‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 71 sur 134 · N« ce, 20 B du plan · texte numérisé non relu

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été préparée poar être émailiée. L'élendue anormale de cet atelier permet de supposer que certaines industries atteignaient à Bibracte, relatirement pariant, un déreloppement considérable qui ne s'explique point par les besoins de la population fixe. Ces fabrications trouyaient donc leur écoulement, comme on Ta toujours supposé, tant aux foires qu'aux réunions politiques dont Foppidum était le centre le plus habituel. L*émaillerie surtout, branche de commerce toute spéciale, ne pouvait être montée à une pareille échelle que sur un point commercial de premier ordr^, où des produits aussi nombreux pour une classe limitée d'acheteurs fussent restés pour compte sans des moyens de Tente exceptionnels.

La découf erte des émaux gaulois du Beurray offre d'autant plus d'intérêt qu'elle touche à des questions encore pendantes et que la date précise de Tapplication de Témaillerie à l'orféf rerie est discutée. Les échantillons de Bibracte comblent une lacune en fournissant, pour la Gaule centrale du moins, un de ces points de repère fixes qu'a yainement cherchés dans les musées de l'Europe l'auteur éminent de la Notice sur le$ émaux du Louvre. H. de Laborde ne reconnaît dans aucun produit de Torfévreriè égyptienne, phénicienne, grecque ou étrusque, l'application de l'émaillerie proprement dite. Ces peuples si a?ancés dans les arts et surtout dans celui de la Titrerie ont su fixer ou cloisonner à froid des pâtes vitreuses sur le métal, sans avoir su y incorporer par la fusion le cristal pulvérisé avec les compositions chimiques qui lui donnent l'adhérence et une inaltérable coloration.

Pline, qui a transmis de si curieux renseignements sur l'industrie gauloise, se tait sur rémaillerie. Philostrale la mentionne pour la première fois, dans un passage fréquemment cité, au commencement du troisième siècle, et il a été impossible jusqu'à nous d'attribuer une date précise à aucun produit émaillé antérieurement à cette époque, bien qu'un nombre plus ou moins considérable d'entre eux soient reconnus comme plus anciens. L'écrivain grec, en mentionnant les procédés de

cette ÎDdustrie et en anDooçaDtclairemeût qu'elle était incooDiie des peuples ciyilisés de TancieD monde, a laissé dans le vague le lieu précis de sa naissance : t Les barbares sur l'Océan étendent, dit-on, des couleurs sur Tairain ardent; elles y adhérent, détiennent aussi dures que la pierre, et le dessin qu'elles figurent s'y conserve ^. » L'expression tur V Océan désignait- elle les Bretons insulaires, les Belges, les Gaulois des côtes de l'ouest? L'auteur s'abstient et se retranche derrière un « on dit », qui prouve que Témaillerie alors était inconnue à Rome ainsi que ses inventeurs. Des échantillons dont le nombre s'accroît appartiennent à la Grande-Bretagne. Lès tumulus de Tlrlande, les rivières de l'Angleterre et de l'Ecosse ont fourni des fibules et des plaques émaillées antérieures à la conquête romaine, qu'on a vues dans les galeries de YHùtoire du travail, des mors de bride, des ornements de harnais de chevaux attribués au premier âge du fer > dans ces pays. Les musées de Belgique offrent de même d'importants spécimens ; le collier trouvé en 1838 à Marsal (Heurthe) indique l'existence del'émaillerie dans le Nord-, mais les dates certaines manquent,^ quelles que soient d'ailleurs les présomptions d'antiquité de ces pièces remarquables. Les émaux de Bibracte prouvent d'abord que l'industrie qui les a produits était répandue au centre de la Gaule aussi bien que dans le Nord ; ils fournissent ensuite une de ces dates certaines si vainement cherchées ailleurs. L'émaillerie y était pratiquée à l'arrivée des Romains. Cette invention des barbares n'était, après tout, pas plus étrange que celle de l'étamage et du placage des métaux par les Arvernes et les Eduens ^. Ces diverses découvertes avaient entre elles une affinité qui suppose chez eux le génie perspicace

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