‹ Four plays of ShakespeareChapitre 21 sur 69 · Scène II. — Une Place Publique · texte numérisé non relu

Scène II. — Une Place Publique

Antipholus et Dromio de Syracuse et un Marchand

entrent.

Le Marchand. Ainsi, dis que tu es d’Epidamne,

De peur que tes bien seraient trop tôt confisqués.

Ce même jour un marchand de Syracuse Est arrêté pour être venu ici,

Et n’ayant pas la capacité de racheter sa vie,

Selon le statut de la ville,

Il meurt avant le soleil se couche dans l’ouest.

Voici l’argent vous me donniez à garder.

Ant. S. Va, prends-le au centaure où nous logeons,

Et reste là jusqu’à ce que je te réjoins.

LA COMÉDIE DES ERREURS [acte i.

Encore une heure, et ce sera l’heure du dîner ;

Jusqu’alors je verrai les manières de la ville.

J’observerai les marchands, regarderai les bâtiments,

Et alors je retournerai, et m’endormirai à l’auberge,

Car je suis fatigué et raide de mon long voyage.

Va t’en.

Dro. S. Maint homme te prendrait à ton dire,

Et te quitterait, vraiment ayant si bonne excuse.

[Dro. S. sort,

Ant. S. Une esclave fidèle, Monsieur, qui très souvent,

Quand je suis triste avec mes soucis et la mélancolie,

Me divertissait de sa gaie plaisanterie.

Quoi, voulez-vous m’accompagner dans la ville ?

Et venir à mon auberge et dîner avec moi ?

Mar. Quelques marchands m’ont invité,

Dont j’espère réaliser grand profit ;

Je demande pardon. Bientôt, à cinq heures,

S’il vous plait, je vous rencontrerai au marché,

Et resterai avec vous jusqu’à l’heure du coucher ;

Mes affaires du moment me demandent à présent.

Ant. S. Adieu, jusqu’àlors ; je vais me distraire,

Et je marcherai par ici et par là pour examiner la ville.

Mar. Monsieur, je vous confie à votre propre contentement.

[Le Marchand sort,

Ant. S. Celui qui me confie à mon propre contentement Me confie à ce que je ne puis pas obtenir.

Je ressemble à une goutte d’eau dans le monde,

Qui cherche dans l’océan une autre goutte,

Qui tombent la dedans pour trouver son compagnon. Invisible inquisiteur ! se confonds lui-même.

Ainsi moi, en cherchant une mère et un père,

Misérable, me perds moi-même.

Dromio d’Ephèse entre.

Voici que vient l’almanack de mon véritable âge Quoi donc ? pourquoi es-tu retourné si tôt ?

Dro. E. Retourné si tôt ! plutôt revenu trop tard :

Le chapon brûle, le cochon tombe de la broche :

L’horloge a sonné midi sur la sonnette ;

Ma maîtresse le fit une heure sur ma joue.

Elle est aussi chaude, car la viande est froide;

La viande est froide parceque tu ne retournes-pas chez toi ; Tu ne retournes-pas chez toi, car tu n’as pas faim,

Tu n’as pas faim, ayant déjà mangé ;

Mais nous, sachant ce que c’est de jeûner, et de prier pour l’autrui,

Nous faisons pénitence pour ton défaut aujourd’hui.

Ant. S. Taisez-vous, Monsieur, je vous prie, et dites-moi ceci :

Où avez-vous laissé l’argent que je vous donnai ?

Dro. E . Oh ! six pence que j’eu Mercredi

Pour payer le sellier pour la croupe de ma maîtresse ?

Le sellier l’eut, Monsieur ; je ne le gardai pas.

Ant. S. Je ne veux pas plaisanter maintenant.

Dis moi, et ne badines pas, où est l’argent ?

Nous, étant étrangers ici, comment oses-tu confier Une telle charge hors de ta propre garde ?

Dro. E. Je pense vous plaisantez, Monsieur, comme vous dînez-là :

Si je retourne sans l’argent je serais payé en vérité,

Car elle payerai ta faute sur ma caboche.

Je pense que ton estomac, comme le mien, aurait du être ton horloge,

Et te ramènerait chez toi sans messager.

Ant. S. Viens, Dromio, viens, ces plaisanteries sont hors de saison ;

Réserve-les pour une heure plus gaie que celle-ci.

Où est l’or que je te donnasse en charge ?

Dro. E. À moi, Monsieur ? Pourquoi, vous me donniez nul or- Ant. S. Va donc, toi fripon, cesse de tes bêtises,

Et dis moi comment tu as disposé de ta charge.

Dro. E. Ma charge ne fut que de te chercher du marché Pour retourner chez vous au Phénix à dîner ;

Ma maîtresse et sa sœur vous attendent.

Ant. S. Maintenant, comme je suis Chrétien, réponds,

LA COMÉDIE DES ERREURS [acte i.

Dans quel lieu sauf as-tu mis mon argent ?

Ou je te caserai ta tête si gaie,

Qui joue des tours quand j’en suis indisposé ;

Où sont les mille marcs que je te donnasse ?

Dro. E. J’ai quelques marques de vous sur la tête,

Et quelques marques de ma maîtresse sur mes épaules,

Mais pas entre les deux tant que mille marques.

Si je payerais ton Honneur celles-ci encore,

Peut-être tu ne les souffrirais pas avec patience.

Ant. S. Les marques de ta maîtresse? Quelle maîtresse, esclave, as-tu ?

Dro. E. La femme de ton Honneur, ma maîtresse au Phénix : Elle qui jeûne jusqu’à ce que tu retournes à dîner,

Et qui vous prie d’hâter chez vous à dîner.

Ant . S. Quoi ! veux-tu me moquer ainsi en face,

Étant défendu? Voilà, prends cela, toi coquin.

Dro. E. Que veux-tu dire, Monsieur ? pour l’amour de Dieu, enlève tes mains !

Eh bien, si tu ne le veux, je m’en servirai de mes talons.

[Dro. E. sort.

Ant. S. Par ma vie, par quelque projet ou autre Le coquin m’a pillé de tout mon argent.

On dit que cette ville est pleine de fourberies ;

Comme des vifs jongleurs qui trompent l’œil,

Des sorciers travaillant dans l’obscurité, qui changent leurs résolutions,

Des sorciers tuant l’âme, et déformant le corps,

Des fourbes déguisés, des saltimbanques bavards,

Et plusieurs tels libertins du péché :

Si ceci se trouve ainsi, j’irai de plus tôt.

J’irai au Centaure, pour aller chercher cet esclave :

Je crains beaucoup que mon argent n’est pas sauf.

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