‹ Fourier et NapoléonChapitre 3 sur 32 · PRÉFACE. LH · texte numérisé non relu

PRÉFACE. LH

proposé dela décrire dans ses rapports intimes avec ses opinions, sa famille, ses amis et les événements qui la traversèrent.

J'ai dû, en un pareil sujet, me défendre de toute indiscrétion; je crois avoir obei sans faillir à ce sentiment des plus justes convenances ; et quoique je nomme bien des personnes, je n'ai point cessé d'avoir présent à l'esprit ce désintéressement général de Fourier à l’égard des hommes qu'il connaissaitle plus, de ceux même dont il se louait le moins. Toutefois, je dois l'avouer, il ne m'a point paru que ce désintéressement püût s’appliquer, dans son universalité même, à la moralité de l'histoire ; et s'il est vrai qu'elle doive toujours être d’un parti, l’histoire satisfait à cette règle en n abandonnant jamais le parti de la justice et de la vérité : à leur égard l'impartialité serait de l'ingratitude ; il y a un instinct infaillible qui avertit les écrivains de bonne foi de tout ce qui est juste et vrai.

Les lettres et la politique sont mêlées ensemble dans cet ouvrage. Ainsi s’écoula le siècle pour tous nos contemporains de quelque valeur intellectuelle. On n'oubliera donc pas que le personnage qui est le sujet de cet ouvrage fut d’abord un géomètre distingué, et successivement chef del’administration de la justice en Égypte, administrateur d'un des grands départements de l’Empire, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences et l'un des quarante de l’Académie française. Quel est d'ail leurs l’homme de quelque mérite supérieur, ou capable de quelques généreux sentiments, qui n’a pas été mêlé aux prospérités ou aux infortunes de notre France? L'histoire n'est muette que pour le froid égoisme et

Page 1