‹ Four plays of ShakespeareChapitre 22 sur 69 · Scène I. — Une Place Publique · texte numérisé non relu

Scène I. — Une Place Publique

Adrianne et Luciana entrent.

Adr. Ni mon mari ni l’esclave sont retournés,

Qui j’envoyai cherchez son maître !

Assurément, Luciana, il est deux heures.

Luc . Peut-être quelque négociant Fa invité,

Et du marché il est allé quelque part au dînez.

Bonne sœur, dînons et ne te chagrines pas :

Un homme est maître de sa liberté :

Le temps est leur maître, et quand ils voient l’heure, ma sœur,

Us iront ou ils viendront : si c’est ainsi, soie patiente.

Adr. Pourquoi auraient-ils plus de liberté que nous ?

Luc. Car leur occupation se trouve dehors.

Adr. Voie donc, si j’en fasse le même il ne l’aime pas.

Luc. Mais sache donc qu’il doit te régler en tout cas.

Adr. Il n’y en a que les ânes qui se laissent ainsi bridées.

Luc. Cette liberté sans freins, et cette opiniâtreté sont vite vidées Il n’y a rien situé dans tout ce monde Qui n’a pas ses limites sur la terre, le ciel ou Fonde :

Les bêtes, les poissons, les oiseaux ailés Sont soumis aux mâles, et par eux contrôlés :

Les hommes, plus divins, et maîtres de tout le monde, Seigneurs de toute la terre et de Fonde,

Doués d’esprit, et des talents beaux,

Plus intelligents que les poissons et les oiseaux,

Sont maîtres à leurs femmes et leurs gouverneurs :

Alors laissez-donc vos volontés attendre sur les leurs

LA COMÉDIE DES ERREURS [acte ii.

Adr . Cette servitude est la cause que tu ne te maries pas.

Luc. Pas ceci, mais les troubles du lit nuptial en tout cas.

Adr. Mais, fussiez-vous mariée, vous prendriez quelqu’autorité. Luc. Avant que j’aime, j’apprendrai l’obéissance comme la meilleure qualité.

Adr. Comment si votre mari vous abandonne pour autrui ?

Lite. Jusqu’à-ce qu’il retourna je serai fidèle à lui.

Adr. La patience impassible ! pas d’étonnement si elle s’arrête,

Elles peuvent être douces, si c’en est leur intérêt,

Une âme misérable écrasée par l’adversité.

Nous le prions de se taire dans leur extrémité.

Mais si nous mêmes furent ainsi éprouvés par la douleur, Autant ou encore plus nous nous plaignerons de notre malheur.

Ainsi toi, qui n’est pas par un mari cruel ainsi affligé,

En avançant l’inutile patience voudrais me soulager ;

Mais si tu vives pour être ainsi traiter,

Cette ridicule patience en toi sera abandonnée.

Luc. Bien, je me marrierai un jour pour en faire l’expériment. Voilà votre mari ; je vois que vous n’êtes pas veuve.

Dromio d’Ephèse entre.

Adr. Dis, ton maître tardif est-il encore venu ?

Dro. E. Oui, il a dit ses sentiments sur mon oreille.

Luc. Parlait-il d’une manière si ambiguë que tu ne puisses pas comprendre son entente ?

Dro. E. Bien plus encore, il frappa si franchement

Je pouvais aussi sentir ses coups ; mais vraiment avec tant d’indécision que je ne pouvais presque le comprendre. Adr. Mais dites, je vous prie, retourne-t-il chez lui ?

Il me semble qu’il ne si soucie pas beaucoup de plaire à sa femme.

Dro. E. Bien donc, maîtresse, assurément mon maître est fou. Adr. Fou, toi scélérat ?

Dro. E. Je ne veux pas dire cocu fou ;

Mais certainement il est fou pur.

sc. 1.]

Quand je lui priai de retourner à dîner,

Il me demanda mille marks en or.

“ Cest V heure du dbier ,” dis-je ; “ Mon argent ,” dit-il :

“ Oit sont les mille marcs que je vous donnai , coquin l ”

“ Le cochon ,” dis-je, “ est brute ” ; “ Mon orf dit-il :

“ Ma maîtresse , Monsieur dis-je ; “Que ta maîtresse soit pendue !

Je ne connais pas ta maîtresse ; peste soit de ta maîtresse ! ” Luc. Qui le dit ?

Dro. E. Dit mon maître :

“/« connais ,” dit-il, “ ni maison, ni femme , ni maîtresse .”

A ce que mon message, convenable à ma langue,

Je le remerçie, j’emporte sur mes épaules,

Car en conclusion il me battit là.

Adr. Retourne encore, toi esclave, et emporte-le encore chez lui.

Dro . E. Retourne, et qu’on te batte encore jusqu’à ta maison ?

Pour l’amour de Dieu, envoie encore un autre messager. Adr. Retourne, esclave, ou je te briserai la tête.

Dro. E. Et il bénira cette blessure avec un autre coup.

Entre vous deux ma tête sera bien bénit.

Adr. Va donc, paysan bavard ! cherche ton maître chez lui. Dro. E. Suis-je si rond avec vous

Que comme un ballon vous me repoussez ainsi ?

Vous me repoussez par ici, et il me repousse par là ;

Si je dure dans un tel service il faut m’encaisser en cuir.

[Il sort.

Luc. Fi donc ! comme l’impatience s’assombri dans ta face ! Adr. Sa compagnie à ses mignons fera grâce,

Pendant que je meurs de faim pour un regard de bonté !

Les rides de la vieillesse m’ont-elles oté toute beauté De ma pauvre joue? Bien, il l’a détruite.

Mes discours sont-ils lourds ? stérile mon esprit ?

Si on veux gâter le discours éloquent et brillant,

La cruauté l’émousse que le marbre plus fortement:

Leurs jolies robes me privent-elles de son affection?

Cela n’est pas ma faute, il est maître de ma conduite.

LA COMÉDIE DES ERREURS [acte n.

Quelles ruines en moi peuvent être trouvées Qui ne sont pas par lui-même ruinées ?

Puisque ma beauté ne puis pas plaire à son œil,

Je la ternirai par mes larmes, et m’habillerai en deuil.

Luc. Combien de pauvres fous servent la jalousie insensée ?

[ Tous sortent.

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