‹ Fouilles de Mont Beuvray (ancienne Bibracte) de 1867 à 1895Chapitre 89 sur 134 · U P, PS Q, R, T · texte numérisé non relu

U P, PS Q, R, T

du temple, sans que rien indiqne qu'ils aient pn se rattacher 00 non par un vestibule onvert à ce dernier.

Noos négligerons pour le moment la seconde section de la façade occidentale do forom et le corps de bâtiments attenant, à droite do temple, poor pénétrer dans la coor qoi l'environne et achever l'exploration de la partie de gauche on do nord. Une nouvelle série de bootiques courant de l'ouest & l'est et entée à angle droit sur les précédentes se développait parallèlement au temple, dont elle est séparée par un espace découvert de 41 "40. La destruction avancée de leur façade sur le champ de foire, au nord, et attaquée par l'établissement de quelques loges foraines au moyen âge, ne permet plus de juger si les appartements étaient doubles, ouvrant les uns au dehors, les autres sur la cour. On penche vers l'affirmative en voyant d'une part leur rétrécissement exagéré, et, de l'autre, une pièce U ' qui débordant isolément sur la face extérieure pouvait autrefois être comprise dans une ligne continue de constructions détruites aujourd'hui. Cette supposition est d'autant plus vraisemblable que cette pièce est reliée d'une façon bizarre aux deux boutiques U et V, et se serait ainsi détachée en dehors des autres contrairement aux dispositions normales de l'édifice. Si cette anomalie cependant était admise, il faudrait attribuer à la cage d'un escalier disparu la saillie d'un mètre de long sur deux de large dans le mur de l'ouest, pour descendre sur le champ de foire, ou peut-être tenir un étal. Dans le carrelage de l'avant-dernière pièce X, plusieurs blocs de pierres de taille encore en place semblaient aussi avoir appartenu à un palier dont l'absence des cloisons légères de Tintérieur empêche d'apprécier les dimensions et la distribution. La supposition d'un portique extérieur trouverait surtout sa confirmation dans l'amorce d'un mur de la pièce carrée Y, portée en avant de cette pièce, au nord, qui démontre l'existence d'autres constructions, un double rang de loges dont le premier a été démoli presque entièrement. Celles du second rang qui subsistent* au nombre de cinq sur la cour du temple paraissent plus larges

qae loogoes» oq do moins restreintes outre mesure, noa?elle raison de croire qu'elles s'a?ançaient sur la place, an nord, an delà des restes actuels. On ne comprendrait pas en effet que cette position qui, sur toute la longueur, fait face au champ de foire et était par conséquent la plus fa?orable à la vente, eût été Tolontairement négligée par les marchands ; l'incohérence et l'irrégularité des ruines qui subsistent encore sur ce point sont des témoignages parlants de l'existence antérieure des parties qui font défaut actuellement.

Les boutiques, en regard du temple, étaient précédées sur toute leur longueur d'un nouveau portique de 32 mètres de développement sur 3 et demi de large, dont la direction, légèrement irrégulière au point de départ, reprenait après la première boutique un parallélisme complet avec l'aile du sud. L'extrémité orientale de ce portique aboutissait à une ruelle d'un mètre seulement de large, qui mettait en communication la cour du temple avec le champ de foire, au nord. Elle était peut-être fermée d'une porte dont la crapaudine trouvée dans le sol consistait çn une boule de pierre forée et usée à deux ou trois centimètres de profondeur par l'évolution répétée d'un pivoi. Une autre pierre paraissant du porphyre, dure et pesante comme la fonte, trouvée au même lieu, était évidée en dessous et trouée de part en part d'un forage de 0*04 de diamètre, qui n'occupe pas précisément le centre. Sa forme est celle d'une base carrée de 0°^0 de côté sur 0*08 de haut, réduite par une succession de moulures à 0"U dans sa partie supérieure. Une dernière maison à peu près carrée et d'assez grande dimension, 9 mètres de côté, s'élevait au delà de la truelle qu'elle longeait au levant. Elle était divisée par un mur de refend en deux pièces oblongues, Z et Z', dont la dernière, presque entièrement ruinée, joignait à l'est une grosse muraille de soutènement dont il sera parlé plus tard.

Le groupe nord-ouest qui vient d'être décrit constituait évidemment la partie la plus commerciale du forum. Sa situation de plain-pied, faisant partout façade au champ de foire,

mimtm

le nombre plus considérable de ses loges, son portique intérieur qui fa?orisait la vente des objets religieux probaÂ)lemenl, dans la cour même du temple, mettent hors de doute cette attribution. Le groupe sud-ouest comprenant l'autre moitié des constructions du forum, toute la partie à droite du temple et du porche qui y conduisait, ne participait que dans une mesure plus restreinte à ces avantages, dont les boutiques longeant la voie pouvaient surtout profiter; le surplus de l'édifice restait isolé du champ de foire par l'escarpement du terrain et sa situation à l'écart. En avant de leur façade le portique, réduit à une largeur de 2 mètres, se terminait par une terrasse dont le mur à demi-rasé a encore plus d'un mètre de haut, car au lieu de suivre la déclivité du sol, le portique se maintenait à niveau au moyen d'un remblai et d'un mur, auquel étaient adossées extérieurement des marches en pierre pour descendre sur la voie; là cessait le mouvement forain, dont le temple et son forum marquaient la limite. L'amoncellement des ruines sur cette partie élevée a préservé une dizaine de ces marches actuellement en place. Le granit grossier dont elles sont formées leur donne un aspect un peu barbare qui contraste avec l'appareil soigné des murs de moellon; une d'elles même n'est qu'un gros bloc de pierre brute qui, à la faveur d'une régularité accidentelle, a été incorporé parmi les pierres de taille.

Pour maintenir les maçonneries contre la poussée, un fort empâtement dont l'épaisseur augmente avec la pente règne à leur base; il se compose, à l'angle sud-ouest, de trois redans successifs de 0"'25 à O^'SO de hauteur, chacun, au dessus desquels le mur n'a plus que O'^SO d'épaisseur, celle même des colonnes en brique qui supportaient la toiture du portique. Le mur de façade des boutiques, dans cette partie, est luimême renforcé par un soubassement continu de 0^35 de large sur 0"50 de hauteur, qui commence en amortissement à niveau près du porche central et va s'élargissanl jusqu'à l'extrémité sud du portique. Ces maçonneries en moellon du pays, mais

très soignées, ont la prétention d'imiter quelque pen le petit appareil régulier ; elles comptent dix à douze assises dans les portions les mieux conserrées et les plus hautes. Le remblai de cette terrasse est composé uniquement de décombres et d*un terrain noir et riche à plus de deux mètres de profondeur, accusant un bouleversement plus grand que nulle part; il est caractérisé par des bois carbonisés, des débris d'amphores, de meules, de granits, de grès, de calcaire oolitbique, taillés, et d'une énorme quantité de tuiles à rebords qui à côté des destructions accusent la ténacité de Toccupation. Les dates y sont identiques à celles de la partie septentrionale, ainsi que les traces de constructions en bois, plus conformes aux usages antérieurs de la Gaule indépendante, les médailles gauloises nombreuses. La vaisselle contemporaine de ces médailles, des verroteries, de menus objets de parure étaient égarés dans les couches inférieures ; quelques gros trous de poutres, en dehors môme des constructions du forum, au sud, donnaient aux ouvrages en bois des dimensions supérieures à celles des ouvrages privés et un espace moins étroit qu'à l'édifice en pierres qui leur succéda. Hais de tous ces travaux il ne reste que des indices, le sol a été remanié entièrement lors de rétablissement du dernier forum, le seul dont on puisse aujourd'hui suivre les traces avec certitude. Ses restes en efifet ont des caractères sur lesquels il n'est pas permis de se méprendre. La civilisation de l'époque romaine, bien qu'elle ait eu peu d'action au mont Beuvray, y a laissé néanmoins des vestiges que leur rareté môme recommande à l'observation.

Ce n'est pas sans une certaine surprise qu'à la suite des hangars de charpente on rencontre dans les loges de foire des débris de tuyaux de chaleur qui supposent niaturellement des hypocaustes. La température du Beuvray, incertaine en tonte saison, les rendait sans doute fort nécessaires, mais c'était là un luxe trop spécial aux plus riches habitations de loppidum pour ne pas en être frappé dans les modestes abris qu'occupaient pour quelques jours seulement les marchands étrangers.

Grâce à la conservation de cette partie du fonim, supérieure à celle du nord-ouest, grâce à ses épais remblais, à la profondeur de ses fondations et à Tenfouissement de quelquesunes de ses pièces, il a été possible de la retrouver à peu près en entier. Située pour l'arrivant à la droite du porche en pierres de taille, cité plus haut, sa façade principale est seule en analogie avec la précédente à laquelle elle fait suite, et encore offrait- elle du côté de la cour une modification. Tandis que la façade nord- ouest n*avait qu'un seul portique extérieur donnant sur le champ de foire, celle du sud-ouest, outre celui-ci, en avait un second à Tarrière qui permettait aux loges d'étaler de deux côtés et à couvert. Ces dernières sont au nombre de six, et de cinq seulement si Ton admet que la porte de communication entre le deuxième et le troisième compartiment ^ doive les faire considérer comme un même logement.

Les marchands avaient ainsi sur le côté occidental du forum pris dans son entier, dix à onze loges pour abriter les denrées les plus précieuses. Il n'est pas douteux que leur séjour ne fût alors temporaire. Les médailles impériales qu'on ne rencontre jamais ailleurs dans l'enceinte, établissent péremptoirement que les loges*ont été occupées après Tabandon de l'oppidum et la transplantation de sa population ; qu'elles étaient dès lors désertes pendant Tannée et ne servaient qu'aux jours de foires, suivant un usage qui s'est perpétué au moyen âge, nonseulement au Beuvraj, mais dans les villes les plus populeuses.

A droite du passage qui conduisait au temple, la première loge, 0, avait en œuvre i'^SO sur S'^SO; à l'arrière une porte donnait accès sur le couloir intérieur. Elle est contiguê aux deux pièces N et H, divisées par un mur de refend percé d'une ouverture; cette division ne laisse aux deux compartiments que 3 mètres et 2"25 de large, soit ensemble i'°25, largeur de la loge précédente. On a recueilli dans le déblai deux moitiés de grands bronzes de la colonie de Nîmes, accom-

i. M et N do plan.

pagoés d'un style en fer, d'une clef de bronze annulaire, d'une défense de sanglier, de débris d'un gros vase de terre noire grossière, et d'autre part une estampille de terre samienne, ATEL Les marques du potier Ateus fréquentes aussi à Autun sont postérieures à l'abandon de l'oppidum, car le mélange des décombres du champ de foire* remués en tous sens pour en retirer des pierres, a plus d'une fois intenrerti Tordre des couches du terrain. Mais l'époque gauloise y était caractérisée par deux médailles, une petite bande de bronze gravée en creux avec un fleuron à quatre feuilles ri?é au centre, et par un fragment d'un petit gobelet en terre cuite très fine, de style grec, orné à la partie supérieure d'une légère bordure de feuillages entremêlés d'olives et de glands.

Dans la loge L, large de 4 mètres, qui fait suite, les dates commencent de même avec des médailles gauloises dans le sous-sol, puis un moyen bronze d'Auguste contremarque IN, un de Marc-Aurèle, et la moitié d'un petit bronze de Salonine trouvé à une faible profondeur, divers objets de mercerie foraine, une anse de verre blanc, un pied de vase avec rayons de verre rouge à l'intérieur, une plaquette de bronze doré, une fibule ronde recouverte d'une feuille d'argent assez épaisse pour se lever d'une seule pièce, une chaînette de bronze, semblaient les épaves d'un jour de foire disséminées dans un humus pénétré de longue date par des agents chimiques qui avaient attaqué fortement les médailles. Une construction au moyen âge s'était superposée à cette loge; il en restait une muraille à pans coupés, de 8 mètres environ de diamètre, bâtie en travers sur les deux loges M et L, et sur le couloir intérieur, à une faible profondeur. Dépourvue de fondements solides, son carrelage en terre battue n'était qu'à O'^Sâ sous le gazon, tandis que celui des boutiques antiques, sur lequel fut recueillie une médaille gauloise, était à un mètre. Plusieurs gros blocs de marbre blanc de Champ-Robert provenant des démolitions du temple servaient de qioellon dans le mur du moyen âge. La façade du forum se terminait par les deux pièces K et E,

dont la première n'avait qœ 2*50 de large en œuvre» et la seconde près du double» V^M. La pièce F, à Tarrière de E, fait retour au sud et ferme le portique intérieur. Dans le sol profondément calciné de ces loges, au milieu d'une couche de matières incendiées de O'^SO d'épaisseur, on récoltait cinq médailles gauloises, un petit lingot d'argent, une écueUe noire en terre fioe, du Terre bleu. Une petite tablette ovale de pâte vitreuse de couleur verte, avec bande bleue au centre liserée de filets blancs, conservée parmi ces débris, reproduisait l'empreinte d'un camée grec et simulait ainsi une intaille. Elle représente Sémélé et Bacchus. La mère a la tète indinée sur celle de son fils, dans une attitude que reproduit presque identiquement le même sujet gravé au revers d'un miroir étrusque de la collection Gerhard. ^ «

La pièce E ainsi que le portique extérieur se terminent en terrasse au retour de l'angle sud-ouest de l'édifice. Les marchands qui occupaient ces boutiques Tendaient selon toute apparence avec leurs merceries des ex-voto, comme c'était l'usage dans le voisinage des temples. C'est le seul lieu de l'oppidum où l'on ait trouvé des débris de ces figurines religieuses en terre blanche si abondantes dans nos ruines romaines, ceux d'une fée ou Vénus dont les images existaient dans toutes les maisons gallo-romaines, ceux d'une niche occupée par une divinité de même nature, ceux d'un cheval harnaché à crinière taillée en brosse et ayant perdu son cavalier dont on voyait les attaches. >

La pièce F accolée k la loge E fait face au sud sur la campagne et au nord au portique ou couloir intérieur, à l'extrémité duquel elle se présente comme un trait d'union entre les boutiques et les communs du temple proprement dits. Le couloir desservait en même temps ce nouveau corps de logis, très rapproché du temple par la saillie de deux grands com-

i. Oerbard (Edouard); Berlin, 1845.

2. B, pL 5S d«t figorinet gauloiMt de Tadot ; Paris, Rollin, 1860.

partiments ^ qui ont empiété sur son poarpris et dont la snppression rétablirait la régularité en laissant 1 2 mètres d'espace libre de chaque côté du monument central. L'exhaussement de la terrasse sur ce point ne permet plus d'attribuer à ces constructions une destination commerciale.

A partir et au dehors de la pièce T les cases sont placées en escarpement et tournent le dos au champ de foire. La pièce H est incomplète sans qu'il ait été possible de préciser l'emplacement de sa façade disparue ; et par suite la pièce L parait en retraite sur l'angle du forum. Les appartements de ce groupe se terminent brusquement à Test où on ne retrouve plus qu'une forte muraille qui se prolonge en ligne droite à 8 mètres au delà des dernières cases et se relie, après celte distance, à un énorme mur de soutènement dont il sera question plus loin. La première de ces deux murailles, à l'arrière des pièces V, G, G^ semble laisser celles-ci, dont le niveau est beaucoup plus bas, comme une sorte d'ados en dehors de la terrasse, bien qu'elles s'y rattachent par un mur de raccord qui partant de la case G rejoint en ligne courbe l'extrémité orientale du mur de prolongement et ferme avec loi une sorte de cour triangulaire. Ce groupe composé de cinq pièces, peutêtre de six tenant ensemble, forme un massif de 14 mètres sur une face, 12 sur l'autre, avec un rétrécissement au nord. Ces pièces, par suite de la direction des murs principaux et de l'obliquité de la façade orientale, affectent presque toutes la forme de trapèzes.

Leur proximité du temple dont une porte latérale ouvrait dans celle direction, leur disposition particulière eu égard au reste des constructions, les classent naturellement parmi les dessertes du sanctuaire; il n'est pas probable toutefois qu'elles aient servi d'habitation au prêtre que certaines raisons nous engagent à placer ailleurs. L'irrégularité, la dififérence de niveau des appartements, l'appropriation spéciale de la prin-

cîpale pièce se prêtent mal à cette destinatioD. Les temples antiques avaient besoin d'antre part de certaines dépendances indispensables pour Texercice dn cnlte, non-seulement pour le mobilier usuel mais principalement pour préparer et parfaire les sacrifices. Ces derniers tant publics que privés étaient l'accessoire obligé des foires ; les étrangers saisissaient cette occasion de satisfaire leur dévotion à telle divinité accréditée dans le lieu où elles se tenaient. Pausanias en cite un exemple à la foire de Titborée en Pbocide qui offre de singuliers rapports avec celle du Beuvray ^. Il fallait de toute nécessité selon les besoins pouvoir loger les victimes qui, la plupart du temps, étaient fournies à prix d'argent par les servants de l'autel, avoir pour les dépecer et faire la distribution des cbairs des locaux disposés en conséquence. Un temple isolé comme le fut celui du Beuvray après la conquête romaine nécessitait donc l'attirail complet d'une boucberie, qu'on ne s'effiraie pas du mot, pour mener à bien le sacrifice. Nous croyons la trouver dans le compartiment G et ses annexes. Les deux pièces trapêziformes les plus rapprochées du temple, J' et £', à un niveau peu profond ne présentent ni dans leur construction ni dans leurs débris aucun élément suffisant pour préciser leur destination, qui pouvait être de servir d'étable ou d'enclos, où l'on pouvait entretenir ou attacher les animaux destinés aux sacrifices. La pièce £' avait une issue sur* la cour du temple, contrairement aux pièces S' et L' dans lesquelles il n*est resté trace d'aucun seuil, et qui se desservaient soit sur la cour, soit sur le portique intérieur.

La pièce véritablement caractéristique dans ce groupe, celle qui mérite de fixer l'attention, est le compartiment G avec ses annexes. €'est une espèce d'antre, à deux mètres plus bas que les compartiments voisins du temple et que la pièce ou enclos K* auquel il confine. Trois pierres de taille placées à l'intérieur dans le carrelage, à i^'hO les unes des autres et par suite

i. PautaDiai, Phocidê, x, 32.

incapables d'èlre affectées au jeu des portes, étaient entaillées par des creni de scellements de crapaadines dont le plos rapproché était à 0"60 de la muraille. Elles avaient évidemment servi à des arbres tournant sur un pivot et par l'autre bout engagés dans une poutre du plancher, à des treuils pour soulever et suspendre les* animaux égorgés. A moins d'un mètre du treuil central est une plateforme en maçonnerie de 3"80 de long sur 1 *60 de large, appliquée au mur qord à hauteur d'appui, et terminée par un massif en pierre de taille de 0*80 d'épaisseur auquel l'adjonction d'un nouveau tronçon, faisant suite au premier doit faire attribuer une longueur totale de cinq mètres. Le parement de cette grande banquette est en maçonnerie mélangée de gros blocs de taille, l'intérieur entre les murs est un remblai de terre et de matériaux de démolitions, recouvert d'un carrelage en brique, en guise de tablette, véritable étal de boucher. Si Taltribution qui pour nous explique seule les particularités observées dans ce lieu est vraie, un bœuf, par exemple, pouvait, après l'immolation dans le temple, être transporté dans l'enclos K' par sa porte latérale, versé sur la massive banquette, là saisi par le treuil voisin et soulevé pour être excorié et dépecé.

En face de la grande banquette, à droite de l'escalier de sortie, au sud, un second étal de même construction que le premier, maii plus petit, et de O^OO seulement de large, avec une fondation profonde d'un mètre, pouvait servir à l'exploitation d'animaux de moindre dimension, chèvres, moutons, etc. Le vide entre les parements était rempli d'un terreau noir et meuble, et la partie supérieure fermée par une maçonnerie pleine qui devait être recouverte d'une tablette en bois. Un troisième étal,.G^, de dimension intermédiaire, V^M de long sur 4 mètre de large, et de construction identique aux autres, se voyait encore dans le compartiment G^ contigu au précédent, et communiquait avec lui par une porte de 4*50 de. large qui facilitait le transport des fardeaux. Cette porte battait contre un muraillement de pierre de taille en saillie de plus

d'oD mètre dans la pièce et formaDt un angle droit a?ec no moraillement semblable engagé dans la maçonnerie entre les deux loges; la proximité d'un des treuils laisse croire que cette maçonnerie n'avait été ainsi renforcée que pour résister au choc des corps mis en mouvement par le treuil. La boucherie sacrée malgré son enfouissement profond pouvait être lavée et égouttée sans difficulté. Une sorte de rigole comprise entre la façade au sud et un mur de soutènement en pierre sèche

adossé aux terres extérieures, de même profondeur que les fondations, facilitait cette appropriation en se déversant dans une petite cour basse, G^, placée sous le grand mur de 8 mètres de long, déjà cité. Ce mur en pierre sèche, que cette particularité nous avait porté d*abord à attribuer au moyen âge, se raccorde si exactement avec la construction antique, qu'il n'est pas logique de l'en distraire; il part de l'angle sud-ouest de la boucherie pour aboutir par une ligne courbe et se butter contre le large éperon de maçonnerie à chaux ou se soudent les gros murs de clôture. Dans le déblai des deux pièces 6 on trouva plusieurs médailles gauloises et un fragment de poterie samienne portant le sigle SIYA.

On sortait de cette cave par un escalier tournant au point de départ, dont les deux marches inférieures, en pierre de taille, étaient encore en place, pour aller chercher l'eau à un puits situé à quinze mètres de distance, au dessous de la terrasse méridionale du forum ; il fallait, pour ce trajet, traverser le petit compartiment H, détruit en partie, auquel accédait l'escalier. Ce réduit, dans lequel furent recueillies à deux mètres de profondeur trois médailles gauloises et une fibule, renfermait en outre des débris de poteries usuelles dont plusieurs estampillées : l'une sur terre noire, OLICIOS, avec la lettre S retournée; une seconde en ifitre samienne, TTTI. TO; la troisième, LEATI, très probablement pour LAETI. Ces inversions semblent indiquer l'emploi de caractères mobiles pour la composition des timbres. Le reste des déblais pareils à ceux du forum donnait les mêmes renseignements et les mêmes

dates; chaque époque y était représentée par quelques débris. Les fragments de quatre petits gobelets en terre très fine, ceux d'une cruche ornée de bandes parallèles couTertes de feuilles de fougères gravées eu creux, une poterie grise moirée au moyen du brunissoir, un petit fond de rase couvert de cercles eu relief appartenaient à la Gaule indépendante, mais Toccupalioa dn lien s'était prolongée an delà. Certaines parties des murs, un des côtés de l'escalier entre autres, avaient été remaniés avec des tuileaux et de la chaux, à l'époque romaine, qu'accusaient en même temps plusieurs pieds ronds de coquelles en terre cuite qui la caractérisent Ces constructions avaient subi les destinées du temple. Des amulettes bizarres rappelaient aussi les mêmes phases; Tune était une ammonite du terrain jurassiqoe, par conséquent étrangère, percée d'un trou de suspension; l'autre, la moitié d'un globule en schiste bitumineux portant gravé au pourtour le mot ATYRYS. Ces petites boules à inscriptions sont assez nombreuses dans les mines d'Autun. IQuelques-nnes ont un sens défini, mais la plupart chak*gées de mots inconnus ont défié jusqu'ici toute interprétation. Enfin pour que les signes religieux de chaque âge fussent représentés dans ce singulier pêle-mêle, un morceau de poterie samienne roulé peut-être du champ de foire avec deux fragments de poterie mérovingienne laissait voir le chrisme gravé à l'aide d'une pointe.

La composition hétérogène de ce remblai s'explique, au moins pour la couchd supérieure, par le glissement du sol et par les mouvements de terre opérés au moyen âge, soit à l'époque de la construction des chapelles^ soit à l'établissement du cimetière, car on trouva même à 4 mètre au dessus du carrelage un petit poids hexagone perdu sans doute à une foire de cette époque.

C'est du fond de cette pièce, au milieu de moellons écroulés, qu'est sorti le seul échantillon de grande architecture trouvé jusqu'à ce jour au Beuvray, un important fragment d'une belle colonne cannelée, en calcaire oolithique, qui ne pouvait pro-

▼eoir qoe dn temple, et dont il a été parlé à celte occasion. On a TO précédemmenl que la grosse muraille centrale qni partage les dessertes de Tooest à Test était renforcée à bntt mètres pins loin, ainsi qu'il a été dit, par un éperon de 8 mètres d'épaisseur qui contrebutte le mur de clôture de la cour de ces dessertes. A partir de l'éperon, sur lequel s*implanta une loge du moyen âge, la grosse muraille se prolonge encore sur 4 3 mètres de long en ligne droite avec une épaisseur de plus d'un mètre, sans compter un empâtement de 0*23 et une fondation profonde de 3 mètres sous le gazon. L'appareil en est très soigné, el contrairement à Tusage du lieu le mortier renferme de la chaux; il est si évidemment contemporain de la création du temple que ce mortier comme celui de ce dernier contient en outre du tuileau broyé adhérent en morceaux considérables aux moellons. Une médaille éduenne fut trouvée sur les assises mêmes à 4 mètre de profondeur. Là le retour d'angle du sud au nord, qui était en pierre de taille, a été détruit, il y a trente ans, sous nos yeux. Cette interruption dans la muraille et la difficulté des recherches dans un lieu planté de vieux arbres obligèrent à prendre une autre voie pour reconnaître si l'édifice, à l'orient, avait eu une clôture régulière. Les constructions antiques ne dépassant pas d'ailleurs ce que nous avons appelé les densertes, au delà desquelles on ne rencontrait plus sur 20 mètres de long, au midi, que la grosse muraille de soutènement, il ne restait ainsi à explorer que la dernière face du quadrilatère, celle de l'est. Hais avant d'en poursuivre l'investigation, nous nous arrêterons quelques iD.stants encore sous la terrasse de la façade méridionale du forum; le sol profondément remué à deux mètres et plus de profondeur n'offre guère que des traces indéchiffrables et un mélange de débris; il est certain toutefois qu'avant la construction du forum ce lieu renfermait des maisons ou hangars en bois dont les trous de poteaux ont été reconnus, sans pouvoir préciser leur distribution ni leur étendue. A une douzaine de mètres en avant de la façade sud, un grand mur

oblique, B, épais de 0*76 et qui parait aboutir à on petit conduit en pierre de taille placé sous la Toie, aux deux points D du plan, existait encore sur 9 mètres de longueur; il était précédé d'un second mur aussi oblique, A, bâti partie en pierre de taille, qui se soude au premier par un angle aigu en laissant entre eux un interstice triangulaire dans lequel était une ampbore. À deux mètres en arant du raccord les deux murs sont réunis transversalement par un troisième, C, paraissant destiné à butter contre la poussée des terres le mur B» à demi-penché en avant; mais ces maçonneries complètement isolées par des destructions évidentes ne se rattachent plus à rien. Dans le vide qui les sépare deux médailles gauloises et de nombreuses poteries ont été recueillies, ainsi qu'en deçà du mur B qui paraît avoir soutenu la terrasse d'un forum plus étendu et moins régulier que celui dont nous donnons le plan. Tout ce déblai contenait une masse de débris de poteries et de nombreuses médailles gauloises, un certain nombre de moitiés de pièces coloniales, mais pas -une seule impériale. En arrière et à l'est du puits, sous la même terrasse, on découvrit au pied du mur deux trous funéraires d'un mètre en tous sens, renfermant des os, des cendres, des débris d'amphores et de poteries avec quatre médailles gauloises, une fibule et un anneau de bronze, une scorie et un gros galet dans chacune. A quelques pas plus loin, au sud-ouest, sous un mur en contrefort, une autre amphore entière renfermait des cendres sans aucun objet; ces sépultures étaient évidemment gauloises.

Au point I, derrière le gros mur B, une excavation régulière de 4"30 de côté sur 6"40 de l'autre et 2"80 de profondeur était obstruée de morceaux d'amphores. Plusieurs portaient des marques sigiliaires, la plupart très simples : DT, BT, M, BA, AA, HART, FE et A qui figure sur des amphores de Guide. ^

4 . A. Damont, Inseriptiong céramiques greequu* ÀreMMi des Mutions sciêm^ Hfiqms et littéraires, 2« série, t. VI, 1871.

Une quantité considérable d'antres poteries fournirent anssi quelques estampilles : le mot double DIT AT avec la lettre barrée de l'inscription en langue gauloise d'Évreux, et également sur terre noire, celle déjà connue de RocoS, et une troisième, ATTCCYS. Sur deux tessons arec graffîtes on ne distinguait plus que des lettres tronquées, AIA et Y ; enfin la dernière, sur une poterie samienne, offrait un nom déjà connu au Beuvray ^, mais avec une variante, et dont la leçon cette fois

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