Saetone, In Julio Catar$, uv
Telle était à Tépoque gauloise la physionomie complète, croyons -nous du quartier inférieur de Bibracte dont on peut regarder Texploration comme définitive. Il avait conservé» même après la conquête, sa physionomie nationale dans toute sa pureté, et était resté étranger i toute influence romaine; c^est là son grand intérêt. Habité par une popula^ tion industrielle et laborieuse, peu soucieuse par conséquent de s'approprier les raffinements de la civilisation, il nous a livré ses secrets et permis de retracer les conditions de la vie des classes ouvrières dans un oppidum. Quelle qu'ait pu être la date précise de sa désertion, que les dernières médailles des colonies de Vienne et de mmes ainsi que celles de osrmanvs placent une dizaine d'années au moins avant Tère chrétienne, il n'y a pas été trouvé une seule médaille impériale, un seul objet postérieur au proconsulat d'Auguste. On est donc certain d'avoir sous les yeux un coin de la Qaule avec son véritable aspect et ses mœurs. Les conditions des substr notions sont telles qu'on pourrait rebâtir ou restituer en réduction maison par maison, atelier par atelier, cette partie de la forteresse, projet qui faillit recevoir un commencement d'exécution au musée de Saint-Oermain-en- Layo» il y a dix ans.
Les particularités des ruines ont été décrites suffisamment dans l'étude des maisons pour nous dispenser d'y revenir. Leur enfouissement était à nos yeux un moyen de se préserver du froid, des coups de vent et des orages, toujours à craindre à 800* d'altitude pour des bâtisses en matériaux légers. Le soin donné aux terragos, aux bétons des aires, suffît à montrer que ces excavations n'étaient pas des celliers. La toiture était généralement en chaume, la tuile y apparaît à peine, le pisé,
les clayonnages, le bois pour les parties hors du sol font les
principaux frais. L'influence romaine est hors de cause dans toutes ces constatations. Nous n'insistons pas davantage sur les conclusions do détail que chacun a pu tirer. Le nombre des petites cabanes voisines des grands ateliers ne permet pas
d'attribuer à Tartisan une grande largeur d'existence, et Texi* guîté do ces bouges confirme le texte de Diodore qui assigne pour couche au Gaulois des peaux de chien ou de loup, et de Strabon qui dit que c les habitants de la Gaule vivaient avec une grande économie ^ » Chez ces classes pauvres, la condition des huttes que Polybe avait vues dans les villages de la haute Italie, deux siècles auparavant, n'avait guère
changé. Elles habitaient, comme leurs ancêtres, « des chaumières sans mobilier. > Aucune des maisons industrielles, même des plus considérables, ne sortait de ce milieu vulgaire ; et sans rien préjuger des découvertes, des surprises mémo que peut ménager l'exploration de la partie centrale de l'oppidum, la plus riche sans aucun doute, contentons-nous d'enregistrer les résultats acquis dans celle du quartier inférieur. La céramique était exclusivement gauloise, si l'on excepte quelques échantillons d'une finesse et d'une délicatesse inouïes, tels que les gobelets en terre ornementés, provenant de la forge n** 35 de la Come-Chaudron, diverses poteries et vases peints qu'on retrouve en Egypte, quelques fragments de poterie samienne que leur caractère pur permet d'attribuer à l'intervention marseillaise ou du moins au commerce de la Gaulé méridionale. Ces échantillons disparates n'appartiennent ni à la même race ni à la même civilisation. La matière de cette poterie artistique ne se reconnaît pas dans les produits indigènes ; le style de l'ornementation révèle un autre génie. Fibules, couteaux, haches de métal ou de pierre, annelets, médailles, verroteries, émaillerie, annoncent au contraire un art local ou du moins gaulois. Les sépultures particulières ou communes dans les maisons, dans les caveaux isolés, le mélange des ossements d'animaux domestiques à ceux de l'homme, qui caractérise les Gaulois, tranchent plus vivement encore avec les usages funéraires des Romains. Aucune figure religieuse n'indique leur culte; la Pierre de la Wivro et