‹ Fourier, sa vie et sa théorie (volume 2)Chapitre 12 sur 39 · RESULTATS · texte numérisé non relu

RESULTATS

De l'indu$trit 99çiiétft^$ :

BiHiMifl génécde jst graduée, l^érité pratique.

^ Liberté effective.

Paix constante.

Tm^ér^iffet ^qjri^^.

iifgi«n« préventive.

Issue ouverte an progrès.

GONFIAHCB G^NltBALB et UOÎté d'aC-

tion.

As l'ùidutinÊ m»rt4é4 :

IndigMce.

Fourberie.

Oppression.

Guerre.

lf^fimjfén»§ Antréicf.

Maladie piW«M|Bées.

Gerde viciooz.

MiiFiANCx GiiiHAi.% et duplicité d'action.

Les Sociétés dont Fhistoire nom g tran^ffiU k soiivenir ou qui existent eneuFe de nos jours reposent toutes sur le Morcellement industriel , ou eiercic^ de fjpdD^trie par familles non ai$ocié$9. Aussi, toutes ont-^-elles présenté, daoi des proportions yarîab|es s^ulemept , },es fléaux ^nuinérés ci-dessus comme résultant de l^industrie morcelée. Je me borne pour le moment à cette simple observation, me réservant de donner plus Ipin q^eiqiies i^perçus sur la nature et Tordre de succession de ces Sociétés diverses qui répondent à Tepfapce (}ij gepre b^Ri^in^ f ai jiâte de passer des généralités de la théorie au mode d'application réclamé pour elle;

THÉORIE SOCIÉTAIRE. tSl

Principes concrets de F Organisation du travail Aperçu des condiCions d'un Essai sociétaire. Ainsi que des éco^ nomies et autres avantagés ^^il procure.

' c'est faire «Mge de fe« oi^yenét, ée Me feeiiMe, de toatei les pertiee de' noof-mémei.

J.-J. RotSftBAD.

Tant qu'une chose n'est pas faite, les hommes »itOUiffinf A ào leur dit qu'elle est possible ; et dés ifi en# le trowe faite , île s'étosMof as eonlfalro qu elle ne l'ait pas été plua t6t.

* Bacok , Grkndû mstamrtU. de» se. , Uv. 1.

Le morfe'crappiKcflAoti, 6a (yfutôt de vérificafion , de* ttiancfé ptftfr la Tliéor!é scx^iéfâiréf^, consiste dans une épreuve sur Qtt terrain droite Irène Carrée' au plus. La première con^ dîtîon d*tfnér sefififbfabfé eivfreprîse, c*esf d'avoir pour industrie dé base fagrîôulture. ïï'aulrés industries doivehf s'y adjoindrez, même dès fe début, mais sans sortir du rôfe secoTiddife et eu se gre'fîant éaxt Ptfgrîculiore, pivot obligé de tout le système. .

AusAî bien quf^f faut k ta plante pour son développement de Faif , de fa lumière et de tliumidîté , aussi bien il faut pour fassoeiatron, & son début, le soleil, les cbamps, la verdure et faction dirVôte de Thomme sur le sol. Cest eu face de la tratûré^ sous la voûté apurée du cief , au milieu de ces végêtaiK, parafe et rlcbesse de la terre, intermé-» dimres dér trie entre elle et sét atitfe^ habitants; c'est att mîlfen de ces bons et utiles aiaimaui, cojïipagnons et anxiliaireB de* Phomme datte le travail champêtre ; c'est au* contact de totrt ée qui a vie sut notre globe qfuele premier germer d'âss^eiàtion doit ^cfôfe. Aa seîù des villes, dans Feuf^ 8"o<iWbre« et mépMtî<|aés ateirers, dans leurs rusés

comptoirs , une telle création est iinpossible. Bienveillance mutuelle et relations vérîdiqaes entre les humains ne peuvent là ni naître ni s^ acclimater.

Autant que possible, on devra choisir pour Fessai un pays agréable ,^ permettant une assez grande variété de cultures et traversé par nn cours d^eau.

La proximité d^une grande ville, de Paris surtout, aurait 'le double avantage d^assurer le placement des produits de la colonie et d*en faire connaître rapidement les résultats matériels et moraux dans le monde entier. Quelle que soit, au surplus, la contrée où Tessai se fasse, le suc^ ces entraînera infailliblement Timitation de proche en proche , par suite de la comparaison des avantages immenses attachés pour toutes les classes à la vie sociétaire , avec les soucis , risques et misères de tout genre , dont nul , ni riche ni pauvre, n^est exempt dans Fétat social actuel

L^épreuve peut avoir lieu en grande échelle avec 1,800 personnes , ou en échelle réduite avec 1,200 ou 600 personnes de tous les âges , telles que les présenteraient des familles entières de cultivateurs et d^ouvriers. Ou bien encore on peut opérer seulement avec des enfants âgés depuis 3 ans jusqu'à 13 ou 14, et au nombre de 300 à 400 environ; c'est à ce projet que Fouriw s'était fixé presque exclusivement sur la fin de sa vie. Qn conçoit que, dans les dernières hypothèses, rétendue de terrain à exploiter se réduira dans la proportion des forces destinées à cette exploitation.

Pour réunir les capitaux nécessaires à Tentreprise, il s'agit de constituer une compagnie d'actionnaires sous l'influence d'un personnage capable d'inspirer la confiance par sa position de fortune , par son renom d'industriel ou d'administrateur. Le terrain sur lequel on établira l'essai peut être acheté ou seulement pris à bail avec la faculté d'achat dans ui\ délai déterminé. Sur les préparatifs du matériel, sur la nécessité d'admettre les colons par essaims successifs et non pas tous en bloc, ce qui produirait

THKURIË SOCIETAIRfc:. 103

de la confusion , du désordre, Fourier présente un grand nombre de considérations que nous omettons ici afin d'abréger. Disons seulement, en générai, que les dispositions doivent être faites de façon que tout se prête à Forganisation des Séries de groupes, appliquées aux travanx de culture, fabrique et ménage.

Occupons-nous premièremeat du bâtiment d'habitation. Placé aii centre du domaine de la Phalange, il devra présenter, avec des appartements particuliers proportionnés Bxa. différentes fortunes des colons , des salles publiques (Séristëres) pionr Texercice de chaque industrie en grande réunion. Dans toute l'étendue de l'édifice doit régner une rue-galeriç, établissant pne communication couverte entre tous les points. Les appartements prendront jour d'un cètè sur cette galerie, de l'autre sur la campagne. « Le centre du Phalanstère est affecté aux fonctions paisibles; l'une des ailes réunit tons les ateliers bruyants. .Ainsi l'on évite iXn fâcheux inconvénient des villes dvitiséet .où l'oû trouve à chaque rue quelque ouvrier au marteau, quelque marciiaiid de fer ou apprenti de clarinette, brisant le tympan à cinquante familles du' voisinage. — Tous les enfants logent à l'entre^l pour jouir du service des gardes de nuit n Je pourrais insister sur les nombreux avantages que présente cette dernière disposition ; sous le rapport de la dé^ cence et des mœurs, je pourrais l'opposer à ce qui a lieu aujourd^ltui , particulièrement dans les famUles pauvres , qui n'ont souvent qu'une seule pièce pour père, mère et enfanta. Mais, obligé- de m'en tenir aux considérations- capitales, je passe à Tinclication de quelques-unes d^s principales économies qui iront résulter du ménage sociétaire. De môme qu'un seul édifice a remplacé avantageuse* ment^ sous tous les rapports de salubrité, commodité et mèaie économie, les deux ou trois cents laides masures de nos villages ou bourgs (l'ièconomie portera sur les frais d^eatreiien et de renouvellement) ; de même , au lieu de

f^ SECONDE PARTIE.

300 feux de cuisiné et de 300 ménagères, ob n'a plus que 4 ou 5 grands feux, et une douzaine de personnes expertes préparant àê$ sendets de divers defréraesortia à plusténn classes de fortune; car F Association , fort différenle de la ettiKDMiaauté, ediitft partout les kiég^atitéa, q»'elle ntiliae en même temps qu'elle leur ôte tout ce qit'eiks pe«feoft MMÂr de Uesaani dans Tétat aetiieL tt y a dee salles- à manger comaune» offrant des tables de troia peix au miains , IpradttéeasokVMit les âges ou les autres convenances^ as gti des Qonuneaâaox ; eaais chacm est lihve^ qnaMd ban loi eaiidile., de prendre son repae d^t loi , en famiMe o« aafrtaûe^ment : répargnOt qiù Ueiii sartont à la ptépanëoa eelwsaire en. graad> reste la* même, fitta n'est gnëie imbdre sur leisL aiitffea hranehea dii tra¥aU domestique. A 300 greniers ,. 300 caves placé» et soignés an plus mal, VAsso* f ialîon substUii» uft seul gremer, «ne aenlaeave Uen j^a* eés, bieir powcima dfatikaila et n'occupant qne le dbdème des agent» qu'engo la goiiatt morcelée. (M M. ind,)

tt'Le pna g r fett i. c'est l'économie éa temps^ » »-1Mni dit Ce n'est là qn'iine deHÛ-néiité^ o» c'est plutôt même mie eontre^vénité qmëlquefoia^ tant que les întérètades maitrei et des salaiiéft no sefoni pae unie par l'AssociatioD. liais, soua le riqq^orl d« tempe, quelle éeonMnie que têh qui , pour la Fralife aeutement,. se multiplierait par le chtffr» de six QH*sept millîoiie de minages qui existent dans ce pays, et qui emploient A peu près tout le temps d\in nombre au moins égai de personnes ! Ces six miMiens de mé* nages isolée, eewsertiE en 18 ou-20 mille granA ménages comlûnés , eédnimifst le travail domestiqoo dans la pro^ portion de 6 à 1 peur le moins. Ge travail n^exîgerail donc plus qne le temps d'un millioD de personnes, quoiqu'il dût, par suite de la f^ralité des fonctions de cbaque individu en régime sociétaire , rester réparti sur un bien plus grand nombre de sujets de l'un et l'autre sexe, mais qui varieraient ce genre d'oeenpation par de» séances de

THÉORIE SOOÉTAIRE. t55

èultote et de- fabrique. A|oatez Temploi ulfledela mojemie et de la haute enfance^ qui anjourd'hm ne faîl gnèra antre chose que nnn>e et détruire, et qui, entraînée au bien par V esprit corporatif si puissant sur cet âge, fên* dr^it tant de servit^/ particulièrement dans les cuisines , où il y a une foule d*cenvres appropriées à ses forces , & son intelfigence et à ses goûts. Maïs, puisque fai nonnné Fenfance, par anticipation sur ce qui sera dit aflleurs à son sujet, envîsageons7la un moment dès le berceau, car ici nous touchons à Tune des plus belles branches d^ëconomîe que. réalise l'Ordre sociétaire.

Les soins que réclame le jeune âge, et qui aujourd'hui absorbent constamment un bon tiers des femmes, sont assurés au Phalanstëre, moyennant un assez petit nombre de bonnes, qui ont attemalivement la. garde des salles où sont réunis les enfants. Ces Séries ou compagnies de bonnes ne sont pas fournies exclusivement par une classe de la société, pas pins. que ces femmes elles-mêmes ne sont astreintes à ce seul genre d'occupation. Toutes les personnes qqi ont le goût de quelque nuance du service en^ fantin, élevé, comnàè tous les autres, au rang de fonction publique, «'y enrôleront, quelle que soit leur position de fortune. La mère, au surplus, rient aussi souvent qu'il lui plait risUer son enfant, lui prodiguer ses caresses, Fallaiter à son heure si elle nourrit; puis elle peut retourner en tonte sécurité aux occupations diverses qui rappellent : un groupe affectueux et zélé veiUe en son absence sur l'objet de sa tendresse.

On peut reconnaître ici une extension du principe des salles d'asile et des crèches, extension praticable seulement en régime sociétaire. Maïs remarquez quelles garanties offre aux parents une semblable organisation des personnes chargées du soin des petits enfants; comparez ces garanties à celles que présente parmi npus, aux familles riches elles-mêmes, une pauvre bonne isolée, qui

n*a pris que par nécessité le plus souvent cette tâche pleine d^ennui, de tracasseries «t de dégoûts» et qui doit sans relâche, pendant 12 ou 16 heures chaque jour (si* non pendant les 24 heures de la Journée), surveiller, apftlser, ^nettoyer Fenfant ou les deux ou trois enfants confiés à ses soins. Dans les familles pauvres, grâce à la disposition que nous veqons dlndiquer, le père, qui a tant besoin du repos de la nuit après une journée de labeur pénible, ne sera plus privé de sommeil par les cris con* tinus d^un marmot. Ici se rattachent beaucoup de vues que nous reprendrons plus loin en parlant de Téducation.

Passons aux considérations agricoles. Inutile désormais, sur les terres de la Phalange considérées comme propriété d'un seul honune, d^élever et d'entretenir les murs de clôture, les haies, les bornes, qui occupent, au grand détriment des produits',' une notable partie du sol, et qui sont Toccasion de tant de procès. Les diverses cultures sont ré* parties suivant les convenances du te^rfiin, L*on ne peut songer aujourd'hui à mettre en verger et en potager une foule d'expositions' favorables, mais qui ne seraient pas à l'abri du vol et de la dévastation* C'est là. le grand obstacle à la multiplication des arbres à fruits. Pourtant, que peut-on comparer aux vergers pour la valeur du rapport? L'aménageaient des eaux pour des irrigations générales, l'utilisation de toutes les matières pouvant servir d'engrais, le choix des meilleures graines d'année en année sur àea quantités considérables, le même soin de n*eni^ ployer pour la reproduction que les plus beaux sujets de chaque espèce animale, le secours des machines dans une multitude d'opérations, seraient autant de causes d*enrichissement Ce qui contribue à éloigner des populations adonnées à l'agriculture l'aisance et une certaine prospérité financière, c'est qu'en général leur temps ne saurait ^tre occupé d'une manière fructueuse pendant la mau-

THÉORUS SOCIÉTAIRE. SS7

vaise saison. Mais le Phalanstère a^ lui, ses fabriques, qui préviennent tout chômage et toute nécessité d*an travail ingrat et intempestif au dehors des habitations. 11 n'y a point de morte saison pour la population sociétaire. Les ventes et les achats se font au moment le plus favorable, par un petit nombre de personnes, les plus aptes à ce genre d'opérations. On voit aujourd'hui cent laitières porter au marché 300 brocs de lait, que remplacerait un tonneau sur un char à soupente, conduit par nn homme et un cheval. Autant de sacs de grain h vendre, autant de villageois, pour ainsi dire, qui vont perdre une demi-journée dans les cabarets de la ville ou du bourg. L'Association, au contraire, expédie ses convois de grains et d'autres denrées sous la garde d'unou de deux agents, et elle a son entrepôt à la ville en cas de non-vente.

Pour son approvisionnement de toutes les choses qull ne produit pas lui-même, le ménage sociétaire ne passe poini par les. mains des petits marchands qui rançonnent à plaisir le ménage morcelé-; il achète en gros et presque toujours en fabrique. Par là il s'affranchit du tribut énorme prélevé par lé corps commercial sur le producleur et le consommateur, tribut qui, suivant des calculs de M. Lemoyne, ingénieur en chef des ponts et chaussées, s'élève en France à 1,350 millions au moins sur les seuls produits de Ta^riculture, évalués à 4 milliards 1/2 *. Voilà donc un budget que personne ne songe à discuter, et qui pourtant, est plus lourd que celui de l'État.

C'est le cas de dire un mot du commerce dont Pourier a si bien exposé- tous les vices, sauf à revenir sur ce sujet quand nous ferons l'analyse de la Civilisation. '

La fonction du commerce consiste à servir de lien entre le producteur et le consommateur, à faire arriver à la

« Calemh ayrMtmiptei. Vu vol. in-S». Ghea CarilMiHGœiirf ^ librai^* , quai cle« jluflnstins, 41, à Paris.

-portée du second les objets créés par le travail an premier. Le.commerce, d'ailleurs, n^ajoute rien par lui-même à la quantité ni à la qualité du produit. Multipliez tant qn*il vous plaira les agents de Véchange du de la négocia* Uon^ il ne sera pas ajouté par leur fait la valeur d^une obole à la richesse sociale. Tous ceux que vous aurez en plus du nombre nécessaire pour remplir la fonction définie ci -dessus seront des parasites sociaux, gens vivant aux dépens du travail d*autrur, sans que leur travail à eux-mêmes profite en rien à la Société. Qu^il y ait vingt épiciers dans une localité' où quatre magasins de ce genre suffiraient amplement, il n*en résultera absolument aucun avantage pour la population, qui, d*une manière ou d^nne autre, supportera néanmoins les frais des seize établissements de trop, et ceux peut-être de Fenricbissement d*une partie de ces marchands inutiles.

Mais le parasitisme n^est pas le seul vice du commerce. Constitué comme il Test en civilisation, le commerce se trouve en opposition directe d'intérêt avec le producteur et le consommateur. Son intérêt est d'acheter à bon marché du premier et de revendre le plus cher possible an second; c'est-à-dire qu'il doit déprécier de son mieux le travail de l'un et exploiter les besoins de l'autre, les do* minant tous les deux en outre par l'avantage des capitaux et par la nécessité qui les lui asservit à heure fixe, pour ainsi dire. Voilà ce qui explique les fraudes , les malversations sans nombre du cominerce, qui croissent naturellement partout avec le nombre des commerçants.

Il ne faut pas confondre le commerce avec les industries productives, l'agriculture et la fabrique. 11 est mâœe à re* marquer que les malversations de celles-ci, .telles qu'alté* rations de produit et de qualité, n'ont lieu que sous Yla^ fluence de l'esprit mercantile, à l'instigation du commerce le plus touvent et pour ses convenances; les sophistications opérées par les agents comnierciaux, au contraire,

THEORIE SOCIETAmE. fm

réagissent de la manière la plus fâcheuse sur la produciion. S'il se fabrique, par exemple, tant de vins frelatés dans le commerce, qui donc est le premier k en souffrir, si ce n'est le vigneron, les débouchés que devaient trouver les produits de son industrie étant usurpés par ces drogues de la composition du commerce? Je passe sous silence les lésions causées à la santé du peuple par suite de ces manœuvres coupables et de beaucoup d^autres inspirées également par la cupidité mercantile : qu*il suffise de dire que le mal produit sous ce rapport est ijicalciilable. Toute cause nuisible qui agit ainsi d'une façon permanente sur la santé des. masses étend ses ravages aux générations sHccessiVes par Tinfluence de parents daturos sobolem de^ leriorem.

Jugeons par les résultats si le commerce (et nous j comprenons la banque, qui est le commerce de. Targent) ne jouit pas de quelques singuliers privilèges. II élève à lui seul, plus de fortunes que toutes les autres professions ensembk. L'agriculture est évidemment, & l'envisager sous le rapport des proQts,* l'industrie la plus ingrate, u Nous vojrons chaque jour, » dit Adam Smith, « les plus brillantes fortunes acquise» dans le cours d'une vio d'homme par le coinmerce et les manufactures, fort souvent au moyen d'un petit capital , quelquefois même sans aucun capital; tandis que l'exemple d'une pareille fortune acquise par l'agriculture, dans le même laps de temps et avec un semblable capital, ne s'est, peut-être, jamais présenté en Eurppe.pendant;le cours d'un siècle, » (Richeue des Nations, lîv. ii, ch. 5.)

Objectera-t-on que, si le commercé a de plus belles chances de lucre, il «ntraine aussi des revers plus fréquents ? Mais ces revers retombent en grande partie par la banqueroute sur les antres professions, tandis que le succès de ses opérations hasardeuses tourne au profit du

commerçant tout ^eul. a En bonne politique, disait Fonrier, le corps commercial doit être solidaire et assureur de lui-même : la Société doit être garantie contre les banqueroutes, Tagiotàge, 1* accaparement »

Cette matière n^étant, au surplus, traitée ici qu\épi80diquement, je me borne à faire observer que Tagriculture n*a contre les malversations du commerce qu^un seul recours, FAssociation.

C'est aussi FAssociation qui |>eut introduire dan& Fagriculture là division du travail, ce principe de la j^lupart des progrès industriels. C'est elle encore qui, réunissant les avantages de la grande et de la petite culture, dispose de tous les moyens de la première et de tous les stimulants de la seconde, dont le plus puissant est F esprit de propriété. « On travaille bien et joyeusement, a dit J.-J. Rousseau, quand on travaille pour soi. » Or, tous les travailleurs, dans notre Phalange sociétaire, savent que leur rétribution sera proportionnée an bénéfice général; ils ont à ce titre, aussi bien que le capitaliste lui-même , intérêt à la prospérité de Fentreprise et une part en quelque sorte dans toutes les propriétés qui en dépendent Chacun d'eux apportera donc partout Fœil et les soins du maître.' Le tort qu'on ferait à. la masse, on se le ferait à soi-même. Si ce n'était pas assez de ce motif contre les tentations du vol, il y en aurait un autre dans la difficulté de cacher et d'employer le fruit du larcin. S'il n'y avait pas de receleurs, dit-on communément, il n'y aurait pas de voleurs. L'axiome admis, il faut admettre que le vol est supprimé par le fait de l'établissement du Phalanstère \

I Le B»U)iito«r n« pMt faira ««eaa «Aphii de rohjet volé, à méim qw et ne loit dn nvménire, dont i! n'en fait praequo «nctta oeage . ckacnn AfAot ■■ oomplo ^vtrL Toot antre ohf«t ne pent w mettre en vente laaa pnbfadJ^ et eaqnéte préalable anr l'origine , wr révalnalion qni on fnt ftila en oongréi provincial on antre i l'^poqui* on ledit cl), et entra en commerce.

Volerait-on nn objet de propriété coUeetive. comme nn lac de farine? le voUar n'ra ponrrait rien faire. Un ne vend jamnie ienInvMnt nn me.

Fi>iiiiKii« maniiicrit.

THÉORIE SOCIÉTAIRE. Mi

Nous n*en finirions pas, si nous voulions énumérer tous les avantages matériels que Fourier démontre inhérents à Tordre sociétaire et qu'il résume en ces mots : Quaobupjlk

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