C. ORDRE DU GÉNÉRAL £N CE£F KLÉBER
An <|garUiir général da Kaire, le SB bramaifa aa Tin de ta RépiUiqiiA françalM, luia «t todMriM^
Klbber, général en chef , Ordonne
Art.
Xi aéra étabU un bureau chargé de recueillir tous les renseignements propres à faire eonnattre Tétat moderne de l*tigypte, sous les rapports du gouvernement, des lois, des usages dvils, religieux ^ domestiques, de l'enseignement
publie et du conomerce.
Il rassemblera les Chartres et actes publics et les inscriptions des monuments ; rédigera les mémoires historiques des événements qui se sont passés dans ce pays, depuis et y com-
l'sgtpte rt lxs cbnt votos. 3^7
pris la dernière expédition du capitan pacha , jusqu'à l'arrivée de l'armée française. Le travail de cette commissioii s*étendra aussi aax relatioDS actuelles de l'Égypte avee rintérienr de l'Afiriqae.
Abt. â.
Le bureau [sera composé des citoyens Fonrier, Gloutiery LiTT0ii,Ta11ieii, Rossetti, Beaudot etDugua. Il sera attaché
à ce bureau un secrétaire français , uu ccrivain arabe, et deux interprètes au choix du bureau^
Aax. 3«
Le bureau est autorisé à prendre communication des re- ^stres et actes publics ^ ainsi que des renseignements écrits sur l'administration. I! correspondra à cet effet avec les
fonctionnaires publics français ou musulmans.
Art. 4.
Le bureau s'assemblera dans le lieu ordinaire des séances du Divan. Les dépenses et frais de bureau seront snceessivement réglés par les ordres du général en chef, sur les états qui lui en seront adressés par la commission.
La première séance aura lieu le 1" frimaire prochain, à dix heures du matin.
Sigiié : Klébea.
D. ABBjÊTÉ bu GÉinÉRAL EN CHEF MENOU.
A% eUofm Fovrier, teeréiair» de l'Institut^ au Kairê*
Aa quartier général du Kaire, le, 17 Cractldor an vm de la République française.
Menou, ^éne'nt/ en ehef^
Au citoyen Fmriery Secrétaire perpétuel de ^Institut
Citoyen, prenant entière confiance en votre zèle, vos lumières et votre attachement à la république française, je vous ai nommé à place de conseiller au conseil privé d'Ëgypte.
32^ l'égtpte et les cent joubs.
La pi*emière séance aura lieu le 1^*^ vendémiaire an 9 de la république.
Jevoosaalae.
Signé : Abo. J. Mekou.
* DoGUMBNx N*" y. (Page 8.)
Réunion du bureau de l* Institut du Kaire et des deux Commissions de la haute Egypte*
Gejourd*hui trois fHmaire an huit de la république française , le bureau de l'Institut ayant réuni les membres de la Commission des sciences et arts dans la salle des séances de rinstitat, la séance a été oaveirte sons la présidence da citoyen Nouet, le plus andeo d'âge. Lecitogreli JoUds, l'im des assistants , a été désigné par l'assemblée pour secrétaire.
Le secrétaire de l'Institut a fait à l'assemblée la lecture de la lettre suivante :
« Âu quartier général dn Kaire, le l*' frfniaire an vm.
« KLÉfi£A, général en cbef , au président de l'Institut national.
Je crois, citoyen président, devoir charger Tlnstltiit de transmettre aux deux commissions qui ont visité la haute
Egypte, le témoignage de ma vive satisfaction sur la manière dont elles se sont acquittées de cette mission, en attendant qae Je puisse en rendre compte an Directoire exécutif en leur payant le tribut d'éloge qui leur est dû.
On ne peut qu'applaudir à l'activité surprenante, àTonioii qui a régné et au partage bien entendu des travaux entre les membres des deux commissions, et surtout à l'idée vraiment libérale et patriotique de confondre tant de belles choses dans un seul et grand ouvrage et de déposer les objets qui en sont susceptibles dans les collections nationales. . Génx des Français qui, avant la formation des commis-
l'égypte £x uîs cent jouas. 3^9
siolîs, ou pendant leurs recherches, ont visité la haute Egypte sous le rapport des sciences , des arts, ou qui en ont allié rétude à d'autres occupations, doivent aussi se réunir aux oommisslonsi car Tobjet est le même: celui de recueillir pour répandre rinstruction et concourir à élever un monument digne du nom français.
Je désire, en conséquence, que Ton prenne des mesures promptes pour assurer la rédaction des différents travaux , pour distribuer les matières, et désigner celui qui sera chargé d'ordonner rensemble de ce beau travail et d'en lier toutes les parties.
L'Institut sentira la nécessité d'une introduction générale partant d'un seul jet , de même que tous les artistes conviendront que les monuments et les dessins doivent être tracés de la même main quandil sera question de les livrer au burin.
L'Institut pèsera avec la sagesse qui lui est j^tv^re, les Intérêts des sciences et des arts que Je ne puis mieux lUie que de lui confier sans réserve.
Je vous salue.
Signé : Kubbbr. >
Sur la proposition d'un membre, il a été arrêté que l'on s'occuperait 8ur-le«hamp de fournir à l'Institut les moyens de
répondre au général en chef.
Plusieurs membres de rassemblée ont successivement demandé la parole et ont énoncé des opinions tendantes à suivre à l'égard des travaux des voyageurs français les usages adoptés par les Académies pour la publication de leurs mémoiies.
Le citoyen Goutelle a donné des développements à cette opinion ; il a rappelé les formes établies dans les sociétés littéraires j il est entré dans quelques détails sur le plan général de l'ouvrage que l'on se propose de faire, il a Mt remarquer la nécessité de laisser aux artistes la plus grande liberté
33o l'£GYPT£ £X L£i> G£rjT JOU£$.
dans la confection de leurs ouvrages; il désire que les artistes en soient les dépositaires eu prenant l'engagement de les communiquer au gouvernement sur la demande qui ea serait fitite. Il a foit sentir oombieaiL serait important pour assurer rezécatioQ de Vwm^ projeté, de Dominer «ne personne (Dpii remplirait auprès de la Commission des arts les fonctions attribuées au secrétaire dans une société littéraire : elles consistent, a-t-il dit, à écrire l'histoire de la formation de la société, à faire précéder chaque volume du précis des mémoires qui y sont contenus. C'est aussi le secrétaire qui enregistre les écrits des auteurs et dont la signature est consultée lorsqu'il s*élève une contestation sur la priorité d*une invention. Celui de nos collègues que je vous propose de nommer aurait, outre les occupations dont j'ai parlé, d'autres devoirs à remplir. Il serait pour ainsi dire le centre de notre société; il serait diargé aussitôt notre arrivée de correspondre nvce les mem|>res et d*étre en quelque sorte Téditeur de l'ouvrage que le public attend de nous. En conséquence de toutes ces considérations, le citoyen Goutel le a proposé un projet dont tous les articles ont été successivement discutés et adoptés ainsi qu'il suit :
f Tous les travaux de la Commissioii des setaeea et arts seront réunis sons la forme des coUeetlona des sociétés sava»* tes et suivant le mode adopté par elles.
2° Lorsque les travaux des divers auteurs seront près d'être aciàevés, la société nommera une commission sufQsammeot nombreuse y qui exercera sur chaeun des ouvrages le droit de contradiction que les sociétés savantes se réservent sur les écrits qui doivent entrer dans leurs collections.
S** La société nommera aujourd'hui l'un de ses membres ^ pour jouir par rapport à elle et à ses collections de toutes les attributions dont Jouissent les secrétaires des sociétés savantes.
4* Le secrétaire sera chargé en outre de eorrespendre avec
L'iaTPTB ET LES ÇBST JOUB8.
les diverses personnes de la société aussitôt après leur retour en FraDce. Il doonera le plustèt possible un compte rendu des travaux Ibits, et aonoDcera ceux que les membres de la Gom« mission se proposeat de faire^
5** Il instruira le bureau de l'Institut des dispositions ci-dessus qui formeront une partie de la réponse à faire au général en cbef , réponse dans laquelle il est nécessaire d'obserw que , quelque zèle que les membres de la Commission apportent à la confection de leurs travaux , ce zèle ne peut produire aucun résultat dans un pays où les auteurs originaux et les moyens de tous les genres manquent totalement. Uappelim sur cet objet toute rattentio9 du général en cbefi dont la bienveillanoe connue, et l'attacbement pour les arts, a fait concevoir à la Commission les plus beurenses espérances.
Ou a passé à la nomination de la personne qui, aux termes de rarticle)3 de l'arrêté ci-dessus, doit remplir waftéa de la Gonnnlssion des sdenees et des arts les fuustloiis de se-
erétaire.
Sur quarante-sept votants, le citoyen Fourier a réuni quarante-cinq voix, le citoyen Viiloteau une, et le citoyen Girard une* Le citoyen Fourier a, em eonséquenee, été proclamé par le président, secrétaire de la Gommiflskm des
sciences et arts.
La séance a été levée à huit heures et demie;
Signé : Nouet , président.
Signé : Joii.oia, secrétaire.
l'kgtptb et les GBirr jouas.
Document YI. (Page 9.)
Minute autographe du projet de traité avec Mourad'Bey, rédigé par Fourier. (Floréal an tiii.)
Au nom de Dieu tout-poissant.
Le tiès-hoDoré et très-illastre parmi les prinees, Mouiad Bey Mohammed , ayant témoigné le désir de vivre en bonne
intelligence avec Tarmée française en Egypte ; et le général en chef Kiéber voulant lui donner des preuves de l'estime qu'ont inspirée aux Fiançais son courage et la loyauté de Ja conduite qu'il a tenue à leur égard , Il a été convenu ce qui suit :
Le général en chef de l'armée française Klébcr, au nom de son gouvernement, reconnaît Mourad Bey Moiiammed en qualité de prince de la haute Egypte.
X II lui concède à ce titre les revenus du territoire de la haute Égypte depuis et y compris..... sur Tune et l'autra rive.
Les conditions de cette concession sont : 1" qu'il payera à la république française le myry dû au souverain de TEgypte, et cette redevance sera déterminée comme il suit :
Les revenus de la douane de Gosséir sont compris dans les concessions faites au prince du Saïd. Ce poste sera occupé par des troupes françaises au nombre de deux cents hommes conjointement avec les Mameluks : cette garnison sera approvl^onnée aux frais de Mourad Bey et la double solde qu'elle doit recevoir sera acquittée en déduction de la redevance déterminée dans l'article précédent.
La jouissance des revenus étant attribuée au seul gouverneur de la haute Ëgypte, il ne diq^osera d'aucune propriété en friveur des personnes qui lui seraient attachées et pcrarvolra à leur entretien comme il le jugera convenable.