‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 63 sur 134 · ce · texte numérisé non relu

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gaaioises et deai moyens bronzes d'Auguste, dont l'un au rcTers du temple de Lyon. Celte dernière pièce, si on fait absiraclioD des circonstances de sa découferte sous une couche voisine du gazon, rapprocherait de quelques années la limite d'occupation de Bibracte. Elle concorde, dans tous les cas, a?ec le récit de Strabon qui a mentionné en môme temps l'existence du temple de Rome et Auguste et le nom de l'oppidum éduen.

En avançant vers le ravin déjà cité, les loges sont la plupart en bois et plus profondes.

Au n"* 43, creusé dans un tuf dur et pierreux» à 4 *75, comme une fosse rectangulaire de 6*25 de long sur 4*40 de large, trois fourneaux pleins de bavures, de grains de fer luisants et ronds comme le plomb de chasse, de scories et de charbons, étaient enfouis sous les ruines de la toiture et des piliers de bois carbonisés en place. Le travail du bronze, mêlé à celui du fer, y avait laissé des traces nombreuses, creusets, castine, quarlz, métal oxydé, plaquettes préparées ou percées de rivets, ustensiles brisés, une penture de porte, des bandes plates, un fer de flèche, dés clous de construction. Cette confusion fréquente fait supposer chez les petits fabricants des métiers mal définis qui permettaient à chacun d'adjoindre à une industrie spéciale certaines branches accessoires, et explique qu'on ait rencontré parmi ces métaux grossiers des traces d'orfèvrerie, des objets de luxe, des fibules de fer, un grain troué d'ambre, une verroterie bleue à points jaunes, quelques poteries élégantes et un débris de lampe en terre rouge vermiculée, véritable rareté à Bibracte. Ces bribes, qui paraissent moins du mobilier que des pièces de vente ou de raccommodage, étaient accompagnées de deux médailles gauloises et d'une belle hache en pierre polie de 0*° 40 de long. Doit-on voir dans ces haches, dont le nombre ne dépasse pas sept à huit jusqu'à ce jour, des ustensiles de la population primitive égarés dans le sol? Nous croirions plutôt, en les trouvant dans les ateliers, qu'ils servaient encore à certaines fabrications ou qu'enfouis comme

préservatifs ils étaient censés garantir ces malsons de chaame des effets de la fondre, si menaçante k l'altitude dn Beuvray.

On rencontrait encore nn pea à l'ouest, vers la voie, en deçà et à la tète du ravin, une de ces tanières de pisé inhabitables en apparence et habitées cependant, qui déroutent nos idées en fait d'habitation. Enfouie comme une oubliette, elle n'a que 2''40 de côté et trois trous de poutres régulièrement placés sur chaque face, sans moyen possible d'accès qu'une échelle. Sur son aire calcinée étaient épars des clous de charpente, des scories de fer et de bronze, des débris d'une meule, au milieu de charbons compacts produits par un incendie qui avait obstrué l'intérieur d'un monceau de ruines. Ce bouge dépendait de la baraque correspondante qui le séparait de la voie et pouvait servir à la vente des produits fabriqués dans le caveau.

Entre les deux forges suivantes ^, en appuyant au midi, s'étendait une grande halle close, coupée depuis par l'exploration du ravin qu'elle recouvrait à la dernière époque de l'occupation gauloise. Plus élevée que les forges voisines, mais n*en différant guère par. sa grossière construction et son misérable aspect, elle semblait à raison de sa proximité une dépendance de la première, avec laquelle une rigole de 2"° 10 de long sur 0*25 de large, creusée dans le tuf pour une destination inconnue, la mettait en communication. Ces hangars, auxquels nous avons conservé le n^ 13 de la forge, occupent une surface considérable, couvrant de Test à l'ouest tout l'espace contigu aux n'^MS et 43; ils semblent se confondre aussi avec le n"" 14, constmit de la même manière sur le ravin. Il est difficile, après la disparition des cloisons, de déterminer aujourd'hui des limites au milieu des innombrables trous de poutres reconnus sur ce point. L'existence de ces halles n'en est pas moins certaine. Elles présentent des analogies avec une construction de même ordre, la maison du béton CC, 4 B des fouilles de

\. N*» 13 et 16.

4868, où plasiears lignes de poteaux formaient les galeries d'un atelier métallnrgiqne. En rattachant au n^ 42 la partie seulement qui lui est afférente, la halle en bois du n"* 43 eût présenté à l'ouest 4 4 métrés de façade sur 1 0 mètres environ de largeur; mais si on la raccorde an groupe qui s'étend du n* 44 au n"* 44, en faisant abstraction des interruptions causées par la fouille du ravin, sa longueur de Test à l'ouest dépasse 20 mètres. Ce dernier raccordement est d'autant plus autorisé, que les objets trouvés dans les deux sections présentent les mômes caractères industriels, les mêmes métaux, le bronze, le fer et le plomb. La partie située au midi du n* 42 comprend trois galeries, dont l'aire n'est qu'à 0'"80 du gazon; mais on retrouve, à4 *50 sous ce carrelage, la couche épaisse de terre noire, de charbon et de ruines de toutes sortes qui encombre le ravin.

Les produits métallurgiques sur cet emplacement semblent changer de nature ou du moins prennent des formes plus variées. Quelques objets de luxe apparaissant dans les déblais des masures laissent entrevoir une tendance à élargir le cercle des besoins journaliers. En considérant toutefois la pauvreté des habitations qui les renferment, on se demande si ces oripeaux de la civilisation, qui paraissent dépaysés, ne sont pas des achats dont la curiosité, la misère peut-être» doublaient le prix, comme de raretés faites pour l'œil plus que pour l'usage. Tel est, avec une cassolette à parfums en bronze, unique jusqu'à ce jour, le beau strigile estampillé trouvé en 4868. Des débris de miroirs, encore transparents, se montrent çà et là dans le mobilier; l'un d'eux ^ a une enveloppe et un manche de fer au lieu de bronze, avec la forme des miroirs grecs et étrusques. Une agrafe en bronze, une petite cuiller d'argent trouvée dans le voisinage, dénotent certaines recherches, quelques emprunts faits à la toilette des femmes romaines. Le bijoutier tend à remplacer le forgeron. C'est ainsi qu'on recueille deux belles

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