‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 64 sur 134 · Il a 0*09 de diamètre · texte numérisé non relu

Il a 0*09 de diamètre

fibules de bronze, une verroterie de coulear verte avec cercle blanc, des annelets, la coque d'une pendeloque détachée d'une dent de cheval entpreinte de verdet, et enfin ces clous de bronze à tète ronde et striée qui sont Tavant-coureur des émaux. Rien n'infirme du reste ni la date reculée des ateliers ni la nationalité de leurs habitants, dont la monnaie, les outils comme les mœurs appartiennent à la Gaule. Six pièces gauloises, un polissoir de pierre, un couteau de fer, une douille longue et aiguë, sont la répétition d'objets similaires trouvés dans les autres habitations d'indigènes, et ce qui les caractérise d'une manière bien plus certaine encore, c'est l'usage gaulois, si constant dans tous les ateliers, d'y incinérer les morts.

Deux excavations funéraires, de ceo de large sur 0*70 de profondeur, contenaient des restes humains, des poteries, une panse d'amphore recouverte d'une couche de terre, une dent, deux médailles gauloises dans un goulot plein de cendres.

La fouille, continuée sous l'aire dans le remblai du ravin donna des objets de même nature et de même .date, perdus dans un terreau carbonisé, cinq médailles gauloises trouvées au fond, dans le sable, un annelet, un clou de bronze à tète striée, une fibule ronde en fer, des os, des ferrailles, des fonds de vases. Au milieu de ces débris figurait un ouvrage de bronze bien conservé et d'une forme singulière, un des rares produits de l'art local qui représentent des êtres animés. C'est un petit cygne, dont le plumage est figuré par des stries très fines, tracées peut-être pour l'émailleur. Il surmonte un appendice aussi de bronze, destiné à le fixer dans un support en bois, dont quelques fibres étaient encore adhérentes au moment de la trouvaille.

L'atelier n"" U n'était, comme il a été dit, qu'un prolongement du précédent, avec .lequel il présentait une complète analogie, tant par son mode de construction que par son outillage et par les objets fabriqués : annelets de diverses dimensions, boule de vermillon, grains d*ambre et de colliers en verroterie bleue à cercles jaunes, galets pour pendeloques.

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fibnles de fer, plomb, plaques de bronze, neuf médailles gauloises. Une des pierres à aiguiser portait Tempreinte de dix rainures étroites, creusées par le frottement des burins ou autres instruments aigus; mais la plus caractéristique était un grés à creux ronds, de même module que les têtes de clous de bronze ouyragées, si communes au BeuTray, dont il sera question à Tatelier de l'émailleur. On retira encore des ruines divers ustensiles propres à l'industrie : un trépied, de 0"'15 de diamètre, destiné à maintenir en équilibre sur le cbaiton un creuset durant la fonte du métal, deux couteaux et une longue tige de fer terminée par une espèce de lancette, imitant une flamme de Tétérinaire, dont plusieurs spécimens ont été trouvés dans d'autres forges. Nous ne hasardons rien sur la destination de ce dernier instrument qui peut se rattacher aussi bien à l'art du potier qu'à l'exercice de la chirurgie.

L'atelier n^ 15 à peu près carré (5*97 sur 5*° 72) et enfoui à 4 "^75 sous le gazon ^ se composait de deux pièces, l'une avec trois murs en pierre et une façade en pisé, garnie de quatre trous de poutres ; Tautre, à l'est, dont il ne reste qu'une muraille séparée du n"" 11 par une bande de terre de 4 " 40, sur laquelle existait une sortie. Le petit nombre d'objets qu'il a fournis, un gros ciseau à couper le fer, un anneau de même métal, un polissoir, des scories, de la castine, un annelet de bronze et un gros galet jaune, se rapportaient comme tous ceux du voisinage à la métallurgie ; trois médailles gauloises furent recueillies dans une tranchée adjacente.

Cette répétition des mêmes découvertes, cette nomenclature d'objets pareils dans des constructions uniformes, parait fastidieuse et peut-être inutile; nous les enregistrons cependant avec intention. Ensevelies à la fin de chaque campagne sous le remblai, pour rendre le sol aux exploitants, les habitations de Bibracte ne laisseront d'autre souvenir que celui qui est

1. Hauteur du mur de l'ouest, 1"35; mur du nord, 1* à 0*70, aTeoécarrie en taille; mur du midi, 1">35, amortissement à 0*40.

consigné dans les procès-yerbaux et les plans des fonilles, c est ponrqnoi nons tenons à noter, à cataloguer, maison par maison, tons les détails qni permettent de restituer lenr physionomie et lenr destination. En retrouvant les cotes de profondeur des aires, la hauteur de chaque mur, les indices de rindustrie qui s'exerçait dans chacune d'elles, quiconque voudra suivre sur le plan les n"** de ces ateliers souterrains fera revivre Foppidum dans une réalité monotone sans doute, comme ses ruines, mais vraie dans ses moindres accidents. Ce but nous servira d'excuse.

RaTin.

Une des questions les plus difficiles à résoudre an milieu des inégalités de niveau et de Tenchevètrement des maisons, est le dégagement des eaux pluviales. Les égonts de la lisière inférieure d'habitations avaient un libre écoulement sur la pente du terrain ; ceux qui tombaient des baraques, et surtout des ateliers du gradin intermédiaire, étaient interceptés à chaque pas. Une partie, il est vrai, pouvait être primitivement déversée dans un ravin orienté de l'ouest à l'est perpendiculairement au cours du ruisseau de la Corne-Chaudron; mais ce ravin ayant été comblé depuis et couvert de constructions, la difficulté se retrouve en entier. Les égouts de c^s vastes toitures devaient être attirés par des excavations creusées à un et deux mètres au-dessous du sol, en l'absence des moyens habituels de dérivation, chenaux ou conduits souterrains. Quels pouvaient être les procédés employés dans ce cas par les Gaulois? On voit encore dans le Horvan des troncs d'arbres creusés en forme de gouttières et placés sur le sol même, derrière certaines maisons ; l'abondance des bois permet de supposer au Beuvray quelque coutume de ce genre. Le nombre des conduits souterrains est trop restreint pour en généraliser l'usage, et les dimensions de ceux qui ont été reconnus sont trop faibles, d'ailleurs, pour l'assainissement. Ils aboutissent presque constamment à

des forges, et, sans rieo préciser sur leur destinalion, force est de reconnaître que Fédilité des oppidums, s'il en existait nne, ne s'inquiétait gaére, an moins dans ce quartier, de l'insalubrité des logements. La comparaison de ces habitations avec celles du Morvan, enfouies à la manière gauloise, fournit seule une explication probable. Les unes sont entourées d'un étroit fossé, appelé tour de curée, qui recueille et détourne les eaux du toit, d'autres d'un bourrelet de terre appliqué aux murs pour repousser au large les mômes eaux. Ce dernier système devait être le plus usité à Bibracte, où la rareté des fossés auprès des habitations doit les faire considérer comme un moyen exceptionnel d'écoulement.

Le rafin cité plus haut prenait naissance entre les n^" 45 et 17, traTcrsait le plan incliné occupé par les ateliers et se terminait par une chute au bas de la vallée. Quoique les bouleversements et les ruines qui l'ont obstrué aient modifié son état primitif, le sable amassé par couches épaisses dans des creux disposés en cascade, comme il s'en forme à chaque obstacle sur le cours des torrents, indiquait l'ancien passage d'eau. Sur les deux flancs, de nombreux trous de poutres prouvaient d'une manière non moins certaine l'existence de diverses constructions d'une date inconnue. La profondeur moyenne du ravin, croissant avec la pente, varie de 2 à 3 mètres ; sa largeur, à la surface du terrain, est de 2 mètres à 3"" 40, sa longueur de 46 mètres jusqu'à la dernière limite de l'exploration, ou le remblai ne fournissait plus trace d'objets ouvrés. Son orifice, entre deux grosses pierres encore scellées dans le sol derrière les baraques contiguës à la voie, est à O'^SO seulement au-dessous de leur jiiveau. Il donne naissance à un canal qu'on croirait creusé de main d'homme, surtout à la partie inférieure du ravin, dans une couche de terre jaune, semblable à celle qui enveloppait ordinairement les conduits de bois découverts sur différents points. Dans l'exploration de ce canal, opérée tantôt par des tranchées en travers, tantôt par un déblai continu, apparaissaient un à un mille débris rappelant

les mœars des popuiatloos établies autrefois sar ses bords» depuis le bois et môme les félns de paille de leurs demeures jusqu'à leurs outils et leurs parures» des lingots de bronze, des verroteries, des restes de fibules, une aiguille de bronze engagée dans une scorie de fer, des tôtes de clous de bronze striées, et la première coque d'émail trouvée au Beuvray. Une autre découverte, faite aussi pour la première fois, fut celle d'un petit couteau de bronze, intact, percé au manche de deux rivets, le seul instrument tranchant en bronze que les fouilles eussent produit jusqu'à ce jour. Cette rareté est l'indice qu'à l'époque de la création de Bibracte, les Éduens, assez civilisés pour être largement en possession de l'industrie du fer, à un moment où d'autres peuplades gauloises faisaient encore usage d'armes et d'outils de bronze, devaient à leurs alliances sans doute cette supériorité.

En présence des frais trop considérables nécessités par l'enlèvement des terres du ravin, il fallut renoncer à dégager entièrement cette mine de résidus archéologiques, où tous les échantillons de la fabrication gauloise, tous les objets domestiques, se trouvaient réunis pêle-mêle, et dans laquelle on recueillit en dernier lieu des annelets, des débris de miroirs, le manche d*un second couteau de bronze, un coutelas de fer, une pierre à aiguiser en bois pétrifié, divers outils entraînés par les eaux ou égarés dans les remblais. L'aspect du ravin, avec sa couche de ruines épaisse de 3 mètres dans laquelle des poutres entières, garnies de ferrures oxydées étaient carbonisées au milieu de pisés rougis au vif par le feu, laissait supposer un véritable désastre plutôt qu'un incendie ordinaire de maisons. Le terrain noir qui l'obstruait était fusé comme de la cendre sur toute la longueur, et n'offrait de similitude qu'avec le monceau noirâtre qui, à la destruction des tours de bois de la porte de l'oppidum, avait comblé les fossés adjacents.

Si les coàstructions écroulées avaient occupé exclusivement les bords du ravin, peut-être pourrait-on admettre que les

rel6QQ68 d'^ en forme de bassios, disposées sor sob parcoars, ayaieot été utilisées pour les besoins d'one forge; mais le boalerersement do sol a été si complet qu'il j aurait témérité à rien supposer. Le seul fait certain est qu'il fut comblé a?ec des ruines, soit que les établissements incendiés Taient rempli dans leur chute, soit que leurs décombres aient été jetés, dans un ni?ellement postérieur, au-dessus des sables du fond. La couche de charbon, épaisse de 0"60 à 1 "10, ne renfermait que des restes métallurgiques : 430 culots de scories de fer, des débris nombreux de castine, d'enduits réfractaires, des batures de bronze, une tuyère percée dans une grande brique.

La date de la ruine, que ?ingt médailles gauloises placent arant l'ère chrétienne, ne diffère pas de celle des autres éta* blissements. Elle ne fut qu'un des épisodes de la destruction qui enreloppa tout ce quartier depuis la porte de l'oppidum jusqu'au sommet de la vallée de la Come-Chaudron, où la continuation des fouilles dans la direction du sud apprendra plus tard si l'incendie, accidentel ou non, s'arrêta d'une part à l'entrée du plateau occupé depuis par le couvent, et si, de l'autre, il fut coupé par la vallée de Y Écluse.

A la suite de ce désastre, de nouvelles constructions remplacèrent promptement les anciennes-) la dernière aire habitée est à plus d'un mètre au-dessus des premières ruines. Serrée entre les n"" 45 et 47, sur un espacement de 3 "40 seulement de lai^e, elle indique moins une maison qu'une sorte de couloir de 40*50 de long, conduisant aux hangars des n"** 42 et 43, bâtis à 3*20 au-desçus du fond du ravin.

Les établissements de la rive méridionale de ce ravin conservent la même physionomie avec le même mélange de constructions en bois, en pierre, en pisé, la même irrégularité, un sol plus remué, quelquefois un enfouissement plus profond. Les industries, tout en^ restant les mêmes, donnent des produits plus voisins de l'art : l'émail, la dorure, la taille des pierres fines même. De grands creux cinéraires remplis d'amphores

près des maisons, des puits maçooDés pour Teau on creusés dans le luf pour y déposer les morts acceutneot les traces d*uoe population dont Tiodividualité s'accroit, qui arrivait à l'aisance, à la richesse peut-être, par le commerce et qui constituait dans Toppidum une classe intermédiaire entre les colons et les nobles, en s'éle?ant par Tintelligence et le travail. Elle possède des poteries artistiques, quelques objets de lue; récriture lui est familière, puisqu'elle inscrit à la main, sur ses vases domestiques, des noms propres. On entrevoit dans la société gauloise un élément nouveau sur lequel l'histoire est muette, parce qu'il était confiné en dehors de la vie politique dans des oppidums distants les uns des autres, mais trop peu nombreux et trop peu unis pour peser dans les destinées du pays. Quelque peu marqués que soient ces premiers traits de la population industrielle, quelque réserve qu'impose leur appréciation, ils méritent d'être notés en attendant de la suite des fouilles de plus complètes solutions.

Reprenons la nomenclature des habitations fouillées, bien qu'il devienne difBcile, nous le regrettons, de s'en rendre compte sans recourir à un plan dont la publication n'est pas possible actuellement. La multiplicité des appartements, leur position respective, ne peuvent être clairement indiquées sans faire usage de numéros et de lettres indicatives, nécessité fâcheuse pour le récit, indispensable pour la précisiub. Hais puisque l'état des ruines permet de donner la description exacte, mathématique de l'oppidum, nous continuerons de l'étudier pas à pas, maison par maison, en signalant les découvertes dans Tordre où elles se sont présentées.

Le n"" 47, séparé du n^ 44 par une langue de terre de 4 mètre, bordait au midi le ravin. C'était un grand établissement composé de trois .pièces : une en maçonnerie B, de 40"" 40 sur 5*80, qui occupe le centre avec façade en pisé; la seconde, C, de 6°" 20 sur 5"" 88, située au midi de la première; la troisième A, de 6 mètres sur 4" 70, est en retraite de moitié sur les précédentes, par suite d'une de

ces irrégularités capricienses qai défigurent les maisons gauloises. ^

L'aire de cet atelier, en béton de terre» et à 2 ""40 sous le gazon» était recouYerte d*une énorme couche de charbon mélangée de scories, appartenant à deux fourneaux creusés dans le sol, qui communiquaient par un conduit en bois de O'^OS de diamètre, dont l'empreinte était conservée sous le carrelage. L'un d'eux renfermait plusieurs anneaux de fer et, tout à l'entour, une masse de culots scorifiés, des restes nombreux de bronze oxydé, huit à dix dents de cheval, du plomb, un fragment de métal plaqué, deux fibules de bronze, des creusets, une meule, un anneau de bronze pris dans une scorie de fer, un poids quadrangulaire en fer, deux clefs de fer à cou de cygne et de la forme la plus bizarre, terminées par un anneau d'une part, et de l'autre par des grifies, un gros coin et une énorme clef à manche brisé, treize médailles gauloises et deux marseillaises, étaient dispersés pôle -mêle dans les restes incendiés.

Parmi les poteries fines, noires presque toutes, mais remarquables par la fraîcheur de leur enduit et par des ornements divers, on doit signaler un couvercle à feuilles de fougère gravées en creux, semblable à celui d'un beau vase noir trouvé en 4867 dans une sépulture du Champlain. La pièce d*habitation A, située au nord de l'atelier central, renfermait de menus objets, un débris de miroir, un autre de bracelet, une agrafe, témoins modestes de quelque recherche dans la vie privée de certaines familles industrielles.

Le dernier appartement ^ était séparé par un mur en maçonnerie, mais les autres clôtures consistaient en planches clouées à des poteaux, que le soin minutieux apporté au déblai

!• Mur nord, !"iO de hauteur; ouest, 1*45, avec un empattement de 0*07 de large ; est, S^dO, ayec angle en pierre de taille. Dans la pièce B, l'empattement a 0"30 de haut et 0*10 de large.

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