‹ Four plays of ShakespeareChapitre 37 sur 69 · Scène I. — Une autre portion du Parc · texte numérisé non relu

Scène I. — Une autre portion du Parc

Armado et Moth entrent.

Arm. Gazouille, enfant ; enchante mon ouïe.

Moth . Concolinel. [Chantant.\

Arm. Charmant air ! Va, jeunesse d’années ! prend cette clef, donne la liberté au paysan, amène le ici joyeusement ; il faut l’employer porter une lettre à mon amour.

Moth. Maître, voulez-vous gagner votre amour dans une mêlée française ?

Arm. Que veux-tu dire ? se mêlant en français ?

Moth. Non, mon maître complet : mais pour danser un air bien connu (au bout de la langue), canary to it avec vos pieds, le flattait en tournant vos paupières dessous dessus, soupirait une note, chantait une note, quelquefois par la gorge, comme si vous avaliez l’amour en le chantant ; quelquefois par le nez, comme si vous reniflez l’amour en le sentant ; avec votre chapeau comme un appentis au dessus de la boutique de vos yeux ; avec vos bras croisés sur votre mince doublet d’estomac, comme un lapin sur une broche ; ou avec vos mains dans vos poches comme un homme dans les vieux tableaux ; et ne gardez pas trop longtemps le même air, mais une goûte et c’est fini (but a sip and away). Ceux-ci sont des compliments, ceux-ci sont des humeurs; ceux-ci trompent de gentilles filles qui seraient trompées quoi que ce soit, et les rendraient hommes de marque (marquez, mes hommes ?) qui sont les plus affectés ainsi.

Arm . Comment as-tu acquis cette expérience?

158 LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR [acte iii.

Moth. Par mon sous (penny) d’observation.

Arm. Mais, oh - mais, oh -

Moth. “ - Le dada est oublié ” (4).

Arm. Appelles-tu mon amour un dada ?

Moth. Non, mon maître, le dada n’est qu’un poulain, et ton amour, peut-être, un cheval de louage.

Mais avez-vous oublié votre amour ?

Arm. Presque.

Moth. Etudiant négligeant ! Apprend-la par cœur.

Arvi. Par cœur, et dans le cœur, garçon.

Moth. Etpour prendre le cœur, maître: tous ces trois je prouverai. Arm. Que prouveras-tu ?

Moth. Un homme, si je vive; et ceci, par, dans, et sans, à l’instant ; par cœur vous l’aimez, car votre cœur ne peut pas l’obtenir : en le cœur car votre cœur est en amour avec elle. Et vous l’aimez à perdre le cœur, ayant perdu le cœur, par ce que tu ne puis l’avoir obtenu.

Arm. Je suis tous ces trois.

Moth. Et encore trois fois de plus, et cependant rien de tout. Arm. Allez chercher ici le paysan ; il faut qu’il me porte une lettre.

Moth. Un message bien considéré; un cheval être ambassadeur pour un âne !

Arm. Ha, ha ! que dis-tu ?

Moth. Vraiment, monsieur, il faut envoyer l’âne chercher le cheval, car il est très tardif : mais je vais.

Arm. La route n’est que courte. Va.

Moth. Aussi vîte que le plomb, monsieur.

Arm. Ton intention, joli ingénu ?

Le plomb n’est-il pas lourd, sombre, et lent ?

Moth. Minimé, mon honnête maître ; ou plutôt, maître, non. Arm. Je dis que le plomb est lent.

Moth. Vous êtes trop vif, monsieur, pour le dire.

Le plomb qu’on envoie d’un fusil est-il lent ?

Ar?n. Douce fumée de la rhétorique !

Il me nomme un canon ; c’est lui-même :

Je te décharge au paysan.

SC. i.] LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR 159

Moth . Décharges-toi alors, et moi je m’enfuis. [// sort.

Arm. Un jeune homme très fin ; facile et plein de grâce !

Par ta faveur, doux ciel, il faut que je soupire en face de toi : Mélancolie la plus sévère, la valeur te dépossède.

Mon messager est retourné.

Moth rentre avec Costard.

Moth. Une merveille, mon maître ; voici une tête cassée dans un tapage ;

Arm. Quelqu’ énigme, quelqu’ énigme : viens, ton Venvoy ; commence.

Cost. Pas d’énigme, pas Venvoy ; oh, monsieur, seulement un simple plantain, pas de Venvoy , pas de Venvoy, pas de remède, monsieur, mais un plantain ?

Arm . Par la vertu, tu excites le rire ; ta sotte pensée ma bile ; la secousse de mes poumons provoque au ridicule rire ; oh, pardonne-moi, mes étoiles ! Le fou prend-il Venvoy pour un rémède ?

Moth. Les sages pensent-ils autrement ? Venvoy n’est-il pas un rémède ?

Arm. Non, page : c’est un épilogue ou discours, pour rendre claire

Quelque priorité que jusqu’alors a été volontiers.

Je vous donnerai un exemple :

Le renard, le singe, et le bourdon

Furent toujours en querelle, n’étant que trois.

Voilà la morale ; maintenant pour Venvoy.

Moth. J’ajouterai Venvoy ; dites encore la morale.

Arm. Le renard, le singe, et le bourdon

Furent toujours en querelle, n’étant que trois.

Moth. Jusqu’à ce que l’oie sortait de la porte

Et empêchait l’inégalité en formant quatre.

Maintenant, commencerai-je ta morale, et suis moi avec mon Venvoy.

Le renard, le singe, et le bourdon

Furent toujours en querelle, n’étant que trois.

i6o LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR [acte iii.

Arm. Jusqu’à ce que l’oie sortait de la porte,

Et empêchait l’inégalité en formant quatre.

Moth. Un bon Venvoy , finissant par Foie ;

Désirais-tu plus ?

Cost. Le garçon lui a vendu un excellent marché une oie, c’est comme cela qu’il se fasse.

Monsieur, tu as bien dépensé ton sou, si ton oie est bien grasse.

Pour faire bien un bon marché bien rusé il faut qu’on se fasse.

Laisse-moi voir : un grand Venvoy ; oui donc, c’est une oie grasse.

Arm. Viens ici ; viens ici. Comment cet argument commençait-il ?

Moth. En disant que Costard a cassé une jambe.

Alors vous avez demandé Venvoy.

Cost. C’est vrai, et moi j’ai demandé un plantain ;

C’est ainsi qu’est arrivé votre argument ;

Alors Venvoy gras du garçon, Foie que vous avez achetée ;

Et cela a conclué le marché.

Arm. Mais, dis-moi ; y avait-il un nommé Costard cassé de la jambe ?

Moth. Je vous le dirai tout à l’heure.

Cost. Tu ne l’apprécies pas, Moth ; je vous raconterai ce Venvoy. Moi, Costard, qui était sauf dans la maison en y sortant, Tombai sur le seuil et cassai ma jambe.

Arm. Nous ne parlons plus de ceci.

Cost. Jusqu’à ce qu’il y aura plus de matière dans la jambe. Arm. Vraiment, Costard, je t’affranchirai.

Cost. Oh, mariez-moi à un Français ; —

Je sens quelque Venvoy , quelque oie, en ceci.

Arm. Par ma chère âme, je veux te dire en te donnant la liberté, en affranchissant ta personne tu étais renfermé, restreint, pris, et tenu.

Cost. C’est vrai, c’est vrai ; et maintenant tu seras ma purgation, et me rendras ma liberté.

Arm. Je te mettrai en liberté, t’enfranchirai de ta cage, et

sc. i.] LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR 161

comme paiement, je n’exige que ceci : porte ceci, qui signifie beaucoup, à la paysanne Jaquenette : voilà de rémunération [il lui donne de Hargent\ ; car le meilleur gardien de mon honneur c’est de récompenser mes dépendants. Motte, suis moi. [Il sort.

Moth. Comme la suite, c’est moi. Seigneur Costard, adieu. Cost. Ma douce once de chair d’homme !

Mon cher Juif mignon ! [Motte sort.

Maintenant je considérai sa rémunération.

Rémunération ! Oh, cela veux dire en Latin trois liards : trois liards — rémunération. Quel est le prix de cet article? — Un sou. Je te donnerai une rémunération ! eh bien donc, cela va bien. Rémunération ! eh bien donc, c’est un meilleur nom qu’une couronne française. Je n’acheterai ni vendrai sans me servir de ce mot.

Biron entre.

Biron. Oh, mon bon coquin Costard, bien joliment rencontré! Cost. Je vous prie, Monsieur, combien de ruban carnation peut un homme acheter pour une rémunération ?

Biron. Qu’est-ce qu’une rémunération ?

Cost. Vraiment un sou, et un demi-sou.

Biron. Eh bien, alors, du ruban pour trois liards.

Cost. Je remercie ton honneur ; que Dieu te bénisse !

Biron. Oh, restez esclave ; il faut que je t’emploie :

Comme tu veux gagner ma faveur, mon bon garçon,

Fais moi une chose que je te demande.

Cost. Quand veux-tu que je la fasse?

Biron. Oh, cette après-midi.

Cost. Bien, Monsieur, je la ferai : adieu.

Biron. Oh, tu ne sais ce que c’est.

Cost. Je la saurai, Monsieur, quand je l’aurai faite.

Biron. Mais, coquin, il faut le savoir premièrement.

Cost. Je viendrai chez ton honneur demain matin.

Biron. U faut le faire cette après-midi. Ecoute, esclave, ce n’est que ceci :

La princesse vient faire la chasse ici dans le parc,

iÔ2 LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR [acte iii.

Et il y a dans sa suite une gentille dame ;

Quand les langues parlent doucement, elles la nomment,

Et son nom est Rosaline ; demande-la,

Et donne entre ses mains blanches Ce paquet scellé. Voici ta récompense : va.

[Il lui donne de P argent.

Cost , Récompense, oh charmante récompense ! meilleure que rémunération, vingt-deux sous et un liard de plus : oh très charmante récompense ! Je la ferai, Monsieur. Récompense — rémunération ! [Il sort.

Biron. Oh ! par ma foi, c’est moi qui est amoureux !

Moi, qui me suis moqué de l’amour ;

Moi-même qui considérai un petit soupir digne d’être puni ;

Un pédant dominant le garçon ;

Nul mortel ne fut si superbe !

Ce garçon capuchonné, plaignant, aveugle, et pervers ;

Ce vieux-jeune, ce géant-nain ; Messire Cupidon,

Régent des vers d’amour, maître des bras croisés,

Souverain oint des soupirs et des gémissements,

Lige de tous les traînards et les mécontents,

Terrible prince des jupons, roi des braguettes,

Seul empereur, et grand général

Des appariteurs qui viennent. Oh mon petit cœur !

Et moi d’être un caporal dans son emploi,

Et portant ses couleurs comme le cercle d’un saltimbanque !

Quoi ! J’aime, je solicite ! Je cherche une femme !

Une femme qui ressemble à une horloge allemande, Toujours se renouvelant; toujours en désordre.

N’allant jamais bien, étant une horloge,

Etant observée pour ce qu’elle aille bien !

Encore d’être parjuré, qui est le pire de tout ;

Et de tous les trois d’aimer le plus ;

Une blanche libertine d’un front de velours

Avec deux globes noirs fixés dans sa figure comme d’yeux.

Oui donc, et, par les cieux, une qui fera l’acte

sc. I.] LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR 163 Même si Argus la gardait !

Que moi je me consummasse en soupirs pour elle! Que je vieillaisse pour elle !

Que je priasse pour elle ! Va donc : c’est une peste Que Cupidon nous impose pour avoir négligé Son terrible grand petit pouvoir.

Eh bien donc, j’aimerai, j’écrirai, je soupirai, je poursuivrai et gémirai :

Il y en a ceux qui aiment Madame et ceux qui aiment Rhée.

[// sort.

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