‹ Fouquier-Tinville et le Tribunal révolutionnaireChapitre 1 sur 24 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Ce livre est un livre de bonne foi. J'ai été témoin de certaines tendances mauvaises de notre époque à l'égard des trois forces vitales de toute société civilisée, la magistrature, la religion, l'armée : magistrat, j'ai voulu réagir contre de tels sentiments au point de vue de notre organisation judiciaire.

Deux moyens s'offraient à moi :

Le premier consistait à faire ressortir les avantages de notre législation pénale sur le système anarchique des temps révolutionnaires.

Le second moyen était d'exposer purement et simplement ce temps de passions malsaines qu'on a quelquefois le triste courage de regretter et qu'on essaie de réhabiliter en attendant qu'on y revienne par la pratique.

J'ai préféré le second système , parce que de mon récit ressort naturellement la comparaison entre le passé et le présent. Tout le monde sait, en effet, comment se recrute notre magistrature aujourd'hui et avec quelle modération elle administre la justice au profit de ceux-là même qui se montrent ses plus ardents ennemis. Chacun peut se convaincre que, dans nos plus modestes prétoires, on rend à chacun le sien et que ceux qui sont cités devant nos tribunaux répressifs sont assurés d'y trouver, au lieu d'adversaires acharnés, jugeant sans entendre, des magistrats laborieux , toujours disposés à seconder la défense, soit dans l'audition des témoins, soit dans la lecture des pièces justificatives, soit enfin dans le développement des plaidoiries.* Mais ce qu'on ne sait pas assez, ce qu'on ne sait plus, ce qu'on lie saura jamais trop, c'est l'usage monstrueux que firent pendant dix-sept mois ceux qui, à l'aide de rémeute, s'étaient emparés de la puissance publique et qui voulaient la conserver, — d'une part, en décimant notre malheureuse patrie dans les plus illustres ou les plus dignes de ses enfants, qu'ils fussent ouvriers, bourgeois, prêtres ou nobles, qu'ils s'appelassent Custink,

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