‹ Four plays of ShakespeareChapitre 32 sur 69 · SC. I · texte numérisé non relu

SC. I

Pourquoi souffres-tu ses reproches et ne réponds-tu pas ? Adr. Elle me livrait à mon propre reproche.

Bonnes gens, entrez, empoignez-le !

Abb. Non, pas une créature entre dans ma maison.

Adr. Alors, laisse les domestiques enmener mon mari.

Abb. Ni l’un ni l’autre ; il prit cet endroit comme sanctuaire,

Et il le délivrera de tes mains,

Jusqu’à ce que je l’ai encore enmené à ses propres sens.

Ou jusqu’à ce que je perd mes peines en l’essayant.

Adr. Je soignerai mon mari, serai sa garde malade,

Ferai diète à sa maladie, car c’est mon office,

Et n’aurai nul procureur que moi-même ;

Et pour cela laisse-le retourner chez lui avec moi,

Abb. Soie patiente, car je ne le laisserai pas bouger

Jusqu’à ce que j’ai employé les moyens approuvés que je possède,

Avec des drogues saines, des sirops, et des prières saintes, Pour le rendre encore un homme raisonnable :

C’est une branche et portion de mon serment,

Un devoir charitable de mon ordre.

Alors pars, et laisse-le ici avec moi.

Adr. Je ne veux pas aller et laisser ici mon mari ;

Et il convient mal à votre Sainteté De séparer le mari de sa femme.

Abb. Soie tranquille, et pars ; tu ne l’auras pas.

Luc. Plaigne-toi au Duc de cette indignité. [Z’ Abbesse sort. Adr. Viens, va, je me prosternerai à ses pieds,

Et ne me lèverai pas jusqu’à ce que mes larmes et prières Ont persuadé sa Grâce de venir ici en personne,

Et que j’ai pris par force mon mari de l’Abbesse.

Mar. Je pense que maintenant le cadran indique cinq heures. Je suis sûr que le Duc lui-même Vient ici à ce vallon mélancolique,

Cet endroit de la mort et de la triste exécution Derrière les fossés de l’abbé ici.

Ang. Pour quelle raison ?

Mar. Pour voir un marchand révérend de Syracuse,

122 LA COMÉDIE DES ERREURS [acte v.

Qui débarquait malheureusement dans cette baie Contre les lois et statutes de cette ville,

Décapité publiquement pour son offense.

Ang. Voie où ils viennent ; nous verrons sa mort.

Agenouille toi au Duc avant qu’il passe l’abbaye.

Le Duc entre , suivi ; Ægéon tète nue ; avec le Bourreau et

autres Officiers.

Duc . Proclame-le publiquement encore une fois,

Si aucun ami payera la somme pour lui Il ne mourrera pas ; nous lui offrons autant.

Adr. Duc très sacré, la justice contre l’Abbesse.

Duc. Elle est une dame vertueuse et révérende ;

Il ne peut pas être qu’elle t’a fait tort.

Adr. Plait-il à ta Grâce, mon mari Antipholus,

Lequel je fis seigneur de moi-même et de tout ce que je possède,

En lisant tes lettres importunes ce malheureux jour,

Il était pris d’un accès terrible de démence Qu’il hâta furieusement par les rues,

Son esclave avec lui tout autant fou,

Inquiétant les malheureux citoyens En se précipitant dans leurs maisons Emportant des bagues, des bijoux —

Aucune chose qu’il voulait avoir dans sa rage.

Une fois je le fis lier et l’envoyai chez lui,

Pendant que j’allai faire redresser les torts Qu’il avait commis par ici et par là dans sa furie.

Je ne sais pas comment, mais bientôt Ils s’échappa de ceux qui le gardaient,

Et avec son domestique fou et lui-même,

Chacun, plein de colère, avec des épées tirées,

Nous rencontraient encore, et avec leurs attentions Follement tournées sur nous nous chassaient,

Jusqu’à ce que nous levant plus de secours,

Les lions encore une fois. Alors ils fuyaient Dans cette abbaye, où nous les poursuivons :

sc. 1.]

Et ici l’Abbesse nous ferme les portes,

Et ne nous permettra pas de le chercher.

Ni de le laisser aller, que nous pourions l’emporter d’ici. C’est pourquoi, très gracieux Duc, qu’avec tes ordres Qu’il soit apporté et pris d’ici pour son salut.

Duc . Depuis longtemps ton mari me servait dans mes guerres ; Je te donnai ma parole de prince,

Quand tu le feras maître de ton lit,

De l’accorder toute la grâce et le bonheur que je pouvais. Allez, quelqu’uns de vous, frappe à la porte de l’abbaye,

Et dîtes à l’Abbesse de venir me parler.

J’arrangerai ceci avant que je sorte.

Un Domestique entre .

Dom. Oh, maîtresse, maîtresse ! va et sauve toi !

Mon maître et son homme se sont tous deux échappés,

Ont battu les filles tour à tour, et lié le médecin,

Dont la barbe ils ont roussi par le feu ;

Et toujours comme il brûlait, ils jettaient sur lui De grands sceaux de boue troublée pour éteindre les cheveux : Mon maître le prêche patience et pendant cela Son homme avec des ciseaux le rase comme umfou,

Et assurément, si tu n’envoyes pas maintenant d’aide,

Ils tueront entre eux le sorcier.

Adr. Paix, fou ! ton maître et son homme sont ici,

Et ce que tu nous racontes est faux.

Dom . Maîtresse, par ma vie, je te dis la vérité !

Je n’ai presque pas respiré depuis que je l’ai. vu.

Il crie pour toi, et jure que, s’il peut te prendre,

De roussir ta figure et de te défigurer.

Écoute, écoute, je l’entends, maîtresse ; sauve toi, va !

Duc. Viens, reste ici avec moi debout ; ne crains rien.

Garde avec des hallebardes.

Adr. Ah moi, c’est mon mari ! soie témoin Qu’il est porté par ici et par là invisible.

Même maintenant nous le logeons ici dans l’abbaye,

Et le voilà maintenant au delà de la raison humaine.

LA COMÉDIE DES ERREURS [acte v.

Antipholus et Dromio d’Ephèse entrent .

Ant. E. Justice, très gracieux Duc ! Oh ! accorde-moi justice Même pour le service que je t’ai rendu depuis longtemps, Quand je combattais dans tes guerres et recevais De profondes cicatrices pour te sauver la vie,

Même pour le sang que je perdis alors, accorde-moi justice. Ægéo?i. À moins que la crainte de la mort me rend fou,

Je vois mon fils Antipholus et Dromio.

Ant. E. Justice, doux Prince, contre cette femme-là.

Elle que tu me donnasses être ma femme,

Qui m’a abusé et déshonnoré,

Même dans la force et la hauteur de l’injurie !

Au delà de l’imagination est le tort Dont-elle m’a accablé ce jour.

Duc. Dîtes-moi comment, et tu me trouveras juste.

Ant. E. Grand Duc, aujourd’hui elle me ferma les portes Pendant qu’elle se regala dans ma maison avec des prostituées.

Duc. Une grave faute. Dis, femme, as-tu fais ainsi?

Adr. Non, mon bon seigneur; moi-même, lui et ma sœur, Dînaient ensemble aujourd’hui. Sur mon âme !

Ceci est faux dont il m’accuse !

Luc . Que je ne regarde jamais encore le jour ni dorme par la nuit

Si elle ne raconte à ton Altesse la simple vérité !

Ang. Oh femme parjurée ! elles sont toutes deux parjurées.

Le fou les charge justement en ceci.

Ant. E. Mon suzerain, je suis avisé en ce que je dis ;

Ni dérangé par l’effet du vin,

Ni impétueux et téméraire, provoqué par une colère furieuse, Tout de même mes torts pourraient rendre fou un plus sage.

Cette femme me ferma la porte aujourd’hui au dîner.

Cette orfèvre là, s’il ne fut pas en ligue avec elle,

Pourrait le témoigner, car il fut alors avec moi ;

Qui me quittait pour aller cherchez une chaîne,

sc. 1.]

Me promettant de la porter au Porc-épic Où Balthazar et moi dînaient ensemble.

Notre dîner fini, et lui ne venant pas là,

J’allais le chercher ; je le rencontrai dans la rue,

Et avec lui ce même gentilhomme.

Ce fut là ou cet orfèvre parjuré jura contre moi, Qu’aujourd’hui je recevais de lui la chaîne,

Que, Dieu sait, je n’ai jamais vue, pour laquelle Il m’arrêtait avec un officier.

J’obéissais, et envoyais mon paysan à la maison Pour quelques ducats : il retourna avec rien.

Alors je demandai à l’officier M’accompagner lui-même chez moi.

Par la route nous rencontrons Ma femme, sa sœur, et encore une foule De vils confédérés avec eux.

Us amenaient un Pinch, un vilain affamé et maigre,

Une simple anatomie, un saltimbanque,

Un jongleur râpe, et un diseur,

Un malheureux nécessiteux aux yeux caves et aux regards aigres.

Un homme vivant mort : cet esclave pernicieux,

Par exemple, se comporta comme un sorcier,

Et regardant dans mes yeux, tâtant mes pouls,

Et me défiant pour ainsi dire, sans aucune figure Il exclama que je fusse possédé. Alors tous ensemble Us m’attaquaient, me liaient, me transportaient de là,

Et dans une voûte sombre et humide chez moi,

Nous laissaient (moi et mon homme) liés ensemble,

Jusqu’à ce que, rongeant avec mes dents mes liens en deux,

Je gagnai ma liberté, et immédiatement

Je courrai ici vers ta Grâce, qui j’implore

Me donner ample satisfaction

Pour ces extrêmes hontes et grandes indignités.

Ang. En vérité, mon Seigneur, jusque là je le rends témoignage Qu’il ne dînait pas chez lui, mais qu’on lui ferma les portes.

126 LA COMÉDIE DES ERREURS [acte v.

Duc. Mais recevait-il une telle chaîne de lui ou non ?

Ang. Il la recevait, milord : et quand il rentrait ici,

Ces personnes virent la chaîne sur son cou.

Mar. Outre je pourrais jurer que mes oreilles

T’entendaient confesser que tu as eu la chaîne de lui,

Après que tu l’as premièrement abjurée au marché :

Et sur cela je tirai mon épée sur vous.

Et alors vous fuyez dans cet abbaye ici,

D’où je pense tu es sorti comme par miracle.

Ant. E. Je n’ai jamais été dans ces murs d’abbaye,

Ni as tu jamais tiré sur moi ton épée,

Je n’ai jamais vu la chaîne, que le ciel me bénit !

Et ce donc tu me charges est faux.

Duc. Comment, quelle accusation embrouillée est celle-ci ?

Je pense que vous avez tous bu de la tasse de Circé.

Si vous l’aviez ici logé, il aurait été ici.

S’il fut fou, il ne plaiderait pas si calmement.

Vous dites qu’il dînait chez lui ; l’orfèvre ici Le nie. Coquin, que dis-tu ?

Dro. E. Monsieur, il dînait avec elle ici, au Porc-épic.

Cour. Il le fit, et saisit la bague de mon doigt.

Ant. E. C’est vrai, mon seigneur, que je vois maintenant votre Grâce.

Duc. Comment, ceci c’est étrange. Va, appelle ici l’Abbesse. Je pense que vous êtes tous amoureux, ou complètement fous. [ Un Attendant sort.

Ægéon. Très-puissant Duc, permettez-moi de dire un mot :

Je vois peut-être un ami qui me sauvera la vie,

Et payera la somme qui pourrait me sauver.

Duc. Parle librement, Syracusien, comme tu veux.

Ægéon. Votre nom n’est-il pas Antipholus ?

Et ce Dromio n’est-il pas votre esclave ?

Dro. E. Dans l’espace de cette heure je fus son esclave, Monsieur,

Mais lui, je le remercie rongeait en deux mes cordes ; Maintenant je suis Dromio, et son homme délié.

Ægéon. Je suis sûr que vous me reconnaissez tous deux.

SC. i.] LA COMEDIE DES ERREURS 127

Dro. E. Nous mêmes nous nous rappelons Monsieur par vous ;

Car récemment nous étions liés comme vous êtes maintenant : Vous n’êtes pas le patient de Pinch, êtes vous, Monsieur ? Ægéon. Pourquoi me regardes-tu si curieusement ?

Vous me connaissez bien.

Ant. E. Je ne t’ai jamais vu dans ma vie avant aujourd’hui. Ægéon. Oh, le malheur ma changé depuis que tu m’as vu ;

Et des heures pénibles avec la main difformée du temps Ont écrit des traits étranges dans ma figure.

Mais dîtes-moi cependant, ne connais-tu pas ma voix ?

Ant. E. Nullement.

Ægéon. Dromio, ni toi nonplus?

Dro. E. Non, en vérité, Monsieur, ni moi.

Ægéon. Je suis sûr que tu la reconnais.

Dro. E. Oui, Monsieur, mais je suis sûr que je ne la reconnais pas ; et quoique ce soit qu’un homme nie vous êtes maintenant lié à le croire.

Ægéon. Ne reconnais-tu pas ma voix ? O l’extrémité du temps,

As-tu si craqué et fendu ma pauvre langue Qu’en sept années courtes, mon fils unique ici Ne reconnais pas mon faible ton de soucis dérangés ?

Même que maintenant ma figure tracée soit cachée Dans la neige bruniante de l’hiver qui tue la sape Et que tous les conduits de mon sang sont gelés ;

Cependant ma nuit de la vie a quelque souvenir,

Mes lampes usées quelque lueur fanante,

Mes oreilles sourdes et dures un peu accoutumées à entendre :

Tous ces vieux témoins (je ne puis pas errer)

Me disent tu es mon fils Antipholus.

Ant. E. Je n’ai jamais vu mon père dans ma vie.

Ægéon. Mais, mon garçon, il y a sept années qu’en Syracuse Nous sommes partis ; mais peut-être, mon fils,

Tu as honte de me reconnaître dans ma misère.

Ant. E. Le Duc et tous ceux qui me connaissent dans la ville

128 LA COMÉDIE DES ERREURS [acte v.

Pourraient me rendre témoignage que ce n’est pas ainsi ;

Je n’ai jamais vu Syracuse de toute ma vie.

Duc. Te te dis, Syracusien, il y a vingt ans Que je suis patron à Antipholus,

Pendant quelles années il n’a jamais vu Syracuse :

Je vois que ton âge et tes dangers t’ont rendu fou.

Z’ Abbesse entre avec Antipholus de Syracuse et Dromio de Syracuse.

Abb. Très-puissant Duc, voici un homme beaucoup lésé.

[Tous rassemblent pour les voir.

Adr. Je vois deux maris, ou mes yeux me trompent.

Duc. Un de ces hommes est le génie de l’autre ;

Et dîtes moi lequel de ces deux est l’homme naturel,

Lequel l’esprit ? Qui peut les distinguer ?

Dro. S. Moi, Monsieur, suis Dromio ; ordonne-lui de s’en aller. Dro. E. Moi, Monsieur, je suis Dromio ; permettez-moi de rester.

Ant. S. Ægéon n’es-tu pas, ou son esprit ?

Dro. S. Oh, c’est mon vieux maître ! Qui l’a ici lié ?

Abb. Quiconque le lie, je lâcherai ses liens Et gagnerai un époux par sa liberté !

Parle, vieil Ægéon, si tu es l’homme

Qui a eu autrefois une épouse nommé Æmilia

Qui t’enfantait à une couche deux fils !

Si tu soies le même Ægéon, parle !

Et parle à la même Æmilia !

Ægéon. Si je ne rêve pas, tu es Æmilia !

Si tu es elle, dis moi ou est ce fils

Qui flottaient avec toi sur ce radeau fatal ?

Abb. Lui et moi et le jumeau Dromio

Furent tous recueillis par des habitants d’Épidamne. Qu’est-ce qu’ils sont alors devenus je ne puis pas dire ;

Moi à cette fortune dont tu me vois le récipient.

Duc. Comment, c’est que commence bien son histoire du matin

Ces deux Antipholus, ces deux si resemblants l’un à l’autre,

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