TALUS DANS LA PARTIE OUEST DU CHAMP DE LANN-MANÉ-KERMJRIO
En ayant fini avec les constructions primitives, nous revenons au chemin de servitude, qui, rejoignant la grande route de Camac à Auray, entre dans ce champ de Lann-Mané-Kermario par une barrière située sur son côté ouest. Vis-à-vis de cette barrière, se trouve le talus déjà cité, formant une sorte de dos d*âne et orienté du nord-ouest au sud-est.
Commencées à l'extrémité ouest de ce talus, nos fouilles ont mis à découvert, dans ce point, une tête de mur qui se dirigeait dans le sens du talus et dont la largeur variait de 1^70 à 2 mètres. Ce mur se compose de deux parements en grosses pierres et dont l'intervalle est comblé de terre mêlée de charbon, de quelques fragments de brique et de silex. Nous fûmes bien surpris de trouver, dans la tête, au côté sud de ce mur et utilisé à sa construction, un menhir de 2^*15 de longueur, couché en long sur la première assise de pierres. Au pied du mur et en face du menhir, nous rencontrâmes quelques fragments de poterie gallo-romaine, de tuiles à rebord, un fragment de poterie celtique ornementé de grains de riz
(pi. m, fig. 4).
Un peu plus loin, du même côté, près d'un petit menhir semblablement placé dans le mur, il y avait un éclat de silex et une tête de flèche en silex.
De Tautre côté du mur et en face du second menhir, à ©'"ôo de profondeur, on a recueilli un fragment de grossière poterie celtique et deux éclats de silex gris. *
En suivant ce mur, nous avons rencontré, à 18^43 de son extrémité ouest, une ouverture de 2^*77 de largeur.
A 5 mètres environ, à Test de cette ouverture, le mur englobe le premier menhir du quatrième alignement. Ce menhir s'élève à 2™8o au-dessus de la surface du sol et s'enfonce en terre à une profondeur de o°*6o ; ce qui lui donne une longueur totale de 3°^40. En creusant à son pied, nous avons trouvé une couche de terre grasse, de 0^15 d'épaisseur, mêlée de fragments de charbon gros comme une noix.
Dans cette même couche, au côté sud du mur, tout près du menhir, mais non cependant au-dessous, nous avons recueilli :
Un fragment de poterie plombaginée.
Un autre fragment de poterie brune des dolmens.
Un petit fragment de brique.
Deux éclats de silex, dont un rouge, l'autre jaune.
Un éclat de silex gris jaune, de 0^09 sur o"o$, et de singulière forme (pi. III, n° 11); un éclat semblable a été trouvé dans le dolmen de Mané-er-Gongre.
Avec une légère déviation vers le sud, le mur se continue et englobe trois autres petits menhirs groupés et n'appartenant point aux alignements.
Le premier, de forme arrondie et placé dans la partie nord du mur, a o°*57 au-dessus du sol, o'"70 en terre, et, par suite, une hauteur totale de i°^27. A son pied, on a recueilli :
Deux éclats de silex très minces.
Un fragment de poterie celtique, en pâte grise granulée, avec un vernis rouge brun et ornée d'une ligne perlée (pi. III, n^ 3).
Un fragment de brique.
Un objet de pâte rouge, identique à ceux qu'on trouve dans les restes des fours de potiers gallo-romains échelonnés sur la côte, destinés, suppose-t-on, à isoler la poterie pendant la cuisson et appelés Perneiles (pi. III, n° 6).
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Le deuxième menhir, dans la partie sud du mur, n'a que o"'8o de hauteur totale. A son pied, il y avait beaucoup de cendres et de charbon, dont quelques parcelles plus grosses que des œufs de pigeon, sept fragments de poterie celtique commune et deux éclats de silex.
Du même côté du mur, le troisième menhir n'a aussi que o™6o de hauteur totale. On a trouvé à son pied :
Un gros fragment de charbon.
Deux fragments de poterie celtique, grise et grossière.
Un petit éclat de silex gris jaune.
Un outil en pierre noire, très poli, de 0*05 de longueur (pi. III, n° 12).
Un peu plus loin, ce mur englobe encore le deuxième menhir du cinquième alignement. Ce monolithe, en forme d'obélisque, s'élève à 2^go au-dessus de la surface du sol, s'enfonce de o"^20 seulement en terre, et a, par conséquent, une hauteur totale de 4™ 10. Sous sa base, une couche de terre grasse et épaisse de o™io recouvre le rocher. A Test et auprès de son pied, à G™ 15 de profondeur, nous avons trouvé :
Un éclat de silex gris, de o"o6 sur 0^03, détaché de la surface de la nodule.
Deux fragments de poterie celtique rouge et brune.
Un fragment de brique et une petite quantité de charbon de sapin.
A 7 mètres au delà de ce dernier menhir, le mur, en descendant au sud, forme un angle de 115° et se continue, pendant une vingtaine de mètres, dans cette nouvelle direction, avec une interruption toutefois de 4 mètres, à une distance de 8 mètres du sommet de Tangle. Une moitié de meule gallo-romaine, en granit, de ©'"40 de diamètre, se trouvait, près de l'angle, employée dans la maçonnerie du mur.
A 2 mètres environ du sommet et à l'intérieur de cet angle, au côté sud-ouest, un menhir, le premier du sixième alignement, de 4'"50 de longueur sur 4 mètres de largeur, couché par terre, donne abri à un foyer rustique. Plus loin, nous rencontrerons d'autres menhirs abritant
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des foyers; mais qu'il nous soit permis de faire remarquer ici, en passant, que, pendant des bourrasques, nos ouvriers se sont souvent abrités sous celui-ci et ont rallumé le feu du foyer éteint depuis tant de siècles. Les rigoles et les sinuosités, visibles sur le bout ouest de ce menhir, prouvent, non seulement que ce bout était son sommet, mais encore, et par voie de conséquence, qu'il a été renversé de Test à l'ouest. D'ailleurs, s'il était redressé, il occuperait sa place, tout à la fois, et dans le mur et dans le sixième alignement. Ces faits semblent indiquer que, pour un motif quelconque, il a été abattu avant la construction du mur. Les ouvriers n'auraient pas dû, en eflFet, renverser ce qui aurait pu leur épargner du travail.
Le foyer en question se compose de deux rangées de pierres, qui se rétrécissent en avançant sous le menhir ; ces pierres sont brutes, rougies par l'action du feu et négligemment posées. Dans ce foyer, il y avait une quantité considérable de charbon, des cendres et les fragments d'un vase gallo-romain que nous avons reconstitué. Celui-ci, de 0^15 de hauteur et de o'"i2 d'ouverture, en pâte grise brune, est orné, sur le haut de la panse, d'une bande plorabaginée, et, sur le rebord, d'une seconde bande semblable (pi. III, n° 9). Des ossements calcinés et non déterminables se trouvaient parmi tous ces fragments. Nous avons pris un spécimen de la terre de ce foyer, pour le faire analyser ; mais, bien que faite comme la précédente, cette analyse n'a donné aucun résultat intéressant. En outre, on a découvert :
A rentrée du foyer :
Un broyeur celriforme, en granit, de 0^17 de longueur.
Un percuteur, en quartz, de 0^07 de longueur (pi. III, n® 16).
Entre le foyer et le grand mur :
Deux fibules, en bronze, fort oxydées (pi. III, n®' i et 2).
Une cognée, en fer, très oxydée et de o"22 de longueur (pi. III, n° 17).
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Un fragment à^imbrex, gravé d'un X, après cuisson (pi. III, n? 1 5). Un clou, en fer, à tête aplatie (pi. III, n9 7). Un fragment de cristal de roche (pi. III, n9 13). Un éclat de silex, gris jaune (pi. III, n^ 10). Un fragment de verre romain.
En creusant, à une profondeur de ©""go, entre ce menhir et Tangle du grand mur, nous avons rencontré :
Un long outil, poli, ceMforme, en granit, portant des traces de martelage à une de ses extrémités, et cassé à l'autre (pi. III, n9 18).
Un autre outil plat, en schiste, de o™i i de longueur, poli sur ses bords (pi. III, n® 14).
Un fragment de poterie gallo-romaine, commune, grise.
Un palet carré, en brique, portant des lignes creusées en différentes directions (pi. III, n^ 5).
Un objet semblable à ce dernier a été trouvé au talus sud du camp de la Petite-Métairie, sans parler de plusieurs autres qui ont été découverts aux Bossenno.