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LA COMÉDIE DES ERREURS [acte iv.
Monsieur, qui, quand les gentilshommes sont fatigués, leur donne un coup sur l’épaule et les arrête ; celui, Monsieur, qui prend pitié des hommes dans leurs décadences, et leur donne des habits de prison ; celui qui met son tout de faire plus d’exploits avec sa masse qu’avec son pic de Maure.
Ant. S. Comment donc, tu veux dire un officier ?
Dro. S. Oui, Monsieur, le sergent de la musique ; celui qui punit aucun homme qui rompe sa musique ; un qui pense qu’un homme va toujours se coucher, et dit, “ Dieu vous donne le repos.”
Ant. S. Eh bien, Monsieur, arrête là dans ta folie
Aucun bateau parte-il cette nuit ? Ne partirons-nous pas ? Dro. S. Comment, Monsieur, je vous ai dit il y a une heure que le bateau Expédition est parti cette nuit ; et alors vous étiez retardé pour attendre pour le heu Délai. Voici les anges que vous envoyiez chercher te délivrer.
Ant. S. L’homme est fou, et moi je le suis aussi ;
Et nous errons ici dans les illusions :
Q’une puissance bénite nous délivre d’ici !
Une Courtisane entre.
Bien rencontré, bien rencontré, Maître Antipholus.
Je vois, Monsieur, nous avons trouvé l’orfèvre maintenant. Est-ce là la chaîne vous me promettiez aujourd’hui ?
Ant. S. En arrière, Satan! Je te charge, ne me tente pas !
Dro. S. Maître, est-ce ceci Maîtresse Satan ?
Ant. S. C’est le diable !
Dro. S. Non, elle est encore pire, elle est la dame du diable ; et la voilà qui vient dans l’habit d’une fille légère ; et d’ici il arrive que les filles disent, “Dieu damn moi”(damn me); c’est, ainsi dire, “Dieu fait moi une fille légère.” C’est écrit, elles apparaissent aux hommes comme des anges de lumière : la lumière est l’effet du feu, et le feu brûlera ; ergo, les filles légères brûleront. Ne vient pas près d’elle.
Cour. Votre homme et vous-même sont merveilleusement gais, Monsieur.
Viendrez-vous avec moi ? Nous amélierons notre dîner ici.
Dro. S. Maitre, si vous le faites, attends laitage, ou retiens une longue cuiller.
Ant. S. Pourquoi, Dromio ?
Dro. S. Vraiment, il doit avoir une longue cuiller qui faut manger avec le diable.
Ant. S. En arrière alors, diable ! Pourquoi me parles-tu du souper ?
Tu es, comme vous êtes toutes, une sorcière.
Je te conjure de me quitter et de partir.
Cour. Donne moi la bague que vous aviez de moi à dîner.
Ou, pour mon diamant, la chaîne que vous me promettiez, Et je partirai, Monsieur, et ne te troublerai pas.
Dro. S. Quelques diables ne demandent que les rognures de son ongle,
Un joue, un cheveu, une goutte de sang, une épingle,
Une noisette, un noyau, mais elle, plus avide,
Demande une chaîne.
Maître, soie sâge ; si vous la donniez,
Le diable secouera sa chaîne, et nous effrayera.
Cour. Je te prie, Monsieur, ma bague ou la chaîne :
J’espère que vous n’allez pas ainsi me tromper.
Ant. S. En arrière, toi sorcière ! Viens, Dromio, partons. Dro. S. “ À bas l’orgueil,” dit le paon : maîtresse, cela nous savons. [Ant. S. et Dro. S. sortent.
Cour. Maintenant, certainement Antipholus est fou,
Ou il ne se comporterait pas comme ceci.
Il a une bague qui m’appartient qui vaut quarante ducats, Et il me promit une chaîne :
Et maintenant il me nie l’une et l’autre.
La raison, je pense, c’est qu’il est fou,
Outre cet example actuel de sa démence Il a raconté aujourd’hui à dîner une histoire folle Que ses propres portes fussent fermées contre lui. Probablement sa femme, sachant ses paroxysmes,
Ferma les portes contre lui exprès.
Mon projet est maintenant d’aller vîte chez lui,
Et de dire à sa femme, qu’étant fou,
2 LA COMÉDIE DES ERREURS [acte iv.
Il se jeta dans ma maison et prit ma bague par force :
Ceci c’est mon meilleur cours à suivre,
Car c’est trop perdre quarante livres. [Elle sort.