II PRÉFACE
me suis proposé d'y rappeler les circonstances principales de cesrapports intimes entre Fourier et Napoleon, durant l’expédition d'Égypte et les cent jours.
Les historiens de ces événements si extraordinaires retrouveront ces souvenirs et ces documents avec quelque intérêt : ainsi sera rempli l'objet même que je devais avoir en vue en publiant cet ouvrage.
Les sujets en sont nombreux et divers, je dois en convenir, mais ils touchent tous à la vie laborieuse de Fourier, elle en constitue l'unité : et serait-ce donc attenter aux règles de l'art, quand la variété, l’étendue et l'excellence des mérites d’un homme en font une obligation à son historien, que de le montrer à la fois grand géomètre, habile écrivain, philosophe profond, administrateur intègre et désintéressé? Fourier figura dans les grandes affaires de son pays et de son temps; est-il donc inutile de savoir quelle part put y prendre un citoyen aussi distingué, etsi, devenu homme public, il donna ou non le trop rare exemple d’une parfaite fidélité à la science et à la philosophie? Ajoutons que la vogue des histoires universelles est passée, et qu'elle ne peut revenir et s'accréditer qu'après de bonnes relations expresses sur chacun des grands événements ou des grands hommes qu'elle doit faire connaître : j'ai réuni quelques faits certains qui concernent un de ces hommes et plusieurs de ces événements.
Un digne panégyriste a déjà recommandé la vie et les travaux scientifiques de Fourier à l'estime et au respect de l'histoire. J'ajoute à cequ'a dit M. Arago; je ne pouvais pas après lui parler , sans imprudence, des mêines faits de la vie de Fourier; aussi me suis-je