‹ Four plays of ShakespeareChapitre 51 sur 69 · Scène II. — Le Jardin de Capulet · texte numérisé non relu

Scène II. — Le Jardin de Capulet

Roméo entre.

Rom. Il se moque des cicatrices qui n’a jamais sentit une blessure. [Juliette apparait en haut à une fenêtre. Mais, chut ! Quelle lumière perce cette fenêtre-là ?

C’est l’orient, et Juliette est le soleil !

Lève-toi, beau soleil, et tue la lune envieuse,

Qui est déjà malade et pâle avec douleur,

Que toi, sa servante, est bien plus belle qu’elle.

* Ceci n’est pas traduisable en français.

246 ROMÉO ET JULIETTE [acte ii.

Ne soie pas sa servante, car elle est envieuse ;

Sa livrée virginale n’est que malade et verte,

Et nuis que des fous la portent ; rejette-là.

C’est Madame, oh, c’est mon amour !

Oh, qu’elle sachât qu’elle le fût !

Elle parle, cependant elle ne dit rien : qu’est-ce que cela ? Son œil parle ; j’en serai responsable.

Je suis trop hardi, ce n’est pas à moi qu’elle parle :

Deux des plus belles étoiles dans tout le ciel,

Ayant quelques affaires, supplient ses yeux

Scintiller dans ses sphères jusqu’à ce qu’elles retournent.

Quoi si ses yeux furent là, elles dans sa tête ?

La beauté de sa joue ferait honte a ces étoiles,

Comme le jour éteint une lampe ; son œil dans le ciel Jaillirait à travers les régions aériennes si brillamment Que les oiseaux le pensant jour chanteront joyeusement. Voie, comme elle appuyé sa joue sur sa main !

Oh, que je fusse un gant sur cette main,

Que je puisse toucher cette joue !

Jul. Ah moi !

Rom. Elle parle :

Oh, parle encore, ange brillant ! car tu es

Aussi glorieuse à cette nuit, étant au-dessus de ma tête,

Qu’est un messager ailé du ciel

Aux yeux blancs élevés et étonnés des mortels

Qui se reculent pour le regarder

Quand il monte les nuages passant lentement

Et vogue sur le sein de l’atmosphère.

Tul. Oh, Roméo, Roméo ! pourquoi es-tu Roméo ?

Nie ton père et refuse ton nom :

Oh, si tu ne le veux pas, ne jure que d’être mon bien-aimé, Et je ne serais plus une Capulet.

Rom . Entenderai-je encore, ou parlerai-je maintenant ? [A part. Jul. Ce n’est que ton nom qui est mon ennemi ;

Tu es toi-même donc, et pas un Montague.

Qu’est-ce qu’un Montague ? Ce n’est ni main, ni pied,

Ni bras, ni figure, ni aucune autre partie

Qui appartient à l’homme. Oh, soie quelqu’autre nom ! Qu’est-ce qu’un nom ? Ce que nous appelons une rose Sentirait aussi douce par aucun autre nom ;

Roméo retiendrait, s’il ne fut pas appelé Roméo,

Cette chère perfection qu’il possède

Sans ce titre. Roméo, dépouille-toi de ton nom,

Et pour ce nom qui est nulle partie de toi-même Prends toute moi-même.

Rom. Je te prends à ton mot.

Ne m’appelle que l’amour, et je serais encore baptisé ; Désormais je ne serais jamais Roméo.

Jul. Qui es-tu, qui, caché par la nuit,

Trébuchait ainsi sur mon conseil ?

Rom . Par un nom

Je ne sais comment t’apprendre qui je suis :

Mon nom, chère sainte, m’est odieux,

Car il est ton ennemi :

L’eus-je écrit, je déchirerai le mot.

Jul. Mes oreilles n’ont pas encore embibé cent mots

De la parole de cette langue, cependant je connais le son ; N’es-tu pas un Roméo et un Montague ?

Rom. Nul, belle fille, si aucun ne t’aime pas.

Jul. Comment vins-tu ici ? dis-moi, et pourquoi ?

Les murs du verger sont hauts et difficiles à grimper,

Et l’endroit la mort, sachant qui tu es,

Si aucun de mes parents te trouve ici.

Rom. Avec les ailes légères de l’amour ai-je volé au-delà de ces murs,

Car des limites pierreuses ne peuvent pas retenir l’amour ;

Et ce que l’amour peut faire, l’amour ose essayer ;

Ainsi tes parents ne m’arrêtent pas.

Jul. S’ils te voient, ils t’assassineraient.

Rom . Hélàs, il y a plus de péril dans ton œil

Que dans vingt de leurs épées ; n’aie l’air que douce,

Et je suis à l’épreuve de leur inimitié.

Jul. Je ne voudrais pas pour tout au monde qu’ils te vissent ici. Rom . J’ai le manteau de la nuit pour me cacher à leurs yeux ;

ROMÉO ET JULIETTE [acte 11.

Et excepté que tu m’aimes, laisse les me trouver ici :

Ma vie serait mieux terminée par leur haine Que la mort prorogée, ayant besoin de ton amour.

Jul. Par la direction de qui avez-vous trouvé cet endroit ?

Rom. Par l’amour, qui m’excita premièrement à le demander;

Il me prêta conseil, et je lui prêtai les yeux.

Je ne suis nul pilote ; cependant, fus-tu si loin Que ce vaste rivage lavé par la mer la plus éloignée,

Je l’hasarderais pour un tel trésor.

Jul. Tu sais que le masque de la nuit est sur ma figure,

Ou une rougeur de fille couvrira mon visage Pour ce que tu as entendu cette nuit.

Volontiers je demanderais la formalité, volontiers je nierais Ce que j’ai dis ; mes adieux scrupules !

M’aimes-tu? Je sais que tu diras “Oui,”

Et je te prendrai à tes mots : cependant, si tu jures,

Tu puisses prouver faux; aux parjures des amants,

On dit que Jupiter rit. Oh, gentil Roméo,

Si tu aimes, prononce-le fidèlement ;

Ou si tu penses que je suis trop vite gagnée,

Je froncerai, et serai perverse, et te dirai non,

Pourvu que tu me fasses l’amour ; mais, autrement, pas pour le monde entier.

En vérité, beau Montague, je suis trop passionnée,

Et ainsi tu peut penser que ma conduite est légère ;

Mais, crois moi, Roméo, je prouverai plus fidèle Que ceux qui ont plus de finesse en se trouvant timides. J’aurais été plus étrange, il faut le confesser,

Excepté que tu entendis, avant que je m’endoutais,

La passion de mon vrai amour ; alors, pardonne-moi,

Et n’impute pas cette facilité à l’amour léger,

Que la nuit sombre a ainsi découvert.

Rom. Chère demoiselle, par cette lune bénite je jure

Qui garnit le bout de tous ces arbres fruitiers-là d’argent — Jul. Oh, ne jure pas par la lune, la lune inconstante,

Qui change chaque mois dans son orbe cerclée,

De peur que ton amour prouve également variable.

Rom. Sur quoi jurerai-je ?

Jul. Ne jure pas du tout ;

Ou, si tu veux jurer, jure par toi-même gracieux,

Qui est le Dieu de mon idolâtrie,

Et je te croirai.

Rom. Si le cher amour de mon cœur, —

Tul. Bien, ne jure pas. Malgré que je me réjouisse en toi,

Je n’ai pas de joie dans ce contract cette nuit.

Il est trop téméraire, précipité, trop inconsidéré, trop soudain,

Trop comme l’éclair, qui cesse d’être

Avant qu’on peut dire “ Il éclaire.” Cher, bon soir !

Ce bouton d’amour, par l’haleine mûrissante de l’été,

Peut prouver une belle fleur quand nous nous rencontrons encore.

Bon soir, bon soir ! du repos et du sommeil aussi doux Viennent à ton cœur que celui venu au mien est mou !

Rom. Me laisseras-tu ainsi si peu satisfait ?

Tul. Quelle satisfaction peux-tu avoir cette nuit ?

Rom. L’échange du fidèle vœu de ton amour pour le mien.

Jul. Je donnai le mien avant que tu le demandasses :

Et cependant je voudrais qu’il fusse encore à donner.

Rom. Voudrais-tu t’en retenir? Pour quelle raison, mon amour ?

Jul. Vraiement, être franche, pour te le donner encore.

Et cependant je ne veux que pour la chose que j’ai.

Ma bonté est aussi illimitée que la mer,

Mon amour aussi profond ; le plus que je te donne,

Le plus j’ai, car tous deux sont infinis.

[La Nourrice appelle du dedans.

J’entends quelque bruit à l’intérieur ; cher amour, adieu ! Tout de suite, bonne nourrice ! Soi fidèle, Roméo, ou cela me tue.

Ne reste qu’un peu, je viendrai encore. [Il sort.

Rom. Oh sacrée, sacrée nuit ! j’ai peur,

Étant nuit, tout cela n’est qu’un songe,

Flattant trop doucement pour être substantiel.

[acte II.

Juliette rentre d'en haut.

Jul. Trois mots, cher Roméo, et bon soir vraiment.

Si la qualité de ton amour soit honorable,

Ton intention le mariage, envoyez-moi dire demain,

Par un que je procurerai vous venir.

Où, et à quel temps tu accompliras la cérémonie ;

Et je déposerai toutes mes fortunes à tes pieds Et te suivrai, mon seigneur, par tout le monde. —

[La Nourrice, en dedans.] Madame !

Jul. Je viens, tantôt. — Mais si ton intention est mauvaise,

Je t’implore -

[La Nourrice, en dedans .] Madame !

Jul. Bientôt, je viens : —

Cesse de m’appeler, et laisse-moi à mon chagrin :

J’enverrai demain.

Rom. Ainsi, que ton âme prospère —

Jul. Mille fois bon soir ! [Elle sort.

Rom. Mille fois pire manquer ta lumière.

L’amour va vers l’amour comme vont les écoliers de leurs travaux.

Mais l’amour de l’amour vers l’école le trouvant le pire des maux. [En se retirant lentement.

Juliette e?itre encore , en haut .

Jul. Écoute, Roméo, écoute ! Oh pour la voix d’un fauconnier, Pour leurrer ce gentil tiercelet encore à son foyer ! L’esclavage est rauque, et ne parle pas à haute voix ; Autrement je déchirerais la cave où l’Écho demeure,

Et rendrais sa langue aérienne plus rauque que la mienne, Avec la répétition du nom de Roméo.

Rom. C’est mon propre âme qui m’appelle par mon nom : Comment doux comme l’argent resonnent par nuit les langues des amants,

Comme musique la plus douce aux oreilles écoutantes !

Jul. Roméo !

Rom. Ma bien-aimée !

SC. III

Jul.

À toi ?

Rom.

À quelle heure demain enverrai-je

À neuf heures.

Jiil. Je ne te manquerai pas ; il y a vingt ans jusqu’alors.

J’ai oublié pourquoi je t’ai rappellé.

Rom. Laissez-moi rester ici jusqu’à ce que tu t’en rappelle.

Mais alors, vraiment je l’oublierai.

Jul. Te souvenant comme j’aime ta société.

Rom. Et je resterai encore, pour ce que tu l’oublies encore, Oubliant aucun autre endroit que ceci.

Jul. Il est presque matin ; je voudrais que tu partirais :

Et cependant, pas plus loin qu’un oiseau d’un libertin ;

Qui le laisse gambader un peu de sa main,

Comme un pauvre prisonnier dans des fers entortillés,

Et avec un filet de soie le recueille encore,

Si jaloux comme un amant de sa liberté.

Rom. Je voudrais que je fusse ton oiseau.

Jul. Et moi aussi, mon ami :

Cependant je te tuerais avec beaucoup de soins.

Bon soir, bon soir ! disant adieu est une si douce douleur, Que le dire jusqu’à demain sera mon bonheur. [Elle sort.

R0771. Que le sommeil visite tes yeux, la paix ton pouls !

Que je fusse la paix et le sommeil, ainsi reposer est si doux ! D’ici j’irai à la cellule de mon père spirituel,

Demander son aide, et lui raconter mon malheur continuel.

[Il sort.

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