‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 114 sur 134 · M. le vicomte d'Abovillè en a fait don aa musée d'Autun · texte numérisé non relu

M. le vicomte d'Abovillè en a fait don aa musée d'Autun

colonnade et un portique de 2'"30 au midi, représenté par l'amorce mentionnée. La façade nord, dans la partie qui lui est commune avec la façade orientale, se rattache évidemment à cette dernière par ses communications, non seulement elle est contiguô au couloir Y qui en est une desserte, mais le couloir spécial 11 des pièces EE, FF, GG, séparé du premier par un mur mitoyen débouche à leur point de rencontre à Tangle S.-E. Les deux pièces suivantes H H et JJ, communiquant ensemble, se desservent sur un couloir KC, intermédiaire avec la pièce LL. Ce couloir débouche d'une part siu* Tatrium et de l'autre sur un portique extérieiu* de la façade opposée, ouvert au nord sur une nouvelle cour V de 28 mètres sur 19 et close entièrement de murs. Le dernier portique long de 28"20 sur S'^SO de large était bétonné en scaiole de brique ; il avait eu aussi sa colonnade, mais seulement en poteaux de bois, croirions-nous, car les pièces de taille en saillie de la bordure étaient de trop faible dimension pour supporter de lourds matériaux.

Les appartements de la quatrième face de Patrium, celle de l'ouest, ont souffert plus que tous les autres, et leurs matériaux ont été presque entièrement enlevés ; il en est resté cependant assez, pour la restituer avec certitude. La conservation de la première pièce 00, à l'angle S.-O., avec l'amorce de son portique PP, en donne les dimensions, qui dépassaient celles des autres façades. Cette pièce a en effet 8*^90 de long sur T^IO de large intra miu*os, dont il faudrait peut-être déduire un petit couloir large de 1 mètre environ, d'après une amorce de maçonnerie. Le portique avait 3'"20 de large. La pièce QQ est de même dimension que la précédente ; la troisième RR n'a que 5°'20 de large et parait terminer la façade. L'existence de ces dernières n'a été reconnue que grâce aux amorces des murs de refend encastrés dans la cloison occidentale de l'atrium. Divers objets, découverts dans les substructions de la pièce 00, consistaient en cinq médailles gauloises, deux goulots d'amphores marqués dr, une

espèce de crochet de bronze, la moitié d'un bracelet de bronze, orné de côtes en relief et se fermant à charnière et, un peu plus bas au pied du mur opposé, une autre motié de bracelet et de fibule de même métal, une masse de débris d'amphores dans un creux cinéraire avec un vase en terre grossière noire, fabriqué à la main et non tourné, renfermant une médaille gauloise. Une seconde était placée à côté, ce qui portait le chiflre des médailles gauloises trouvées dans la maison PC, 8, à quinze et quatre moitiés de coloniales. Un autre creux de même nature, au pied du mur de l'angle N.-O. de la cour V, était plein de débris semblables d'amphores, sur lesquels on put noter dix marques de potiers

RETIOMABI. DD. N. GIN. A. M. OP. HK. MOC. OÂ. Le SOl

ameubli de cette cour parait indiquer un jardin, tandis que le grand enclos irrégulier au sud, coté sous les n*' PC, 6, et PC, 9, avait, selon toute apparence, une autre destination. On peut conjecturer d'après la grande quantité de débris de tuiles à rebords trouvés le long de ses murs de clôture sans moellons et d'après le peu de profondeur et épaisseur des fondations, qu'il était entouré de hangars en bois, tout au plus en pisé. Ces hangars pouvaient se desservir, à Test et à l'ouest, par les deux lacunes observées à chaque extrémité dans le mur de l'enclos, au bord même des chemins.

Nous avons mentionné déjà plusieurs des enclos distribués sur le plateau du Parc-aux-Chevaux. Leur caractère s'accentue entre la maison PC, 8, le Theurot de la Roche à Touest et une grande et forte muraille comprise dans une autre exploration qui. du revers de ce monticule, englobe au nord la partie plane du parc. C'est dans ce périmètre qu'on a rencontré les deux plus grands, PC, 14 et PC, 15. Le premier, PC, 14, est situé à 53 mètres de l'angle N.-Ô. de la cour V de la maison PC, 8 ; mais il s'en rapprochait certainement davantage avant l'enlèvement d'une partie notable de son mur oriental de clôture. Le côté nord heureusement est resté^intact, il fournira une indication pour la restitution

des autres. Ce mur en maçonnerie de O'SO d'épaisseur a peu de fondation, O^SO à O'^GO, et des angles en pierre de taille. Il affleure le sol actuel et ne pouvait porter que des charges légères, telles que des constructions en bois. Au milieu de la grande façade, au nord, existe une entrée sans altération avec ses pieds -droits en granit taillé, qui ne peuvent laisser de doute sur sa largeur, 2*^70. Les deux autres murs perpendiculaires aux pierres angulaires indiquent un carré. Celui du couchant, à 7"80 de l'angle N.-O., a une entrée de i^50, semblable à la précédente. La pierre de taille qui, à 8 mètres plus loin, termine le miur, ne semble elle-même qu'un des pieds-droits d'une troisième entrée ; mais à partir de ce point toute trace disparait, la fondation étant à fleur du sol et les pierres enlevées. Le mur opposé, celui de l'est, est interrompu à 19*^80 de Tangle; la démolition est là démontrée par les arrachements, mais on ne saurait supposer que cet enclos isolé de toute habitation, avec de larges issues, n'ait pas été fermé sur le quatrième côté de la même manière que l'endos PC, 15, conservé dans son entier. Ce dernier, au pied du Theuro^ de la Roche, est parallèle au premier, dont il est séparé par une voie de 10 mètres de large, très régulière. Il est clos siu* ses quatre faces par des murs continus dont il ne reste par places que quelques assises, aussi n'y trouve-t-on plus la trace des entrées. Une brèche cependant à l'angle N.-O. permet d'en supposer une en -ce lieu. L'enclos forme un carré de 52 mètres d'un côté et 48 mètres de l'autre. Sur les deux faces du sud et de l'ouest la fondation n'a que 0*^35 ; à l'est, où elle longe une dépression de terrain qui doit être un ancien chemin, elle est plus accentuée ; au nord, où elle est formée par le gros mur qui soutient la terrasse du Parc-aux-Chevaux, à la naissance des pentes de la vallée de l'Écluse, elle a 2 mètres de profondeur, 1 mètre d'épaisseur, des contreforts en pierre de taille pareils à ceux de la maison PC^ 2. Les tranchées faites à Tintérieur du clos ont été sans résultat. Aucune habitation

ni au dedans, ni au dehors, n'est attenante, seulement on y trouve des tuiles à rebords en suivant les murs. La destination de ce parc est donc encore problématique, mais les larges entrées de PC, 14, n'indiquent-elles pas qu'elles servaient de passage à des chariots, à des attelages, à des chevaux ? Ainsi s'expliquerait la création de ces parcs ayant une destination quasi- militaire et rasés au moment de Tabandon de Toppidum. En dehors de cette destination ils en eurent encore une autre accessoire, fortuite peut-être, mais incontestable et conforme aux mœurs de la Gaule, telles que les fouilles les ont révélées. Ils devenaient le dernier asile de la cendre des morts qui les avaient habités. Sans faire à ce sujet un travail spécial de recherches que ne compor* talent pas les ressources, on a rencontré çà et là, eiî suivant simplement la trace des murs, des creux funéraires de 1 mètre au plus de diamètre, de même genre que ceux dont on a déjà parlé, renfermant des amphores brisées ou entières avec les os, les charbons, les résidus des bûchers des morts, des médailles et des poteries gauloises. Ces trous sont parfois assez rapprochés." Ne serait-il pas permis d'y voir les sépultuires des ambactes, des cavaliers d'escorte, des servants attachés à l'entretien des équipages d'un chef et ensevelis sur le lieu même de leur service. Ainsi a-t-on découvert près de Tangle N.-O., à 1%0 sous le gazon, dans l'intérieur de Tenclos PC, 1 4, un de ces creux funéraires deO^TO de diamètre, renfermant le fond d'une amphore à ossements et dont un fragment portait les dernières lettres d'une estampille tronquée Nvs, et sous le pied du vase, une grande médaille celtibérienne en bronze de la ville d'Iluro en Tarraconnaise ^, avec un cavalier au revers. Deux autres fosses de 1 mètre de diamètre près du mur opposé, à l'est, renfermaient, l'une un coquillage, signe maritime, l'autre une monnaie de Marseille, une moitié de bronze colonial, l'estampille grecque

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