Fodéré, Bût. de VorérB d$ saint Franfottf
tessoDS ayaient conservé la terminaison répétée d'un nom, lOC sur Ton et oG seulement snr Fantre, avec le petit caractère gaolois 0 en forme d'annelet, accolé à nn grand C ; on troisième firagment la lettre grecque Y. Le goulot d'une amphore portait l'estampille ENAE; un second les initiales A C; un troisième le nom acIRO dont la brisure avait enlevé sans doute l'initiale S, et dont les premières lettres sont en caractères moitié moins grands que les trois derniers. Ce potier paraît être le même que le SACIRO inscrit plusieurs fois à Autun sur de grandes jattes et sur des poteries samiennes. On doit dès lors le considérer comme ayant vécu au plus tard sous Auguste, si son identité avec son homonyme du Beuvray est admise. Les autres fragments offraient des échantillons très nombreux de décoration gauloise, des pointillés disposés en lignes symétriques, des croissants en creux distribués sur la surface, des dessins en damier formés par l'opposition de parties polies et rugueuses ; deux, peints à longues raies noires sur fond blanc et bandes rouges sur couverte blanche. Trois ou quatre pièces, une couloire pour passer le lait, en terre grossière, ornée de rayures circulaires, une petite assiette à pied, en terre grise fine, une grande écuelle micacée, une coquelle à trois pieds enduite aussi de mica, étaient seules susceptibles d'une restitution.
Quoique les objets de métal trouvés dans cette maison n'eussent isolément aucune valeur, leur variété mérite toutefois une mention : c'était un morceau de miroir gravé au revers et arrondi comme une médaille, un clou à coque de bronze demi-sphérique, mince comme ceux des tapissiers et rempli d'une pâte blanche, l'extrémité d'une anse en bronze terminée en bec de canard , une boucle , deux annelets, une épingle de fibule, quatre fibules en fer à ressort, une hachette, un gond et une longue clef torse, en même métal, terminée d'un bout par trois dents, et de l'autre par un anneau.
A la suite du n"" 66 s'étend, an sud, un nouvel espace vide
de 16"'40, sur lequel Tamorce d'an mur déjà citée indiquait qd prolongement de eonstraction.
La disposition du n* 57 pins large qne long, 11*97 en cenyre snr 6*60, est l'inverse dn précédent, qni a 1 4* en long sur 8. Cette maison avait nn auvent de l'^IS de large dont un trou de poutre marquait la limite dans le mur méridional qui se prolonge jusqu'à, la jonction de celui classé sous le n* 58. Derrière Tauvent, le logis est enfoui profondément. Les murs en très bon appareil et épais de 0"60 sont fondés à 8*20, à l'ouest ou ils soutiennent les terres, et ont encore 1*80 de haut; celui du sud est renforcé de deux empâtements successifs de 0*30 de large. À l'angle sud-est, un mur distant de 1 *1 5 du pignon se prolonge parallèlement, dans riutérieur de la pièce, sur 3*30, après quoi il disparait. Ou aurait pu y voir un couloir s'il existait trace de porte à l'une ou l'autre extrémité, mais les deux murs sont pleins. Le foyer occupait le fond de ce réduit, dans lequel étaient entassés, avec des charbons, une certaine quantité de tuileaux échancrés pour former une de ces petites cheminées demi-cylindriques dont il reste plusieurs types au Beuvray. Au milieu d'eux se trouvaient deux morceaux de granit taillés en quart de cercle, ainsi que des colonnes en brique, un gros morceau de terre réfractaire calcinée, ceux d'un réchaud en terre avec bourrelets saillants sur le bord pour recevoir le vase superposé sans interrompre la circulation de l'air nécessaire à la combustion. Une habitation avait précédé celle que nous décrivons, car le carrelage recouvrait un remblai de charbon renfermant des tessons de toute sorte, parmi lesquels plusieurs d'un caractère artistique, revêtus de couleurs. On recueillit encore sur ces déblais, après une pluie, un petit anneau de fer très oxydé, dont le chaton était une pierre gravée sur laquelle un personnage de haute taille semble infliger une correction à un enfant, et trois médailles gauloises donnant les mêmes dates que dans le voisinage.
À partir du n* 67, les habitations jusqu'au n"" 60, c'est-à-dire sur 70 mètres, changent entièrement de physionoinie. Elles
sont toutes reliées entre elles par des mars de terrasse au de clôture» à l'exception do n"" 61 qui paraît isolé k on étage supérieur derrière le n"" 69. Ces murs de soutènement, à un seul parement et adossés aux terres, sont parfaitement construits, renforcés par des empâtements et tracés obliquement dans le talus de la montagne ; ils se rapprochent en zigzag de la source de la Come-Cbaudron.
Le n^ 68 est un de ces murs coupés dans le tuf, long de SI"", rasé à 1'^6 de hauteur, au niTeau du sol, avec un empâtement variant de 0''1 0 à 0''60 de haut. On trouva, en le suivant, deux médailles gauloises en potin et en argent.
L'intérêt de cette région se concentrait sur la maison n^ 69 dont l'excellente conservation et la distribution complète offraient, au moment de la découverte, un aspect particulier, avec ses petits appartements, ses clôtures régulières, sa situa* lion à l'ombre, près de la source. Tout en se reliant au voisinage par les grands murs de terrasse, elle se projetait en avant, creusée à pic dans les pentes et dissimulée par la hauteur des terres. C'est une simple maisonnette au fond d'une cour de 36™ sur 13, isolée entièrement du bruit et du mouvement par sa dépression et son enceinte de murs. La construction en était des plus soignées, les angles, les seuils des portes, les bases des pieds-droits en pierre de taille occupaient le lit de pose et semblaient abandonnés de la veille par des fugitifs. Adossée, à trois mètres sous le gazon au mur de soutènement haut de 8"'60, elle se compose de deux pièces, sans communication entre elles, ayant chacune une porte adjacente au mur de refend. Celle de droite, D, la plus petite, a 3*70 de long sur 3''60 en œuvre, avec une porte de O^'OO, mais elle se rétrécit à la façade qui n'a que 3"i0. Celle de gauche, B, au contraire, a 7''66 au fond, et 8"" à la façade en œuvre.
A gauche du seuil de cette dernière était enfoui un bloc de pierre calcaire taillé, qui semblerait se rapporter au paganisme romain. C'est une espèce de petit autel avec des moulures grossières à la base, haut de 0°'36, plus large dans un
sens que dans Taotre, 0"SS sur 0*16; il paraît aroir été retaillé, car qq de ses côtés est oui et comme poli, tandis que l'antre est simplement piqné à la pointe et grossièrement débmti. Ce qni le caractérise est nne petite excayation ronde de 0^8 de diamètre snr 0"035 de profondenr» semblable à celles qui sont creusées sur bon nombre d'autels yotifs de même nature ^. U est le seul objet de ce genre qu'on ait trouTé jusqu'à ce jour au Beuyray où les images et ustensiles du paganisme latin font entièrement défaut partout ailleurs qu'au temple. A 0"65 du mur de façade de la même pièce et près de la porte, dans le carrelage en cailloutis et terre battue de 0*45 d'épaisseur, étaient creusés trois trous ronds de 0*10 de diamètre et de 0*45 de profondeur, rapprochés de 0*60 à 0*90 les uns des autres, auprès desquels on trouya deux médailles gauloises. Tous ttois renfermaient du charbon et semblaient ayoir été pratiqués par l'introduction d'un rondin dans le carrelage à l'état frais. Le premier était reconyert d'un morceau d'amphore, le second d'une dalle de pierre calcaire carrée de 0*39 de côté, qui aurait bien pu ayoir senri de base au petit autel en même pierre, le troisième ayait pour couyerde une dalle ronde de même calcaire, de 0''35 de diamètre. On recueillit en tout six médailles gauloises dans la maison, nne meule à trois pieds, quelques débris de poterie fine, peu de métal, et un fragment d'une grosse écuelle en terre noire et commune portant le grafBite ITcii.
Le mur oriental de la cour du n^ 59 n'est conseryé que sur 1 5*70 de long, le surplus, affleurant au sol, a été détruit.
Le n* 60 est attenant à la cour du n^ 69, mais un peu en arrière; il a 10*20 de large sur 5*58. Cette maison dont la façade était fondée partie sur le rocher coupé par de» excayatiens, et partie sur maçonnerie, était aussi enfouie profondément (2*40 sons le gazon) ; ses murs à l'arrière ont encore
I. Nous potsédoos an petit aatel en pierre semblable dont l'excATation a lei mémee dimenaiooi.
sriO et QQ seul parement. Deux côtés, entre lesquels on a trouYé denx médailles gauloises et nne poterie noire converte entièrement de graynres tracées an grattoir qui imitent la feuille de fougère, sont seuls conservés ; le mur de façade et celui du nord ont disparu. A 2"^ en ayant du premier, une excavation du rocher renfermait six médailles gauloises et un fragment d'un grand coutelas.
A droite du n"^ 60 et derrière le n"" 59, le n* 61 domine Tex-* cavation dans laquelle s'abrite celui-ci dont il n'est séparé que par une bande de terre de 4". C'est une lai^e pièce rectangulaire de 14" sur un peu moins de 6, ayant perdu sa façade à l'est, à chaque extrémité de laquelle on a retrouvé un trou de poteau carbonisé ; les trois autres côtés étaient en maçonnerie. Auprès ou au dedans, on réunit trois médailles gauloises, un anneau cassé, et des poteries dont un fragment se recommande par une décoration exceptionnelle. Elle consiste en un fragment d'un grand vase en terre noire fine, ornementé d'une façon aussi simple qu'originale. Le bas de ce vase était entouré d'une large couronne de traits profonds en forme de feuilles de fougères, de laquelle partaient des rayons comme ceux d'une étoile de 0*10 de longueur sur 0^06 à la base, et formés pareillement de quatre bandes verticales de traits semblables aux premiers, mais disposés en sens inverse.
Au bas de l'espace de 9*30 qui sépare les n"^ 60 et 62, le rpcber est coupé par une espèce de ravin dans lequel les eaux peu^ètre ont entraîné de nombreux tessons, si les habitants eux-mêmes n'y ont pas jeté leur vaisselle hors d'usage. Sur deux de ces débris figuraient les noms estampillés LETI et C. CISP que l'on doit classer comme antérieurs à l'empire romain, ou du moins contemporains de son début, et un graffite MAT. On ramassa en même temps un cuboîde d'émaU rouge, un annelet, deux rondelles de plomb dont l'une percée.
La dernière maison fouillée porte le n^ 62 et est située en tète de la vallée de la Come-Ghaudron, ^u pied du grand hémicycle d'où partent les pentes escarpées qui montent au