‹ Fouquet, surintendant général des finances, d'apres les documents d'archives et les mémoires; illustrations documentaires (volume 2)Chapitre 15 sur 17 · FOUQUET A PIGNEROL · texte numérisé non relu

FOUQUET A PIGNEROL

Saint- Mars, ni à sa femme, ni aux officiers de la garnison. Louvois lui-même est averti de l'intrigue. Lauzun proteste cependant qu'il n'a pas oublié Mademoiselle et comme on fait briller à ses yeux l'espoir de la liberté, il renonce à conter fleurette à l'ingénue de Pignerol et tout semble être rentré dans le devoir. Gilles Fouquet ne quitte plus le surintendant. Son frère l'évêque d'Agde a reçu la permission de venir passer quatre mois auprès de lui. Basile aussi correspond avec Nicolas, mais bientôt il est à toute extrémité et meurt réduit à l'état de squelette (n.

On sollicite pour le prisonnier l'autorisation d'aller prendre les eaux de Bourbon. Cette permission sera un pas capital vers la liberté, mais voici que la Gazette de France du 6 avril 1680 insère cet avis : « On nous mande de Pignerol que le sieur Fouquet y est mort d'apoplexie. » Le 23 mars, en effet, une attaque a subitement emporté le surintendant. Son fils, le comte de Vaux, était près de lui, lors de ses derniers instants et recueillit ses papiers. Saint- Mars laissa faire, car on considérait le prisonnier comme en liberté (2). Louvois s'émut à cette nouvelle et se fit envoyer ce que l'on put trouver dans les vêtements du prisonnier. Puis, on autorisa Saint Mars à remettre à « M me Fouquet le corps de feu M. son mari pour le faire transporter où bon lui semblera (3) ».

Moins d'une année après, la mère du surintendant étant morte, on rouvrit le tombeau de la chapelle de famille eu l'église de la Visitation Sainte- Marie et on y descendit à la fois la mère et le fils.

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(1) Bussy-Rabutin. Correspondance, V, p. 41.

(2) La famille de Fouquet a toujours conservé la tradition que la liberté était accordée au moment de la mort du surintendant. C'est ce que dit la comtesse de Vaux à Voltaire, [Siècle de Louis Xl\\ ch. XXV); c'est ce qu'affirma Gourville implicitement dans ce passage deses Mémoires où il parle de la mise en liberté de Fouquet (II, p. 72).

(3) Delort. Histoire de h détention (I, p. 321).

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