FOUILLES DE LA PREMIERE COUR
Opales de Médinet-Habou, comme le prouvent les fêtes célébrées en son honneur, que nous trouvons mentionnées dans le calendrier ( fêtes de la dernière décade du mois de choïak, planche VI, lignes 21-26).
Les fouilles exécutées pour le déblaiement du colosse dégagèrent complètement le massif de droite du second pylône, dont un tiers, au moins, était enfoui, et me permirent de constater, dans le plan de la première cour, quelques dispositions jusqu’ici à peu près inconnues dans les monuments égyptiens. (Voir le plan, PI. VU.) Je reviendrai plus tard sur l’inscription du pylône, qu’on trouvera aux planches I, Il et III.
Je trouvai d’abord , au pied du socle, un dallage dont je pus constater l’existence sur la moitié de la largeur de la cour. Ce dallage est formé de grands blocs de grès appareillés très-solidement , mais, à ce qu’il m’a semblé, sans beaucoup de régularité. Je n’y remarquai rien de particulier, si ce n’est qu’à environ o,n.go en avant du socle il forme une petite saillie de om.oi.
Vers la base du pylône, et faisant corps avec lui, règne une sorte de mur d’appui, haut de i^.io, large de om.37, et couvert de sculptures. Il est formé d’une suite d'assises de grès ayant chacune i‘“.io de hauteur. (Voirie plan.)
La galerie située en arrière du colosse est également élevée d’un peu plus de 1 mètre au-dessus du dallage, et ses assises inférieures portent des sculptures du même style que celles du mur d’appui du pylône.
A om.54 au delà du bandeau droit de la grande porte de granit qui conduit de la première dans la seconde cour, et s’appareillant avec le mur d’appui qu’elles rencontrent à angle droit, je trouvai deux assises de grès superposées , ayant la même hauteur que le mur, et suivies de deux autres assises disposées de même . avec lesquelles elles s’appareillent également. La hauteur a été mesurée au point de jonction avec le pylône, le mauvais état du monument, dont l’assise supérieure est fortement soulevée, ne permettant de le faire avec autant d’exactitude sur aucun autre point. L’assise supérieure est ornée de sculptures et porte la légende de Ramsès III ; les assises inférieures sont sans ornement et à peine dégrossies. La longueur des deux premières est de 2m.5o ; les deux suivantes n’ont pas été entièrement déblayées.
Le temps me manqua pour pousser plus loin mes recherches; mais un examen attentif de la partie du monument qui était à découvert suffit pour me convaincre qu’il existait une chaussée allant de l’entrée de la première cour à celle de la seconde, et traversant la première dans toute sa longueur. Les indices qui m’ont guidé dans cette conviction sont : i°la situation des quatre assises que j’ai signalées et qui sont parallèles à l’axe des deux entrées de la cour; 20 leur disposition relativement au pylône, disposition qui se rattache à un plan régulier; 3° l’exhaussement des galeries au-dessus du dallage : elles devaient en effet gagner à être vues d’un point au niveau de leur sol , car, vues d’en bas , leurs lignes ne se seraient pas présentées d’une manière à beaucoup près aussi harmonieuse ; 4° enfin la difficulté , je dirai presque l’impossibilité, de donner une autre destination aux parties observées.
La chaussée dépassant de om.54 le bandeau de la porte du côté droit, il est à supposer qu’il en est de même du côté gauche; sa largeur se trouve alors déterminée, car il suffit d’ajouter im.o8 à la largeur de la porte, 6m.4o, pour avoir une largeur totale de 7™. 48. Cette largeur est en proportion avec la longueur de la chaussée, qui doit être égale à celle de la cour, longue de 35 mètres.
J’ai dit que l’assise inférieure était sans ornement; ce fait, joint à la hauteur de la chaussée, m’a conduit à penser qu’il avait dû exister un degré, dont il ne reste pas de vestige, pour descendre sur le dallage. Il est très-possible que ce degré ait été enlevé et employé par les Coptes pour la construction de leurs demeures. Us allaient beaucoup plus loin chercher des matériaux , car j’ai trouvé dans la première cour un fragment d’une liste d’offrandes provenant du calendrier, situé à l’extérieur du palais, sur la paroi sud.
Résumant les faits qui précèdent, nous pouvons dire : que la première cour du palais de Médinet-Habou est dallée en grès ; qu’elle est dominée d’un mètre environ par les galeries latérales dont les assises inférieures se rattachent à de petits murs d’appui de même hauteur, situés au pied des pylônes; enfin qu’elle est traversée dans toute sa longueur par une chaussée élevée d’environ un mètre, qui la divise en deux parties égales, et dont on descendait probablement par un degré sur le dallage.
Les deux parties situées au-dessous du niveau de la chaussée devaient , sans doute, dans les solennités, recevoir la suite des grands officiers qui se rendaient auprès du roi dans l’intérieur du palais et y pénétraient seuls. De cette manière, on prévenait l’encombrement; les chars avaient toujours un passage libre, et la suite des fonctionnaires pouvait aisément et sans désordre reprendre son rang à la sortie de chacun d’eux.
Il ne m’a été possible de faire qu’une seule épreuve photographique, assez petite, du texte de l’inscription du second pylône (massif de droite), dont j’ai déblayé plus d’un tiers ; je ne puis donc, malgré tout le soin avec lequel le texte a été copié sur cette épreuve, en garantir la parfaite exactitude. Tel que nous l’avons, ce texte nous fournit cependant un ensemble de faits assez intéressants.