Indication due à M. G. de Mortillet
pOQtre posée sur no rang de gros moellons et presque intacte serrait de seuil entre eux en môme temps que de base anx poteanx d'une cloison. Les moindres particularités du plan mises à nu par le déblai, les trous de poutres profonds et pleins encore de charbon permettaient de restituer la physionomie primitive de la maison, les phases de sa destruction et de la restauration qui suivit.
Il résulte de ces bouleversements un enchevêtrement de murs et de clôtures dont Tâge échappe à une appréciation fixe, relativement parlant; mais on peut afiBrmer, du moins, que les deux principaux incendies dont on reconnaît les traces furent très voisins Tun de l'autre. Les restaurations signalées ne changent donc rien, en dernier résultat, aux dates acquises jusqu'à ce jour. La case d'un doreur ^, dont il va être question, figurait parmi les remaniements du premier établissement.
Elle était posée, en effet, entre les anciennes cloisons de bois du troisième compartiment de l'orfèvre, dans des conditions qui excluent toute confusion. Celte petite case en pierres n'avait que 3" 15 de côté. Dans les matériaux de ses quatre murs, pleins et hauts de plus de 2 mètres, des fonds d'amphores et des débris de tuiles étaient mêlés avec le moellon et le mortier de terre ; le mur oriental tout entier n'est même bâti qu'en tuileaux et gravats sans moellon.
Au milieu, et sous un monceau de ruines, on voyait dans l'aire un fourneau revêtu de pierres calcinées et de terre réfractaire, semblable à celui de la première pièce ; il renfermait comme lui des résidus de fer et de bronze, et quelques objets ouvrés, parmi lesquels une belle fibule plaquée d'une feuille d'or, qui autorisa à donner au compartiment le nom du Doreur. On y remarque toutefois une particularité étrange, car il est avéré, d'après la hauteur des murs et l'absence de porte et de fenêtre, que l'ouvrier descendait dans son étroit atelier par une échelle, et ne recevait de jour, sans doute, que par
i. Noos désignons ainsi la case GG, 19 du plan.
nne de ces lucarnes rondes, sans châssis» que Ton trouve ménagées aujourd'hui encore dans les toits en paille du Horyan.
Le mystère qui entourait ainsi certaines fabrications fait supposer que l'industrie gauloise avait ses secrets de métier cachés soigneusement au vulgaire et aux étrangers. II explique comment les procédés de l'émaillerie furent pratiqués dans la Gaule durant plusieurs siècles en restant inconnus aux Romains; il donne la clef des légendes relatives à la métallurgie.
L'habileté de Torfévre, qui transformait la matière et créait pour la foule curieuse et ignorante ces bijoux convoités, lui donnait, dans l'esprit de ses naïfs clients, les proportions d'un être surnaturel. Lorsqu'il sortait de son antre, tenant en main le collier étincelant de verroteries- ou la fibule émaillée du chef, le vulgaire l'asshnilait à ces nains forgerons, hôtes de cavernes mystérieuses, qui mêlaient dans leurs merveilleux travaux les pierreries aux métaux précieux. L'aspect bizarre des constructions dans lesquelles s'exerçait l'orfèvrerie gauloise ne laissat-il pas chez les' générations suivantes un souvenir dont l'imagination s'empara? Elles avaient vu, par exemple, l'atelier de ce riche fabricant du plus grand oppidum de la Gaule, qui comprenait sept à huit pièces ^ n'être qu'un assemblage de masures en bois ; quelques assises en pierres, et encore sont* elles de la dernière période de l'autonomie gauloise, s'y mêler çà et là aux pisés de caves obscures, où l'éclat du charbon incandescent fournissait la meilleure part de l'éclairage. Les souvenirs qui survécurent à cet état de choses étaient bien de nature à impressionner les colons gallo-romains^ qui avaient sous les yeux le contraste des villes luxueuses et monumentales élevées par les conquérants.
La case du Doreur, bâtie précipitamment et en mauvaise maçonnerie à un seul parement du côté de l'ouest, était implantée au milieu d'une construction en bois plus ancienne.
1. Les cases Toisioes ne semblent que des annexes où Ton façonnait les mêmes produits.
qui De fut pas relevée après la première catastrophe ^, comme il a été dit, et qui dépassait au sod* de 2*° 50, le nouvel appartement. Elle avait trois poteaux sur chaque face, et dans la partie délaissée on trouva un vase et douze médailles gauloises, avec des objets d'orfèvrerie, débris d'émaux, fibules, clous de bronze striés, anneaux et annelets, disques troués en terre cuite. Toute la surface de terrain comprise entre le n^ 46 et le n"" 20 inclusivement semblait avoir appartenu à un groupe unique constituant rétablissement de l'orfèvre, reconnaissable à la parenté évidente des résidus manufacturés. A l'est du mur en tuileaux de la case du Doreur, deux autres pièces étaient disposées en gradins sur la déclivité. La première, bâtie aussi en pierres et enfouie à 2*50 sous le gazon \ était coupée de Test à l'ouest, près du mur nord, par une fosse rectangulaire de 2 "80 de long sur O'^QO de large, entourée de murs en forme de sièges sur ses quatre faces, pour faciliter le travail, comme dans certaines forges arabes. A l'angle nord- ouest de la pièce suivante ^, consacrée, parait*ii, à la fusion de certains métaux, un creuset en pierre très dure, taillé en forme de coquille, de O^'SO de diamètre et de 0°'08 de profondeur, avec des rainures pour la coulée, était fixé au ras du sol.
Les trois chambres adjacentes dont il vient d'être question présentent Télernel problème des maisons gauloises, l'absence de communications entre elles et d'éclairage, excepté toutefois la dernière ^, qui pouvait s'ouvrir à l'est. L'agencement des toitures inégales en hauteur, comme les appartements en niveau, devait offrir à l'œil des pignons en gradins proportionnés aux ressauts des aires et des paliers successifs, peu favorables au dégagement des eaux, sauf du côté du mur, le long duquel il existait un tronçon de conduit à pierres perdues de O^TO de largeur.