‹ Fouilles de DelphesChapitre 23 sur 47 · KI · texte numérisé non relu

KI

scellement ; trou de pince ; joints obliques.

; ii7o-

j scellement ; trou d'encastrement circulaire pour statue ; 2 trous \ de pince, une face parée, mais non inscrite.

petits encastrements, brisée des deux côtés.

2 scellements en équerre ; pierre d'angle inférieur.

2 scellements en équerre ; pierre d'angle inférieur à gauche.

pierre d'angle avec 2 scellements en équerre.

bloc d'angle ; le degré supérieur était en retrait de 0 m. 28.

brisé à gauche ; joint oblique.

retaillé partout sauf à l'avant mais porte le scellement caractéristique.

danion » atteste la présence d'une rampe par où passer du niveau de cet édifice à celui des trésors XVIII et XIX ? Si vraiment on doit retrouver, dans les fondations mises au jour sous l'église St-Nicolas, les restes d'un sanctuaire, les trésors archaïques XVIII et XIX n'étaient-ils pas autant d'offrandes plus spécialement dédiées à l'ancien maître de ce sanctuaire ?

Les travaux du ive siècle changèrent à nouveau la disposition des lieux : une fois encore il fallait trouver où déposer matériaux sacrés et offrandes inutilisables. La région au Nord du temple fournit encore l'espace nécessaire ; mais cette fois la masse des déblais était telle que l'on ne pouvait songer à les répandre sur la région Nord, comme on avait fait au vie siècle. La terrasse du temple des Alcméonides s'étendait vers le Nord jusqu'aux amas rocheux du « Potéidanion » à l'Ouest, jusqu'au puissant mur polygonal, maintenant visible en contre-bas du monument de Daochos, à l'Est. On dut se résoudre à restreindre la terrasse du temple, à la limiter à l'Ouest par V Ischégaon, à l'Est par le mur de brèche déterminant ainsi, de part et d'autre de l'éboulis rocheux central, deux vastes et profonds espaces où entasser offrandes et sculptures, véritables cimetières de statues que la fouille a mis au jour, à l'Est essentiellement sculptures des frontons du temple des Alcméonides, à l'Ouest particulièrement bronzes dont l'Aurige est le plus remarquable, mais non le seul exemplaire. C'était modifier complètement encore une fois les voies de communication entre la région Nord et la terrasse du temple. A l'Ouest on ne peut saisir que l'organisation postérieure à la construction du théâtre. Il est même difficile de déterminer si le haut mur de terrasse aujourd'hui situé au Nord « de la fosse de l'Aurige » fut construit lors de l'aménagement de V Ischégaon, ou plus tard seulement, lorsqu'il fallut assurer les fondations, sous le poids considérable que représentait la scène du théâtre. Dans son état actuel ce mur d'appareil polygonal est difficile à dater : on y constate des remplois certains, tel le bloc de calcaire gris de St-Élie, sorte de linteau sur l'ouverture pratiquée au niveau des fondations pour évacuer une partie des eaux drainées par les égouts du théâtre. La certitude de ce remploi en profondeur, pourrait d'ailleurs apporter une indication sur l'antériorité du mur par rapport à la construction du théâtre. On n'aurait fait que reprendre la construction en sous-œuvre pour aménager l'évacuation des eaux venant du théâtre. Quoi qu'il en soit, une fois construits la niche de Cratère et le théâtre, ce mur d'analemma supportait l'étroite voie d'accès menant vers l'Est au « Potéidanion », tandis que des déblais étaient amoncelés entre ce mur et V Ischégaon de pôros.

A l'Est le mur de brèche construit au ive siècle, en reculant vers le Sud les limites de la région Nord, imposa de réorganiser complètement les voies d'accès. Non seulement on dut compléter le bassin, situé aujourd'hui à l'arrière du pilier de Prusias, par un second réservoir au niveau de la terrasse du temple, mais désormais une voie oblique orientée Sud-Est — Nord-Ouest partit du remblai accumulé sur les fondations du trésor XVII, longeant au Sud la grande offrande, peut-être corcyréenne, dominant au Nord le bassin de réception du grand hydragogue qui, depuis l'angle Nord-Est du théâtre traverse en diagonale la région Nord, rejoignant enfin la voie Ouest-Est qui, venue des trésors XVIII et XIX, permettait de gagner la route menant à la lesché de Cnide. Les offrandes du ive siècle et du 111e siècle devaient s'ordonner par rapport à cette voie

montante qui continua jusqu'à la fin du sanctuaire d'être le seul moyen d'accès vers les régions hautes et la lesché de Cnide.

Lors de son passage, au ne siècle ap. J.-C, Pausanias fut encore contraint de l'emprunter pour terminer sa visite (fig. 15). C'est sur elle qu'en dépit de l'état actuel où les exigences de la fouille ont contraint de mettre au jour les niveaux d'époques très diverses, il importe de se replacer par la pensée pour comprendre la description du Périégète, faire justice aussi d'hésitations trop longtemps fondées sur des idées préconçues. Il est remarquable en effet qu'à travers toute l'exploration de la région Nord, où il n'est guère de point où l'on ne soit allé jusqu'au niveau géométrique ou mycénien, aucun endroit ne s'est révélé susceptible de répondre à l'emplacement de la fontaine Cassotis autre que la niche sise actuellement à l'arrière du pilier de Prusias. En cet endroit seulement on a mis au jour une grande conduite souterraine capable d'amener l'eau en quantité suffisante ; en ce seul endroit également on a découvert des canalisations d'évacuation qui peuvent répondre à une fontaine d'eau courante. La description a montré également que cette eau s'enfonçant sous terre à l'angle Nord-Est du temple pouvait sans invraisemblance passer pour ressortir dans l'adyton, comme le voulait la tradition et, comme Pausanias le laisse entendre. En reconstituant l'état antérieur aux remaniements romains tardifs, on a pu montrer également que l'accès à la célèbre fontaine pouvait légitimement pour un observateur placé sur la terrasse du temple paraître, selon les termes de Pausanias, s'élever «à travers un mur» (fig. 16)1. Que l'on suive maintenant Pausanias dans sa montée vers la lesché à partir de la terrasse du temple. Il a d'abord visité vers l'Est le sanctuaire de Néoptolème si l'on accepte que son xpaTtév-n. èç àpicjxepà correspond à la marche du visiteur qui, redescendant la voie sacrée, est arrivé à l'angle Nord-Est de l'autel de Chio. La visite du sanctuaire de Néoptolème et de la pierre de Cronos achevée, le promeneur doit revenir vers le temple : entendons, si nos conclusions topographiques ne sont pas tout à fait erronées, qu'il revient à l'angle Sud-Est de l'offrande corcyréenne. Dès lors il emprunte la seule voie montante qui, passant devant la base nAN, le monument de Daochos, la base en fer à cheval, le ramène vers l'Ouest (vers le temple) pour rejoindre la route menant à la lesché. C'est alors que le Périégète parle de Cassotis. Que l'on admette de placer cette fontaine dans la niche que la topographie invite à considérer, Pausanias est alors arrivé devant la base en fer à cheval. Il domine la fontaine et le mur de brèche qui limite la terrasse du temple. Il voit d'en haut l'escalier qui, à travers V Jschégaon, permet d'accéder au bassin primitif à partir de la terrasse du temple : n'est-il pas naturel, qu'il décrive la fontaine «protégée par un mur à travers lequel on monte à la fontaine » ? Continuons en sa compagnie. A l'angle Nord-Ouest du monument en fer à cheval il rejoint la voie venant des trésors XVIII et XIX qui se dirige vers l'Est. Quelques pas à peine dans cette direction et, par l'allée Nord-Sud qui domine le monument de Daochos, il monte droit sur la lesché. Qu'il se retourne alors vers le temple. Il domine exactement le lieu où nous proposons de placer la fontaine. On com-

(1) Cf. p. 23-24. Il est vraisemblable que l'on accédait au bassin supérieur de Cassotis par un escalier partant de la terrasse du temple ; peut-être une ouverture était-elle seulement ménagée dans le mur ischégaon, passage voûté par exemple, à travers lequel était construit l'escalier : d'où l'expression de Pausanias. C'est à une restitution de ce genre que répond la fig. 16.

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