‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 110 sur 134 · On désigne ainsi le plateau supérieur ou champ de foire · texte numérisé non relu

On désigne ainsi le plateau supérieur ou champ de foire

sur rimmensité comme du haut d'un promontoire escarpé ; les pentes qui l'entourent en cercle lui donnent, du dehors, l'aspect d'un môle majestueux. Cette cime aujourd'hui boisée semblait, sous le gazon, avoir été, ainsi que la plus grande partie du champ de foire, dénuée de constructions. Sa position culminante la recommandait, car il eût été anormal de délaisser ce poçte exceptionnel, véritable vigie, sans autre défense que les pentes naturelles. Le pourtour du plateau qu'elle termine, si on le suit avec attention, offre d'autre part un terrassement en talus de remblai pierreux, à peu près continu, faisant supposer que le champ de foire aurait pu primitivement être entouré d'une clôture spéciale disparue dès longtemps. Diverses tranchées opérées sur l'arête ou au talus même n'ont révélé aucune trace de muraille actuellement appréciable ; on pouvait donc croire qu'il n'en avait jamais existé, et que la plate* forme ainsi que les gradins qu'elle domine avaient toujours été en pacages. Ces gradins commencent immédiatement au-dessous du talus de la crête et s'échelonnent, en descendant, jusqu'au rempart de la grande enceinte. Ils sont particulièrement accentués au N.-E., où ils forment, à des distances presque régulières, des mamelons séparés par des dépressions correspondantes, au bas desquelles des fXaU de 10 à 20 mètres de diamètre offrent l'aspect de carrières abandonnées. Les terres de déblai sembleraient amoncelées de main d'homme à l'entour et relier les mamelons entre eux. Toute cette croupe N.-E. de la montagne est encore vierge ; la pioche y trouvera probablement de l'œuvre si elle s'y porte jamais ; c'est une raison de plus pour signaler le point unique où elle a touché ce sol inconnu.

Sans rien préjuger sur la destination de ces amoncellements, on a attaqué près du sommet du plateau deux buttes, dont le terrain était entièrement de rapport sur l'^SO d'épaisseur. Il renfermait de gros moellons épars, sans

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aucune trace apparente de maçonnerie et, après plusieurs sondages aussi infructueux que décourageants, on se disposait à quitter ce lieu lorsqu'on rencontra, en déblayant, un éboulis de très grosses pierres. II cachait une muraille d*un aspect inusité, comparable par son mode d'entassement, dans une mesure réduite, à la construction dite cyclopéenne, à laquelle nous ne prétendons nullement le rattacher. Ses blocs sans mortier étaient superposés bruts, souvent privés de parement et enchevêtrés sans assises régulières. Le rang inférieur consistait en gros matériaux juxtaposés, dont quelques-uns, mesurant de O^BO à 0"*80 de long sur 0"40 à 0"60 de hauteur; leur dimension était moindre aux étages supérieurs. Le mur attaqué à ses deux extrémités atteignait l^'OO à sa plus grande hauteur et 8"t5 en longueur, entre deux des dépressions du terrain. * Ces dépressions qu'on pourrait attribuer aux eaux pluviales sont dues plus vraisemblablement à des enlèvements de pierres de la muraille. L'épaisseur de cette dernière est de 3 mètres à la base et l'^SO en haut; deux vides, dont les couvertes sont assises régulièrement, ont Tapparence de trous de poutres. Il ne s'y est pas rencontré de fiches de fer ainsi que dans le rempart de la grande enceinte, mais l'excavation ne renfermait néanmoins qu'un terreau fusé, meuble, pouvant provenir de la décomposition du bois, comme on l'avait observé ailleurs. Derrière le mur règne une couche compacte de gravier mélangé de terre, variant de 0"50 à 0"90 d'épaisseur; on la reconnaît encore à l'interruption de la maçonnerie où elle s'étend à droite, en signe d'ancien prolongement du mur. Une couche semblable a été remarquée plusieurs fois dans le rempart d'enceinte, pour faciliter, semble-t-il, l'égouttement et assainir les poutres. En suivant au nord une ligne droite de 33 mètres sur

t . Planche I.

Talignement du mur à gros blocs vers la pointe du plateau, un amonoellement de grosses pierres disloquées ainsi qu'un remblai meuble de 2 mètres d'épaisseur confirment l'ancienne continuation de la muraille. Le blocage cpii lui servait d'assiette est un travail artificiel de O'^ôO à 1 mètre d'épaisseur, jusqu'à 2 en largeur. Il aboutissait à une sorte de contrefort en maçonnerie ordinaire, très régulière et bien conservée ^ adossée à un remblai meuble épais de i^BO. Les démolisseurs avaient négligé ce contrefort, en moellons trop menus pour tenter leur cupidité. Sa construction avec mortier d'argile sans chaux est du plus remarquable appareil, et forme une masse rectangulaire de 3"25 de long, du sud au nord, sur 1"65 de haut et 1"40 d'épaisseur, parementée sur ses quatre faces. Les faces latérales composées chacune de seize assises sont appareillées sur toute la hauteur ; celle de façade ne l'est plus que sur quatre; celle d'arrière sur neuf. Le massif se termine à l'arrachement d'une pièce de bois enfoncée en terre de O'^TO au-dessous do la dernière assise, où elle faisait tête franche. Des poutres semblables destinées à consolider cet assemblage sans chaux étaient disposées de même à l'arrière ; elles équarrissaient de 0™32 ; leur rainure était moulée dans la muraille. La face d'arrière, chargée du poids du remblai amoncelé de 2™55 de hauteur, était la plus déformée après celle de façade presque écroulée, ainsi qu'on l'a vu. Ce remblai consistait en menue pierraille et terre végétale noire, dont la nature et la couleur se distinguent facilement de l'argile jaune qui existe dans les interstices du caillou tis naturel de la montagne. Les débris d'amphores, de fer, de poteries diverses qu'on y a recueillis témoignent suflisamment qu'il est dû au travail de l'homme. Dans la dépression au contraire qui sépare les deux

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