‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 69 sur 134 · César, Bill. Gall., Vf · texte numérisé non relu

César, Bill. Gall., Vf

laquelle il appartenaiti en y laissant un vide régulier en forme de spirale. L'oruemeDlalioD des grains la plus fréquente consiste en petits cercles imitant la prunelle de Toeil, en gouttelettes bleues sur fond blanc jetées sur des grains à facettes, souTent du plus bel émail et inTariablement troués, quelquefois en points jaunes semés alternatiTement en bas et en haut d'une torsade sur des cubes dont on retrouve le modèle chez les Égyptiens et jusqu'à l'époque méroTingienne. D'autres pièces, plus surprenantes, supposent un outillage d'une rare perfection, puisqu'elles semblent indiquer la taille du verre. Tel est un bracelet en verre bleu à arêtes vives, qui ne peut être le produit direct de la fusion. Enfin un menu débris de coupe orné de volutes jaunes noyées dans un fond vert du ton le plus riche donne la preuve que les fabrications émérites attribuées à tort aux peuples modernes étaient connues, non-seulement des peuples civilisés, mais probablement des Gaulois. La découverte de Témaillerie, qui appartient en propre à ces derniers, nécessita des tâtonnements qui durent déterminer dans l'art de la verrerie divers progrès ; elle démontre, dans tous les cas, que cette branche si délicate était cultivée par eux, puisqu'elle précéda forcément l'émaillerie dont elle était le point de départ et dont ils n'eussent pas conservé le monopole durant plusieurs siècles s'ils n'eussent su fabriquer eux-mêmes leurs préparations. Aussi l'art de l'orfèvre se combinait-il chaque jour avec celui du verrier. On a trouvé, par exemple, une fibule ronde en bronze, à champ plein, avec un grain de verre bleu enchâssé sur un pédoncule qui en occupe le centre. Les grains de verroterie passés dans un fil sont nombreux, mais ceux qui simulaient des pierreries dans une sertissure sont beaucoup plus rares et séparés presque toujours du métal de leur fragile enveloppe. La fibule en question, remarquable par sa simplicité et la délicatesse de son exécntion, forme un petit disque de O'^OSS de diamètre, orné de deux groupes de cercles concentriques séparés par une zone creuse. La perle bleue figure une fleur dans sa corolle.

Une fibnle de môme genre a?ait été troa?ée eo 4867 dans qq vase fanéraîre, avec cette différence que le pédoncule, double de longueur, arait 0*02. Ce genre de décoration, familier aux orféfres gaulois, offre cette particularité d'être resté, au moyen âge, usité en Ecosse, où les pierreries des bijoux étaient serties sur des supports saillants, identiques à ceux de Bibracte. Tel était un bijou célèbre en Angleterre, la broche de Lom, prise à la bataille de Brandir sur Robert Bruce dont elle attachait le plaid. D'autres modèles de fibules gauloises circulaires sont de même en usage chez les paysans écossais, soit que l'esprit de tradition ait consenré parmi les insulaires d'anciennes formes artistiques communes autrefois aux Celtes du continent, ou que le môme génie ait enfanté les mômes conceptions. On rencontre môme dans l'orfèvrerie nationale de cette contrée des broches en or ou argent qui ont conservé dans sa pureté la forme du torques gaulois.

Toutes les habitations voisines du n^ 48 renfermaient aussi des traces d'émaillerie, sans qu'il soit possible de déterminer si ces maisonnettes étaient le siège d'une industrie individuelle ou les cases séparées d'un grand établissement. Il faudrait admettre, dans la première hypothèse, que les habitants des loges éloignées de la voie, sans autre accès que des sentiers, occupaient pour les foires, au bord du chemin et sous les yeux des passants, un espace proportionné k l'importance de leur commerce dans les baraques qui bordaient la rue dès l'entrée de l'oppidum.

Au midi de la maison de l'orfèvre, le sol d*une petite loge de 3" 50 de côté ^, encaissée à l'ouest, contenait de nombreux restes de coques émaillées semblables à celles du n* 48. Ces débris, en premier lieu, avaient échappé à l'œil. Brisés en parcelles microscopiques et perdus dans le sol ou ils avaient été foulés, leur récolte est due à la patience et à la ténacité des ouvriers du Morvan qui, une fois renseignés, ont égrené entre

Page 1