Association composée ou Harmonie
* Le tableau da covrt entier àe la oarrière iaciale knmaiiitaire coapraadra M. p^riodei, dont lei deinières doivent reprodntre, en ordre invene, eeDe qn'on voit ci-deanii indiqnrfei. Ainii le genre faanaia . daai n eadncile . pae^ im« de noDvean , mais à reeolwii , par la âviliaetion , la barbarie . «tr« * avant de terminer sa destinée terrestre.
Ce tableau, dont les cinq premiers termes répondent à toutes les formes de sociétés qui ont existé jusqu^à présent sur notre Globe, est disposé de manière augurer le degré relatif de bonheur que chacune d^elles' produit pour les masses. On voit que ce degré est le même pour le Patriarcat et la Civilisation, par exemple, qui sont placés sur la même ligne , tandis que la Barbarie est la plus malheureuse des périodes sociales. Ce n'est pas que ceHe-ci ne rapprpche cependant THumanité de son destin vrai plus que , ne le fait la Sauvagerie, dans laquelle il y a moins d'infortune pour le grand nombre. Mais rappelons-nous que ce$ Sociétés, qui appartiennent à F enfance de la vie humanitaire, à la phase d'irrégularité de la carrière sociide, ont pour objet de créer et de développer les instruments , les moyens de puissance qui mettront THumanité à même d'accomplir sa gestion terrestre. Ces Sociétés préparent les éléments du bonheur social , mais ne le donnent pas. Il y a plus; le bonheur qu'elles sont susceptibles de procurer k l'homme n'est pas toujours en raison des moyens et des forces dont elles l'investissent, de sorte qu'en élevant sa puissance, quelques-unes d'entre elles lui apportent momentanément une plus lourde charge de malheur. Ainsi en est-il de la Barbarie et même de la Civilisation comparées à la Sauvagerie, sur laquelle néanmoins elles sont un progrès réel; car le progrès doit s'apprécier par l'ensemble des faits dont le concours tend à donner à l'Humanité la gérance unitaire de son Globe.
Chacune de ces périodes se subdivise elle-même en quatre phases, deux ascendantes et deux des^cendantes, conformément à la formule de la page 3ââ. Faisons ol»*server. cependant que les deux phases dlescendantes d'une période quelconque peuvent être évitées , ear celle-ci, nàé fois parvenue à son apogée, se trouve munie des moyens iiécessairespourconstituér la période immédiatement supérieure!. Faute d'opérer alors cette transformation, la vieille
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Société s'alaoguU, s^use et se déprave, comme nous eu voyons des exemples d|ms Tétat actuel de Barbarie musulmane, d*une part, et dans eelui de la CivUisaiion chrétienno, d*Butre part, chez kê peuples européens les plus avancés.
Passons rapidement en revue les caractères principaux des quatre premières périodes sociales énumérées dam l'alinéa précédent* Nous, nous arrêterons davantage sur la cinquième, dite Givilisationi
Mais, avant d'esquis#er le système historique de Fonrier, disons quelques- mots d'une objection élevée contre sa théorie du point de vue historique prédsément
On a prétendu que là doctrine phalanstérienne était en complet désaccord avec les traditioiks de rHumanité et qu'elle donne un démenti à tout le passé hbtorique.
L'objection repose sur une confusion qui va s'édaircir par un exemple tiré d'une autre sciencéi
Que diraitK>n d'un homme qui rejetterait les idées qu'on a aujourd'hui en astronomie, par ce motif qu'elles ne s accordent pas avec les idées qui dominaient avant Copernic et Galilée.
La Théorie. de ï'ourier se trouvé, Vis^è'^vis des faux systèmes qui ont prévalu en matière sociale, dans la même situation que la tliéorie des astronomes du xvi* et du wir siècle vis -à «vis des hypothèses mal fondées de leurs devnnciers.
Pour le jugement à. porter sur le nouveau système fts« tronomique , il ne s'agissait pas de chercher si oe système s^accordait ou non avec ceux qui l'avaient précédé, mais bien de s'assurer s'il suflisait à l'expltcation des phénomèuos céleste! observés dans tous les temps.
De ménie pour la Théorie sociétaire : il ne faet pas lui deniandef l'accord avec telle ou telle vue arbitraire de la philosophie, avec les principes systématiques de telle ou telle législation , avec l'erreur de quelque nature qu'elle soit, qui se trouve érigée en préjugé moral ou autre ; ce
THKORIK SOGIKTAIRK. 397
qu'il faut examiner dans la confrontation de cette théorie avec rhÎBtoire, c^est si elle n'est point en eontradietion avec les manifestations passionnelles , avec ta conduite effective des hommes considérés soit, individuellement, soit collectivement, dans les positions diverses qui leur étalent faites au sein- de sociétés subversives , et si plutôt elle ne rend pas très-bien compte do ces manifestations et de cette conduite. Toute Fiiistoire ; hélas ! n'est pour ainsi dire qu'un long et douloureux ooiymientalre de la thèse de Fourier sur la récurrence des passions comprimées.
Les fausses hypothèses des astronomes ne pouvaient empêcher, on le conçoit , l'accomplissement régulier des phénomènes célestes, parce que c'est là un. ordre de faits qui échappe à l'action de Phomme; mais il n*en est point de même des faux principes relatifs & la constitution de l'ordre social, chose sur laquelle l'homme a une Infloenco qui, heureusement, n'est pas absolue, mais qdi est cependant directe et essentielle. Car l'honnne est chargé de découvrir et de réaliser lui-même sa destinée sociale. C'était la tAche de. son intelligence, tâche dans laquelle il réussit ou il échoue suivant que ses vues sont justes ou erronées, c'est-à-dire suivant qu'elles sont conformes on bien contraires au plan de k nature par rapport aux Sociétés humaines.
La part de l'homme étant ici beaucoup plus grande, on conçoit que l'influence des systèmes arbitraires qu'il aura embrassés puisse aller jusqu'à troubler et entraver l'ordre naturel du développement des faits sociaux. Ponrlant il y a encore ici une limite à l'empire que la raison humaine égarée peut exercer contre lé droit des autres facultés de la nature humaine. Les Passions, par leur réaction incessante contre la règle fausse , ont justifié dans ton SI les temps l'idée-mère de la Théorie de Pourler. Les décrets des législateurs n'ont jamais pu prévaloir contre la puissance indomptable que Dieu avait mise au cœur de
niomine:pour des fins à lui connues. Aussi est-il vrai de dire, avec M. Jules Lechevalier, que « c'est Tétude de I) rHumanité comme être poêsUmnel qui donne la clef de » rhistoire, et non pas Tbistoire qui donne la clef des desn tinées humaines, n
§xx.
Première Période sociale.
Edénisme, D'accord avec la Genèse et les traditions de la plupart des peuples, Fourier admet qu'il y a eu un état primitif de bonheur, dans lequel l'homme a pendant quelque temps vécu à l'origine. Les premiers humains ne purent vivre ainsi heureux et en paix qu'à la faveur d'une organisation plus ou moins imparfaite du régime des sk- Riss PASSIONNELLES, hots duqucl Ics passious s'entrechoquent de manière à produire inévitablement la discorde et entraîner par suite tous les fléaux. Certaines circonstances favorisèrent l'établissement de ce régime , naturel effet de la Sociabilité de l'homme, qu'aucun genre de contrainte n'avait encore ni entravée, ni faussée. Fourier signale parmi ces circonstances l'absence des préjugés, des préjugés sur l'amour notamment; l'abondance des productions alimentaires qui ne coûtaient presque aucun effort et suffisaient amplement aux besoins des hommes encore peu nombreux; l'ignorance des signes représentatifs de la richesse, qui ne consistait guère qu'en fruits et autres substances difficiles à conserver, inutiles à accumuler. Cette époque, dans la vie de l'espèce, répond à celle de la vie de, llndividu, pendant laquelle il trouve une nourriture toute préparée ( le lait) dans les seins maternels. Mais de même que l'individu acquerra par une crise douloureuse (\h dentition) les instruments d'une alimentation plus substtantielle, de même il faudra que l'espèce crée avec dou-
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leur, au milieu de la longue crise des Sociétés incohérentes , ses grands leviers d*action, rindu8trie,les arts et la science. — Bientôt les ressources fournies par la nature aux premières générations d^hommes sans le concours ie Hndustrie, ou du moins avec le seul concours d'une industrie inexpérimentée, dépourvue des notions les plus indispensables; ces ressources ne suffisant plus aux besoins d'une population croissante, la bienveillance mutuelle cessa, les Séries se désorganisèrent, et chacun slsolant de plus en plus avec sa famine, l'homme tomba dans Fétat sauvage (5).
Deuxième Période sociale.
Sauvagerie. Absence de toute industrie régulière, imprévoyance à peu près complète, règne de la force individuelle et de la brutalité, voilà Fétat sauvage. Les faibles, et par consé<[uent les femmes, sont asservis. Chaque homme, du reste, participe au conseil de la horde, et exerce toute Tinfluence que peuvent lui mériter sa vigueur, son adresse et toutes ses autres qualités appropriées au but qu'elle se propose. Il jouit en outre de sept droits naturels dont les lois privent en tout pays le peuple civilisé, et dont voici l'énumération : cuèiUette, pâture / chasse , pêche, ligue intérieure, vol extérieur, insouciance. Aussi les avantages de la Civilisation ne sont pas une compensation suffisante pour le Sauvage; il meurt plutôt que de se plier à nos coutumes. II est arrivé souvent, au contraire, que des matelots civilisés, qui se trouvaient en contact avec des peuplades sauvages, se sont réfugiés au milieu d'elles et y ont vieilli sans regret de la société. qu'Us avaient quittée ^ —
1 Délivjré du joag .tyrannique do U loeUté -, je comprif alon h cliarine de cette indépendance de la nature , je compris pourquoi pas-un sauvage ne s'est fait Européen , et pourquoi plusieurs Européens se sont faits sauvages. Chatcu-
:)dO SECONDE PAR^E.
lia leule. forme de commerce en Sauvagerie , est le iroc , échange d'un objet contre nki autre, sans emploi de monnaie ni d'aucun autre signe représentatif de la valeur.
§ XXÏI, Troisième période sociale.
Pairiarct^t. La possession et le soin d'un troupeau k Taide duquel on «e nourrit et on se vêtit,. quelques rudl* ments de culture, et, par suite, Tidée de \^ propriété ter» ritoriale , amènent la période que Fourier appelle Patriarcat Elle a pour caractère la domination absolue de Tautorité paternelle , ayant pour contre-poids l'ascendant que commence à prendre Tépouse en titre, et qui s'exerce presque toujours par la ruse : témoin Rebecca substituant frauduleusement Jacob à Esaû dans la possession du droit d'ainasse, r— Ici Ton trouve Fesclavage déjà établi. - • La forme du commerce est le tn^c.
§ XXIÏI.
Quatrième période ioeiale.
Barbarie, L'extension de cette autorité du chef de famille sur un nombre d'individus de plus en plus considérable donne naissance ù l'état dit barbare. L'autorité, n'étant plus alors mitigée par l'affection de consanguinité, dégénère en la plus dure oppression ; elle n'a de contrepoids que dans la volonté changeante d'une milice sur laquelle elle s'appuie ( révoltes de janissaires et de strelitx }. L'esclavage des femmes et des industrieux atteint, dans la
■■iA.\o. Ks$0i 9ur lei rév, , chap. dernier, intitulé : JHnU tkê* les ttunofts d'Amérique, Voyei anist dam RoiiMeaa la noU 16 dn Diicowr» wr Imé^miiti dta e^ndHùm».
THKÛRIË SOGIKTAIRK. 831
période de Barbarie, sa dernière limUe. CeUe Sooièlé, la plut malheureuse de toutes pour le grasd nombre qui ne jouit plus de FindépendaDoe du Sau?age, augmente eepeadanl beaucoup la puissance et les ressources de THuma^ nîté , par la concentration qu^elle opère dans une seule main d'une grande quantité de forces, et par les développements qu elle donne à Fagriculture et à certains travaux de fabrique. (Régime du commerce^ monopole simple; usage des monnaies.)
Ainsi se trouvent rendues de plus en plus coaunanes les choses nécessaires à la vie , et développées par suite de nouveaux éléments de sociabilité (6).