait valoir l'étrangeté des lettres qui composent la deuxième ligne «si leur forme est nettement archaïque..., les extrémités, appuyées jusqu'à former de véritables apices et la branche médiane de l'e, plus courte, dénoncent une copie récente, et cette opération a dû avoir lieu à l'occasion de quelque remise en état, au moment même où l'on a gravé le texte de la ligne 1... Par un scrupule pieux on a pris soin de recopier la dédicace ancienne avec l'archaïsme et en imitant autant que possible la forme des lettres ; mais le lapicide s'est trahi par les détails que nous venons de signaler »4. On connaît à Delphes même bien d'autres exemples de dédicaces regravées ; au ive siècle particulièrement on a retranscrit bien des dédicaces archaïques devenues illisibles ou mal placées pour être lues5. Plus rare — et à ma connaissance unique à Delphes — est cet effort pour retracer les caractères d'une dédicace sous leur forme archaïque. En outre, en examinant avec soin le lit d'attente des pierres de socle on n'a pu relever aucune trace d'inscription ancienne, non plus qu'à la face antérieure de l'un ou de l'autre des degrés6. On ne saurait donc déduire la date du monument de cette dédicace archaïsante. Aucun indice ne permet en effet d'assurer qu'il s'agissait de recopier un texte ancien. L'emploi des scellements en petite queue d'aronde sans embolon que l'on a également invoqué à l'appui d'une datation ancienne ne saurait davantage imposer une conclusion décisive : type rare de scellement, comme on l'a dit, et sans grande efficacité, il reparaît ailleurs à l'époque hellénistique7. L'indice le plus sûr d'une date haute réside dans la taille des blocs : il reste en effet très notable que les joints horizon-
(1) G. Daux, Le., p. 71.
(2) Il suffît de renvoyer aux photographies que J. Marcadé a données de très nombreux socles de statues dans ses deux recueils des Signatures de sculpteurs grecs.
(3) La mise en place de statues de bronze scellées ne pouvait demander de tels trous de pince. Enfin des stèles de marbre se dressaient sur le degré inférieur, sur l'une des faces latérales au moins, comme le montre un bloc d'angle.
(4) G. Daux, Le., p. 69-70.
(5) Cf. pour le monument dit des Tarentins du bas, P. de La Coste-Messelière, RA, 1948, p. 525 ; pour le monument des « Tarentins du haut », P. Amandry, BCH, LXXIII, 1949, p. 447-463.
(6) Au monument des « Tarentins du bas » comme sur beaucoup de dédicaces archaïques l'inscription ancienne était en effet gravée à la face supérieure de la base. On se souvient au contraire qu'au monument des Tarentins du haut la dédicace du ive siècle fut gravée sur le deuxième degré, tandis que la dédicace archaïque était gravée sur le degré supérieur (cf. le croquis illustrant l'article de P. Amandry, RCH, LXXIII, 1949, p. 457, fig. 4).
(7) Cf. supra.
taux ne soient pas appareillés à angle droit, mais que de nombreux blocs présentent des formes trapézoïdales ou curvilignes évoquant la technique des constructions polygonales archaïques. Il apparaît ainsi probable que cette consécration puisse dater de l'époque même où fut construit le soutien polygonal de la terrasse du temple, dans les années comprises entre 549 et 525. Ce serait ainsi l'une des premières consécrations établies dans la région Nord du sanctuaire après la réorganisation des Alcméonides.
Parmi tant de motifs d'incertitude, un point au moins paraît assuré : la découverte de la majorité des blocs dans la région sise au-dessus du monument en fer à cheval impose de situer là ce monument ; on peut préciser plus encore : dominant la rampe qui monte au Nord vers la lesché on avait construit une terrasse dont l'angle Sud-Est s'élevait au-dessus de l'emplacement où l'on devait établir un jour le monument en fer à cheval (cf. plan 22, plan restitué). La longue base, dont les éléments ont été ensuite dispersés à travers le sanctuaire1 et les dépôts de pierres, constituait selon toute vraisemblance le couronnement des murs de terrasse qui protégeaient le chemin vers les plus hautes régions du sanctuaire2.
Déterminer l'occasion d'une telle offrande supposerait que l'on tient pour assurée la restitution de la dédicace — hypothétique, en définitive, comme on l'a vu. S'il s'agit bien d'une offrande messénienne, G. Daux a fait valoir les difficultés auxquelles on achoppe3. On peut se demander en dépit des critères apparemment archaïques tels que la taille des joints, si ce n'est pas là en définitive un monument « archaïsant » dont les Messéniens auraient accentué les caractères vieillots pour évoquer leur plus lointaine histoire, antérieure à la servitude sous le joug Spartiate4. Plus simplement peut-être aurait-on affaire aux Messéniens de Naupacte. Mais sur ce point encore les incertitudes sont trop grandes pour qu'on puisse s'arrêter davantage à ces hypothèses, tant que de nouveaux éléments architecturaux ou épigraphiques n'auront pas résolu les problèmes posés.
Tant dans la région Sud-Est où se trouvent les monuments thessaliens qu'à l'Ouest où le théâtre, V Ischégaon et la niche de Cratère modifièrent totalement la disposition ancienne, les bouleversements du ive siècle ne permettent plus de retrouver l'état archaïque. A tout le moins, la région du « Potéidanion » et des deux trésors XVIII et XIX forme-t-elle un îlot archaïque et classique ; rencontre plus significative peut-être qu'on ne l'a cru. Il n'est pas indifférent en effet que le mur de terrasse situé au Nord du « Potéi-
(1) C'est trop préciser sans doute que d'écrire avec G. Daux (Le, p. 71) : « Sous l'Empire la base a été détruite et une partie des blocs qui la composaient remployés dans le dallage de la Voie Sacrée et devant l' Ischégaon ». Les recherches postérieures à 1937, où G. Daux publiait son étude, ont montré que le dallage de la voie sacrée date au plus tôt de l'époque byzantine.
(2) Quatre éléments inscrits se trouvent encore dans cette région, et surtout les fouilles de L. Lerat en 1935 ont dégagé dans ce secteur un grand nombre d'éléments qui appartiennent au monument. D'autre part, sur la rude pente de cette zone, cette terrasse constitue le seul espace horizontal susceptible d'accueillir une base aussi importante.
(3) G. Daux, /. c, p. 71-72.
(4) « Rénovation » d'une consécration antérieure, que peut-être ils n'avaient jamais faite que dans la tradition légendaire ! Ce serait en ce cas un « faux » patriotique. Sur les caractères d'une écriture impossible à dater, cf. G. Daux, L c, p. 72, fig. 3.
Catalogue des blocs reconnus comme appartenant au monument des Messéniens (présence du scellement en pelile queue d'aronde ou pelils encastrements rectangulaires) .
Largeur
Epaisseur
Hauteur
Remarques
petits encastrements ; joint horizontal oblique ; à 0 m. 21 de la face antérieure, marque de l'assise supérieure.
pierre d'angle droit antérieur ; inu. 4934 ; complète.
petits encastrement ; présente à gauche un joint oblique et incurvé.
brisée partout ; porte deux lettres à la face antérieure ; fragment de inv. 4935.
porte deux encastrements ronds à la face supérieure.
fi i
porte trois trous de pince à la face supérieure.
inv. 5902 ; pierre complète de l'assise supérieure.
pierre d'assise super, de forme trapézoïdale irrégulière, incomplète.
grossièrement piquetée à l'avant; brute à l'arrière : lre assise ou fondations (scellement).
porte un scellement ; brisée à l'arrière et sur les côtés ; à la partie antérieure bandeau de 17 cm. mieux travaillé ; peut-être largeur de l'emmarchement.
porte deux scellements ; face antérieure parée, mais non inscrite.
petit fragment portant la partie supérieure gauche d'un O (fragment de inu. 4935)
taillée à angle droit à gauche, en oblique à droite.
inv. 4933 ; brisée en deux fragments.
petits encastrements ; scellée à gauche, taillée en oblique à droite.
petits encastrements ; scellement à droite.
petits encastrements ; scellements de chaque côté ; joints obliques.
brisée en 2 fragments ; petits encastrements.
Inv. 5839.
assise supérieure, mais non inscrite.
assise supérieure, mais non inscrite.
petits encastrements.
petits encastrements.
encastrements pour statue, mais aucune face parée.
encastrement rond ; face parée, mais non inscrite.
assise supérieure, mais non inscrite.
petits encastrements.
encastrements de statue ; non inscrite.
petits encastrements.
assise inférieure ; scellement.
petits encastrements; joints obliques.
brisé à l'arrière ; inv. 7027.
pierre d'angle arrière ; porle des encastrements pour stèle de marbre.
pierre d'angle arrière.
complète ; scellement de chaque côté ; joints obliques.
petits encastrements ; usée à la partie supérieure.
fragment brisé partout, mais porte un scellement.