‹ Four plays of ShakespeareChapitre 38 sur 69 · Scène I. — Une autre partie du Parc · texte numérisé non relu

Scène I. — Une autre partie du Parc

La Princesse, Rosaline, Maria, Catherine, Boyet, des Lords , des Serviteurs , et un Forestier entrent.

Prin. Celui qui éperonnait son cheval si fortement Contre le lever escarpé de la colline était-ce le roi ?

Boy. Je ne sais pas pour sûr, mais je pense que ce ne fut pas lui. Prin. Quiconque qu’il soit, il montrait un esprit ambitieux.

Eh bien, mes seigneurs, aujourd’hui nous prendrons notre dépêche.

Samedi nous retournerons en France. —

Alors, forestier, mon ami, où est le buisson Où il faut nous cacher et y jouer le meurtrier ?

For. C’est ici, sur le bord du taillis là-bas ;

Une place où vous pouvez tirer le plus beau coup.

Grâce à ma beauté, je suis belle qui tire.

Et ainsi tu dis bien, la plus belle tire.

For. Pardon, Madame, je ne voulais pas dire cela.

Prin. Quoi, quoi ? me louer d’abord, et après cela me dire non ?

Oh fierté éphémère ! Pas belle ! oh misère !

For. Oui, Madame, belle.

Prin. Non, donc, ne me flattez pas maintenant ;

Où il n’y a pas de beauté, l’éloge ne peut réparer la figure. Voici, mon brave homme, prend cela pour avoir dit la vérité.

\Lui donnant de l argent.

Bon paiement pour des mots injurieux est plus que ce qui est dû.

For. Tu es l’héritière de rien qui n’est pas beau.

Prin. Vois donc, vois, ma beauté sera sauvée par le mérite ! Oh hérésie de la beauté, convenable à ces jours !

sc. i.] LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR 165

Une main qui même qu’elle est vile aura de belles louanges. Mais viens, l’arc : — maintenant la miséricorde va tuer,

Et on parle mal de tirer bien.

Ainsi je sauvrai mon crédit dans le coup :

Ne blessant pas, car la pitié ne me laisse pas le faire;

Si, en blessant, je voulais plus montrer ma dextérité,

Et ce fut plus pour les louanges qu’à dessein que je voulais tuer. Et certainement quelquefois c’en est ainsi,

La gloire est coupable de crimes détestables,

Quand, à cause de la renommée, des louanges, et de la partie extérieure,

Nous plions à cela le travail du cœur ;

Comme moi qui seulement pour la gloire tache De verser le sang du pauvre cerf, que mon cœur aime.

Boyet. Ces femmes maudites ne tiennent-elles pas cette souveraineté

Seulement pouravoir lagloire, quandelles tachentde gouverner leurs gouverneurs?

Prin. Seulement pour la gloire : et il faut rendre la gloire à aucune dame qui gouverne son seigneur.

Costard entre.

Boyet. Voici un membre de la république qui entre.

Cost. Dieu vous accorde la bonne nuit ! Je vous prie, quelle est la dame principale ?

Prin. Tu la connaîtras, coquin, par les autres, qui n’ont pas de têtes.

Cost. Qui est la dame la plus grande de la plus haute taille ? Prin . La plus grande et de la plus haute taille.

Cost. C’est ainsi ; la vérité est la vérité.

Si votre taille, Madame, était si mince que mon esprit,

Une de ces ceintures de filles vous irait très bien.

N’êtes-vous pas la femme principale? vous êtes la plus grasse ici.

Prin. Que voulez-vous, Monsieur ? que voulez-vous ?

Cost. J’ai une lettre de Monsieur Biron adressée à Madame Rosaline.

1 66 LES PEINES PERDUES DE L’AMOUR [acte iv.

Prin. Oh, ta lettre, ta lettre ! il est un bon ami de moi : Tenez-vous à l’écart, bon messager.

Boyet vous pouvez découper ce chapon.

Boyet. On m’oblige à servir.

On a mal porté cette lettre, il n’importe à personne ici ;

On l’a écrite à Jacquenette.

Prin. Nous la lirons, je le jure.

Rompe le cou de cire, et que tout le monde écoute.

Boyet. [Lit.] “ Par le ciel, que tu es belle , c’est le plus infaillible; c’est vrai , que tu es claire ; la vérité elle-même , que tu es aimable. Plus claire que claire , plus belle que belle , plus vraie que la vérité elle-même aye commisération sur ton vassal héroique ! Le roi le plus illustre et le plus magnanime Cophétua regarda la mendiante la plus pernicieuse et la plus indubitable Zénélophon ; et c’était lui qui pouvait bien dire , Veni, vidi, vici ; qui pour ‘ annothanize ; dans la langue vulgaire ( oh vulgarité basse et commune !) videlicit , il vint , il vit , et vainquit ; il vint , un ; vit , deux ; vainquit , trois. Qui vint ? le roi : pourquoi vint-il ? pour voir : pourquoi vit-il? pour vaincre : à qui vint-il ? à la mendiante : que vit-il ? la mendiante: qui vainquit-il ? la mendiante. La conclusion c’est la victoire : du côté duquel ? du côté du roi. Le captif est e?irichi : du côté duquel ? du côté de la mendiante. La catastrophe est un mariage: du côté de qui ? du côté du roi? — non , du côté de tous les deux en un, où du côté d’un e?i tous les deux. Je suis le roi; car la comparaiso?i est ainsi établie: tu es la mendiante car ton abjection en est une preuve. Ordonneraije ton amour ? Je le puis : forcerai-je ton amour ? Je le pourrais. Sollicitrai-j e ? Je le ferai. Qu’échangerais-tu

pour des chiffons ? des robes ; pour des bagatelles, des titres (for Utiles, titles), pour toi-même , moi. Ainsi, en attendant votre réponse, je profane mes lèvres sur ton pied, mes yeux sur ton tableau, et mon cœur sur ton e?itier.

“ A toi, dans le plus cher dessein de l’industrie ,

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