‹ Fouilles faites à Carnac. Les alignements de Kermario [ed. by - Luco]Chapitre 5 sur 42 · TALUS DANS LA PARTIE EST DU CHAMP DE LANN-MANÊ-KERMARIO · texte numérisé non relu

TALUS DANS LA PARTIE EST DU CHAMP DE LANN-MANÊ-KERMARIO

Poursuivies à l'extérieur de Tangle, nos fouilles ont mis à découvert les restes d'un autre mur partant du sommet de cet angle et décrivant une courbe au nord-est. De mêmes dimensions que le précédent, celui-ci était tellement délabré, que, souvent, nous avons eu les plus grandes difficultés à en suivre le parcours,

A 5 mètres de ce sommet, il englobe, lui aussi, mais en partie seulement, le quatrième menhir du cinquième alignement. Or, ce menhir de 5 mètres de longueur sur 2^50 de largeur, est renversé sensiblement du nord au sud. Sa chute a-t-elle précédé, accompagné ou suivi la construction du mur? Nous l'ignorons, parce que des remaniements certains, subis par le sol en cet endroit, nous ont prouvé qu'une autre fouille y avait devancé la nôtre ; ce qui, du reste, se trouve confirmé par la déclaration des habitants de ce quartier, qui se souviennent d'avoir vu, il y a une trentaine d'années, un archéologue faire des recherches en ce lieu.

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Autour de ce menhir, nous avons recueilli, sur le gravier, à une profondeur de o™50, un fond de coupe romaine, en verre verdâtre (pi. III, n^ 8), deux fragments de poterie noire celtique et une poignée de charbon de sapin.

Plus loin encore, le même mur englobe le sixième menhir du quatrième alignement. Celui-ci est debout et a 2™io de hauteur. Une fouille pratiquée à sa base ne nous a rien fourni.

Un peu à Fouest de ce dernier et haut de 2'"8o, le cinquième menhir du quatrième alignement offre une configuration particulière, — celle d'une pierre roulée par Teau, — qui nous induisit à pratiquer, à sa base, une fouille, dont nous ne recuellîmes que du. charbon et des cendres. Par sa forme arrondie et sa surface usée, il se distingue, en eflfet, des autres, et ressemble assez aux grands blocs de même configuration qui se voient sur le rivage de la baie de Quibéron.

Entre le troisième et le quatrième alignement, le mur est coupé par le chemin de servitude qui mène de la Petite- Métairie à la route d'Auray. A rintersection et au côté nord du chemin, on a trouvé des cendres et une grande quantité de charbon.

Parvenus au septième menhir du troisième alignement, de 3 mètres de longueur, nous l'avons rencontré, couché et brisé en plusieurs fragments, dont deux ont été employés dans la maçonnerie du mur. Un foyer, dans lequel il y avait beaucoup de charbon et de cendres, se trouve entre ce menhir et le mur. Comme il est ouvert du côté nord, nous supposons que les pierres destinées à l'abriter ont été enlevées à une époque récente.

Du septième jusqu'au treizième menhir, le mur suit l'alignement et englobe tous les autres menhirs compris dans cet intervalle. Dans ce parcours, nous n'avons recueilli que du charbon, des cendres, quelques éclats de silex, deux ou trois fragments de poterie rouge commune, et, au pied du neuvième menhir, un projectile en granit.

A partir du treizième menhir, le mur, formant un angle obtus, se prolonge de 36 mètres au nord-est, où il se termine à un groupe de menhirs

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couchés, régulièrement disposés, en dehors des alignements, et semblable au groupe du champ de Pen-Mesqueu. Dans son parcours, il comprend le huitième menhir du deuxième alignement et le dixième du premier. A l'ouest de ce dixième menhir, se trouvait un foyer adossé au mur et dans lequel il y avait du charbon et de la cendre. Pratiquée à la base des monolithes formant ce groupe confus au bout du mur, la fouille ne nous a donné que du charbon et des cendres; un outil en granit fin, de 0^13 de longueur, en forme de rognon, poli sur ses bords par usage (un objet semblable a été trouvé dans le dolmen de ce champ ; voir pi. VI, n° i), et enfin un second outil en grès rouge, de o™io sur o™o6, ayant une face polie par frottement et des traces de percussion à ses extrémités. On ne peut pas supposer que, pour en débarrasser un champ comparativement sans valeur, les paysans aient fait la dépense occasionnée par la réunion de ce groupe ; mais nous conjecturons que ces deux groupes constituaient des dépôts de menhirs en réserve destinés à la continuation des alignements.

Du dix-septième menhir du troisième alignement, deux talus, que nous n'avons pas fouillés, s'étendent, l'un au nord-est, et l'autre à l'est. Sur une longueur de 76 mètres, le premier se dirige parallèlement au mur qui vient d'être décrit. Le second se prolonge dans le sens du troisième alignement et englobe ses menhirs jusqu'au vingt-troisième, mais avec une interruption de 3 mètres, entre les dix-neuvième et vingtième menhirs.

Ayant achevé l'exploration des talus situés dans ce champ, nous transportâmes nos fouilles parmi les alignements, pris successivement, en commençant au nord par le premier.

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