Pausanias. Arcadie, tiii
considérable d'alluvions, atteignant jusqu'à l'^TO d'épaisseur et amenées par les eaux supérieures, qui avaient à la longue obstrué la dépression creusée dans la pente par la main de l'homme. L'esplanade divisée en deux gradins, le premier large de 12 mètres, le second de 8 mètres, est recouverte d'une couche considérable de gravier battu et dur. Mais ce qui démontre que la foule devait stationner dans cette enceinte, c'est qu'outre l'empierrement on a retrouvé en place et sur leur lit de pose, à i'^SO de profondeur, et à 20 mètres de la Pierre''Salvéej des restes de la clôture PS, 3. Elle consistait en quartiers de pierres brutes ajustés entre eux comme des murs cyclopéens, genre de construction qui apparaissait pour la première fois au Beuvray. Le plus grand de ces blocs a f^lO de long sur O'^Sd de hauteur, les autres 0^80 à 0»^. Il en restait sept. La courbe suivant laquelle ils sont disposés est évidemment la ligne limitative de cette demi-rotonde d'aspect barbare, qu'elle défendait en même temps de la chute des terres qui n'ont dû envahir cette place qu'après l'enlèvement de la muraille dont nous avons retrouvé les vestiges. Siur les deux côtés une bande de gravier et de sable fin comprimés formait une saiUie de O'^SO à 0°^0 au-dessus du niveau de la partie centrale. Elle avait servi, selon toute apparence, d'assiette au reste de la clôture également supprimée, en raison de la facilité d'enlever des matériaux placés sous la main à la surface du sol. Trois gros trous de poutres et quelques blocs isolés ont été rencontrés dans la fouille, mais sans fournir d'indications.
L'alluvion fouillée avec soin renfermait plusieurs débris d'amphores, dont l'un avec l'estampille HE en lettres accolées, quelques verroteries, une belle médaille consulaire en argent, quatre pièces gauloises. Les tranchées d'exploration à l'entour fournirent un contingent sinon riche du moins plus varié. Divers objets en silex, un dard de flèche long et aigu en cristal de roche, un grattoir très tranchant
en silex brun, une pointe conique en terre cuite, plusieurs galets parfaitement ronds, dix médailles gauloises, des résidus de travaux métallurgiques, mais peu abondants, scories de fer arrondies en forme de poches, minerais de plomb très riche, d'autre fondu, une pierre à aiguiser, une fibule, une boule et des résidus de bronze, un palet en poterie fine ouvragée, ainsi qu'un petit fond de gobelet artistique.
L'espace qui s'étend sur les deux flancs de la Pierre- Salvée, entre la grande courbe du rempart, le Theurot de la Roche et les deux vallées citées, ne comprend pas moins de vingt hectares, en pente d'une excessive raideur. Contrairement au régime des montagnes granitiques de notre région dont les inclinaisons offrent ordinairement des lignes continues, il présente çà et là des irrégularités, des ressauts inexplicables par les causes naturelles, Térosion des eaux, la résistance d'anciennes haies, ou de couches de terre plus ou moins compactes. On est surpris d'y rencontrer alternativement des parties planes à arêtes vives, suivies brusquement de chutes de plusieurs mètres, au pied desquelles s'étendent d'autres petites plate-formes habituellement courbes du côté de la pente, et sans rapport de régularité ni d'étendue entre elles. Ces accidents inexplicables avant les sondages sont parfaitement appréciables à l'œil, malgré les altérations partielles que la charrue et le glissement des terres y ont opérées. Ils existent sur les trois quarts de l'éventail occidental qui se développe autour du mamelon du Theurot de la Roche, le côté oriental appartenant au Parc-auW'Chevauœ,
Ces mouvements singuliers auraient pu, de prime abord, en ne les supposant pas naturels, passer pour des espèces de places d'armes destinées aux défenseurs de la place, et se prêter à cet emploi dans un cas donné, mais leur multiplicité sur des points surtout qui semblent inabordables, laisse supposer une destination plus générale. De longues
tranchées prises au-dessous du niveau de la Pierre^Salvée en remontant la pente, dans la direction du Theu/rot de la Rochej ont démontré dans leur ensemble que tous ces i^lanissements ont été créés de main d'homme, en attaquant la partie haute pour remblayer la partie basse et obtenir ainsi une moyenne plane. Afin d'éviter Tentrainement des terres par les pluies torrentielles, on a eu l'excès de précaution de donner une base solide et horizontale à la butte, en l'établissant sur un lit épais de gros moellons liés par un amalgame de glaise jaune. D'autrefois le terrassement est maintenu par une muraille, nous croyons même que ce surcroit était général, mais il est hors de doute qu'une grande quantité de matériaux aient été enlevés depuis. Ces opérations ont été d'autant plus faciles à constater que la couche meuble n'ayant au plus que 0''30 sur les points intacts atteint un et deux mètres dans les terrasses en question, et que cette épaisseur n'existe qu'au talus extérieur. Le remblai d'autre part renferme de nombreux firagments de poteries et notamment d'amphores, sans débris de* tuiles à rebords. Il en résulte que ces places grandes et petites, celles du moins où les constructions en pierre font défaut, ont été occupées à l'égal de ces dernières, mais seulement par des espèces de baraques .couvertes en chaume, dont le mode d'aménagement est confirmé par la grande quantité de clous ainsi que de médailles restés sur ces emplacements. Dans quatre ou cinq tranchées de O'^ÔO de large seulement, on a recueilli plus de vingt-cinq médailles gauloises, dont la majeure partie en argent.
Le séjour fixe sur ces buttes n'est guère plus probable que l'attribution militaire. La surface y est foulée, mais dépourvue habituellement de ces aires battues en terre jaune qui servaient de carrelage aux maisons pauvres d'artisans. Ces platSj car c'est le nom qu'ils ont conservé, se retrouvent même en dehors de l'enceinte, tout en restant sous sa protection.
Un certain nombre de plais étaient occupés par des maisons en pierre, bien construites quelquefois, mais toujours de très médiocres dimensions. Elles sont, en revancbe, pourvues de grands hangars, sans rapport avec l'habitation, et disposés pour les animaux plutôt que pour les hommes. On verra plus loin l'indication de longs murs en pierre sèche ou de lignes de poutres fichées en terre, qui n'ont pu avoir d'autre rôle que de clore ou soutenir les hangars.
Ces diverses constatations suffisent dès lors, semble-t-il, pour attribuer à ces esplanades une destination prévue dans le régime de l'oppidum. Des chemins particuliers en assuraient la desserte, bien qu'ils ne soient pas empierrés comme les grandes voies, mais taillés simplement dans le terrain très dur et graveleux de la montagne, suffisant pour offrir une aire parfaitement résistante. Aussi avant d'aller plus loin dans la description des fouilles, nous croyons-nous autorisé à conclure que cette partie . de la forteresse était affectée aux retrayants. L'importance ou la surface des plats était proportionnée au nombre et à la richesse des gens du dehors qui devaient les occuper. A la première contestation, et Ton sait d'après César si elles étaient fréquentes, la retraite dans Toppidum en devenait la conséquence. Les communautés rurales de son rayon y affluaient avec leur bétail, leurs ustensiles, leurs denrées, l'enlèvement des troupeaux étant le but ordinaire de ces expéditions intestines. Les retrayants trouvaient là des locaux tout préparés et probablement assignés d'avance, qu'ils devaient sans doute créer eux-mêmes et entretenir, tout en concourant au service et à la défense de la place. Est-il téméraire de voir dans ces dispositions l'origine ou au moins l'image du droit de retraite, de la sauvegarde dans les enceintes fortifiées? La Pierre Salvée elle-même n'aurait-elle pas emprunté son nom modernisé à cette antique tradition, qui désignait ce quartier de l'oppidum par celui de la Pierre du Sauvement y
On en jugera par Teicposé des fouilles. Il est permis aussi de se rendre oompte dès maintenant de l'aspect pittoresque que devaient offirir, vues du dehors, les pentes de l'oppidum, lorsque sur chacune de ces terrasses s'étageaient des maisonnettes, des hangars, des foyers en plein air mêlant leur fumée à celle des brumes qui affectionnent ce versant. On entre là dans la région vraiment gauloise où disparaissent les emprunts faits aux étrangers. L'oppidum y revêt son caractère authentique, celui de refuge, les mœurs changent et, pour accentuer cette séparation, nous verrons plus loin une longue muraille contournant le pied du Theuroé de la Roche comme pour isoler le quartier de la Pierre-Salvée de celui da Parc^aux''Chevaux.
Entre le reste du mur à grands blocs de l'esplanade de la Pierre-Salvée et la maison à contre-forts ronds, en appuyant au nord, et en tête des terrasses dont nous parlons, existe, dans un état complet de conservation, un foyer en plein air, PS, 2. Il est établi sur une aire carrée de cailloutis et de terre glaise battue et brûlée, de 0"'25 d'épaisseur et de 3"'20 de côté. Le foyer placé à l'angle sud figure un hémicycle de l'"20 de diamètre, muraille à 0''40 de haut en moellons bien joints et en débris d'amphores, unis par un amalgame de corroi jaunâtre qui a subi l'action du feu sans se disjoindre, tout en rougissant comme brique à la surface. Dans l'aire, un peu en avant du foyer, était un creux rond de 0"50 de diamètre sur CSS de profondeur, complètement rempli de débris d'amphores cendres, et terre brûlée, dont la destination, si elle n'annonce pas une ancienne sépulture, était de recevoir peut-être les résidus provenant du foyer. Un second foyer à moitié détruit et de dimension analogue se voyait à cent mètres plus loin au nord ; cette double rencontre rappela la découverte antérieure d'un troisième foyer plus grand encore, i°^70, avec pierres de taille aux extrémités, à peine enfoui sous la terre, non loin de la fontaine Saint-Pierre, à l'est. Ces foyers isolés n'appartenaient pas à
des maisons. Les tranchées ouvertes sur les différentes faces n'ont révélé nulle part trace de clôtures ou de censtructions quelconques, on ne doit les considérer que comme des bivouacs. La fouille près du premier donna deux médailles gauloises et un petit prisme en acier à huit facettes latérales, un poids peut-être, mais plutôt un coin à battre monnaie, malheureusement oxydé, les diverses tranchées aux environs avaient fourni 18 médailles gauloises et un petit bronze d'Auguste non lauré, un grand bronze fruste, les autres objets sans intérêt.
Derrière le mur cyclopéen, dans la direction de la maison à contre-forts ronds, s'étagent trois terrasses de 18 mètres chacune de large, et d'une centaine du nord au sud. Elles n'ont pas de constructions, mais on a trouvé sur la première beaucoup de clous et de débris d'amphores, sur la seconde neuf médailles gauloises en argent et une en bronze, près d'une amphore en morceaux ; c'est dans le prolongement de la troisième qu'est le premier foyer en plein air cité ci-devant.
Au nord de ces gradins et à leur suite, mais à un niveau inférieur, un nouveau plat PS, 4, très régulier, de 80 mètres de long sur 29 de l'est à l'ouest et dominé par de forts talus, parait relativement enterré; il domine lui-même un . glacis de 4 mètres de haut. Au pied du talus en amont règne un mur de 19 mètres de long dont le caractère rudimentaire s'accuse à un retour d'angle composé de grosses pierres brutes, de O'^GO de long, empilées les unes sur les autres sans mortier et sans fondations. Le retour d'angle de l'extrémité opposée est en maçonnerie ordinaire mais tronquée ainsi que le précédent, à 2 mètres, comme s'ils n'avaient servi que de contreforts ; en deçà néanmoins une nouvelle amorce prouve qu'il se développait en avant, bien qu'obli* quement, et que l'interruption n'est due qu'à des enlèvements de matériaux. L'aire de ce grand hangar était en menue pierraille ; on y a trouvé une médaille gauloise, des débris d'amphores, des clous, de la vaisselle usuelle.
Une bande de terre plane de 4 mètres de large à laquelle était adossé le mur du fond servait de séparation en même temps que de moyen de communication. L'aménagement artificiel des terrasses n'est nulle part plus évident qu'au n"" PS, 4, dont un ravin traversait l'emplacement avant sa création* Ce ravin a été comblé avec des précautions calculées. Le fond est rempli de grosses pierres dans un amalgame d'arène jaune sur 20 mètres de long et 2 d'épaisseur, le surplus est composé uniquement de pierraille liée par une terre assez gluante dans laquelle étaient égarées deux médailles gauloises.
A la suite de la terrasse oblongue du campement n* 4, s'étend au nord un groupe PS, 5, et PS, 7, compris parait-il dans un même ensemble et d'une certaine importance, au moins par les dimensions. Sa première partie PS, 7, se comt pose de deux compartiments disloqués entre eux. La pièce A n'a plus au nord qu'un mauvais mur noyé dans un remblai de 1°'40 d'épaisseur, rempli de débris de poteries, au pied duquel on a recueilli deux moyens bronzes de la colonie de Vienne, un fragment de fibule en bronze, une pierre à aiguiser, des dents de cheval, une assiette samienne de terre fine ; le mur du sud, au contraire du premier, est très bien conservé. En aval de ce compartiment la pièce B reportée un peu à droite, et longue de 5 mètres seulement sur 9 de large, n'était peut-être qu'un simple auvent ou hangar ouvert, car les deux murs parallèles se terminent chacun, sans trace de cloison intermédiaire, par un trou de poteau. Un gros clou de charpente était enfoui à côté de celui de droite. Entre le compartiment et le grand hall PS, 5, à l'angle sud-est de PS, 7, une espèce de gaine maçonnée PS, 5 A, de S'^SO de large, renfermait un four voûté en fragment de tuiles à rebords et mortier d'une terre jaune et pâteuse, de même nature que la voûte de la fontaine de la grande maison PC, 1 du Parc-aux-Chevaux. Ce four, posé directement au niveau du sol habité, avec une aire en terre jaune que l'action du
feu a poussé au rouge, avait l^QO de large sur 1"30 de haut. L'espace irrégulier PS, 5, d'un seul tenant, de 33 mètres de long sur 18 à 25 de large, est une des plus bizarres constructions du quartier. Sa cloison du fond profondément enfouie offre d'abord une muraille PS, 5, D, en pierre, de 12 à 13 mètres de développement, dont les têtes franches, en blocs taillés, ont été enlevées. Elle est continuée en ligne droite sur 20 autres mètres PS, 5, E, par 17 énormes trous de poteaux avec jambes de force de O^ôO de large sur 0°*65 de profondeur, singulière juxtaposition des deux modes de construction usités dans l'oppidum. On ne peut mettre en doute que ce vaste local, bien qu'incomplet au nord, ait été couvert, car à la jonction de la partie muraillée et des trous de poutres, il existait un carrelage très (in quoique sans chaux, en scaîole de tuileaux, à 1^55 de profondeur, avec une masse de débris d'amphores de diverses formes, des os, défenses de sanglier, poteries samiennes fines, clous nombreux et pointes pour planches. En avant du premier trou de poteau, dans un remblai de terre noire et fusée, gisait un fond d'amphore avec cendres et restes d'ossements calcinés, une belle médaille gauloise en electrum et une fibule d'une correction remarquable, bombée et couverte de filets alternativement creux et saillants. Cette partie du hall forme le gradin supérieur qui en occupe moitié en largeur. Au bas de celui-ci, à 2'"30 sous le gazon, on en trouve un second. Sur ce dernier est enchâssée une petite chambre PS, 5, C, de 6 mètres sur 4™40 intérieurement, dont le mur très bien construit en pierres a encore l'"80 de haut. La porte ouvre dans la façade du hall accusée à droite par un prolongement et par trois trous de poteaux qui la relient au hangar PS, 7. Cette chambrette confortable située à l'entrée sur, une petite terrasse appartenait sans doute au chef du hall; le seuil, d'une seule et large pièce est, ainsi que les pieds droits, en pierre de taille, et, pour résister à la poussée des terres du gradin supérieur, un empâtement de 0'"30 d'épaisseur a
été établi sur une hauteur d'un mètre en fondation. Cette saillie a été utilisée dans le mur d'arrière à Tangle nordest, pour y ménager une retraite de 0"34 de profondeur sur 1">45 de large, équarrie en pierre de taille, sorte de placard très proprement fait, dont la partie supérieure a disparu avec la maçonnerie du mur. La petite plate- fr^^^^^^'^'^sMJUPègne devant la maison a 2 mètres de large et se termxuu par un talus très raide de 3 à 4 mètres de haut, soutenu par un amas de moellons mal ajustés et figurant par places comme ^ des marches d'un méchant escalier. Il descend à une nouvelle terrasse de 14 mètres de large de Test à l'ouest, formée d'un remblai de main d'homme en pierraille de plus de 2 mètres d'épaisseur, dans lequel on a trouvé une médaille gauloise en or et quelques autres en bronze.
Les tranchées tant à l'intérieur qu'autour du hall ont fourni quelques objets, une poignée avec garde et partie de la lame d'un poignard, le tout en fer très oxydé, une grande clef de même métal à trois dents et manche formant angle droit avec anneau de suspension, une pierre à aiguiser, des clous imitant ceux du ferrage actuel des chevaux, une tige ronde d'acier do 0'"27 de long, 0"017 de diamètre et pointue aux deux bouts, deux balles de plomb. Tune aplatie sur deux faces. Un annelet, trois fîbules, un fragmentée manche de couteau en bois recouvert de bronze fixé par des rivets, l'extrémité d'une anse figurant une tête de canard, une de ces petites tiges, terminées par deux cornes et assez nombreuses, qui auraient pu servir entre les doigts à tourner l'axe d'un rouleau, un crochet avec anneau, d'une lampe peut-être, représentaient le bronze. Le verre l'était par une rondelle blanche usée à la meule, un autre fragment opaque et bombé, une pastille bleue, puis un petit anneau très simple en argent. Ajoutons pour compléter, en étendant le réseau des sondages, un ciseau à ùiain, six petites pierres à aiguiser, un manche poli en silex, des pentures de porte, du talc, blanc d'Espagne, baryte.
En descendant la pente de la montagne à 25 ou 30 mètres de PS, 5, une espèce de tanière PS, 6, se rapproche du rempart. Elle est creusée à 3 mètres de profondeur en amont sous le gazon, et à 1*" 15 en aval. Taillée irrégulièrement dans le corps de la montagne en carré de 5 à 6 mètres de côté, sa charpente reposait uniquement sur quatre poteaux de 0°*35 de diamètre plantés aux quatre angles, à 0'"30 seulement de profondeur, mais calés avec des pierres restées en place dans les trous. L'un de ces derniers est taillé dans le roc qui remplace sur ce point le carrelage composé de gravier mêlé d'arène. L'absence de toute espèce de muraille ne permet d'admettre que des cloisons en planches, aussi les clous y étaient-ils abondants. Cette hutte assez semblable aux plus malsaines de quelques forgerons de la Come-Chaudron n'était accessible que par un escabeau de bois ; elle renfermait des scories de fer, dont une mélangée de bronze, une médaille gauloise, une fibule en bronze, une dent de cheval, quelques os, des débris de vases vulgaires en rapport avec le logis. Au pied du talus que surmontait la toiture, seule apparente, de cette fosse qu'on hésite à qualifier de maison, passe une voie de 9 mètres de large, sortant de la vallée de TÉcluse. Elle est taillée à pic en aval et dominée dans cette partie basse de Toppidum par un terrassement ou plutôt un déchaussement de rocher de 3 mètres de haut, suivant un profil régulier et presque vertical, qui n'a pas été déblayé plus loin.
En remontant de PS, 5, à l'est, on traverse sur un espace de 40 mètres deux terrasses sans vestiges actuels de constructions, pour atteindre la base nord-ouest du Theurbt de la Roche, où la maison PS, 8, ofTre un spécimen d'excellente maçonnerie dans laquelle la pierre de taille établit un contraste avec les précédentes. La qualité de ses matériaux lui a été funeste, car il ne reste aujourd'hui que deux pièces intactes, à peu près égales et carrées, d'un peu moins de 6 mètres intra muros. Un prolongement de 2 à 3 mètres sur
la face occidentale estrindice d'autres appartements, au-delà desquels, à 6 mètres de la partie intacte, on a découvert plusieurs trous de poutres continuant Palignement. La maison est fondée sur la pente nord-ouest du massif rocheux du Theurot^ et précédée d'une terrasse presque verticale de 14 mètres de long sur 11 mètres de large. I^es seuils, à Qeur de terre ont été enlevés, mais les angles ont conservé des blocs taillés de 0^60 sur 0^40. Quoique attaquée par les démolisseurs, on y a recueilli, outre une médaille gauloise, un grand coutelas à manche de fer creux, une petite enclume et un ciseau à main tranchant aux deux bouts, un petit couteau brisé, une lamelle de bronze avec rivet, deux fragments de fibules, dont Tune incrustée de petits feuillages d*argent. Cette maison clôt la série ascendante des terrasses habitées sur les pentes de ce quartier. Elle est à 9 mètres seulement du pied de la grande muraille du Theurot de la Roche PS, 9.
Un peu plus bas, sur la gauche, à trente mètres, le n* PS, iO, semble une de ces constructions tronquées ou improvisées, dans lesquelles il faut voir de simples abris, partie en pierres partie en poutres. Il ne reste en effet qu'un seul morceau de mur de 1 mètre de haut et S^TO de long, au bout duquel s'alignent, légèrement en retraite, à 1 mètre d'intervalle, quatre trous de poteaux de 0"50 de diamètre et de profondeur. Cette construction était, par exception, couverte en tuiles dont on a constaté des débris parmi un monceau de tessons d'amphores, de poteries vulgaires, scories de fer, résidus de bronze oxydé, dents de cheval. Le numéro suivant, PS, li (qui ne figure pas au plan), n'était en guère meilleur état. Enfoui à 2 mètres de profondeur, le mur adossé au terrain était un simple parement d'excellent appareil, il est vrai, mais la poussée des terres et les démolisseurs peut-être lui avaient infligé de graves avaries. Il était détruit à 4™50 de l'angle nord-est. Le mur. en retour n'existait plus que sur ^"■SO, en se terminant par une tête
franche qui, si elle n'était pas un jambage de porte latérale, laissait croire le surplus de l'habitation en pisé, le sol étant creusé et toute trace de façade absente. Quelques petites pierres de taille dispersées dans Téboulis, quelques ferrures et débris d'amphores, en marquaient seuls l'emplacement sur une terrasse de 20 mètres de long, reliée au sud à celles des maisons voisines.
Le quartier de la Pierre^Salvée était séparé du Parc^aux- Chevaux^ avons-nous dit, par une longue et solide muraille fondée à l'ouest au pied du talus du Theurot'de'la'RochCj qu'elle contourne au nord. Cette muraille repose sur un plat taillé dans le vif, qui excède la base d'environ 1 mètre comme pour y ménager un sentier. Mais sous ce ressaut même la coupe du terrain est profilée sur 2 mètres de hauteur par une ligne très légèrement inclinée qui lui donne l'aspect d'un retranchement. La construction de ce mur qui n'a pas moins d'un mètre d'épaisseur et de forts empâtements est exécutée avec grand soin en matériaux plus volumineux et mieux appareillés que dans les habitations. Il n'a d'analogue jusqu'ici que le gros mur de soutènement de la terrasse, à l'est du champ de foire. Ces murs formaient-ils une sorte d'enceinte sacrée autour des oratoires de Bibractc? L'oratoire de Mercure, isolé sur un tertre où il n^a laissé d'autre trace qu'une inscription votive, avait une importance bien moindre que celui du champ de foire entouré d'un forum. Il ne pouvait prétendre à une clôture constatée déjà sur plus de 80 mètres de développement et bien supérieure à la première. On doit donc jusqu'à plus amples découvertes se borner à le mentionner, en notant que dans la tranchée du talus on a recueilli une médaille gauloise en argent et une petite fibule en bronze, à côté d'une amphore vidée.
Toute cette face nord-ouest du quartier de la Picrre^Salvée est pauvre jusqu'ici en maisons. La rareté des constructions solides ne saurait guère laisser de doute sur sa destination
temporaire qui semble bien constituer, ainsi qu'il a été dit, un refuge.
Sur remplacement de ces baraquements, do ces hangars, des ces huttes misérables, la monnaie était moins |)auvre qu'ailleurs, plus de la moitié des pièces est en argent, 15 contre 12 en bronze, 2 en or, proportion inusitée, vu le peu de surface déblayée. Ne résulterait-il pas de ce fait, si minime qu'il soit, une présomption de la présence en ce lieu de retrayânts arrivés avec leurs valeurs les plus précieuses, dont le sol a gardé quelques épaves autour de ces masures partagées entre Thomme et ses bestiaux, indice d'un campement plus que d'une ville.
Les constructions en pierre des quelques terrasses qui en étaient pourvues difTèrent elles-mêmes de celles des autres parties de Tôppidum. La tuile à rebords a fait défaut presque complètement dans les logements mêmes composés de plusieurs pièces. Les grands hangars sont sans rapport avec l'exiguïté habituelle de Thabitation enfouie le plus souvent et dépourvue non seulement de carrelage mais même d'aire battue. Les poteries, sauf les débris d'amphores, y sont plus rares, les restes industriels y apparaissent .à peine, les médailles souvent font défaut à l'intérieur occupé seulement aux heures de danger. Les familles rurales de quelque richesse avaient là sans doute des abris à elles, mais dépourvus de toute recherche, ne demandant que la sécurité sans souci des aisances de la vie. Peut-être même ces restes de longs murs en pierre ou en bois, hangars plutôt qu'appartements, servaient-ils à des chambrées communes? Plusieurs n'offrent aucune trace de façade. Malgré la découverte dans quelquesuns de ces logis et notamment dans la grande esplanade contiguë à la Pien^e-Salvée, de scories de forges et de plusieurs débris calcinés de chappes de fourneaux, ailleurs de quelques morceaux de minerai de plomb et résidus de bronze, les industries ne paraissent pas y avoir été pratiquées, au moins d'une manière fixe. Ces débris peu nombreux, dispersés
à travers le sol, semblent bien plutôt roulés avec les terres. Les creusets vitrifiés si abondants à la Comc-Chaudron et dans les loges du champ de foire, ainsi que les trous de forges, les charbons agglomérés, les ustensiles de métiers, font défaut dans les locaux à peu près vides, mais en revanche les tranchées fournissent une quantité de clous de toute grandeur provenant sans conteste d'ouvrages en bois, et une masse de débris d'amphores qui ne témoignent peutêtre pas de la sobriété des retrayants.
FOUILLES DU MONT BEUVMY
Les fouilles du Beuvray, en 1884, ont été portées au nord de la Pierre - Salvée, où elles ont été interrompues au n"" PS 10 inclusivement, le n"" 11 n'avait été qu'efiOeuré. Des sondages ayant révélé des constructions omises dans le quartier du Paro-aux-Chevaux, l'exploration y a été reportée en 1885 et continuée jusqu'à fin septembre 1887. Elle a débuté à l'ouest de la fontaine du Loup'Bourrou, à 35 mètres de distance, et commencé au n^ PC 16, sur la lisière méridionale du plateau dominant la rive droite du ravin de la Goutte^ Dampierre. Rappelons que ce ravin, en partant de la fontaine Saint-Pierre dont il a tiré son nom, s'élargit en une sorte d'éventail de cinq cents mètres de courbure, gazonné ou parsemé de broussailles. La profondeur du ravin, des échappées lointaines entre les chaînes de collines dans la direction de la Loire, donnent à cette partie de la montagne un merveilleux aspect.
Les habitants riches de Bibracte n'étaient point insensibles à la beauté des sites, car c'est sur le développement de cet espace privilégié que se rencontrent les habitations les plus soignées, avec cours, terrasses, murs de clôture et de soutènement. Cette intention de se ménager la vue du pays est tellement évidente que presque partout Tassiette naturelle a été modifiée par des remblais, des exhaussements artificiels de plusieurs mètres de hauteur, formant des esplanades d'agrément, s'emble-t-il ? Mais malgré ces appropriations il ne faudrait pas se croire transporté dans les demeures
somptueuses des Romains, ainsi qu'on a pu le constater déjà dans les fouilles antérieures; l'intérieur des pièces était modeste, le marbre, on le sait, y faisait défaut. Les enduits monochromes, souvent sur une simple couche de mortier de terre, de rares mosaïques sans aucune composition picturale, les terrages, la tuile à rebords, le bon appareil des maçonneries, les colonnes en assises de briques, maints détails que nous avons déjà eu l'occasion de signaler, caractérisent une civilisation à l'état d'ébauche. Les hypocaustes sont rares, mais il existe en revanche de petites cheminées ou braseros demi-circulaires, en tuileaux mélangés de terre battue et, à part la pierre de taille, d'un transport difficile et coûteux sans doute, tout semblait calculé avec économie. Mais comme le Morvan n'a jamais été riche les ruines de ces habitations ont attiré, malgré leur pénurie, les extracteurs de matériaux. La suppression ou l'incohérence de certains murs ne s'expliquent que par des dévastations intéressées, dont les traces se révèlent à la première maison que nous allons étudier. Elle porte le n® PC 16 et, par sa situation comme par son état actuel, justifle les observations qui précèdent. L'emplacement est admirable. Située vers l'extrémité nord-ouest de l'hémicycle mentionné ci-devant, elle est assise en haut d'un premier et rapide talus de six mètres d'élévation dont la base est soutenue par une forte muraille, B, de vingt-trois mètres de long et continuée, de chaque côté par le rocher naturel. En avant de ce mur se dessine une esplanade. A, en demi-cercle, de cinquante mètres de diamètre, dominant elle-même à pic les profondeurs d'un ravin embranché sur celui de la Goutte-Dampierre, d'où le bruissement et la fraîcheur des eaux montent du fond du vallon. Ce travail de terrassement est entièrement artificiel et constitue une remarquable création. Mais si les âges suivants l'ont respecté, ils n'ont pas épargné de même l'habitation dont il était le principal mérite. Elle a été une des plus mutilées. Un mur de neuf mètres, démoli à ses
extrémités, reste ^eul au-dessus du premier talus perpendiculairement à la grande muraille de soutènement; c'est le dernier vestige d'appartements qui devaient s'étendre à droite et à gauche parallèlement à cette grande muraille.
La nature du sol environnant, noir et parsemé de débris, ne laisse pas de doute sur' leur existence. Un second tronçon à douze mètres, à Test, conserve les vestiges de trois à quatre pièces contiguës, D, E, F, 6, appartenant à un ensemble plus considérable qui défie toute restitution. La pièce F, de 6 mètres de long sur 5 m. 50, est seule intacte avec ses deux sorties et des prolongements de murs interrompus. Un certain nombre d'objets ont été recueillis dans les tranchées : deux fortes clefs, un marteau très allongé, à mince emmanchure, un ciseau ou coin en acier, une tète d'ascia ou marteau de maçon, brisé, une sorte d'outil ovale en silex imitant un pied-de-biche et mesurant 0 m. 095, un autre outil en bois pétrifié, des scories de fer et bavures de bronze, dix-sept médailles gauloises, une de Marseille, une moitié d'un bronze colonial, une fibule, un fragment de miroir. Les poteries fines ou communes abondaient : Tune
d'elles en terre noire était estampillée : IVOH ; trois
marques d'amphores consistaient, l'une en une étoile à six peintes, les deux autres en lettres EC et [l] . Une pièce
des plus curieuses confirma une fois de plus le dicton : (c Rien de nouveau sous le soleil »? En opérant une tranchée dans le talus de six mètres, régularisé par des remblais lors de l'établissement du logis, on a rencontré plusieurs morceaux d'une plaquç ^n terre réfractaire, calcinée, unie sur une de ses faces et divisée sur l'autre en petits carrés d'un centimètre de côté avec rebords saillants. C'était un gaufrier exactement semblable à ceux qu'on fabrique aujourd'hui en fonte de fer, et dont nos ancêtres les Gaulois nous ont légué le modèle. ^
1. Le principal fragment a été envoyé an musée de Saint-Germain, les autres sont conservés un musée de l'hôtel Rolin, & Autun, salle du Beuvray.
Le n"" PC 17, situé à onze mètres seulement des murs incomplets du n^ PC 16, faisait peut-être un seul tout avec lui avant leur démolition partielle. Quoique mieux conservée que PC 16, cette seconde maison no parait pas complète. Elle forme un corps de six pièces contiguës dont trois étaient encore munies de ces petites cheminées en tuileaux dont il a été parlé, principal mode de chauffage à Bibracte. Un premier groupe de quatre pièces en façade, et de cinq probablement, à en juger par un reste d'amorce, partageait en deux le corps de logis sur moitié de sa longueur. Deux pièces, H et I, communiquant entre elles, n'avaient d'issue au dehors que par un couloir de 5 à 6 mètres de long sur 1 m. 50 de large, flanqué au sud des petites cases J et K, communiquant ensemble comme les précédentes, mais isolées du reste, sans autre issue que leur porte sur le dehors. La pièce K, large seulement de 3 m. 50 sur 5 mètres de long, était pourvue d'une cheminée ; le mur de façade de la pièce J légèrement plus large était en partie détruit.
Au delà du couloir un grand compartiment de dix mètres de long sur moitié de large occupait toute l'épaisseur du logis. Cette espèce de hall qui servait aussi, on peut le croire, aux festins, se répète fréquemment avec les mêmes dimensions dans la plupart des maisons gauloises de quelque valeur. Il avait sa cheminée, des issues au dehors à l'est et, au dedans, sur la pièce principale I et la pièce M garnie aussi d'une cheminée; une quatrième porte ouvrant primitivement sur le couloir avait été subséquemment muraillée. Les appartements soigneusement déménagés n'offrirent pour tout produit qu'une petite paste de verre, couleur émeraude, et une estampille sur terre fine rouge ^^;^ rencontrée déjà au n^ PC 7.
Le nouveau spécimen portait au revers un cercle tracé à la pointe et trois lettres d'un graffite incomplet, NNA. Nous rattachons au n^ PC 17 un enclos distant de 12 mètres dont il ne subsiste que deux murs enkiommagés, 10 mètres
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sur 9, et une encognure, au sud-est, d'une muraille oblique, interrompue à un mètre de distance.
En partant de l'extrémité occidentale du grand mur de soutènement de PC 16, on atteint à 60 mètres, en franchissant le talus, le mur de clôture de PC 18. Cette habitation composée de six pièces occupe une esplanade légèrement inclinée au-dessus d'une chute brusque qui domine aussi la gorge décrite au n^ 16. Deux cours en gradins séparées par un mur de soutènement précèdent la façade au levant sur 27 mètres de long. Celle du dessous, B, a perdu au sud et à Test une partie de sa clôture ; sa faible largeur, six mètres intra-muros, peut la faire considérer comme un simple passage de desserte, malgré sa longueur. La cour A, large de 16 mètres, ofifre un autre aspect; ses clôtures en excellente maçonnerie sont renforcées en aval de chaînages en pierre de taille ainsi que les angles, et conservent une hauteur de 2 mètres sous le sol. Le long de cette clôture règne extérieurement une couche de glaise de 0 m. 60 d'épais* seur, mélangée de graviers, façonnée, semble-t-il, pour la consolidation ou Tassainissement. Le n^ PC 18 semble se diviser en deux parties ; les deux pièces C et D à la suite Tune de l'autre sont égales en largeur à la première cour B. L'obliquité du mur de refend qui les sépare leur donne intérieurement la forme d'un trapèze qui détermine entre les parois parallèles une différence en longueur de plus d'un mètre dans Tune et dans l'autre. Un cellier, en partie inexploré par crainte d'éboulements, les précède ; on y descend par cinq marches en pierre de taille, de 1 m. 20 de long, -de hauteurs et foulées inégales, les angles de la cage d'escalier sont en gros blocs de granit taillé, ainsi qu'un contrefort haut de 1 m. 80 et 0 m. 22 de saillie, destiné sans doute à porter l'extrémité d'une poutre transversale.
La seconde partie de l'habitation comprend d'abord un couloir E, qui la sépare de la première ; elle occupe en façade la largeur de la cour Â. On ne reconnaît aujourd'hui aucune
communication entre les pièces précédentes et le couloir E qui pouvait être commun. Le mur* limitrophe de la pièce D offre toutefois la trace d'une ancienne porte qui avait été ensuite muraillée, à Tangle nord-ouest. Le couloir E, sans fermeture à Test, sur la cour Â, a 1 m. 80 de large sur 10 de longueur. Deux portes séparées seulement par un bloc de pierre de taille qui leur sert de pied-droit, dans la cloison nord, conduisent à deux petites pièces I et F, de 3 m. 80 de large sur 4 m. 50 et 5 mètres extra- muros. Quatre médailles gauloises et un quart de moyen bronze de la colonie de Nimes y ont été recueillis. A la suite de ces deux chambres sans autre issue que sur le couloir, vient la pièce O, peu régulière, longue de 5 m. 80 sur 3 m. 30 en moyenne, et précédée d'un espace vide. H, de 7 mètres de long sur 5 m.. 80 de large, entre deux ailes du logis. La pièce oblongue J, avec ses dimensions de 10 mètres sur 5 m. 50 intra-muros, rappelle le hall du n* PC 17, de même étendue, dans lequel nous avons vu la salle de réunions et de festins.
 Tangle nord-est de la cour  s'embranche un long mur de clôture de 24. mètres, du nord au sud. La première portion, 14 m. 70, ferme à l'ouest la maison PC 19; le surplus fait partie d'un enclos PC 20, où les constructions font défaut. Le n^ 19 est un logis modeste, de 12 mètres de façade à l'est, couvert en tuiles et précédé d'une cour de 33 mètres, de l'est à Touest. Il se compose uniquement de trois chambres, avec couloir, dont une seule, B, ouvre sur la cour, et les deux autres,  et C, sur chaque côté du couloir. Cette habitation avait succédé à une autre plus ancienne, car le carrelage en terre battue du couloir E, épais de 0 m. 30, recouvrait la couche de charbon d'un incendie. Ce sol peu résistant réclamait certaines précautions pour assurer la stabilité des maçonneries, aussi la pièce principale Â, de 7 m. 80 sur 5 m. 65, avait-elle, en aval, sur 4 mètres de longueur, une fondation de 1 m. 35 d'épaisseur, suivie d'un chaînage en pierre de taille. L'autre partie du logis, séparé en deux
corps égaux par le couloir, se divisait en deux pièces indépendantes, avec issue Tune sur le couloir, la seconde au dehors. On y a trouvé quatre médailles gauloises, une meule brisée en pierre de Volvic, de nombreuses poteries, dont une estampillée
NA
Immédiatement derrière la maison PC 19 s'étend un vaste espace vide presque triangulaire, PC 20, fermé au midi par le mur de la grande cour A, de PC 18, à Test par celui de PC 19 avec retour d'angle nord-est sur 4 m. 50 seulement où il est détruit, ainsi qu'à l'ouest. Une lacune de 14 mètres laisse le passage libre entre ces deux points, en longeant une longue muraille, PC 22, isolée aujourd'hui de toute habitation. Ce mur est certainement le type le plus . parfait de la maçonnerie du Beuvray, à ce point que l'ouvrier qui Ta construit s'est proposé pour modèle le petit appareil régulier romain, en dépit des difficultés résultant de la nature des matériaux réfiractaires au ciseau. Il est presque impossible, avec le seul usage du marteau, de donner à ces moellons cassants et feuilletés des arêtes régulières, on peut à bon droit s'étonner de l'habileté de main qui a vaincu ces difficultés ; chaque pierre, longue de 0 m. 20 sur moitié de haut, se joint pour ainsi dire sans mortier. Les dimensions primitives de cette belle muraille oe peuvent être fixées aujourd'hui, ses deux extrémités ayant disparu. La première partie, épaisse d'un mètre sans tenir compte de deux empâtements successifs larges chacun de 0 m. 10, se développe en ligne droite sur 36 mètres ; là elle forme un angle obtus pour incliner au nord-ouest dans la direction de la Pierre- Salvée. Cette seconde partie, avec moitié moins d'épaisseur, ne subsiste que sur 4 mètres, le surplus est radicalement détruit ; la hauteur actuelle de l'ensemble est d'un mètre. Une assez grande quantité de briques et de pierres taillées en quart de cercle, sur le même calibre, étaient dispersées dans le déblai au pied de la muraille, matériaux de toute nature, grès, granit et même calcaire oolithique d'eau douce.
Leur présence indique une colonnade, vulgaire sans doute, que la disparité des pièces d'assemblage obligeait à revêtir d'un enduit, mais l'état actuel des ruines n'autorise aucune solution. Deux objets seulement sont sortis de la fouille : un fer de lance et une petite plaque de schiste de 0 m. 06 de côté, couverte de lignes tracées à la pointe et à la règle, figurant par leur croisement des triangles et des carrés.
Toutes les habitations du Parc-aux-Chevaux situées entre le sommet du Theurot-de«la«Roche et la lisière inférieure du plateau, sur la pente méridionale, forment des terrasses successives dont les parties planes sont occupées par des enclos fermés de murs. Les appartements suivent les talus en se développant dans le sens des pentes, et semblent disposés avec intention, de manière à sauvegarder entre eux la vue sur Thorizon au midi. Les façades sont orientées à Test, et s'allongent du sud au nord. Elles sont modestes, ainsi qu'on a pu en juger ; le nombre de pièces est restreint, aucun alignement ne les relie, et, bien que bâties avec soin et propreté, le luxe y fait défaut. Telle est encore la maison PC 21, dont la terrasse domine l'espace PC 20 de la même manière que ce dernier domine PC 18. Cette situation en gradins produisant une forte poussée sur les maçonneries en aval, .le pignon méridional dé' PC 21 ainsi que le mur de clôture qui lui fait suite sont soutenus par huit contreforts de même pierre de taille, en saillie de 0 m. 20 à la base, de 0 m. 15 au dessus, et larges de 0 m. 50. Leurs distances sont irrégulières, trois ont été attaqués par les démolisseurs, mais leur place est marquée dans la muraille. Leurs espacements varient de 1 m. 70 à 2 m. 20, 4 mètres et 6 m. 70 ; deux à l'angle sud-ouest sont à 0 m. 60 sur chaque face. Malgré ce luxe architectural la partie habitée ne comporte à vrai dire que deux pièces, un couloir et une partie ouverte au centre, sorte de hangar plutôt que de vestibule. Tous ces compartiments ont la même longueur en œuvre, 8 m. 70. La première pièce, Â, avec quatre contreforts au
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sud, a 5 m. 75 de large^ sans autre ouverture qu'une porte de 1 m. 85 sur le couloir B, d'égale largeur, fermé à Test par une porte à pieds*droits en pierre de taille avec un seuil bordé d'une petite tablette en calcaire blanc, de 0 m. 15 de large. L'aire, composée de tuileau rouge concassé et noyé dans la terre jaune battue, offre l'aspect d'une sciuole. Une seconde porte de 1 m. 14 communique avec le compartiment C, de 5 m. 50 de large, sans trace apparente de cloison sur la cour F. La pièce suivante, D, de 4 m. 40 de large, se trouve isolée des autres, n'ayant qu'une seule ouverture de 1 m. 05 en façade sur la cour, dans laquelle on a trouvé une médaille consulaire en argent. Le mur méridional de cette cour, celui des contreforts, se prolonge à 18 mètres à l'est, où on perd sa trace à une excavation PC 24, remplie de cendres, charbons, ossements brûlés en parcelles, dépôt funéraire important, fouillé jusqu'à 1 m. 50 de profondeur. On en a retiré de nombreux débris de poteries, parmi lesquels ceux d'un petit gobelet artistique en terre jaune et mince, couverts de feuillages imbriqués, un tisonnier de forge complet et un style en fer, avec d'autres objets de même métal, oxydés. Ce dépôt funéraire était abrité sous une toiture supportée par trois poteaux dont les trous sont marqués dans le sol. Au nord de PC 21, un espace vide, E, de 2 m. 95, compris entre deux murs,, conduit à l'est à une gaine de 0 m. 70 de large, qui fait suite et longe extérieurement le mur nord de la cour. Cette espèce de ruelle est obstruée à sa partie la plus étroite par un massif de maçonnerie en saillie, de 0 m. 70 sur 1 m. 20 de long, semblant faire contrefort entre les deux murs.
Une seconde place vide de 24 mètres de large sépare les n** PC 21 et PC 23. Ce dernier, tout aussi modeste que les précédents, en diffère néanmoins par une appropriation plus soignée et plus complète de ses dessertes. L'ensemble forme un rectangle de 34 mètres de Test à l'ouest, sur 25 m. 50 du nord au sud, isolé de tous côtés, mais l'habitation propre-
ment dite ne comprend que trois petites pièces avec un couloir et un vide au centre, couvert en auvent et flanqué par les appartements. La première pièce, B, a 6 m. 50 de Large sur 9 m. 80, murs compris, mesure de longueur répétée au couloir C et à la pièce E, qui termine. Aucune trace de porte n'est visible aujourd'hui dans les murs continus de B ; elle ne pouvait exister qu'au-dessus du niveau actuel des fondations. Le couloir, C, large de 1 m. 50, était pavé de grandes briques reposant sur un terrage d'arène jaune, mélangé de menu gravier. Il desservait la pièce D, de 5 m. 70, du nord au sud, sur 3 m. 50 en œuvre, chauffée par une petite cheminée en brique. Cette pièce était précédée par l'auvent, de même largeur, sur 4 m. 85 de long, dont les deux murs se terminaient sur la façade par deux socles en pierre de taille, de 0 m. 65 de face, servant de base chacun à une colonne de 0 m. 30 de diamètre, en brique à quatre segments, dont les matériaux gisaient sur place avec ceux de la toiture qu'ils supportaient. Le hall E, de même dimension que dans les habitations construites sur un plan analogue, où la même pièce ne varie jamais d'un mètre, a 9 m. 80 de long sur 5 m. 60. Sans communication avec les autres appartements, il n'était ouvert que sous le portique de la cour, A, que les latins nomment impluvium.
Le mur nord de cette cour, soumis à la poussée des terres en pente, a 0 m. 12 d'épaisseur plus que les autres et de forts empâtements. Des murs parallèles à ceux de la clôture extérieure formant rectangle dans la cour, donnent la mesure du portique large de 3 mètres en œuvre qui l'entourait. La toiture, appuyée d'une part sur les murailles de clôture, reposait à l'intérieur sur une colonnade. Elle était en briques à quatre segments avec bases en pierres taillées sur même modèle, telles qu'on les retrouve invariablement. Une lacune dans la banquette de cette colonnade en face de l'auvent F et à portée du hall E, bien délimitée par des têtes franches en pierre de taille, marque un passage de plain-pied entre
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le portique et sa cour centrale dont les dimensions sont de 16 mètres de Test à Touest, et de 13 mètres du nord au sud, non compris le portique. Ce dernier, sur trois côtés, clos hermétiquement tant par les appartements que par ses cloisons extérieures, restait ouvert au midi. Un prolongement régulier de 3 mètres, des deux murs latéraux sur cette face, en avant de la banquette de Timpluvium, ainsi que la décou* verte, sur la même ligne, de nombreux segments de colonnes en brique et en pierre, ne permettent guère de douter qu'au lieu d'un mur la toiture du portique, au midi, ait porté sur une double colonnade, laissant la vue libre, de l'intérieur. Les objets recueillis dans la fouille consistaient en un polissoir de pierre, un silex rouge, un manche en fer de 0 m. 45 terminé par une pomme comme une pelle à feu, une fibule en argent, une en bronze, des débris d'un miroir en métal, un style en acier, une spatule, un outil, une clef en fer, un annelet. un grain de collier en bronze, huit médailles gauloises, dont une de Dumnorix, un goulot d'amphore, marun bec de lampe en terre, une verroterie, un fond
LM
que
d'assiette à couverte rouge d'une pâte jaune très fine, portant
l'estampille
AVIBI SCROF
Derrière la face occidentale de PC 23, on rencontre les restes d'un enclos, PC 25, qui n'en était peut-être qu'une dépendance, quoiqu'on n'y constate pas de communication directe aujourd'hui. Il n'en est séparé que par une ruelle de 3 mètres de largeur, même dimension que celle du portique précité ; les débris de tuiles qu'on y rencontre peuvent laisser croire qu'elle était couverte. Le mur parallèle à PC 23 a 0 m. 40 d'épaisseur et n'a résisté que sur 6 mètres; celui de la face sud, au contraire, a 0 m. 70 d'épaisseur, étant sous la pente, et 16 mètres de long ; celui de l'ouest est conservé sur 10 mètres : tout le surplus a disparu. Ce mur de l'ouest offre une particularité d'après laquelle il aurait été précédé d'un hangar ou d'un auvent qu'annoncent six
entailles carrées coupant la maçonnerie sur la totalité de sa hauteur. Ces vides étaient remplis primitivement par des poteaux équarrissant de 0 m. 20 à 0 m. 25, et placés à des distances irrégulières variant de 1 m. 30 à 2 mètres. L'intérieur de cette cour est un remblai tassé de menu gravier mélangé de tessons d'amphores dans lequel un emplacement en terrage plus régulier et épais de 0 m. 10 était rougi et durci par le feu, sans trace de constructions annonçant autre chose qu'une desserte. Qu'on regarde ou non cet enclos comme dépendant de PC 23, il est permis de s'étonner de voir des demeures comme PC 21 et PC 23 composées uniquement de trois pièces habitables, avec de grandes cours, un atrium avec portique et colonnade, le luxe d'alors? Ne serait-il pas possible de les considérer comme un simple pied-à- terre, occupé seulement en temps de refuge, de foires, de fêtes, d'assemblées politiques, par des personnages riches qui regagnaient ensuite leur grand addiScium dans la campagne, conformément aux usages que César attribue à l'aristocratie gauloise ? ^
On a trouvé près des trous de poutres deux pièces. Tune gauloise, l'autre marseillaise, et une masse de débris d'amphores.
Le n* PC 29, dont il ne reste que deux murs incomplets, l'un de 11 m. 50, l'autre de 3 mètres, se rattachait-il à PC 25, peu distant? Il suffit, dans son état actuel, de constater ces restes qui n'indiquent qu'une clôture sans signification.
Les ruines de cette partie de l'oppidum ont été depuis longtemps exploitées en carrières et sont toutes incomplètes, mais elles s'étendent au midi jusqu'au pied du mamelon dit le Theurot'-de' la-Roche. Sur cette pente, à 14 mètres plus haut que PC 23, on rencontre unç grande enceinte dont la clôture est en partie détruite à l'ouest. On y reconnaît d'abord une cour de 31 mètres de large et une muraille longue de