AVANT-PROPOS
Le mont Beuvray, situé à vingt-cinq kilomètres d'Autun, occupe la pointe méridionale de la chaîne du Morvan, à laquelle il n'est rattaché que par le col des Chenaux^ y à deux cent vingt-cinq mètres audessous de sa cime. Les nombreuses sources auxquelles il donne naissance forment, sur les diverses faces de la montagne, des fissures profondes dont les eaux sont toutes tributaires de la Loire. Celles de TYonne, affluent de la Seine, ne sont séparées du Beuvray que par le vallon de la Séglise qui prend naissance sur le flanc septentrional de ce dernier. Le massif de hauteurs, de huit cents à neuf cents mètres d'altitude, dont le Beuvray constitue un des sommets, forme donc le point d'intersection des deux grands bassins de la France centrale ; celui de la Saône, auquel il confine, n'en est séparé que par la vallée de l'Arroux et le plateau intermédiaire entre la Dheune. La situation du Beuvray était essentiellement stratégique. Sur son sommet aujourd'hui désert et en
i. Ce nom de lieu signifie le Chenal: Tendroit est situé sur un coi étroit, entre deux vallées de pentes opposées. Dans les anciens titres il est écrit : la Chenal ; les gens du pays disent les Chenaux, pour indiquer le point de jonction des deux gorges. Le village a emprunté son nom à la position géographique.
partie boisé, s'élevait jadis une des plus importantes forteresses de la Gaule, Bibracte, chef-lieu des Éduens, Va oppidummaximœauctoritatis deCésar^, ♦pov^iov' BiCp«tT« de Strabon*, » dont lenom a persisté dans le « Biffractum ^ » des chartes et dans celui de (( Beuvray. » L'occupation d'une pareille place expliquerait à elle
seule la prédominance des Éduens sur les clans limitrophes. Bibracte, du haut de ses plateaux, présentait le front à chacun d'eux, et pouvait, à son gré, lancer des bandes par les vallées ouvertes à ses pieds ou les replier, en cas d'insuccès, dans ses retranchements inexjpugnables. Si l'on songe à l'état de division intérieure de la Gaule, si l'on songe à ces querelles permanentes qui faisaient de ce pays un vaste champclos où les tribus n'étaient occupées qu'à attaquer ou se défendre, on conviendra que sur aucun point du territoire Éduen il n'existe un lieu plus merveilleusement approprié que le mont Beuvray aux exigences d'un pareil état de choses.
Notre intention n'est pas de donner ici une description qui existe en détail dans les comptes rendp':'-'sdes fouillés, mais de faciliter simplement l'intelligence du plan que le lecteur ne saurait se passer d'avoir sous les yeux.
Ce plan a été commencé par le capitaine d'étatmajor Albert Roidot, aujourd'hui général de brigade.