Planche II
constructions le cailloutis naturel se montre à 0"*60 sous le gazon. L'enlèvement de la muraille a entraîné la chute du terrain de rapport et la montagne a repris sa pente normale sur laquelle les dépôts artificiels ont glissé. Le remblai, de 2"55 de hauteur derrière la muraille, diminuait progressivement en amont; à 18 mètres de distance il n'a plus que O^ôO, épaisseur de la couche végétale sur les points vierges environnants.
Toutes les poteries trouvées dans cette exploration du haut du Porréy autour de la muraille à grands blocs, sont incontestablement gauloises. Elles consistent d'abord, comme partout, en débris d'amphores, mais c'est surtout dans les fragments ornementés que cette origine s'accuse d'une manière évidente. Les types les plus variés de la décoration céramique locale s'y sont rencontrés : chapelets de grains de blé et de coups d'ongle, chevrons, feuilles de fougères, larmes, yeux, combinaisons géométriques, cordons poinçonnés de traits creux ou saillants sur des terres fines ou grossières ont donné des échantillons conformes à ceux trouvés dans les habitations les mieux caractérisées. Un grand nombre de clous y annonçaient, comme ailleurs, l'emploi du bois.
Une moitié de moyen bronze colonial assez commun dans les cases du Beuvray est la seule monnaie recueillie. Quand on étudie les restes de ce travail considérable, cette muraille anormale, ces remblais sur un sommet, à la pointe de l'éperon du plateau et à la naissance des pentes, une seule pensée se présente à l'esprit, c'est qu'il s'agit là d'une construction militaire. C'était l'opinion du capitaine d'état major présent à cette' fouille. Après avoir examiné la disposition intérieure de la partie construite en moellons qui flanquait le mur en grosses pierres, il se servit d'une expression étrangère à mon incompétence, me disant : ceci serait encore employé en fortification et ressemble étrangement à lai pas de souris, — « Les pas de souris dans les
» fortifications sont les halliers ou degrés qu'on pratique » aux angles saillants et rentrants de la contrescarpe pour » monter du fossé dans le chemin couvert. » ^
Quelque mutilés que soient ces restes, les traces qui en subsistent mettent hors de doute que des ouvrages militaires ont existé à la lisière de ce plateau supérieur ; ils auraient formé une sorte de citadelle, dont un talus régulier, reconnaissable sur le pourtour, permet d'admettre l'existence. Le bouleversement du sol voisin parsemé de débris céramiques et de nombreux moellons roulants, que Fon remarque surtoutàrE.,immédiat6mentsouslalisière ade la Chaume, d attestent sur ce point des destructions d'autant plus radicales que la position était plus importante. La suppression calculée de Bibracte, comme forteresse, les imposait, et la tâche a été bien remplie, car on n'expliquerait pas la diffusion ancienne des objets usuels sur la surface sans une occupation contemporaine et disparue. Ces résidus sont particulièrement abondants au lieu dit le Champ- Place, dans la même région, quoiqu'on n'y ait plus rencontré de muraille. Malgré cette sorte d'anéantissement, les jalons relevés ci-devant sont concluants et laissent espérer que si jamais des fouilles sérieusement suivies sont entreprises sur ce terrain à peine effleuré, elles révéleront dans l'avenir de nouveaux indices.